Le 28 septembre 1963, des anciens officiers des wilayas III et IV, des hommes politiques se réunissaient dans les locaux de l’ancienne mairie de Aïn El Hammam (50 km à l’est de Tizi Ouzou). Il y avait Aït Medri Belaïd, Mourad Oussedik, Ali Yahia Abdenour, Aït Ahmed, le colonel Mohand Oulhadj, le lieutenant Yaha Abdelhafidh, Aboubakr Belkaïd, Ali Ammar (ces deux derniers représentaient le PRS) et un certain nombre d’autres militants de la première heure. C’était l’ultime réunion de ce mouvement avant sa proclamation publique le lendemain à Tizi Ouzou. Le FFS était le premier parti politique avec une base militante et une profondeur sociologique de l’Algérie indépendance. Il y avait bien sûr le PRS, mais hormis son chef Mohamed Boudiaf, figure connue de la lutte, il n’avait pas la même assise populaire que le FFS. Dans la Mitidja, le colonel Sadek et le commandant Bouragaâ avaient commencé à constituer les premiers groupes d’opposition. Essentiellement d’anciens moudjahidine de la wilaya IV déçus par le pouvoir.
La suite ? Ben Bella et Boumediene envoient l’armée en Kabylie dès les premiers jours d’octobre. Le Maroc attaque l’Algérie dans la région de Tindouf. Le FFS se mobilise et envoie des militants armés à l’ouest en appuie à l’ANP. Il y a eu ensuite les premières négociations fin octobre 1963 entre Ben Bella et des responsables du FFS. Le régime libère Boudiaf, le colonel Boubnider, le lieutenant Allouache et d’autres prisonniers politiques, arrêtés depuis des mois. Le colonel Mohand Oulhadj, le commandant Lakhdar ainsi qu’un certain nombre de militants quittent le FFS à partir de la mi-novembre. Début 1964, le malaise social et à la tête du gouvernement était profond. Révolté par les pratiques autoritaires du régime, le FFS reprend le chemin du maquis après un mini-congrès. Ben Bella et son ministre de la défense répliquent. Le président crée une milice populaire qui sera dirigée par le commandant Mahmoud Guennez. La répression fut terrible. Plus de 400 morts du côté du FFS selon Yaha Abdelhafidh et près de 3000 personnes arrêtés. Des centaines de militants ou sympathisants sont torturés dans les commissariats. Le plus connu est le centre de Notre Dame à Alger où sévissait le commissaire Hamadache.
Au printemps 1965, des négociations furent menées par Yaha Abdelhafidh d’abord à Paris avec le colonel Sadek et Akli Benyounes dit Daniel. Puis à Alger avec les hommes de Ben Bella. Après le coup d’Etat, d’autres pourparlers sont enclenchés avec Cherif Belkacem, le chef du FLN et bras droit du colonel Boumediene.
48 ans après que savons-nous de ce mouvement et de ses hommes ? Free Algérie lance le débat.
Le site : https://www.freealgerie.com/debat-du-jour/138-29-septembre-63-le-ffs-se-rebellait-contre-le-pouvoir/
Je crois fort bien que la plus grande erreur des responsables du FFS en 1963 est de ne pas avoir donné au mouvement une dimension identitaire. Cette omission a certainement donné au combat du FFS, quoi qu'on dise, un contour élitiste en Kabylie et dans l'Agérois. Chose que Hmimu et Vururu n'ont pas manqué d'exploiter, les char comme argument majeur.
Tenez, par exemple, on venait de sortir d'une guerre de libération qui devait son issue heureuse à une organisation territoriale basée sur les identités algériennes, les spécificités… Cette organisation reprenait exactement la situation qu'était celle de l'Algérie avant le colonialisme, celle-la même qui a déterminé la longue phase d'occupation (rappelons que l'occupation de ce qui deviendrait l'Algérie a duré 90 ans de 1830 à 1920). Le génie de la révolution de 1954 est d'avoir respecté les spécificités de chaque région, de chaque peuple de l'Algérie, en rupture avec le jacobinisme colonial. Le FLN (historique) a pu ainsi tirer le meilleur de ces peuples dans un objectifs qui leur est commun : se débarrasser de l'apartheid colonial et accéder à l'émancipation de ces peuples.
