Ecorché vif, le cœur meurtri et l’âme aux abois, Mohand verra son père fusillé devant ses yeux incendiés par l’horreur, captif de la horde coloniale criminelle. Lui-même ne fut sauvé du peloton d’exécution que par l’amour de la fille de l’officier préposé au meurtre des Kabyles résistants.
Par Rachid Oulebsir
Sur la prière larmoyante de sa fille amoureuse, le capitaine Ravès avait estimé le meurtre du jeune poète inutile ! Mohand sauvé de la mort par l’amour retrouva la liberté. Il avait vingt ans. Oubliera-t-il un jour la violence mortelle exercée sur les siens par l’inquisition coloniale, et cet amour, in extrémis, venu le sauver ? Mort – amour, le rapport constituait une dialectique intrinsèque à laquelle il lui fallait trouver une signification et un exutoire pour que sa peine fructifiât la vie et donnât à ses ailes d’aigle blessé du sens et de l’énergie.
Ce choc initiatique nourri de mort, d’amour et d’exils, dans les premiers temps de sa vie, le projettera sur les chemins de galère où l’adversité coloniale le guettait à chaque instant et en tous lieux.
1.- Résilience et rejet de l’ordre colonial
Mohand sentait peser sur ses frêles épaules le poids de la colonisation s’ajoutant aux interdits, aux règles drastiques dans une société enserrée jusqu’à l’étouffement dans des traditions tyranniques. L’occupation française va exacerber le besoin de se libérer des carcans de cette société pudibonde qui a perdu ses ressorts et montré ses faiblesses face à l’occupation française. L’esprit de rébellion puis d’insoumission contre toute organisation, contre tout ordre, toute loi se forgera dès l’enfance, la poésie lui en donnera la force et la méthode.
Mohand entamera sa longue marche simultanément à la création poétique dans une interminable mouvance féconde, une remise en cause permanente à travers les méandres de sa société en démantèlement accéléré. Sa poésie évolutive et adaptée à toute nouvelle situation, portait la douloureuse vérité de l’emprise de la colonisation mortifère, renouvelée au quotidien. Ses vers magiques nourrissaient la prise de conscience populaire et donnait une direction et du sens à toutes les luttes citoyennes.
Le refus d’une fonction dans l’administration coloniale pourtant omnipotente alors qu’il avait les qualifications requises pour vivre tranquillement dans la nouvelle classe moyenne caractérisera la conduite de Si Mohand et son rejet réel de l’ordre colonial, même dans le moindre contact. Sollicité par les tenants de l’entrisme politique et de la ligne collaboratrice, voire assimilationniste, pour exercer comme clerc de tribunal, traducteur dans les mairies ou au moins enseignant de Coran dans les écoles villageoises, il déclinera toutes les invitations de cette nature préférant vivre de sa poésie et du contact fécond avec les hommes restés dignes de la culture des ancêtres.
A l’évidence, il ne partageait rien avec cette nouvelle classe née de la servitude vis-à-vis de la colonisation et de la répression des résistants paysans. A l’instar des tribus Makhzen sous la colonisation turque, les serviteurs de l’occupant français se recrutaient dans les anciennes catégories sociales sans fierté habituées aux basses besognes.
Lqeṛn agi isserhab Ce siècle est terrifiant
Degs rebḥen leklab il enrichit les chiens
Taṛẓem a wlab babllah et brise les nobles poètes
Si Mohand donnait l’exemple du rejet du nouvel ordre par sa propre personne. Sa conduite au quotidien témoignait de la résistance à l’installation des nouvelles valeurs sociales prenant forme autour de l’argent et des nouveaux possédants ! Il choisira le mouvement comme mode de vie et le refus de s’établir et de se fixer socialement dans la configuration imposée par l’occupant français avec ses moyens modernes quelque fut leur degré d’utilité et d’efficacité.
