Point de vue : Da L’hocine (président du FFS) : l’effondrement d’un mythe ?

La rumeur circulait déjà en Algérie, depuis le milieu de l’année 2011, qu’Aït Ahmed serait en train de négocier secrètement avec le pouvoir occulte, avec la complicité du défunt Abdelhamid Mehri son éventuelle adhésion au plan de sauvetage du pouvoir de Bouteflika.

Suite à l’annonce du FFS, vendredi 2 mars, de sa participation aux législatives de 2012, les Algériens, partis politiques, associations et personnalités indépendantes ou simples citoyens militants, qui ont pris le parti de résister et de lutter contre la dictature dans la rupture avec ce système, se voient soudainement amoindris et perdent l’apport de la principale contribution qui constitue leur force.

La rumeur circulait déjà en Algérie, depuis le milieu de l’année 2011, qu’Aït Ahmed serait en train de négocier secrètement avec le pouvoir occulte, avec la complicité du défunt Abdelhamid Mehri, son éventuelle adhésion au plan de sauvetage, initié par celui-ci pour s’en sortir de la crise de légitimité devant laquelle il s’était trouvé confronté suite à la chute des dictateurs de la région, qui ont été pris de court par la révolte de leurs peuples.

On se souvient de l’atmosphère dans laquelle le pouvoir occulte algérien s’était muré dans un silence tragique, qui a duré plusieurs semaines, allant de la chute de Ben Ali et suivie de celle de Hosni Moubarak, à l’intervention télévisée d’Abdelaziz Bouteflika durant le mois d’avril 2011. Par cette intervention, le pouvoir occulte algérien est venu finalement briser ce silence dans lequel il s’était muré, après avoir été farouchement surpris par cette situation inédite et aussi dangereuse pour sa survie. Certainement, après avoir achevé des tractations, engagées pour définir une stratégie efficace afin de neutraliser toute tentative de contamination de l’Algérie, par ce qui est convenu d’appeler « le printemps arabe ». Cette intervention, qui résonnait comme une résolution finale de toutes ces tractations et, qui s’adressait aussi bien à l’attente du peuple algérien, qu’à celle de la communauté internationale, s’était déroulé dans des conditions où le peuple attendait de ce pouvoir occulte et despotique une annonce historique, qui viendrait mettre fin à ses souffrances et à la répression barbare à laquelle il est exposé depuis l’indépendance nationale. Grande fut sa déception. La mine grave, le ton impersonnel, le verbe indécis, la voix roque et tremblante, Abdelaziz Bouteflika, dans une ultime escarmouche de l’esprit, déstabilisé par le poids du mensonge, pour une dernière tentative d’abus de confiance, d’un vicieux ensorcellement d’un peuple patient et crédule, est venu annoncer un leurre de réformes, pour un cynique ravalement de la façade démocratique.

On se souvient également de l’atmosphère délétère dans laquelle se sont déroulées les consultations pour les réformes promises, dans laquelle s’extériorisaient l’arrogance du pouvoir et son mépris du citoyen, de sa souveraineté, de sa demande de liberté et de démocratie. L’on se souvient surtout, pour ceux qui ont la mémoire courte, lorsque le verdict du résultat des réformes tomba, de l’effervescence contestataire qui s’est emparée des médiats dits « indépendants« , de la société civile, des partis politiques d’opposition, des personnalités indépendantes ou tout simplement des citoyens engagés dans la reconquête de la légitimité politique. C’est à ce moment-là qu’une partie des Algériens bascula dans la radicalisation de leur opposition au pouvoir par une consommation irréversible de la rupture. C’était le cas de Karim Tabbou, qui était à ce moment-là le secrétaire national du parti FFS, avant qu’il ne soit révoqué, justement, pour sa prise de position, qui réconfortait et donnait un immense espoir aux partisans de la rupture, mais certainement pas à ceux qui ont choisi la reddition au sein de son parti. Parce que sa détermination était en contradiction avec le projet de collaboration des partisans de l’adhésion du parti au plan de sauvegarde initié par le système pour sa survie.

À partir de ce moment-là, le camp des partisans de la rupture n’a cessé de se vider. C’est dire que l’attrait de la mangeoire s’est mis progressivement à supplanter l’éthique politique et la probité patriotique. Les authentiques patriotes, qui militent pour l’établissement d’un véritable Etat de droit, ne doutent à aucun moment des véritables intentions de ce pouvoir totalitaire. Quiconque connaît le fonctionnement des mécanismes de décision du pouvoir occulte algérien, saura distinguer ce qui relève de la stricte communication à des fins manipulatoires, et ce qui relève du domaine de la véritable activité politique pour la gestion des affaires internes de ce pouvoir occulte. L’instrumentalisation du FFS par sa participation aux législatives ne peut se comprendre autrement que comme un crédit de légitimation des démarches entreprise par le pouvoir pour sa survie.

Reste le crédit à donner aux justifications d’Aït Ahmed pour sa décision de participation à cette kermesse électorale. C’est tout le mythe « Da l’Hocine », ce personnage attachant, affectivement, cette figure d’authentique patriote, d’éternel résistant, l’inoxydable opposant à la barbarie et à l’arbitraire d’un pouvoir qui a confisqué lâchement la révolution du peuple algérien, qui se joue dans cette partie. En affaiblissant le camp qui résiste à la dictature ayant choisi de lutter dans la rupture avec le système, pour donner un crédit de légitimation à un pouvoir que tout indique qu’il est impossible à réformer, ce mythe, à la lumière du développement à court terme de la situation politique du pays, risque de prendre un coup très dur, sinon de s’effondrer tout simplement, brutalement. Alors ! De Da l’Hocine, les futures générations risqueront de ne retenir que l’épisode du président du FFS Aït Ahmed, le militant de la première heure du combat pour la libération nationale, qui a traversé toute l’histoire sombre de l’Algérie indépendante dans le combat pour l’instauration de la démocratie, mais qui, à la dernière minute, a préféré la reddition dans la collaboration avec l’ennemi qu’il a toujours combattu.