A l'indépendance, les usurpateurs ont fait exactement le contraire de ce qui s'est fait durant la révolution. Ceux qui ont fondu sur le pouvoir à partir des frontières (dont il nous reste un spécimen à El Mouradia et des rejetons dans les Services de la perversion) ont simplement réimplanté le système de quadrillage administratif colonial. Ils ont juste appelé le département wilaya, la sous-préfecture daïra. Le principe est exactement le même avec les inconvénients du tiers mondisme en plus. Adieu les VI régions historiques. Adieu la révolution et les rêves d'émancipation. Et les peuples qui ont fait la guerre pour pouvoir respirer, voter, élire leur président, leurs présidents de régions de leur Etat régional ou ce que l'on veut, un maire avec des pouvoirs ? Eh bien, ils auront l'assistanat, l'arabisation et un doigt bien raide.
C'est cette aspect que le FFS n'a pas mis en avant. Vous imaginez la réaction du peuple kabyle, et des autres peuples d'Algérie, en 1954, si l'appel à la révolution leur était adressé par des algériens qui ne sont pas de leurs propres cultures ? Vous imaginez ce qu'aurait été la la réaction des combattants si on mettait à leur têtes des gens des autres régions ? Et pourtant, après l'"indépendance", c'est ce que fait la junte d'Alger en envoyant systématiquement des walis, chefs de daira dans des territoires qu'ils considèrent comme des colonies.
Le comble, c'est qu'au nom de l'unité, ils ont atomisé toute l'Algérie au point qu'aujourd'hui un appel à se défaire de la tyrannie ne réunit presque personne.
Moh Oulhadj avait signé un document pour une large autonomie de la Kabylie avec Ben Bella, à Béjaia, avant d'engager ses troupes à la frontière algéro-marocaine. Ben bella s'est déplacé a bord d'un hélicoptére pour signer le document. Un régiment de 3000 Kabyles était envoyer par la suite vers la frontière marocaine ou Boumediène vient d'essuyer des pertes au niveau des combats contre les unités marocaine.
Boumediéne avait lancé un SOS pour sortir du bourbier marocain, l'amateurisme de Boumediène qui s'est fait piéger par les Marocains, tous les points d'eau étaient occupés par l'armée marocaine, il y avait plusieurs morts à cause justement de la mauvaise conduite des opérations et c'est à partir de là que Ben Bella a joué la carte kabyle.
Le FFS s'est fait piéger par las suite, c'est que le pouvoir en place à Alger après la signature du cessez-le-feu avec le Maroc et comme à ses habitudes avait trahi l'engagement pris avec le FFS. Le pouvoir a toujours une longueur d'avance sur le peuple algérien et dire que les pringtemps arabe ont commencé en janvier 2011.
Dahmane
Quel aveuglement a frappé tous les intellectuels; nationalistes algériens ou tout ce qui en reste pour insister sur la seule voie de salut pour le pays qui est le fédéralisme;comment est ce qu'en période de guerre nos baroudeurs de l'époque;dans la clandestinité, le maillage de tout le territoire par l'armée française ont su organiser et imposer le système de Wilaya , qui est une forme de fédéralisme qui a bien fonctionné jusqu'à la fin de la guerre ;alors qu'en temps de paix , on ne veut pas de cette solution pour sortir le pays du sous développement dans lequel l'ont plongé la secte d'Oujda?