Le refus de s’inscrire à l’Etat civil, de se faire prendre en photo et ne jamais avoir de carte d’identité, constituait un défi majeur pour l’administration coloniale. Il évitait de prendre les moyens de transports coloniaux, de loger dans les hôtels citadins où pourtant les serviteurs de l’occupant français l’invitaient utilisant ses penchants pour l’alcool et les jolies filles comme appât. Pareille conduite confirme son haut niveau de résilience. Si Youcef Oulefki contemporain du poète, en témoigne dans son récit rapporté par Mouloud Feraoun : « Quand j’ai connu Si Mohand, c’était un homme de grande taille, brun avec des yeux marrons, au regard à la fois ironique et vif. Il portait une barbiche noire à peine grisonnante. C’était un grand marcheur. Il ne montait jamais en diligence, train ou automobile, non par crainte du danger, mais par esprit d’indépendance. L’un des traits dominants de son caractère était la curiosité. Il demandait des détails sur les pays qu’il traversait, sur les gens, sur les mœurs ! Il voulait tout savoir ! »
2.- La terre et la femme
La terre et la femme sont dans une dialectique fondatrice de la pensée de Si Mohand constituant toutes les deux la nourriture permanente de sa sensibilité. Marcher pieds nus pour sentir la poussière, prolonger le contact et l’illusion de la réappropriation de la terre des ancêtres, le sentiment de lutter contre la dépossession, retissait dans le cœur du poète le lien avec les entrailles de notre mère la terre. Akal, la terre, notre dernière destination, était indissociable des ancêtres Akal N lejdud, la terre des ancetres ! – Pas d’ancestralité et de continuité culturelle et identitaire sans le lien à la terre – Et dans l’imaginaire kabyle habitant l’ame de Mohand, l’ancêtre mythique était une femme, Yemma-s n ddunit, la première mère du monde, notre première genitrice, celle qui fonda la société berbère matriarcale et matrilinéaire.
Si Mohand parlait à la terre comme on parlerait à un humain et la conjurait de garder intacte le visage de la bien -aimée. Son haut degré de respect de la terre qu’il déifiait comme le faisaient les ancêtres dans leur cosmogonie ancienne et de la femme qu’il vénérait et sans laquelle la vie ne valait sûrement pas d’être vécue, est illustré par ce poème associant la femme et la terre dans le rapport de Lanaya, un concept bien kabyle qui fantasme le refuge protecteur de la beauté éternelle.
Temmut taɛzizt ur nemẓiṛ Morte est mon aimée sans que nous nous soyons revus
Lmut att textiṛ La mort l’a choisie
Rebbi iteddu di nneqwma Dieu aime nous contrarier
Ay akal ur ttettɣeyiṛ Terre, n’altère pas sa beauté
M laɛyun n ṭṭiṛ la fille aux yeux de faucon
Taɛfumt as a lmuluka Anges pardonnez lui ses ecarts
D aẓawali ur teḥqiṛ Elle ne meprisait pas le fils de Boheme
D yeli s n lxiṛ la fille au grand coeur
Meḥṛumet si ǧahenama n’ira jamais en enfer.
Dans de nombreux autres poèmes, il réclamait carrément la liberté pour la femme notamment du choix de son époux. En appelant à l’ancetre symbolique, donc à la conscience locale, il demande expressément que l’on laissat la femme choisir son amoureux.
Nekwni nheddar d awalen Moi je n’ai que les mots
Keč č gzem-d imraren toi prends la decision
Taqcict attaɣ win tebɣa la fille epousera celui qu’elle aime
3. Reformer la société kabyle archaïque
La poésie avait ses espaces dans la société Kabyle construite sur l’utilité extrême! La terre ingrate ne donnant pas assez de nourriture, aucune activité pouvant distraire l’homme et la femme n’était tolérée, du moins en apparence. La sexualité – le plaisir de la chair- et tout ce qui y conduisait comme la poésie paillarde, les rituels de magie … ne servant pas la reproduction et la cohésion du groupe, était banni.
La poésie amoureuse, le texte érotique, avait la montagne et ses immenses pacages comme espace d’expression et les bergers gardiens du cheptel villageois collectif «Ajemmaɛ» ou des troupeaux en transhumance «Aqwḍaṛ» comme adeptes experts et transmetteurs ! La poésie épique, le récit religieux, la narration prosaïque proche du conte étaient permis dans les moments de répit et les haltes festives paradoxalement nombreuses. Les poètes organiques chargés traditionnellement de la diffusion de cette littérature orale du genre toléré étaient nombreux, chaque village en comptait au moins un ou deux.
