Sarkozy, Poutine et le troisième mandat de Bouteflika

Par Mohamed Benchicou

La France de Sarkozy va-t-elle inciter l’Europe à « empêcher le viol de la Constitution » par Bouteflika comme l’invite à le faire l’opposant russe Garry Kasparov à propos de Vladimir Poutine ? Il est encore des âmes algériennes suffisamment désespérées pour avoir l’ingénuité de le croire. Près de quatre ans après la farce du 8 avril 2004, nos opposants, après s’être laissés prendre par le subterfuge courtelinesque du « président malade et mourant », s’apprêtent à s’accrocher au mythe de la « main occidentale » !

Il est vrai que Vladimir Poutine comme Abdelaziz Bouteflika veulent un troisième mandat que leur refuse la Constitution et qu’ils ne répugneront pas à bafouer le texte fondamental de leurs pays respectifs pour arriver à leurs fins. Mais là s’arrête la similitude. Bouteflika et Poutine, aux yeux de l’Occident, représentent des personnages aux antipodes l’un de l’autre : le premier, docile et occupé par son égo, n’oppose aucune résistance à la stratégie occidentale de reconquête des espaces ; le second s’y oppose avec ses terribles arsenaux.

Au final, la France et l’axe Washingtion – Israel vont soutenir la « réélection » de Bouteflika pour les mêmes raisons qu’ils ont à empêcher celle de Poutine ! Attendre de la « réaction occidentale » qu’elle entrave, sous le label des « droits de l’homme », le dessein de Bouteflika de « violer la Constitution », c’est, plus que s’illusionner : c’est méconnaître ignorer totalement le contexte international de 2007 et la portée stratégique que représente pour l’Occident, la reconduction de Bouteflika !

Car, regardons-donc, l’Algérie, depuis 1999, a évolué conformément aux souhaits occidentaux : un pays vulnérable, un Etat faible, une nation sans autorité ni influence régionale ni stratégie à long terme (d’où la dernière intervention de Hamrouche : « rendre à l’Etat son autorité »). Cet Etat faible est aujourd’hui livré, sans capacité de riposte, à trois prédations : la corruption et les mafias (n’est-ce pas M. Ouyahia ? ), le terrorisme islamiste (qui pense tenir l’opportunité d’une importante victoire politique) et les menées de réoccupation néo-coloniales orchestrées par Paris (qui s’empare, morceau après morceau, de l’économie algérienne) et Washington qui s’apprête à installer des bases au sud du pays. Reconduire Bouteflika est la garantie que cette « recolonisation » comme n’hésitent plus à la qualifier des intellectuels français, se poursuivra jusqu’à son terme.

Sarkozy a besoin de Bouteflika pour encore deux ou trois ans, le temps de mettre en place l’Union méditerranéenne qui apparaît – aussi – comme une construction au service de l’intérêt stratégique de l’Occident mais aussi d’Israël. Sarkozy va soutenir donc Bouteflika, en collaboration avec les forces internes qui ont tiré profit du règne de Bouteflika et qui ont intérêt à un troisième mandat de leur bienfaiteur : les lobbies mafieux, les islamistes (représentées par Belkhadem), la fraction de l’Armée et du DRS qui redoute la remise en cause de « la réconciliation » et donc de l’amnistie, ou celle liée aux réseaux de la corruption (et au nom desquelles parle probablement Bensalah). C'est ce système là qui a besoin de se reproduire en reconduisant Bouteflika!

Tenons le pour dit : Sarkozy va soutenir Bouteflika. A charge pour les experts parisiens de l’aider à contenir le terrorisme islamiste. A charge pour les laudateurs français de flatter Bouteflika (ce que font brillamment Bernard Kouchner ou Jean Daniel) et de le « protéger » contre ses clans adverses.

Quant aux reproches véhéments sur le manquement aux « droits de l’homme », ils s’appliqueront, bien évidemment, à Vladimir Poutine !