La seule et unique explication est de maintenir le pays dans sous développement,en plus de la peur de voir la Kabylie décoller,vu que la secte qui nous a pris en otage depuis 1962 connait bien et a dans sa mémoire l'organisation exemplaire sur tous les plans de la Wilaya 3 historique, et comme ces bandits ont une haine viscérale de tout ce qui est kabyle et vient du kabyle,ils font tout pour nous garder dans cet état.Le hic, c'est que nos pseudo intellectuels, journalistes et nationalistes, au lieu de tout faire pour orienter le débat dans cette voie,préfèrent parler du FLN de la mangeoire qui a ruiné le pays et faire diversion avec des sujets qui ne mènent qu'à la ruine!..
Nous sommes un peuple qui a connu le mal dans sa version la plus longue et nous continuons à en souffrir de ses retombés – le Mal est devenu habitude. Comme mes concitoyens j’avais pensé naïvement que notre salut ne pourrait venir que de la partie adverse au Mal : le Bien. Il m’a fallu du temps et beaucoup de déceptions pour comprendre qu’entre le Bien et le Mal, il n’y a point de dualité, mais plutôt une sorte de complémentarité.
Pour que puisse s’installer le Bien chez nous, c’est au Mal qu’incombe de guérir du Mal.
Nous en sommes là…ck
Quelques dates importantes entre 1962 – 1965 :
29 septembre 1.963:
Le FFS d'Aït Ahmed (un historique) lance la révolte en Kabylie. Il a le support de Boudiaf, autre historique, de Mohand ou El Hadj, le dernier patron de la willaya kabyle, d'Oussedik l'ancien communiste.. Il obtient un certain nombre de désertions de l'A.L.N.
Ben Bella n'hésite pas à accuser le Maroc d'avoir monté cette rébellion.
Boumediene destitue Mohand, puis lance les troupes de l'ALN qui pilleront, violeront, tueront et réduiront la révolte en quelques mois. Aït Ahmed arrêté le 17 octobre 1964, condamné à mort, gracié, s'évade le 1 mai 1966 et se réfugie à Genève, où le trésor de guerre du F.L.N. n'a pas été entièrement viré à Alger. Il y est resté (Aït Ahmed, pas le trésor) jusqu'en 2001.
15 Octobre 1.963 :
Le roi du Maroc est arrivé à fédérer tous les Marocains dans la lutte contre l'Algérie, il a rallié les fidèles du Glaoui et les "spiritualistes" de Moulay ben Arafa. Il décrète la mobilisation générale.
Ben Bella mobilise le pays contre la soi disant offensive des Marocains. Il arrive à obtenir des chefs militaires kabyles qu'ils se portent sur la frontière marocaine plutôt que de continuer à soutenir la rébellion kabyle, qui en sera très affaiblie et totalement éradiquée.
Entre le 16 et le 25 octobre:
Les Marocains reprennent Hassi Beida et Tinjoub. Les Algériens contre-attaquent plus au Nord et prend Figuig.
La propagande F.L.N. se déchaîne, Hassan II est traité de fasciste, on raconte qu'il a livré l'avion de Ben Bella aux Français, qu'il est venu aux néo-colonialistes. On compte 100.000 volontaires à Constantine, 45000 à Sétif. Mohand ou el Hadj en à profiter pour négocier un accord qui donne une grande autonomie à la Kabylie. Bien entendu, cet accord ne sera pas respecté par Ben Bella.
L'A.L.N. occupe triomphalement Ich, présenté comme une immense victoire. Le chef de poste marocain raconte:" "Je m'appelle Ahmed Akheld, de la tribu des Beni-Ouirain, j'ai 26 ans, je suis le chef des moghaznis. J'ai la charge du poste d'Ich avec vingt-deux supplétifs. Nous n'avons pas d'armements, nous ne disposons que de nos poignards et de quelques sibas (fusils artisanaux) Je suis chargé du bon fonctionnement de ce point d'eau pour le ravitaillement des tribus et des nomades. Jeudi soir, vers 20 heures, un berger m'a prévenu qu'un millier d'Algériens s'apprêtaient à s'emparer de mon poste. Il était même porteur d'un message du haut commandement militaire algérien m'offrant la reddition. Je fis refus. Le tir commença aussitôt. Nos vingt fusils ripostèrent. Je ne pouvais pas prendre contact avec Figuig, car nous n'avions même pas de téléphone. A 9 h 40, Ich était attaqué aux mortiers, survolé par l'aviation. Au huitième coup de mortier, nous arrêtions, ayant épuisé nos munitions. Nous glissions dans l'oued, laissant deux morts sur le terrain."