Quel crédit peut-on donner autrement aux justifications apportées à cette participation électorale ? Il nous dit que « notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple. C’est là l’essentiel de notre décision. Remettre du mouvement dans le statu quo ». Fallait-il pour cela donner son crédit à une dictature autiste, irréformable, corrompue et mafieuse, en sachant que cela contribuerait à rallonger sa survie et légitimer sa démarche cynique et perverse dans le but justement d’entretenir le statu quo et de renforcer sa crédibilité vis-à-vis de l’opinion publique ? Ce qui revient à dire, en quelque sorte, qu’il faut entretenir le statu quo pour mettre du mouvement dans celui-ci. Le parti pris des partisans de la rupture consistait plutôt à mettre du mouvement dans le statu quo par une pression permanente sur lui, en affaiblissant le pouvoir par le renforcement de son isolement du peuple, et en le privant de son soutien. Car, il nous semble évident que c’est au moment où le peuple n’y croit plus en l’État et en ses institutions, qu’il est plus disposé à se mobiliser en solidarité avec les partisans de cette posture de rupture, qu’avec ceux qui participent à ses enjeux, même en étant contre lui.

Le peuple et le camp des partisans de la rupture, qui se réduit de plus en plus en peau de chagrin, est à présent seul face à son destin, attendant que de nouvelles figures issues des nouvelles générations émergent dans le champ politique. Ayant une marge de temps de vie suffisante pour se projeter dans l’avenir, en traçant les contours d’un véritable Etat de droit. C’est peut-être là un signe des temps que le moment est venu pour que la nouvelle génération prenne la relève. Karim Tabbou en est l’incarnation, d’autant, qu’en plus de sa probité patriotique, il a pu s’imprégner pendant toute son expérience à la tête du FFS de l’esprit révolutionnaire du très expérimenté Hocine Aït Ahmed.

Youcef Benzatat

31 commentaires

  1. "Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple. C'est là l'essentiel de notre décision".C'est un homme sincère et qui n'a jamais menti ou tourner sa veste..

  2. Ce masochisme qui consiste à ne taper que sur le RCD a dejà fatigué et écoeuré la grande majorité des Kabyles !! Continuer dans cette voie sans issue est suicidaire, du reste les Kabyles l'ont déjà signifié, lors des élections communales passées !

  3. C'est bien le cas de le dire , en tant que personnalité révolutionnaire, politique et bientôt historique M. Ait Ahmed a sûrement "brisé le carême" par une grenouille . same âm ou ftar âla djerana . J'ai lu une distinction d'un concitoyen qui disait avec une certaine fièreté qu'il nous reste au moins M Ait Ahmed qui honore de par son statut la vie politique et patatras! Ni personnalité la houm yahezanoune.
    Quand la nuit vient , que le sommeil alourdit mes paupières pour changer le système sympathique en végétatif , de la vie au semi trépas , j'ai juste le temps de saisir mes derniers mouvements de respiration puis plus rien . Si ce n'est pas un rêve , c'est donc la réalité : je m'étire te fait un rapide tour d'horizon , flash infos , coup d'oeil par la fenêtre , je constate que le ciel s'est couvert durant mon sommeil de nuages menaçants , que les criminels d'Al Assed ont encore pilonné Homs, qu'il y a eu d'autres morts , je clique pour extirper le Matin dz du fonds du net et je découvre que MM. Laskri a dit cela a dit ceci que M. Ait Ahmed s'est trompé de couloir et s'est trouvé dans une impasse ? Rien ne le prouve pour le moment, mais il y a parier que c'est pour bientôt. Quand une personne de la trempe de cet homme se laisse caresser par un pouvoir haï jusqu'aux gènes, c'est qu'il y a une contre nature , ou bien c'est la vraie nature qui a été mise à jour ou bien ….c'est des prémices plus "matérialisé" de l'approche de ce printemps arabe , que la situation nous contraint presque à souhaiter son apparition . Dieu nous garde .

  4. Laissez-moi rêver svp : et si les Algériens prenaient massivement la décision de voter FFS ? Ne serait-ce pas un véritable coup d’Etat démocratique ?

  5. Aït Ahmed s'est servi de l'opposition pour mener sa guerre de clans contre le FLN et maintenant qu'il a obtenu satisfaction, il rentre sagement au bercail…. Du FLN il est issu et au FLN il est retourné…. Quoi de plus naturel? Il a obtenu les 20% de sièges promis par le pouvoir et que demander de plus, la réforme du système? Faut pas rêver! Sans ce système, il n'existerait pas… Désormais, il va rejoindre Louiza Hannoune pour jouer à l'opposition dans une opposition de complaisance et toucher un pourcentage sur les "Salaires" des députés…. La vie est Belle…

  6. Au contraire Monsieur Laid Baid c'est un homme qui a tjrs menti , et qui a tjrs roulé pour sa petite personne et pour une gloire et un orgueil personnel , Ait ahmed est un égocentrique il a rendu des services au pouvoir Algérien plus que les généraux eux même , son histoire est plein de page noires , je peux vous citer quelques unes :
    – L’insurrection de 1963 ( je vous invite à lire le livre de mouhand arab bessaoud : FFS espoir et trahison)
    – La coalition qui a formé avec le premier traire d'Algérie "Ben bella " dans les années 80 .
    – Le pact qu'il a signé avec le FLN de Méhri en 1990 pour le partage des sièges du parlement, à la fin ils se sont retrouvé comme des cons après le premier tour et la victoire écrasante du Fis .
    – Santégidio
    – Sa position pendant les évènements de kabylie en 2001." souvenez vous qu'il a traité les personnes de la marche du 14 juin 2001 des agents de moukhabarat " c à d des services secrets.
    alors ces législatives ne font que confirmer l'histoire des positions de cet homme.

  7. C'est la logique des talismans maraboutiques qui le fait bouger et participer pour tenter sa chance aprés s'être cassé le nez maintes fois contre un système politique qui l'a largué en pleine campagne élèctorale.Il ne tire aucune leçon de sa propre expérience ni de celle de son rival le RCD.Il joue le pacifiste new-look alors qu'il était partie intégrante dans le cycle de la terreur et de la violence déclenché par le FIS dans les années 90. On a pas oublié, M. zigzag comme l'appelaient ses intimes..