Mohamed Benchicou

11 réflexions au sujet de “Sarkozy, Poutine et le troisième mandat de Bouteflika”

  1. L?idée d’un troisième mandat de bouteflika est terrifiante, cela signifie la continuité du musèlement du champ des libertés sociales notamment syndicale, la fermeture hermétique du champ politique et la continuation de la dilapidation de la richesse nationale.
    c’est vrai que l’ombre de révision constitutionnelle réapparait et qu’elle à fait un autre émule et n’importe lequel (Bensalah) en plus de ce son principal chef d’orchestre qui le chef du gouvernement mais cela étant dit, cela fait plus d’un an qu’on nous parle de la nécessité de revoir la constitution pour, soit disant, préciser la nature du régime qui est ni parlementaire ni présidentiel est d’ailleurs, plus tard dans le temps, Belkhadem déclara qu’il n’était pas premier ministre chef du gouvernement mais coordinateur du gouvernement en charge de l’application du programme présidentiel manière de dire qu’il préfère le régime présidentiel et il le montre.
    La question qui se pose c’est si le clan partisan de la révision constitutionnelle avait les coudées franches, pourquoi cette révision ne s’est pas faite plus tôt? cela suppose que ce clan fait face à des résistance quelque part, cela et même confirmé dans l’un de vos articles "deux clan s’affronte à Alger" dans ce cas là qui représente ce clan ? il paraissait, de prime abords, que Ouyahia faisait partis de ce clan mais quenini, il attend juste un signale pour se rallier à la cause de la révision et faire compagne pour un troisième mandat de Bouteflika (lire périscoop du soir d’Algérie du mercredi 21 novembre)entrainant tout le RND dans sont entreprise; la question reste mise qui représente ce clan qui est supposé faire obstacle au desseins du clan présidentielle? Et que veut-il’ Une réelle alternance du pouvoir? Pour qui? Hamrouche, comme le sous-entend l’article "revoilà Hamrouche" ce clan adverse de Bouteflika est-il ce coopteur de président? Si c’est le cas est il entrain de faire un cas de conscience en voyant l’état de l’Algérie après son dernier choix? Cela expliquerait l’option Hamrouche.
    en tout état de cause Bouteflika à un égo assez démesurer pour vouloir un troisième mandat mais la situation actuelle est trop flou pour le confirmer et puis il se heurte à des contraintes techniques fera-il sa révision par referendum et là il prend le risque de se heurter à l’abstention ou la fera elle passer par l’approbation parlementaire quitte à perdre toute crédibilité puisque cette assemblé n’est pas légitime elle à été élue avec le taux d’abstention le plus fort de l’histoire de l’Algérie.
    en fin, et au vue de tous ces éléments cette histoire de révision constitutionnelle ne serait-elle pas qu’un effet de manche voulu par Bouteflika pour faire parler, pour créer de l’agitation et pour assouvir des désirs qui relève du déséquilibre psychologique voir psychiatrique?!

  2. Le fait de penser à un troisième mandat pour bouteflika me fait peur. La médiocrité continue son oeuvre au détriment des cmpétences marginalisées et humiliées depuis une décénnie. Si les choses sont telles que décrites par Mr Benchikou, seule un miracle du bon dieu saura nous sauver de l’emprise de cette dictature qui semble faite pour durer. Je sais jeunner. Je sais résister à la soif et à la faim mais je ne sais pas me taire. Comme vous le Pouvez, prenez mon pétrole et laissez moi ma liberté. Même si je suis qualifié de "Meddah", laissez moi parler car il me semble qu’il nous reste que la parole.

  3. Gary Kasparov que M. Benchicou semble prendre comme l’exemple d’une opposition représentative, a autant de supporters en russie que de pièces dans un échiquier ….et encore il faudrait y ajouter quelques "relais d’opinion" occidentaux et M. Benchicou ( celà va sans dire).

  4. Nous continuons de vous lire de l’etranger et vous saluons Monsieur Benchicou pour votre travail et vos analyses, il faut que la "muette" veille au respect de la constitution "rire" sauf si c’est elle la manipulatrice, ou sont les constitutionalistes et la société civile et tous ces leaders qui acceptent de se présenter aux municipales sans poser comme prérequis, on ne touche pas aux textes au grès de boulahnak.
    en l’attente de vous rencontrer à la FNAC pour une dédicace, je fume le thé de Monsieur Laalam pour demeurer éveillé.