25 octobre 1963:
Ben Bella annonce triomphalement la décision du chef kabyle de rejoindre le front marocain, c'est "l'union sacrée". La réconciliation historique est accompagnée de promesses de libération des chefs politiques et de facilités à l'opposition. Le ralliement kabyle assuré, le peuple algérien mobilisé par le choc psychologique favorable à Ben Bella, rien ne s'oppose plus à l'ouverture de négociations sur le tracé des frontières algéro-marocaines. Si le stratège politique et militaire de l'Algérie combattante a pris les risques d'une position difficile, à six cents kilomètres de sa base la plus proche, face à une armée qui n'est éloignée que de cinquante kilomètres de ses arrières, si le spectacle de ces troupes et de ces renforts algériens assoiffés, impuissants à prendre l'offensive, est interdit à la presse, c'est que Boumediene vient d'essuyer un véritable revers militaire. (…)
30 octobre 1963: 0A Bamako, réunion de l'Organisation de l'Unité Africaine, Ben Bella, conciliant, diplomate, s'incline devant le roi des rois, qui accueille en même temps le roi du Maroc. A côté de la djellaba de prières et de paix de Hassan II, le treillis militaire, à la Chou En Laï, de Ben Bella. L'empereur d'Ethiopie connaît à fond le dossier de la querelle Algéro-marocaine, il s'est informé à son dernier passage à Paris de la position de la France qui admet que "les deux postes sont dans la mouvance marocaine".
La presse F.L.N. accuse le Négus de faire partie d'une internationale arabe et africaine des rois. Bien sûr, l'empereur d'Ethiopie s'en défend, mais il est trop fin politique pour ne pas comprendre que cette Algérie socialiste, que les monarchies africaines et arabes ont aidée à naître, risque de devenir fatale pour tous les régimes d'ordre et de traditions. Alors, la négociation au sommet africain de Bamako ne peut que réussir et le télégramme que Ben Bella adresse à Boumediene: "Cessez-le-feu immédiat", ramène la sérénité à Colomb-Béchar.
La guerre-éclair n'a fait que repousser les réalités quotidiennes qui réapparaissent plus aiguës encore après la démobilisation des volontaires. Square Bresson, les chômeurs dorment, enveloppés dans, des sacs. A Belcourt, au Ruisseau, les djounouds démobilisés se réunissent en groupes d'anciens combattants et manifestent. Le parti est obligé d'organiser des distributions de vivres et collecte, par l'intermédiaire des femmes, du matériel de couchage, des bijoux, de l'argent.
Plus question de fusiller le "Vieux" Mohand. C'est l'aman. Boudiaf est libéré avec quelques opposants.
Ben Bella adresse un message au pays: "Il n'y a plus qu'une seule Algérie, dont tous les citoyens sont unis, dressés comme un seul homme devant ce danger fomenté par la réaction et la féodalité qui se précise à notre frontière, et qui voudrait menacer les acquis de notre révolution socialiste. A la suite de contacts pris, notamment avec le frère Mohand Ou El Hadj, le patriotisme a triomphé une fois de plus. Dès demain, ceux sur lesquels l'action des forces obscures de la réaction étrangère avait spéculé seront présents sur le champ de bataille, à Hassi-Beida et Tinjoub, aux côtés de leurs autres frères de l'A.N.P. et des militants qui s'y trouvent déjà. Désormais un seul problème existe: celui du juste combat que nous menons. Les problèmes, s'il en existe, seront résolus dans le seul cadre que le peuple s'est choisi : la grande famille du F.L.N. et notamment dans un congrès qui se tiendra, je le réaffirme, au plus tard dans cinq mois. Une commission de préparation de ce congrès doit d'ailleurs commencer ses travaux d'ici deux semaines. Les travaux préparatoires ont déjà eu lieu à ce sujet. Ce congrès, conformément aux règles révolutionnaires qui nous régissent, conformément au programme de Tripoli, sera organisé démocratiquement. Une fois de plus, le peuple algérien marque une nouvelle victoire et prouve qu'il recèle en lui des ressources inépuisables qui n'ont pas fini d'étonner le monde." (Dépêche A.F.P.)