  8. Mais bien sûr qu'il y a eu tractations secrètes entre le FFS et le pouvoir de Bouteflika. La revendication historique du FFS de faire participer les islaùmistes dans la compétition au pouvoir a été satisfaite. La seule façon, selon lui, d'arrêter le cycle de violence en Algérie. Oubliant tristement, par là, que le terrorisme islamiste ne se réclame plus du FIS. N'a-t-il pas averti, et à mainte reprises, que le salut de l'Algérie consisterait à revenir aux élections de 91. Il semblerait donc qu'il a eu gain de cause cette fois-ci et que les prochaines législatives seront respectées dans leur résultats réels. C’est le pouvoir qui a éjecté Ait Ahmed et non le contraire. Lui, son rêve est de se faire aimé et réintégrer par un pouvoir qui l’a dilapidé politiquement.

    Ait Ahmed est un opposant qui a toujours été fâché du pouvoir. Il n'a jamais supporté d'être rejeté par le FLN et ne manquait pas de lui signifier toute sa déception historique du FFS qu‘il créa juste par dépit. Mais, au fond, il n'a jamais désespéré d'être reconsidéré et compris un jour par ses camarades de la même famille révolutionnaire. Ait Ahmed semble être cet objet à fidélité sûr que le pouvoir rejette dans un coin quand il veut et qui sait le convaincre pour le reprendre quand cela est nécessaire. Ait Ahmed est cette contingence que le pouvoir réserve pour des moments difficiles pour se tirer des convulsions politico sociales dont il est la cause fatale patentée.

    En d'autres termes et pour être plus précis, Ait Ahmed a de tous temps joué, lui aussi et malgré lui, le harki opposant du système mais combien utile, car disponible à souhait, à la sauvegarde de la famille révolutionnaire dans les moments de toutes les compromissions.

  9. arrêtez votre basse propagande visant à salir le chef historique DA-ELHOCINE; le FFS ne va jamais marchander, no négocier un quota avec le pouvoir en place; c'est de sens de patriotisme, et la négation de tout aventurisme qui mènera le pays vers l'incertitude et le chaos dans de telles circonstances que la vieux parti de l'opposition s'est inspiré pour décider la participation aux législatives 2012 en toute souveraineté et responsabilité, aucun des dignes fils de l'Algérie ne consentira à voire notre cher pays plonger dans la violence et les manipulations sordides des puissance occidentales, au nom de la chasse aux dictateurs, et aucun des vrais patriotes ne va accepter de voire les avions de l'OTAN sillonner les airs de notre cher pays, et voire des commandos étranger semer terreurs et massacres – le linge sale, va se laver entre nous- ( je n'aime pas mon frère, et je n'aime pas celui qui veut le battre); méditons l'exemple de la Libye et la Syrie; non et mile fois non, nous vouons une totale confiance à DA-ELHOCINE.

  10. Nachabe Madih ,Alex Alex Alex,Milooz Milano vous mélangez la vraie politique et celle des trabendiste du FLN .Et vous cherchez la Democratie???

  11. Merci à @Milooz Milano d'asséner ces quatre vérités à la figure de ceux et celles qui continuent de se voiler la face et de se laisser berner par un parrain bluffeur de la pire espèce à partir de sa planque helvétique .

  12. quesque vous connaissez en politique ,deja soyai sure qu'il n yaura pas de revolution,ni soulevement populaire ,vous etres juste en train de pleurer votre inconpetence et votre mediocrité.
    le FSS est un partie politique ,faire des compromis avec le pouvoir ou pas c'est sa son role et son stratege.regarder ques'il a fait le MSP,avec son compromis ou pas il c'est grandi et c'est integret au systeme et comme un tantacule il a grandi dans sa decision son poid et a mis ces gent dans tout les domaines et la vision du pouvoir envers les islamiste a changés,donc rien a voir avec la stategie des americains pour imposer les islamiste en algerie dans ce prochain vote.le RCD na aucune strategie et aucune vison et encore ces sympathisons ne depasse pas 200000 voix si ils voterons biensur et vous le savez bien que meme si il yaura une revolution il sera le dernier de la liste meme avec l appui de sa mere patrie la france.maintenant vous insultez le FSS quand il participe et le RCD et devenu le bon eh bein vous avez une memoire courte revoyer vos tete.
    alors la celui du MAK l'histoire ce repete il viendra un jour ou vous l'insulterez comme le fss et deja il ya un debut de parcout qui se ressemble ,ils mene tout les deux de beaux jour et douce nuit en europe avec votre argent.

  13. Ils se ressemble tous. ils sont là depuis trop longtemps. ils sont tous des apprentis dictateurs, selon les moyens de chaque chacun.tous les chefs de partis politiques algériens sont toujours chefs de leurs partis ou d'autres. en Algérie il n'y a point de lionel jospin ni vaclev encore moins de mandela. il sont tous là depuis trop longtemps , et nous attendons toujours du nouveau, il n' y aura jamais du nouveau venant d'eux, ils portent toujours les mêmes vêtements et pour les idées c'est encore pire ils n'ont ni avancer ni reculer, ils parlent tous de la même manière et utilisent les mêmes mots depuis toujours. la mort les fuis comme la peste, la vie les vomis tous ses traitres qui viennent à chaque au secours d'un systéme pourri. le systéme est certes pourri mais ceux qui se prostituent pour le systéme sont encore plus pourris que ce soit les démocrates, les libéraux, les socialistes, les islamistes, les salafistes, les frères musulmans,les communistes, les indépendants, les vieux les moins vieux,les jeunes. le systéme survit grâce à la pourriture et la classe politique est cette pourriture dont se nourrit le systéme. les populations du sud sont favorables aux dictatures et aux colonialisme et la domination. Super papi vient au secours du super systéme qui gère l’Algérie. Les Boutef ont de longues décennies de mandats devant eux.en fait tous les politicards algériens sans honte ni gène étale leur prostitution au grand jour devant tout le monde. ceux qui participent, ceux qui boycottent, ceux à qui le systéme refuse la participation c'est du pareil au même, se ne sont que des voleurs à la sauvette. Un parti (démocrate) a fait parti de l'APN qui modifié la constitution pour permettre à boutef de passer le restant de ses jours sur le fauteuil présidentiel, il n' rien fait pour empêcher cela, le systéme ne changera ni de l'intérieur ni de l'extérieur ils ne changera jamais et il n'apportera rien de bon, car le systéme c'est toute cette racaille de politicards qui occupe la scène algérienne, toute tendance confondue, et entre temps le peuple paye chaque jour pour cette malhonnêteté des politichons algériens.

