Il est difficile de croire que les dernières victimes de la barbarie intégriste incarnée par Belhadj et ses maitres à penser de Tora Bora ne sont que de morbides statistiques qui balisent notre obscur destin sans avoir une envie irrépressible de rendre-gorge au fondateur de l'intégrisme algérien. Belhadj et ses amis du GSPC ne sont pas des salafistes au sens étymologique du terme car aucun des Khalifes de l'Islam, même le rigoriste Omar, n’a été, ni dans ses actes ni dans ses propos, d'un extrémisme aussi prononcé. Belhadj et ses amis du GSPC ont consommé jusqu’à la lie le schisme et l'hérésie. Ils sont les parias de l'Islam et les musulmans doivent s’en éloigner et les combattre avec l'extrême rigueur de la loi. Que n’a t-il pas fait cet obscur personnage? N’a-t-il pas appelé ouvertement en 1991 à la rébellion armée dans l’enceinte même du tribunal de Blida alors qu’il était jugé pour atteinte à la sûreté de l’État? N’a t-il pas dit que s’il était libre, il aurait rejoint le maquis de Chebouti? N’a t-il pas déclaré licite ce que Dieu à décrété illicite, notamment en cautionnant les assassinats collectifs et individuels, même si les victimes n’ont rien à voir avec la cible qu’il prétend viser, c'est à dire le pouvoir corrompu d'Alger? N’a-t-il pas été à l’origine de notre descente aux enfers depuis les 17 dernières années, juste pour se donner une stature de commandeur des croyants qu’il n’aura jamais dans cette terre d'Algérie qui n’a pas dit son dernier mot. Pas encore! Depuis la loi sur la rahma de Zeroual et d’autres lois encore plus scélérates édictées par le président actuel, beaucoup d’entre ses amis égorgeurs invétérés et enfourneurs de bébés se sont convertis dans les affaires alors que d’autres sont revenus à leur gangstérisme d’avant leur miraculeuse conversion. La division du travail est ainsi parfaitement orchestrée. Les intégristes voyous tuent et rackettent pendant que les intégristes affairistes font des affaires pour financer les premiers. Soyons Zen une seconde. Dans l’interview du sinistre Belhadj donnée au journal el Mundo, il y a une vérité que l’on ne peut occulter sous peine de passer à côté de l’essentiel ‘’ tous les mouvements armés qui existent dans le monde islamique sont une réaction aux dictatures arabes’’. Ce constat est vrai et ne souffre d’aucune contestation. Le seul bémol que j’y apporte, et il est de taille, c’est que les mouvements armés dont il se fait le porte-voix ont très peu croisé le fer avec les dictatures qu’ils disent combattre. Leur ennemi numéro un est le peuple qui refuse de se rebeller contre ce régime corrompu, plus par peur de la matraque que par adhésion à cet ordre inique. Ce peuple est ainsi déclaré impie et donc passible de la peine capitale parce qu’il n’a pas répondu présent à leur sinistre complot! C’est ce verdict et rien d'autre qu’il faudra traiter à la racine. Placer des bombes au hasard d’un passage d’un bus ou à l’entrée d’une école ou d’une institution n’a rien de glorieux Mr Belhadj. Ce n’est pas un acte de bravoure M. Belhadj car les victimes sont à mille lieues de représenter ce pouvoir ingrat que, supposément, vous combattez. En vérité, vous ne le combattez pas tant que ça. C’est votre allié naturel. On a vu tout récemment lors de l’inhumation de Smain Lamari comment de supposés ennemis peuvent se vouer un respect mutuel digne d'une fable de Lafontaine. Dès lors, nous ne pouvons nous y méprendre. La quadrature du cercle a fini par s’imposer d’elle même à nos esprits engourdis: plus il y a de la violence armée, plus le peuple aura tendance à se tourner vers un sauveur messianique (suivez mon regard). Plus le pouvoir est reconduit dans ses fonctions, plus les intégristes redoublent de férocité pour demander une plus grande part du gâteau, plus le peuple meurt en silence. Dans cette affaire, Dieu et l’Islam ont très peu à voir avec nos protagonistes. Les politiques sont devenus les nouveaux marchands du temple et les intégristes les combattants zélés de l’antéchrist. Les uns et les autres prononcent ce qui ressemble à des paroles de Dieu mais qui n’en sont pas en réalité car les mots dans leurs bouches transportent avec eux le souffle infernal de Satan. On a longtemps disserté sur ce qui nous arrive. Les mots n’ont plus de sens. Les pleurs non plus, les malheurs encore moins! Mais en même temps on ne peut se lasser de répéter que si dans ce pays qui périclite à vue d'’œil les démocrates avaient pris à leur charge de combattre ce régime avec la dernière énergie sans penser à leurs carrières mesquines et à leurs petits privilèges, le peuple n’aurait pas à vivre ces drames à répétitions. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que quand on refuse de mourir une fois, il faut s’attendre à mourir plusieurs fois même à doses homéopathiques.