Certains prétendent que cette palinodie a permis à un certain nombre de harkis de se faire pardonner leur passé, en faisant preuve des qualités militaires acquises auprès des officiers français. Je n'ai pu avoir confirmation, ni même un seul nom. Si cela s'est passé, ce doit être très marginal.
Le Maghreb sort éprouvé de cette affrontement fraternel voulu par le clan "chinois". Damas, Bagdad, Le Caire ont joué Ben Bella, mais le Liban, la Jordanie, l'Arabie saoudite, le Soudan et la Libye, se sont rapprochés de la monarchie marocaine.
Ce même 30 octobre, échauffés par la radio et les journaux une troupe embarque sur le cargo "Hassibal" dans le port de nemours, un armement monégasque mais qui battait pavillon marocain. Les 14 hommes d'équipage, pour la plupart français sont arrêtés, torturés, le chef mécanicien arrive à se suicider en se jetant par la fenêtre, ils sont finalement libérés fin 1963. Ils racontent avoir croisés dans les prisons et les centres de torture de nombreuses victimes françaises.
1 Novembre 1963:
Ben Bella dans un grand discours (qui frappe peu l'opinion, plus intéressée par les batailles entre les armées marocaines et algériennes) annonce la nationalisation de toutes les terres encore propriété des européens (ceux qui sont restés), contraignant ces derniers à l'exil. Ils attendent toujours l'indemnisation prévue aux accords d'Evian. Il suit les conseils de Michel Raptis, trotskiste sectaire, qui veut mettre en place une autogestion à la Yougoslave.
Malgré la guerre avec le Maroc (ou à cause ?) l'armée algérienne défile en grand pavois à Alger, 20 .000 hommes, supérieurement équipés de neuf,
La radio algérienne diffuse sur toutes les ondes un communiqué émanant du haut état-major de l'Armée Nationale Populaire: "La glorieuse armée nationale populaire algérienne, sous la conduite de son glorieux chef, le colonel Boumediene, vient d'occuper, après de violents combats, la cuvette d'Ich, que l'ennemi a abandonnée sous la pression de nos chars et de notre aviation." M. Mir, directeur de la radiotélévision algérienne, évoque à cette occasion les batailles de Stalingrad et de Dien Bien Phu, et annonce que "le colonel" (sic) Akheld est en fuite, que les volontaires du peuple qui affluent à Colomb-Béchar sont dirigés vers la "cuvette" d'Ich, pendant que les troupes constituées en formations homogènes, prennent position sur les crêtes de Tinjoub, repoussant les assauts des chars et de l'aviation. Le peuple algérien est invité à se porter en masse à l'aérodrome de Maison-Blanche où l'empereur d'Ethiopie vient assurer le peuple algérien de sa sollicitude.
En réalité, le roi des rois arrive à Alger en médiateur car, maintenant, Ben Bella cherche un moyen de sortir de l'impasse.
A Maison-Blanche, un incident sérieux vient d'éclater entre les autorités algériennes et les officiers pilotes des Compagnies Air France et Air Algérie. Le directeur d'Air Algérie entend contraindre les cent vingt pilotes et les membres des équipages à transporter des soldats en armes dans les avions réguliers. (…) Ces faits sont graves et la France n'a pas protesté contre cette nouvelle violation des accords d'Evian qui pouvait nous mettre en état de belligérance avec le Maroc. D'ailleurs, le roi du Maroc a saisi le gouvernement français d'une protestation énergique contre l'utilisation par l'A.N.P. de la base algérienne de Colomb-Béchar "concédée" pour cinq ans à la France.