Si Mohand Ou Mhand se chargea de révolutionner cette société demeurée immobile durant des siècles, de faire éclater les ultimes serrures pudibondes de la cité kabyle déjà en ruines sous les coups de boutoir de l’occupation française ! Cette société fermée devait s’ouvrir, la culture et précisément la poésie, en sera le trousseau de clés pour toutes ces portes verrouillées de l’intérieur ! La colonisation lui en donnera l’occasion tragique mais féconde. Sans famille, sans bien, sans repères, Si Mohand ira chercher un protecteur dans les croyances ataviques profondes : il adoptera un Esprit totémique, un ange tutélaire qui portera la responsabilité de ses dires ! Si Mohand parlera et l’ange fera les vers et les rimes ! Quelle invention magique !
Depuis la rencontre de Si Mohand avec l’ange devant une source, le poète et son ange-gardien pouvaient dire tout ce qui leur passait par la tète et spécialement ce qui était jusqu’alors interdit : la poésie amoureuse, le verbe paillard, mûr et suggestif, l’érotisme jusqu’alors cantonné dans l’imagination. L’ange ouvrait au poète tous les espaces interdits. Si Mohand ne se privera plus alors de s’attaquer aux tabous les plus tenaces, aux archaïsmes les plus rétrogrades et au passage il démolira par un verbe incisif et tranchant les nouveaux serviteurs de la colonisation.
Le poète se donna une mission claire au prix de sa vie – il fera l’objet de maintes tentatives d’empoisonnement, mais l’ange veillait – : Ouvrir à la poésie les espaces interdits, combattre la soumission et l’allégeance ; créer la conscience et le besoin de liberté, soutenir les révoltés, les insurgés, les humbles par le verbe réparateur, accompagner les exilés, les candidats à l’exode par une littérature orale aliment de résistance aux épreuves mortifères inhabituelles. Tel était entre autres, le devoir du poète convaincu d’être chargé d’une mission anticoloniale multidimensionnelle. La démarche était d’adopter une position militante dans la conduite de l’élite intellectuelle par la sauvegarde des espaces solidaires de création culturelle, de la libre pensée anticléricale, de la pratique de la laïcité ancienne dans le village. Conscient que la colonisation française venait de lancer un processus irréversible de démantèlement des tribus et de «libération» de l’individu comme force de travail corvéable à vil prix , Le poète accompagnera ce processus par une poésie de résistance et de sauvegarde de la mémoire culturelle retenant les mailles du monde ancien contre le détricotage planifié de l’administration française du tissu social dans son univers cosmogonique ,son imaginaire ancien, ses traditions de solidarité et de consolidation de la pensée historique commune.
Briser les conduites anciennes, les adapter au contexte de l’occupation, conforter la femme – pivot de l’ordre villageois- dans ses luttes et ses résistances à la pénétration de l’esprit mercantile, rappeler sans cesse le primat du groupe sur l’individu isolé, se libérer du carcan religieux, aimer la femme, boire et fumer. (A suivre)
Rachid O.
Lire la suite : Si Mohand Ou Mhand, l’amour et la révolution (II et fin)





Jiswi pas comme un spécialiste de Si Mohand , mais je crois avoir lu le peu de livres, les principaux, qui ont été écrits sur lui. J'ai du mal à le voir comme vous.
Comme s'il fallait le laver de ses péchés pour le rendre récupérable!
Nekini je ne comprends pas, ya kichi, pourquoi on veut voir en Si Mohand un révolutionnaire un résistant ou une sorte de sociologue.
Il était critique, pas dupe du tout, contre toute forme d’autorité, mais kamim ! L’absinthe, lahchich, lkina, vous trouvez que ce sont là des armes des résistants ?
Et si Mohand n’était pas le seul a ne pas avoir de kardentiti ! Beaucoup d’algériens ne se sont inscrit à l’état civil qui n’existait ipitite pas à son époque dans nos montagnes qu’à lindipadace !
Si Mohand était un poète, the biggest , qui regardait sa société par le rectum et non pas ses beaux yeux! Une sorte de Diogène kabichou.
Je ne crois que se serait lui rendre service que de chercher à l’anoblir ou à lui faire une hagiographie.