Larbi Chelabi
Oui Larbi Chelabi,
Les Islamistes se sont attaqués plus à la population qu’à la maffia
"si dans ce pays qui périclite à vue d’??il les démocrates avaient pris à leur charge de combattre ce régime avec la dernière énergie sans penser à leurs carrières mesquines et à leurs petits privilèges, le peuple n?aurait pas à vivre ces drames à répétitions."
Merci Mr Chelabi, oui, qu’ils montent au feu, qu’ils appellent un chat un chat, que les clercs soient clairs, qu’ils citent des noms et qu’ils demandent des démissions, avec pour seule chapelle l’éradication de toutes les formes de pouvoir maffieux.
Le peuple est orphelin, il attend des appels pour la sauvegarde de son destin.
Lorsque la seule voie d’opposition qui reste est celle des integristes, lorsque la majorité des intellectuels se terrent et se taisent, lorsque celui qui nous dirige censé etre le meilleur d’entre nous, nous mene droit en enfer avec sa politique suicidaire, il faut avoir le courage de poser un diagnostic:C’est fichu.Dans mon pays, il n y a plus rien à esperer, la mafia d’un côté et les assassins de l’autre, se nourrissant mutuellement, se nourrissant egalement de notre lacheté à savourer ce spectacle immonde et ecoeurant dans un silence de condamnés à mort.Aujourd’hui je n y crois plus, pire que ça, j’ai mal d’etre Algerienne.En esperant tout de même que demain sera un autre jour.Merci Mr Chelabi pour cette analyse douloureuse ô combien veridique.
Votre analyse est juste Mr. chelabi, je voudrais cependant apporter une petite précision en disant au contraire que Dieu et l’Islam constituent le carburant indispensable à nos gouvernants et leurs complices pour tenir la route, arriver à leurs fins ou se maintenir au pouvoir. Connaissant le poids des traditions dans notre pays et l’inclination atavique de notre société à exalter plus les valeurs de la religion que celles de la démocratie, de liberté et de justice, nos gouvernants bien inspirés n’hésitent à aucun moment, à instrumentaliser et exploiter ce carburant ( Dieu et l’Islam ) pour faire taire et neutraliser toute initiative de changement et d’émancipation émanant de la société. On se demande si nos gouvernants et leurs alliés ne font que se partager les rôles pour frapper au bon moment et dissuader le petit peuple de récalcitrants et d’insoumis que nous sommes, afin de nous imposer le status-quo infernal et par là meme s’offrir l’opportunité de rempiler pour un 3ième mandat. Ne soyons pas naifs, distraits et dupes. Bonne analyse que celle que vous venez de développer. Salutations .
Juste un détail, "Bora Bora" en début d’article, est-ce un euphémisme ou un lapsus?
Cher monsieur Issam, il s’agit bien d’une malencontreuse coquille. Il fallait comprendre Tora Bora. Cette région montagneuse située à environ 80km au sud de Jalalabad dans laquelle le sinistre Ben Laden se terrerait n’est en effet pas une la station balnéaire idéale pour passer ses vacances. Je ne vous le conseillerai pas. Le lecteur comprendra qu’on essaie de faire de notre mieux pour éviter les fautes et les coquilles mais nous n’y arrivons pas toujours. Nous écrivons vite et l’espace dans lequel nous rédigeons n’est pas très convivial comme vous pouvez le constater de visu. Il s’agit d’une petite fenêtre qui ne permet pas de se relire correctement ni de voir la totalité de son texte. Vous me direz que j’aurai pu écrire dans Word et transporter le contenu après. C’eut été possible si j’avais plus de temps à y consacrer.