A Aïn Chouatal, à 120 km au nord-ouest de Colomb Béchar, la population marocaine a mis fin avec ses fusils à l'équipée aérienne d'un hélicoptère soviétique d'où sont descendus neuf civils dont trois étaient des officiers égyptiens. L'Agence Tass répond par un communiqué très violent: "Des centaines d'officiers et techniciens militaires français servent dans l'armée marocaine… En Algérie même, les techniciens et militaires français font de leur mieux pour gêner les opérations de l'Armée de Libération Algérienne. Pour la France, c'est la guerre du minerai, car c'est précisément sur la frontière algérienne, riche en gisements, que portent les revendications marocaines. Si ce territoire revenait au Maroc, la compagnie Rothschild trouverait très pratique d'acheminer depuis là des matières pour ses usines en France."
L'allusion déplaît souverainement à Paris et le Négus, en visite à l'Elysée, se voit invité à hâter ses démarches en faveur d'un armistice entre l'Algérie et le Maroc. Le général De gaulle précise à son invité royal qu'il ne laissera pas "mettre en cause la sécurité des installations de Reggane".
Attaques et contre-attaques se succèdent avec une certaine violence à Tinjoub. Pour dissiper l'équivoque des communiqués de victoire de Boumediene, le général chérifien Driss Ben Aomar convoque la presse internationale à Hassi-Beida. Ainsi l'échec algérien est démontré. Les pertes de Boumediene sont très importantes à la suite d'une manœuvre désastreuse du "Chinois", plus expert en stratégie politique qu'en stratégie militaire, les Marocains ayant réussi à s'assurer et à conserver le contrôle des points d'eau, le manque d'eau devient une véritable catastrophe pour les renforts algériens qui ne cessent d'affluer et qui sont soumis à des tirs de harcèlement meurtriers. Boumediene avertit le gouvernement algérien de la nécessité d'obtenir rapidement un arrangement diplomatique et surtout le ralliement définitif des Kabyles avant que le colonel Mohand ne soit avisé de la véritable situation militaire à la frontière Algéro-marocaine
16 Novembre 1963:
Grâce à ses gesticulations vis à vis des marocains et à la liquidation de ce qui reste de présence française en Algérie, Ben Bella a réussi (provisoirement) à faire taire son opposition, en particulier kabyle.
5 décembre 1963 :
Le Maroc (qui a gagné militairement) et l'Algérie signent un accord de paix qui entérine le statu quo, et remet à plus tard le règlement du problème des frontières entre les deux pays.
Juillet 1964: Aït Ahmed et Boudiaf, deux des chefs historiques, désespérés de la dérive en faveur du pouvoir personnel de Ben Bella, et de l'évolution économique de l'Algérie, se mettent dans la clandestinité (en Europe) Ils créent le conseil national de défense de la révolution, et lancent des maquis qui n'auront de réalité qu'en Kabylie, et (très peu) en Ouarsenis et dans le Constantinois. Khider apporte l'argent du FLN, toujours en Suisse.
30 juillet 1964 :
Le patron de la willaya 6 (Sahara) arrêté par les aviateurs soviétiques aux commandes des Migs, alors qu'il fonçait avec ses blindés pour liquider Ben Bella et Boumedienne. Chaabani est arrêté, il sera exécuté le 8 septembre.
Pendant ce temps, l'ALN ratisse la Kabylie, avec une vigueur bien supérieure à celle de l'armée française.
Abbas, Ben Khedda, Farès, sont arrêtés par le gouvernement FLN.
3 Septembre 1964 :
Le pouvoir algérien fait fusiller Chaabani, ancien chef de la wilaya 6, pour rébellion.
A ce jour les assassinats d'opposants étaient effectués par des hommes de main ("incontrôlés"), c'est la première exécution officielle, la société algérienne tétanisée dans le mythe de la révolution unie est profondément secouée.