Wa Moh, nighak je soupçonne chez toi comme une sorte de léger penchant à te rallier au moindre geste, au moindre avis d'un certain KITCHI ou KICHI. Yézmar l'hal ou peut-être avez-vous raison d'être sceptiques quant à l'authenticité des poèmes et des fait rapportés par monsieur Oulebsir, mais reconnaissez tout de même qu'il vaut mieux "ça" que les approximations d'un animateur-vedette, homme à tout faire de BR TV (j'ai nommé K.Âme) ou celles d'une autre plume intervenant souvent ici pour nous rapporter ou nous commenter ce qu'ont rapporté et commenté d'autres sites d'information, lui-même recevant des "hommes et des femmes de culture" de temps à autre sur les plateaux de la chaine adepte des "zénith(s) en hommage à …".
Bel3ârbia, édjéth argaz adyini ayéne yévgha, akéne yévgha, ma3na éclairez nos lanternes lorsque vous détenez des éléments pouvant démentir ceux avancés par ce respectable monsieur Oulmebsir. Au passage, une des rares plumes intervenant ici-même ne massacrant pas la langue de Molière …ou très peu…comparativement à des plumes plus prolifiques (suivez mon regard!).
Hadhar thoura akighadh él hal….car la dernière fois que cela est arrivé avec un des commentateurs du site, j'ai eu droit à du "Baudelaire rapporté au postérieur masculin".
Wa quelqu’un : As-tu lu les poèmes de « Les Isefra de Si Muhend » de Mammeri ? C’est un de mes livres de chevet. Comme je l’ai dit sur la suite de cet article (le numéro II) Mammeri a longuement parlé avec des compagnons de Si Muhend, des gens qui ont voyagé et vécu avec lui et qui étaient encore vivants dans les années 50 et 60. Trouve-moi donc un poème dans lequel il défend le “groupe”, que ce soit les kabyles ou d’autres, que ce soit tout un village ou toute une tribu. Sa propre tribu, les Ath Yirathen, il ne l’a pas épargnée : l’qoum iznuzn a3eqqouch, chanyet di la3rouch, etc. C’était un individu, il se représentait comme individu, pas comme porte-parole d’un quelconque groupe. Ses poèmes allaient au fin fond de son âme, avec l’aide du hachiche, de l’alcool et même de la cocaïne pour y ramasser des étrons à pleins paniers et nous les balancer à la gueule.
Il est de notoriété courante que des tas et des tas de “poèmes” lui ont été attribués à tort, de son vivant même. Même Boulifa l’a dit vers 1900 d’ailleurs. Si Muhend a changé la forme du poème kabyle en utilisant le neuvain à trois strophes de 7-5-7 syllabes, forme qui existait mais qui était assez rare avant lui. Après Si Muhend, cette forme est devenue presque la norme en Kabylie, et des centaines de gens, car presque tout le monde versifiait en Kabylie à l’époque, ont composé des poèmes en imitation et les ont carrément attribués au barde Si Muhend. Personnellemnt, il me suffit de lire les deux premiers vers, souvent juste le premier, pour voir que ce n’est pas de la facture de Si Muhend. C’est comme le mondole d’El Anka, la guitare de Django Rheinhardt ou la trompette de Louis Armstrong: il suffit d’une ou deux notes pour les reconnaître pour celui qui sait les reconnaître.
Quant aux légendes sur sa vie, c’est comme les hadiths sur Mohamed: il lui aurait fallu vivre 10 000 ans et avoir le don de l’ubiquité pour faire et dire tout ce qu’on dit qu’il a fait et dit. C’est pour ça que je dis que je m’en tiens à ce qu’a dit Mammeri, car il a discuté avec les compagnons de Si Muhend.
Quant au “revolutionnaire” Si-Muhend, je dis simplement “no comment”.