  14. les politicards algériens agissent sans aucune modération alors…..

  15. Un jour , .Youcef Benzatat, votre analyse se tient mais j’aimerai que vous m’expliquiez cet argument brandi comme une vérité…évidente(!)…"il nous semble évident que c’est au moment où le peuple n’y croit plus en l’État et en ses institutions, qu’il est plus disposé à se mobiliser en solidarité avec les partisans de cette posture de rupture, qu’avec ceux qui participent à ses enjeux, même en étant contre lui….". Pour qu'il y ait SOLIDARITÉ, il doit y avoir convergence de vues et intérêt commun. Ce qui, apparemment mais surtout évidemment, n'est pas le cas. Le Pouvoir joue alors sur du velours car il sait que "l'opposition" est dispersée.Mais ce qui me choque le plus, c'est quand vous dites…" Karim Tabbou est l'incarnation de la relève" …S'il n'est pas question pour moi de porter un quelconque jugement sur la personne, je dirai au risque de me répéter que l'Algérie n'a pas besoin d'un Messie qui d'un coup de baguette magique nous sortirait des marécages.Les Algériens semblent ne plus croire en rien et ont encore moins confiance dans les hommes.Alors , ils se retournent vers Dieu. Un jour, Ait Ahmed m’a dit, parlant de lui-même: « Je suis enrhumé…excusez moi…un mythe ne tombe jamais malade!!!»….Mythe ou pas on reste un homme.

  16. Le FFS croit avoir obtenu ce qu’il voulait du moins en promesses et au bout du compte, il n’obtiendra absolument rien:
    1°) Parce que par la seule annonce du FFS quant à sa participation aux élection, le système a déjà compris et acquis la conviction d’avoir complètement neutralisé le parti d’Aït Ahmed et donc rien ne l’obligera à faire des concessions,
    2°) Parce que le pouvoir n’est pas stupide au point de jouer la rente Pétrolière au Poker menteur…
    3°) Parce que l’erreur est irréversible et même si le FFS change d’avis au prétexte de fraudes életorales comme il le laisse entendre pour donner le change, il aura déjà largement entamé son capital de crédibilité et de cohérence…

  17. Je pense que notre zaim Hocine Ait Ahmed (même si lui n'aimerait peut être pas ce qualificatif) a pris une décision très adéquate par rapport à la situation du pays. Je comprends tout à fait sa démarche et je pense qu’elle porte en elle l'analyse d'un grand politicien. Ma seule crainte est que l'attrait de la mangeoire (comme il le dit dans sa lettre) puisse brouiller les calculs car il serait difficile en ces temps ci de trouver des hommes vraiment intègres. Sinon, je ne pense pas que le FFS est là pour profiter des jeux de quotas de la DRS mais au contraire pour barrer la route à la vague d'opportunistes auquel le pouvoir mafieux vient d'accorder des strapontins. J'espère qu'à la moindre entorse, le FFS claquera la porte de l'hémicycle avec tous ses élus (et je suis certain qu'ils seront nombreux).