Ben Bella annonce dans la foulée la création de milices populaires, qui ne dépendront pas des militaires. Boumediene, dont Ben Bella affirme qu'il ne l'a pas consulté avant l'exécution et que cette exécution est de son entière responsabilité comprend le message 5 sur 5.
Avril 1965 :
Aït Ahmed, leader historique du F.L.N., qui avait tenté de créer des maquis en Kabylie, condamné à mort, est gracié par Ben Bella qui souhaite, pour contrer Boumediene, gagner le soutien de tous ceux qu'il a écarté pour constituer son pouvoir personnel.
Ben Bella fera libérer début juin Ferhat Abbas et Farés, dans la même optique.
Ca ne suffira pas pour lui conserver le pouvoir.
19 juin 1965:
Ben Bella est mis en prison et remplacé par Boumediene, officiel président du conseil national de la révolution (Ben Bella nageait dans le bonheur, il avait cumulé tous les pouvoirs, il se faisait encenser par la foule à chaque sortie, il est encensé comme un leader maximo dans toutes les capitales du socialisme, Mendés France venait de déposer à ses pieds l'hommage de la France.)
Le 22 devait s'ouvrir au club des pins une conférence afro-asiatique (rejeton des non alignés) qui devait porter sa gloire au niveau universel. D'après Holleindre qui prétend avoir des documents, De gaulle devait triomphalement se faire reconnaître comme le chef des non-alignés lors de cette conférence. Ce serait pour éviter cela que la C.I.A. et les services russes, unis pour conserver le monde sous leur duopole, auraient donné le feu vert à Boumediene.
Pour se détendre il avait invité le footballeur brésilien Pellé, le fait jouer à Alger (joue avec lui) puis l'accompagne pour un autre match à Oran. Boumediene l'accompagne, Bouteflika met au point les derniers détails du putsch, quand Ben Bella descend de l'avion qui le ramène à Alger il est arrêté.
Le peuple algérien qui l'acclamait la veille ne bouge pas.
Il est vrai que la situation économique est un désastre malgré les aides massives de la France (5 milliards 364 millions depuis l'indépendance, le premier poste) et de l'Amérique (l'Amérique nourrit un algérien sur deux écrit-on dans "croissances des jeunes nations").
Le secteur non public a diminué de moitié, un million d'algérien ont fui leur pays depuis l'indépendance, surtout pour la France, dont 280.000 qui ont une formation professionnelle et viennent l'exercer chez nous.
Source : http://guerredalgerie.fr/1963%20a%201965.htm
Dahmane
Quel aveuglement a frappé tous les intellectuels; nationalistes algériens ou tout ce qui en reste pour insister sur la seule voie de salut pour le pays qui est le fédéralisme ; comment est-ce qu'en période de guerre nos baroudeurs de l'époque; dans la clandestinité, le maillage de tout le territoire par l'armée française ont su organiser et imposer le système de Wilaya , qui est une forme de fédéralisme qui a bien fonctionné jusqu'à la fin de la guerre ;alors qu'en temps de paix , on ne veut pas de cette solution pour sortir le pays du sous développement dans lequel l'ont plongé la secte d'Oujda?
La seule et unique explication est de maintenir le pays dans le sous-développement,en plus de la peur de voir la Kabylie décoller,vu que la secte qui nous a pris en otage depuis 1962 connait bien et a dans sa mémoire l'organisation exemplaire sur tous les plans de la wilaya 3 historique, et comme ces bandits ont une haine viscérale de tout ce qui est kabyle et vient du kabyle,ils font tout pour nous garder dans cet état.Le hic, c'est que nos pseudo intellectuels, journalistes et nationalistes, au lieu de tout faire pour orienter le débat dans cette voie,préfèrent parler du FLN de la mangeoire qui a ruiné le pays et faire diversion avec des sujets qui ne mènent qu'à la ruine!