@Quelqu’un : Je vais te dire ce qui m’enquiquine dans cette “affaire” : J’ai un amour sans limite pour la beauté artistique et ça m’embête de la voir galvaudée. Si le sieur Si-Muh-U-M’hend se présentait ici et lisait mon opinion, il me dirait peut-être d’aller me faire chier, qui sait ? Je ne veux pas m’ériger en champion de Si Muhend ou de qui que ce soit d’autre, mais le fait est que ceci est mon opinion et je l’exprime ici. Quand on confond l’œuvre d’un Si Muhend avec celle d’un imitateur, c’est qu’on n’a pas compris l’original. Pour celui qui a l’oreille et l’âme sensibles, la différence est immédiatement perceptible. Mammeri a entendu beaucoup plus de poèmes que ceux qu’il a rapportés dans son livre, mais il était lui-même un artiste, un vrai, et il a su faire la différence entre les authentiques et les imitations. C’est comme un beau jeu professionnel de violon comparé au bruit que ça fait quand on coupe du carton avec un couteau émoussé, ça vous écorche absolument les tympans et tous vos nerfs. Certains poèmes ne sont pas complétement des imitations mais d’authentiques poèmes de Si Muhend que les gens ont retapés parce qu’ils ne se les rappelaient pas exactement, et ceux-là sont clairs aussi pour ceux qui savent les discerner.
Nekini , ma devise est: Ni Dieu ni Maitre . Mais je ne sais pas me fâcher avec tout le monde.
Bon, d’accord, je croyais que nul n’est incriticable.
Mais, pour te faire plaisir, je vais aussi me disputer avec Kichi.
Immi Si Oulebsir tsavarda nukni dedfar awal id yenna at nedfar, je vais rajouter une louchée.
Outre le fait que par honnêteté intellectuelle on aurait jamais dû écrire les poèmes n.Si Mohand mais les poèmes attribués à Si Mohand 3lakhatar on disait de lui qu’il ne répétait jamais ses poèmes ( ???) qu’il n’avait jamais rien écrit à leur sujet, et que « Si Mohand » est de venu un nom générique tant que l’énoncé « les poèmes n’si Mohand » est devenu un pléonasme, je ne rajouterai rien à ce sujet.
Ow, kamim ! Si Mohand, le paria, youghal non seulement da révolutionnaire mais en plus da berbériste ?
Soussem kan a-y- Verwaq !… Waqila nous avons été coupables d’être trop d’accord sur bon nombre d’idées et d’attitudes, a l’vekhsennagh ! A tawaghith !… Un peu de discored pour l'ambiance ! Au sujet de Si Muhend, mon poète favori depuis que j’étais tout jeune, OK, d’accord, je change d’avis: Le FLN, la guerre de libération, etc, tout ça c’était un plan qu’il avait mijoté dans sa tête en se reposant sous un arbre entre Alger et Tizi-Nath-Aïcha, en tirant de petites bouffées voluptueuses de hachiche, les veines pompées de cocaïne, insultant tout ce qui bouge autour de lui. On chuchote même que quand Chikh Marx est venu se soigner à Alger, lui et Si-Muhend se sont trenconrés en secret et ont planifié toute ce qui s’est passé en URSS. Ah, oui, j’oubliais: le scénario du Cuirassé Potemkine, qui l’a donc écrit si ce n’est notre barde révolutionnaire ennegh ya m’haynek ?
Saha ya Rabbi saha, tharramiyi tsadhsa yak! Pas grave; je l'ai bien cherché.
Yiwéne ayéqar "… Un peu de discored pour l'ambiance…", tandis que wayédh surenchérit "…Mais, pour te faire plaisir, je vais aussi me disputer avec Kichi…".
N'était-ce un smic d'esprit critique et de distance acquis au contact de vos écrits respectifs, J'aurais pu lire au 1er degrè "…On chuchote même que quand Chikh Marx est venu se soigner à Alger, lui et Si-Muhend se sont trenconrés en secret et ont planifié toute ce qui s’est passé en URSS. Ah, oui, j’oubliais: le scénario du Cuirassé Potemkine, qui l’a donc écrit si ce n’est notre barde révolutionnaire ennegh ya m’haynek ? …". Ayghar ya3ni ourthougadhém ara Rabbi? Al mouhim, à deux, il est vrai qu'on peut difficilement rivaliser, contester ou même adnini ahh lorsque en face un duo de choc fait front. A moins que Hend Uqaci Ivarwaqène, ne soit en train de se dédoubler, lui qui a un faible pour l'ubiquité, navigant entre Avarwaq et Na Hdjila !
Quel debat !! ma parole, Si mohand ou M'hand en personne ne vous arrive pas à la cheville,tellement vous en savez sur lui comme si vous aviez vécu au temps de son vivant.