  18. On ne trouve pas d'explications à cet acharnement contre la personne de Hocine Aït Ahmed. Que vous le veuillez ou non, je le dis bien, que vous le veuillez ou non, c'est l'homme dont l'Histoire retiendra les grandes oeuvres. Lisez l'histoire de votre pays, depuis les années 40 jusqu'à ce jour : Hocine Aït Ahmed est toujours là pour son pays, l'Algérie. Cette criarde indigence intellectuelle chez certains "journalistes" contribue à transformer des sites 'dédiés' aux "idées et au libre débat" en gymnase de l'insulte et de l'opprobre. Depuis quand Aït Ahmed négocie une part de pouvoir ? Je vous invite à revoir le passé d'Aït Ahmed ou si vous l'ignorez, à faire une petite recherche bibliographique. Au passage, certains connaissent ce passé et le présent mais ce qu'ils font aujourd'hui n'est pas nouveaux. Parmi eux, une "catastrophe nationale".
    Permettez moi de citer quelques faits incontestables :
    En septembre-octobre 1956, Aït Ahmed a été le seul parmi les chefs historiques de la Révolution faisant partie de la Délégation extérieure du FLN à avoir soutenu les Résolutions du Congrès de la Soummam qu'il avait qualifié de "colonne vertébrale de la Révolution" malgré que le Congrès a décidé la primauté de l'intérieur sur l'extérieur dans conduite de la Révolution (Voir FLN Mirages et réalités de Mohammed Harbi et la Guerre d'Algérie de Yves Courrière).
    Après l'assassinat de Abane Ramdane, seul Aït Ahmed a refusé de cautionner le mensonge (aujourd'hui, certains le qualifient de menteur !) en signant le document selon lequel les Historiques reconnaissent qu'Abane a été tué par l'armée coloniale !
    En 1958, alors que les tiraillements menaçaient la Révolution, c'est Aït Ahmed qui avait proposé de créer le GPRA pour mettre la France devant le fait accompli de se retrouver en face d'une direction représentative et légitime du peuple algérien.
    En 1962, l'armée des frontières sous le commandement du colonel Boumediène et qui était en désaccord avec le GPRA, pourtant autorité légitime de la Révolution, cherchait parmi les Chefs Historiques libérés en mars (Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, Boudiaf et Khider) le ou les hommes auxquels serait accordé le pouvoir qu'elle envisageait de prendre par un coup d'Etat contre le GPRA. Elle avait choisi Ben Bella parce qu'Aït Ahmed, connu pour son attachement à la légitimité émanant de la base, ne convenait pas. Elle lui offrit un siège au Bureau politique désigné à Tlemcen. Il refusa (avec Boudiaf) de siéger et décida de mener une lutte politique pacifique en vue de l'élection d'une Assemblée Constituante (pour ceux qui ne saisissent pas le sens, c'est l'assemblée élue par le peuple qui rédigera et votera une Constitution qu'elle soumettrait à un référendum). Ce qu'il fit puisqu'il s'est présenté à Setif où il est élu député (député élu plutôt que ministre ou président désigné). Malheureusement, un autre coup d'Etat fut perpétré par le groupe de Ben Bella contre l'Assemblée en imposant une "constitution" approuvée en dehors de cette assemblée. Son président Ferhat Abbas, Aït Ahmed et autres militants démissionnèrent pour protester contre ce coup de force.
    En 63, pour ceux qui l'accusent d'avoir organisé la résistance contre le nouveau colonisateur -c'était bien une résistance contre une armée venue des frontières et composée de déserteurs de l'armée française à laquelle on avait confié la mission de désarmer les Moudjahidines des wilayas 3 et 4-. Aït Ahmed n'a pas combattu depuis 45 pour qu'il accepte facilement la reddition du terroir qui l'a vu naître et où il a mené le combat contre l'injustice. Ces compagnons étaient Laimeche, Ait Medri, Ould Hammouda, Bennai, Oussedik, Khellil et beaucoup de militants dont certains n'on pas survécu à la guerre.
    En 82, ne lui avait -on pas proposé de rentrer et de participer au pouvoir lorsque les tenants du pouvoir faisaient la publicité de l'ère Chadli à l'occasion du 20ème anniversaire de l'Indépendance (2 postes au comité central). Certains diront que c'était un piège. Un piège tient lorsqu'il y a appetit !
    En 1989, Aït Ahmed est rentré pour participer à l'instauration de la démocratie suite aux évènements d'octobre 88 et sauver l'Algérie du monstre que le pouvoir avait préparé pour le montrer comme alternative impossible à accepter. Said Sadi l'a reconnu dernièrement en déclarant clairement que le pouvoir avait toujours favorisé l'islamisme pour faire peur au peuple. En juin 91, qui est ce qui a remplacé Hamrouche à la tête du gouvernement pour organiser des élections où le FIS obtient 48% des sièges avec 23% des voix seulement (c'était des élections propres et honnêtes !!) et qui avait boycotté (nul ne contestera que ce boycott a favorisé le FIS). Aït Ahmed avait pris ses responsabilités. Il avait appelé le peuple algérien à manifester son désir de voir une véritable démocratie et refuser la fatalité islamiste tout en défendant la légitimité institutionnelle. A t-on oublié le fameux "ni Etat policier ni Etat intégriste" Faire la politique, c'est débattre les problèmes. C'est dans un parlement que les gens doivent faire de la politique et que la démocratie s'installer. Pour ceux qui rêvent des situations comme à la lybienne ou la syrienne, il faut se remémorer un peu.
    En 92 toujours, le coup d'Etat se prépare. Aït Ahmed refuse de cautionner malgré le fait qu'on lui propose le poste de Président. Le général Nezzar a reconnu avoir formulé une telle proposition à Aït Ahmed. Alors, arrêtons, Aït Ahmed a toujours refusé de prêter main forte au pouvoir parce qu'il est illégitime. Mais il n'a jamais laissé son pays en danger parce que sa religion était faite depuis mai 1945 et possède son esprit depuis.
    Commenter et critiquer objectivement les choix politiques de Aït Ahmed et du FFS est tout à fait normal, voir enrichissant du moment que ça contribue au débat et à l'échange des idées. Mais accuser l'homme de marchandage avec le pouvoir est une bassesse. Ce n'est que par hasard et chance s'il a survécu à tant d'évènements et il a toujours défendu l'Honneur -de son pays et du sien-.
    Discutons cette décision politique.
    A bientôt.

  19. C'est vrai, je ne comprendrai jamais comment on peut s'acquoquiner avec quelqu'un qui nous foutu en taule. C'est vrai qu'en politique tout est possible mais en même temps il y a un SMIG en matière de dignité.

  20. @Aziz Fares. Je suis tout à fait d'accord avec vous sur les deux points que vous avez soulevé. Se soumettre à un messie ou à un Zaim ou à un Patriarche, appelez-le comme vous voulez, relève d'une aliénation dans les structures mentales patriarcales qui caractérisent notre société et qui fait les beaux jours de tous les mâles dominants et qui réconforte nos bourreaux dans leurs démagogies populistes. Cependant, le cas de Tabbou ne rentre pas dans cette catégorie, sinon je ne l'aurai pas cité comme exemple. Ce que je voulais dire par là, c'est que l'avenir de notre pays sera porté par des militants de son envergure, engagés sincèrement dans la construction d'une véritable démocratie, et qui représente la nouvelle génération d'hommes politiques porteuse de projets orientés vers le futur, et dont la tâche principale sera la matérialisation d'un véritable état de droit.
    Sur le deuxième point, ta question est très légitime et manifeste une grande exigence de clarté. Pour information, la réponse m'a value la rédaction d'un article entier auquel je te renvoie. Il est intitulé "Appel à la mobilisation, à la résistance, aux ruptures…pour en finir avec la domination" paru sur le Matin du vendredi 02 mars 2012 sous la rubrique "vous avez dit". Tu y trouveras la réponse à ta question traitée de façon approfondie. Je suis désolé de ne pas avoir apporté tout de même une brève précision sur ta question dans celui-ci, car je considérais tout simplement que c'était hors sujet et surtout que je venais à peine de lui consacrer un article en entier. Je suis profondément heureux de savoir que ces deux questions cruciales que tu as soulevées m'ont étaient adressées. Merci. Je dois t'avouer cependant, que les réponses à ces questions ne constituent pas un gage de règlement de ces deux épineux problèmes, qui constituent les principaux obstacles à l'émancipation de notre société. Nous aurons beaucoup à faire, mais nous y parviendrons à force de persévérance et de travail acharné. Pour l'instant, on essaie simplement de mettre des mauvaises herbes dans la mangeoire pour décourager le troupeau de bétail qui se bouscule à la porte de l'étable. Cordialement. Y.Benzatat