  5. "3ouhda thalitha" ? Mais qui vous en empêcheras ?!! La constitution? Vous l’avez piétinée bien avant et vous continuez!
    L?opposition ? Par le "pouvoir" qu’elle détiendrait ?!! Elle n’est là, pour le système qui nous gouverne malgré nous depuis l’indépendance, que dans le seul et unique but d’amuser la galerie et faire semblant (aux yeux de l’extérieur surtout). En somme, elle n’est que le bouffon de sa "Fakhamatouhou", risée, à son tour, des chancelleries occidentales (pensez à l’indécence de postuler au Nobel !!!) Alors… "3ouhda ABADIYA" (mandat eternel); chiche !

  6. Le rouleau compresseur pour la révision de la Constitution et le 3ieme Mandat présidentiel vient d’étre mis en branle par Belkhadem et le Sénat, d’autres clairons ne vont pas tarder à sonner dans les jours qui suivent. Nous assistons impuissants et presque tétanisés à une dérive totalitaire du système. Que faire ? comment faire pour riposter à cet affront? C’est une offense à nos martyrs, c’est une main-mise sur le pays et ses richesses et la descente aux enfers pour son peuple ou La trappe de la misère permanente selon Mr.Benbitour .Il ne faut ceder à la fatalité, rien ne peut résister à la colére d’un peuple éveillé.

  7. depuis votre premier journal das les années 90 je vous aime et je vous adore et estime votre combat pourla liberté de la presse et la démocratie d’ailleurs je vous ai et par ma petite contribution un hommage et j’ai crée un site ou j’ai mis beaucoup d’articles relatant votre combat sur mon sitewww.rebelle001.skyrock.com pour ce qui consérne votre article sur la troisieme mandat du dictateur je te dit qu’apres l’appel d’un arabo-islamo-fachiste ( belkhadem ) et un des dénosaursde l’ouest comme celui du dictateur bouteflika on poura dire alors que la synphonie est préte à jouer, il ne restera que le coup de maitre du tortionnaire ( zerhouni ) pour la modification de la constitution et biensur un vote à 99.99% des voix, quel gaché pour une pauvre algerie et dire que les forces de la sociéte qui avance de feu SAID MOKBEL sont divisés…..

  8. Ce n?est un secret pour personne, le système politique algérien est fondé sur la cooptation. Pourquoi alors cette agitation autour d?un hypothétique 3ème mandat ? Cette question posée de manière quasi obsessionnelle cache apparemment un conflit qui tarde à éclater. Il est donc étrange qu?une comparaison soit faite entre Messieurs Poutine et Bouteflika qui auraient pour dénominateur commun de vouloir rester au pouvoir. Qu?en est il exactement ?. Kasparaov a été mis en échec et conduit en prison comme l’a été Monsieur Benchicou, soit ! La corruption est dénoncée sans qu?aucune suite ne soit donnée, c?est un fait !L?Algérie stagne dans une atmosphère de violence devenue endémique et les tchétchènes donnent du fil à retordre, rien a redire !
    Dans cet embrouillamini une chatte aurait du mal à retrouver ses petits ! Et nous nous perdons en analyses qui frisent davantage la politique fiction digne des scénarios catastrophes hollywoodiens. Mais là c?est la vraie vie ! Et dans la vie il est impératif de proposer des solutions concrètes pour sortir de l’illusion d?un remake mal tourné.
    « La Russie de Poutine » n?est pas « l’Algérie de Bouteflika » même si ces deux hommes semblent animés des mêmes intentions. Et justement, c?est là leur handicap. Ils ne font que suivre et poursuivre un but qui ne cesse de s?éloigner. Cela semble échapper à la vigilance et je constate, avec une certaine tristesse, que Monsieur Benchicou s?appuie sur des remarques exprimées par Hamrouche et Ouyahia : « rendre à l’Etat son autorité »? « Cet Etat faible est aujourd?hui livré, sans capacité de riposte, à trois prédations : la corruption et les mafias?le terrorisme islamiste », deux individus eux mêmes cooptés comme tous les autres qui n?ont pas pu, pas su, pas voulu, mettre fin à des pratiques qu?il est aisé de dénoncer lorsque on a été éjecté.
    En lançant de telles affirmations, Monsieur Benchicou, vous ne faites pas avancer le schmilblik. Bien au contraire vous attiser le feu d?une révolte qui à l’image d?octobre 88 se terminera comme un « chahut de gamin ! ».
    C?est un fait, Washington, Tel Aviv, Paris, Moscou, etc. lorgnent sur notre pétrole mais nous avons aussi intérêt à le conserver. Et croyez moi, personne ne se hasardera à l’offrir sur un plateau quelle que soit la somme proposée.
    En réalité, nous assistons depuis quelques temps à un retour de flamme attisé par tous les extrémismes. Une flamme dans laquelle se consument ceux qui galvanisés par un fol espoir rêvent d?accéder, enfin, au Saint des Saints, le Pouvoir.
    Mais le rêve peut vite tourner au cauchemar lorsqu?on n?est pas en mesure de sortir du rôle de victime éternelle qui se plaint de mauvais traitements.
    Quelles solutions sont proposées à part le départ pur et simple de quelques individus ? Est ce Belkhadem qui gêne ? Est ce Bouteflika qui fait obstacle ? Est ce Zerhouni qui dérange ? Peut être ! La solution est davantage entre nos mains alors que nous la cherchons à travers nos méchants ennemis qui, il faut alors l’admettre, sont plus intelligents qu?on ne le pense.
    Un dernier mot, Monsieur Benchicou ; lorsque vous écrivez : « C’est ce système là qui a besoin de se reproduire en reconduisant Bouteflika! » vous distillez une contre vérité qui m?étonne. Vous devriez savoir que justement « le système » n?a besoin ni de Bouteflika ni de personne. Il est parfaitement autonome et se reproduit en déplaçant son centre névralgique qu?il est extrêmement difficile d?identifier et encore moins de saisir.
    Boumediene, qu?on disait omnipotent, avait bien compris qu?il ne pouvait diriger seul et n?était resté au pouvoir qu?au prix d?un habile consensus. Ceux qui auraient la tentation de s?emparer seul du pouvoir seront inexorablement chassés.
    Cordialement
    elMenfi