Y'ennayas Matoub dhi lhyathiss : amekch ar'amssefhamen sin; m'oudyerna wiss thlatha. Votre triptologie @ les zamis y ressemble à s'y méprendre… surtout que vous avez, un chitoh, tous les trois raison…
J'ai demandé à feu mon père, lequel afennane ig'hemmel. il m'a répondu sans hésitation : slimane Azem, un autre révolutionnaire des esprits dans la lignée de muhend oumhend. c'est juste cela que je retiens de l'article.
Salut a chmendifir vu-wurfane !(sans aucune méchanceté.) Si Muhend était un révolutionnaire dans un certain domaine, oui, celui de la beauté artistique, mais pas un “révolutionnaire” tout court. Comme je l’ai dit avant dans un autre post, les kabyles de son temps avaient mis tout le paquet dans leur lutte contre la France. Ils avaient perdu et il ne leur restait plus aucun recours possible du temps de Si Muhend. Il y avait des bandits d’honneur et des bandits tout court un peu partout dans les forêts et les maquis kabyles, mais toute capacité ou toute vélléité de resistance organisée avait quasiment disparu. Il a fallu attendre 20 ans après sa mort pour entrevoir une quelconque possibilité d’action ou d’espoir révolutionnaire.
Tu sais, j’aurais été d’accord avec ton père à propos de Slimane Azem à un certain point. J’ai baigné toute mon enfance dans ses chansons avec mon père aussi. Je me les rappelle d’ailleurs toutes par cœur, du moins celles d’avant 1975 ou 1976. Après ça j’ai quitté le pays et je n’ai plus eu beaucoup d’occasions de l’écouter. Cependant, comparé à Si Muhend, désolé, mais autant que j’aime Slimane Azem, c’est comme comparer un grand lac à l’Océan Pacifique. Rien que de penser à Si Muhend me donne une boule dans la gorge et une buée aux yeux, et je t’assure que je suis sérieux. “3emmedgh i-rregama slighas”, “d-arrach ay-g-3oumen levhour” “therwidh a-y-aglim thighrith”, “snegh avrid kh’dhighas”, etc… depuis 45 ans, ces vers et tellement d’autres dansent constamment devant dans ma cervelle. Mais je ne vais pas dire que Si Muhend était un dieu ou un révolutionnaire en dehors du domaine de la poésie. Je ne suis même pas d’accord avec une bonne partie de ses idées: ce qu’il disait des esclaves, sa vénération des “saints” kabyles et autres nord-africains par exemple. Un homme parfait, ça n’a jamais existé.
@Quelqu’un : Ala a winnath, deg ikhfik kan. Our a-k-nemjaji-ara a g’mathnegh. Wel’h ar que tu te trompes ay-amdakoul. Je vais te dire ce que je crois avoir en commun avec Averwaq, et peut-être la raison pour laquelle nous sommes le plus souvent d’accord ici, et qu’il me pardonne pour oser parler à sa place, ce que je n’aime pas faire du tout: je ressens en lui un homme qui comme moi, ne veut ni suivre, ni mener qui que ce soit. Ni dieu ni maître, comme il l’a dit. Etre humain, individu. Kabyle par pur caprice des dieux, rien d’autre. Si Muhend: “la ’hviv la tagmats la frank”. “Oula wi gh-yevghan noukni — Zelt d’lemhani — Yir le3vad lehlak ebboul.” Je ne rejette personne non plus, ni ne manque de respect à personne, surtout pas à toi qui t’exprimes si bien et qui es un plaisir à lire. Un peu de désaccord ajoute du charme aux échanges, sans aucune intention d’insulter ou se moquer de personne.
Quant à ton soupçon (infondé) que Verwaq et Kichi ne font qu’un, dans un sens tu as raison : Je ne sais pas quel âge tu as, mais moi je ne suis pas exactement tout jeune, et depuis un certain temps j’ai compris, et je veux dire “compris”, ce que disaient les anciens philosophes de plusieurs horizons différents: tu es moi et je suis toi. “D’ketch ay d’nekk” comme dit l’histoire (comique) de La3mara, si tu la connais. Toi et moi ne sommes que deux facettes de la même entité. Me moquer de toi intentionnellent serait me moquer de moi-même. J’ai utilisé des formules sarcastiques, mais par par intention de te rabaisser ou me moquer de toi, mais de rire “avec” toi. Tu peux chercher (si lematindz permet que je donne l’info ici) des échanges que Verwaq et moi avons eu en ligne en allant sur le site de chouf-chouf.com et tu verras. Tu verras aussi qu’on ne se moque de personne. J’espère que lematindz permettra l’insertion de ce lien, merci.