  21. La mise au placard du valeureux Karim TABOU suffit a elle seule pour expliquer ce que Da L'Ho a décidé de faire ….en débutant par les négociations (existence de la racine négoce ayant pour synonyme ….affaire, commerce, trafic) – L' une des figures les plus complexes et importantes de la littérature du Siècle d'or espagnol Francisco de Quevedo a bien laissé cette citation : ""L'homme qui perd l'honneur à cause du négoce perd le négoce et l'honneur." – Ce monsieur Zig et Zag en a déçu plus d'un avec ses ni-ni ou bien oui-oui – C'est décevant de la part de quelqu'un qui s'en va ainsi renforcé les acquis de ceux qui veulent se maintenir coute que coute en leur donnant une caution qui ira dans le sens des sombres calculs du cabinet noir- Ce retournement de veste est indigne. De plus je ne sais pas pourquoi le pouvoir, les cadres et militants du FFS admettent que ce président de "parti" puisse résider continuellement à l'étranger ; ceci est anormal même à l'ère des technologies de pointe (internet et autre fax utilisés à partir du pays du fromage et des banques) -Que disent les statuts et les règlements en ce qui concerne le fonctionnement des associations à caractère politique ???Mais le passage à la mangeoire est plus important que l'habillage voulu pour justifier cette décision indigne, méprisable, abjecte, abominable, condamnable, ignoble, impardonnable, inqualifiable, méprisable….Mr AIT AHMED sort par la toute petite porte, et aucune explication ne saura et ne pourra justifier son infame position –

  22. @Aziz Fares. Pour l'approfondissement de la question du messie, je vous renvoie à mon article intitulé : "Pouvoir Algérien : Autoritarisme et patriarcat : l'impossible réforme " publié sur le Matin sous la rubrique " Vous avez dit " le 22 décembre 2011 ou su la Nation " Autoritarisme et patriarcat : l'impossible réforme " publié le 27 décembre 2011.

  23. @Aziz Fares. Je suis tout à fait d'accord avec vous sur les deux points que vous avez soulevé. Se soumettre à un messie ou à un Zaim ou à un Patriarche, appelez-le comme vous voulez, relève d'une aliénation dans les structures mentales patriarcales qui caractérisent notre société et qui fait les beaux jours de tous les mâles dominants et qui réconforte nos bourreaux dans leurs démagogies populistes. Cependant, le cas de Tabbou ne rentre pas dans cette catégorie, sinon je ne l'aurai pas cité comme exemple. Ce que je voulais dire par là, c'est que l'avenir de notre pays sera porté par des militants de son envergure, engagés sincèrement dans la construction d'une véritable démocratie, et qui représente la nouvelle génération d'hommes politiques porteuse de projets orientés vers le futur, et dont la tâche principale sera la matérialisation d'un véritable état de droit.
    Sur le deuxième point, ta question est très légitime et manifeste une grande exigence de clarté. Pour information, la réponse m'a value la rédaction d'un article entier auquel je te renvoie. Il est intitulé "Appel à la mobilisation, à la résistance, aux ruptures…pour en finir avec la domination" paru sur le Matin du vendredi 02 mars 2012 sous la rubrique "vous avez dit". Tu y trouveras la réponse à ta question traitée de façon approfondie. Je suis désolé de ne pas avoir apporté tout de même une brève précision sur ta question dans celui-ci, car je considérais tout simplement que c'était hors sujet et surtout que je venais à peine de lui consacrer un article en entier. Je suis profondément heureux de savoir que ces deux questions cruciales que tu as soulevées m'ont étaient adressées. Merci. Je dois t'avouer cependant, que les réponses à ces questions ne constituent pas un gage de règlement de ces deux épineux problèmes, qui constituent les principaux obstacles à l'émancipation de notre société. Nous aurons beaucoup à faire, mais nous y parviendrons à force de persévérance et de travail acharné. Pour l'instant, on essaie simplement de mettre des mauvaises herbes dans la mangeoire pour décourager le troupeau de bétail qui se bouscule à la porte de l'étable. Cordialement. Y.Benzatat
    PS : @Aziz Fares. Pour l'approfondissement de la question du messie, je vous renvoie à mon article intitulé : "Pouvoir algérien : Autoritarisme et patriarcat : l'impossible réforme " publié sur le Matin sous la rubrique " Vous avez dit " le 22 décembre 2011 ou su la Nation " Autoritarisme et patriarcat : l'impossible réforme " publié le 27 décembre 2011.

  24. Aujoud'hui , il n'y a plus de doutes possibles : DOK scanner de Boutef et Boutef écran du pouvoir ont énoncé la sentence , le verdict : Ait Ahmed est de notre côté . C'est comme si la JSK a annoncé la signature de Messi dans ses rangs pour jouer le prochain match de coupe avec une équipe de la régionale 1 ou 2 Je cherche dans ma tête rien à faire , ce n'est pas possible . Un monument de la politique algérienne qui tourne la veste . Ou bien c'est un évènement de nos jours compréhensible , normal , ou bien la toute petite cervelle qui est dans mon ciboulot est incapable de supporter une aussi forte charge imaginative . C'est vrai que Messi (Dieu le préserve) peut se blesser avant le match, mais c'est presque acquis . Attention , il y aussi la neige . Nous l'avons constaté la dernière fois , rien ne résiste à l’argumentation de la nature : si c'est blanc, c'est blanc . Voilà, j'ai enfin trouvé l'image que je me ferai dorénavant de Da l'Ho , c'est celui du champion cycliste a qui on a retiré le titre pour "présemption" de dopage . Absolu dans cette conviction : DOK ne félicite pas n'importe qui pour n'importe quoi . Il a bien félicité le FFS pour sa participation aux prochaines législatives . Dois-je m'écrier : vive l'Etat policier ?! si cher à M. Ait Ahmed .