  9. Je ne vois pas pourquoi qu’à chaque fois que les « Démocrates » en Algérie ne sont pas d’accord avec leur gouvernants, ils se tournent vers les puissances occidentales pour espérer un souffle salvateur de leur côté.

    Nous avons toujours un esprit de coloniser et un coloniser réfléchis de cette manière.

    Boutef veut briguer un troisième mandat, nous sommes d’accord, faisons le nous-mêmes, nous sommes en désaccord empêchons-le nous-mêmes.

    C’est quoi cette façon de faire à la FFS.

    « Il est vrai que Vladimir Poutine comme Abdelaziz Bouteflika veulent un troisième mandat que leur refuse la Constitution et qu?ils ne répugneront pas à bafouer le texte fondamental de leurs pays respectifs ».

    Messieurs aucun texte (humain) n’est fondamental. car il est très dangereux de mettre des textes et dire qu’ils sont fondamentaux, parce que beaucoup d’injustices ont été commises au nom des textes fondamentaux.

    – En 1922 la cours sureme du Canada a statué que quand la constitution canadienne paralait de personnes cela n’incluait pas les femmes, on ne peut pas être plus fondametale que cela.

    – Monsieur Larfaoui a Briguer un troisieme mandant dans sa presidence à la FINA, alors qu’il n’avait droit qu’à deux, mais conscients de la perte dû à son départ les membres ont decidé de faire une entorse aux status.

    Règlon nos affaires entre nous comme des hommes.

    Nadir

  10. Je ne comprends pas toute ces gésticulations inutiles! Que Bouteflika soit reconduit ou pas, peu importe. Tant que ce systeme perdure…

  11. Ma réaction sur ce forum a été tronquée, parce que j’ai posé une question à Benchicou, ce n’etait pas une insulte, mais une question, qui pouvait rester sans réponse, M benchicou, si vous voulait être pris au sérieux comme un sérieux démocrate, changez ce modérateur de ce forum.
    Comme dis mon père:"Le roi est mort vive le roi".
    Nous sommes des tiers mondistes et nous agissons à l’africaine, tout le monde s’entent qu’il faut changer une dictature par … une autre.
    Nadir

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