Quelle perspicacité , a Quelqu’un !
Awlidi il ne s'agit pas de joutes oratoires nagh on chercherait za3ma à rivaliser avec des personnalités de si haut rang. Moi et Kichi nous ne faisons qu'exprimer des opinions, matchi d.la. science infuse in nes3a an sellagh dagui. On reste des inconnus anonyme yarnou s'les faux pseudos.
Yenna-yas winna awi youfène sin : youwène d’nek wayedh am nek !
Mi ur zrigh ma dnek qui me dédouble nagh dketch ig s3ène le don de double-vue am Le Sâr Rabindranath Duval ( sketch de Francis Blanche et Pierre Dac).
Ow, thoura daghène Kichi uk dnek dyiwène ?
Dis-mwa , ces derniers temps nous avons écrit presque mot pour mot la même chose sur certains sujets et pourta ach-hal thikwèl nennough sur d’autre sujets ? Est-ce que twa simwa et mwa sitwa ?
Ye3ni ontarnous, ontarnous kane woullah ar hemlaghk oulla dketchini !
Erratum : "amekch ar'amssefhamen sin; ma dhouawij wiss thlatha…
Am’k akken iqqaren ? Thayazit thourwed thamellalt, ayazidh iqerhith… oumermouris. Si tu n’a rien à dire, ne le dis pas a-y-amdakoul.
Azul @ Kichi, mais au fait, kich kichi que cha veut dire ce psydinime? J'ai bien dit que vous aviez un peu raison tous les trois et j'irai encore plus loin en disant que toutes les sociétés humaines ont besoin de mythes pour exister même s'il faut parfois les créer de touts pièces et les modeler au gré de l'histoire. "Clovis et le vase de Soissons" en est un bel exemple sans aller jusqu’à Moise et sa traversée de la "mer diterranée" aquen quaren imezouras nagh et sans oublier le prophète des musulmans dont le mythe a "grégarisé" des pans entiers de l'humanité jusqu'à nos jours.
@Kichi Duoduma @Hend Uqaci Ivarwaqène:
Non les amis, je ne vous bien évidemment pas pris au sérieux dans vos divagations "Muhendesques", fahmagh que c'était du 53e degré et que-plus important que tout le reste- th'hémélmiyi am'arroh nwéne. Ma3na, de temps à autre, j'aime bien faire ma causette, allez savoir pourquoi. D'ailleurs, cela n'a pas manqué de raviver la flamme avec un autre "Moh" non moins aimant à mon égard. Heureusement que Kichi s'est chargé lui-même en personne, séch'laghmiss de lui ré-pondre en l'invitant à méditer sur l'histoire de la poule qui pond et du coq ig'qarh ou….
Seule incompréhension persistante pour l'heure: l'ubiquité dont je parlais ne concernait pas le duo de choc Avarwaq-Kichi mais bien Avarwaq him self: selon la thématique nagh balak l'humeur du jour, il passe d'Avarwaq à Na Hdjila …avec une délicatesse qui force le respect.
Sinon, savez-vous d'où est originaire monsieur Oulebsir? Quel intérêt me diriez-vous, pourtant si (à mes yeux bien sûr).
Thaddarthiss issmiss ALLAGHENE…wallah que c'est vrai, c'est entre Tazmalt et Akbou, et personnellement, j'ai toujours trouvé ce nom original, singulier. Comment a t-on pu maintenir un tel nom dans une Algérie pourtant adepte de l'arabisation de tout ce qui bouge! Je sais, je sais, mon raisonnement n'a ni queue ni tête, mais akka tsaghenna'nt.
Bref, au plaisir d'un prochain disputage et n'oubliez surtout pas que vous êtes désormais épiés: barkathagh trop d'entente, et comme dirait Fellag "…je n'aime pas l'amitié…na3dine l'amitié…c'est ringard !"