  25. Youcef Benzatat, je vous remercie pour cet éclairage. J’ai lu avec attention les écrits que vous avez cité et je reconnais que l’analyse que vous faites du patriarcat et «néo patriarcat» est particulièrement intéressante et je pense que nous gagnerions à la développer.
    Vous exprimez avec une grande cohérence une réalité qui peut parfois sembler échapper aux observateurs les plus attentifs.
    Je me permettrai de vous recommander de lire( ou relire) le livre de Germaine Tillon, «Le Harem et les cousins» publié en 1966.
    G. Tillon, en chercheur appliqué et dont l’objectivité scientifique est indiscutable, démonte et reconstruit les mécanismes des sociétés du Maghreb qu’elle connait parfaitement.
    Ceci dit, je me permets de mettre en doute le point de vue suivant que vous avez abordé:… « Cependant, le cas de Tabbou ne rentre pas dans cette catégorie, sinon je ne l'aurai pas cité comme exemple. Ce que je voulais dire par là, c'est que l'avenir de notre pays sera porté par des militants de son envergure, engagés sincèrement dans la construction d'une véritable démocratie, et qui représente la nouvelle génération d'hommes politiques porteuse de projets orientés vers le futur, et dont la tâche principale sera la matérialisation d'un véritable état de droit….»

    Je ne pense pas, Youcef Benzatat, en évacuant le rôle de messie et en dehors de tout «zaîmisme», que personne( j’insiste) ne pourra faire bouger la société si celle ci ne le veut pas. Le contraire est tout aussi valable. Si la société veut changer, il lui faut des hommes capables d’être à l'écoute des pulsations de la société.

    En d’autres mots, ( et ce n’est ni une figure de style, ni une caution que je donne au «système») , il sera difficile de faire avancer la société si ses leaders ne sont pas en adéquation totale avec elle….et réciproquement. ( voyez la Tunisie, la Libye, l'Egypte etc qui viennent de faire les frais d'une révolution avortée. Présidents déchus , peuple dans la rue mais Pouvoir toujours détenu par les mêmes…)
    Nous savons que dans les pays démocratiques il y a une séparation des pouvoirs et une opposition qui agit légalement avec pour objectif la prise du pouvoir. C’est la vocation de toute formation politique.

    Le problème, en Algérie , réside probablement dans le fait que le pouvoir depuis l’indépendance( et peut être même avant) s’est approprié tous les leviers de décision en faisant la confusion ( voulue.?!)- pouvoir-autorité- patriarcat-tribu-modernité-clan-religion-justice-liberté d’expression. Nous pourrions parler alors de dictature! Mais, à mon avis ce n’est pas le cas. Car cette situation est activée par des ressorts puissants générés par toute la société.

    C’est un effet de vases communicants, d’oeuf et de poule pour être trivial…

    Comment faire pour sortir de l’ornière? Je reprendrai vos propos en les nuançant.. Vous dites« Nous aurons beaucoup à faire, mais nous y parviendrons à force de persévérance et de travail acharné. Pour l'instant, on essaie simplement de mettre des mauvaises herbes dans la mangeoire pour décourager le troupeau de bétail qui se bouscule à la porte de l'étable.».

    N’est ce pas perpétuer, à votre insu, ce que vous dénoncez, avec justesse comme « … une aliénation dans les structures mentales patriarcales qui caractérisent notre société»

    Je répondrai donc par: « il n’y a pas de troupeau, mais des citoyens».

    En prendre conscience nous ferait faire un immense pas en avant.

    Cordialement
    Aziz FARES

  26. C'est vrai, il n'y a pas de troupeau mais de citoyens non plus! Il y a des éléments se revendiquant de réseaux traditionnels, tribaux et relationnels. Des éléments dépendants, sans personnalités et autonomie propres à percevoir la vie selon une philosophie personnelle, à considérer la société selon ses aptitudes intellectuelles responsables et le monde par un regard présent. Des individus en déphasage, habitués, obligés d'intégrer un réseau pour l'acquisition d'un droit le plus élémentaire à tout être humain. Des éléments dont on a fait de permanents affamés, trop préoccupés par le soucis d'un manque dans "le mangeoire" et l'incertitude des lendemains. D'où le caractère prédateur de ses éléments à ne jamais laisser l'opportunité qu'ils saisissent le plus souvent en contournant les lois sans lesquelles aucun ordre social n'est pourtant possible. Je propose à ce sujet de lire" Traditions contre modernité" de Slimane Medhar. De la psychologie sociale.

  27. Ait Ahmed a toujours berné son monde. Déjà,lorsqu'il se crea,faussement, une stature de polyglote, pour berner de pauvres Kabyles analphabétes et illettrés au sortir de l'indépendance.Alors qu'il est incapable le pauvre de tenir une conversation en kabyle et parle un français pas pus brillant que celui qui est parlé par l'immigration kabyle en france.Même l'arabe,lui qui revendique sa kabylité arabomusulmane,il n'en connait que celui parlé par les algériens,de l'arabe populaire en somme,melange d'arabe,de français et de kabyle….
    Sa véritable nature est apparue lorsqu'il prena la poudre d'escampette,aprés avoir laissé des milliers de Kabyles qui se sont faits massacrés par l'armée flnoarabe du "voyou bandit" Ben Bella. Bouteflika a, toujours, veillé à ce que Ait Ahmed reçoive sa quote part en dévises transférables en Suisse ,comme président du FFS pour lui assurer un train de vie de nabab; Bouteflika savait qu'un jour où l'autre Ait Ahmed sera obligé de lui renvoyer l'ascenseur!
    Ce jour est arrivé.Ait Ahmed remerciera en participant aux prochaines mascarades électorales,son cher frére Abdelaziz Bouteflika avec qui il aimamit bien de refaire le monde en Suisse, dans des restos payés par le trésor algérien.

  28. @Aziz Fares. Bonjour. Je suis d’accord avec vous sur la question des « vases communicants ». D’ailleurs, à ce propos, l’espace public, c’est la société en premier qui le censure. On ne se débarrasse pas comme ça facilement des structures mentales forgées pendant des millénaires. Ni moi, ni vous, ni Karim Tabbou et ni aucun être humain n’est à l’abri de la résistance de l’inconscient.
    Du moment que l’homme est en « défaut », selon Jacques Lacan, de ne pouvoir lutter à armes égales contre l’inconscient, et qu’il nous faudra combattre ces moteurs de l’immobilisme de notre société, que sont ces conservatismes, il nous faudra le faire avec ou contre « l’inconscient malgré lui », comme l’a si bien fait Vincent Descombes, un philosophe de notre époque.
    Dans ces conditions, l’usage de la métaphore est tout indiqué pour déjouer le piège du mot d’esprit. La métaphore est une figure de discours qu’on ne peut confondre avec le mot d’esprit, dont le psychanalyste Jacques Lacan en a dévoilé les dessins funestes dans son rapport avec la personnalité. Le « troupeau de bétail » utilisé dans ma réponse n’était pas en ce sens un mot d’esprit. Jacques Lacan va plus loin et fait du mot d’esprit un symptôme, et par un jeu de mots très subtil, transforme le mot symptôme en « saint tonne ». Voilà où je veux en venir, « l’insu »comme vous l’appelez, ce saint qui tonne et qui extériorise toutes nos structures mentales, mythologiques, religieuses et patriarcales, à travers la violence symbolique et la censure, prend en otage tous les espaces de liberté dans la société aussi bien le langage que l’espace public.

    L’expression « troupeau de bétail » m’a été plutôt inspirée par la théorie de l’un des philosophes parmi les plus influents de notre époque. Il s’agit de la théorie de la réanimalisation de l’humain qui est la conséquence de la forme qu’a pris aujourd’hui le développement de la société de consommation. Cette théorie a été développée par le philosophe Jacques Poulain avec la méthodologie de « l’anthropobiologie philosophique du langage ». Il faut savoir que Jacques Poulain a joué un grand rôle dans la chute des dictatures en Amérique du Sud et tout récemment il a été l’un des principaux acteurs qui ont permis à la Palestine de rentrer à l’UNESCO. Dans cette théorie, Jacques Poulain revient aux rites de figuration qui régissaient le mode de vie basé sur la prédation en le comparant au processus à l’œuvre dans notre civilisation de consommation d’aujourd’hui. Cette théorie qui en définitive apporte un nouvel éclairage sur le rapport entre le politique et la prédation menace l’homme de régression jusqu’à sa réanimalisation.
    Cordialement
    youcef benzatat

  29. Zizi lho a gagné à Lotto et vous aller voter ou pas pour lui ses poches sont pleines d'euro et de dollars et en plus il aura donné son aide au regime contre l autonomie de faite de la Kabylie par sa participation "tactic" et tic toc au meme temps.

  30. Youcef Benzatat, je vous remercie infiniment pour cet échange aussi courtois qu'instructif.
    Je voudrai rebondir sur les thèses que vous avez effleurées . Je comprends parfaitement que l'expression que vous utilisez: " troupeau de bétail" n'est pas un mot d'esprit et n'a rien d'anecdotique. Je partage en grande partie votre opinion en émettant un bémol. " Réanimalisation", dites vous…Réinitialisation serait plus précis, ne pensez vous pas? Pourquoi? Parceque nous sommes des êtres humains et qu'elle que soit la régression de l'individu et par extension celle de la Société, il est peu probable que l'Homme redevienne autre chose que ce qu'il est. « «Le principe des Etats modernes, selon Hegel, a cette puissance et cette profondeur extrêmes de laisser le principe de la subjectivité s’accomplir jusqu’à l’extrémité de la particularité individuelle autonome et en même temps de le ramener à l’unité substantielle et ainsi de maintenir cette unité dans ce principe lui meme»»… Hegel, (principe de la philosophie du droit)…Donc laisser l'individu s'exprimer jusqu'à ses limites pour ensuite le ramener à la dimension collective"…Mais je ne tiens pas à débattre à coups de citations en m’appuyant sur des auteurs, des penseurs et autres philosophes qui naturellement sont une grande source d'inspiration.. Pour rester terre à terre, nous constatons ( et cela est présent de manière lancinante dans le discours populaire), que nous cherchons presque toujours à trouver "ailleurs" la raison de nos difficultés. Bétail ou bouc émissaire, c'est toujours " la faute de l'Autre". l'AUTRE étant nous. ou mieux l'AUTRE EST EN NOUS. Et ce n'est pas un jeu de mots.Cet autre est considéré comme un ennemi, NOTRE ennemi et nous DEVONS le combattre.Pourquoi? Quel est son rôle? Comment existe-t-l? A travers le (besoin) que nous avons de nous décharger d'une dose qui peut s'avérer insupportable d'anxiété. Cet ennemi, qui est NOUS qui est EN NOUS, en fait nous est très utile car il permet de catalyser l'énergie de la Société. De la cimenter et d’affronter( croit-on) un danger créé en même temps….Nous avons un besoin viscéral d'atomiser l'Autre en le noircissant, le diabolisant en le marquant de manière indélébile afin qu'il soit identifié pour le combattre de manière légitime. Voila pourquoi, et je sais que l'enjeu est de taille, je préfère citoyen à troupeau.sinon je pense que nous risquons d'altérer notre humanité simplement parceque, pour des raisons politiques nous "altérisons" notre propre identité…. Or altériser l’Autre (qui devient ennemi), est une démarche qui semble nécessaire en se banalisant. Altériser en l’animalisant, (écoutez la Marseillaise…!) et repassez en tête le film des événements de ce demi siècle. Hiroshima, Mai 45, Afghanistan, Irak, Iran, Bosnie…N’est ce pas le président Bush qui déclarait: « Nous aurons Ben Laden mort ou vif»( dead or alive, comme dans les westerns). Pour conclure, si nous avons besoin de désincarné l’Autre de son humanité, nous éprouvons une certaine jouissance en idéalisant( divinisant) notre démarche. Glorieuse lutte de Libération, Guerre sainte, héros (toujours morts), âge d’or à reconquérir…En quelle sorte un ordre nouveau que chacun imposerait en vertu de «son bon droit». N’est ce pas Hitler qui le promettait?

    Cordialement et encore merci de me permettre de réfléchir
    Aziz Farès

Les commentaires sont fermés.