L'UE va envisager des tests de résistance des centrales nucléaires

L’idée de tests de résistance des centrales nucléaires européennes à la suite des accidents au Japon est envisageable et sera débattue mardi lors d’une réunion d’urgence convoquée par la Commission européenne, a indiqué une porte-parole.

« C’est une idée qui doit être envisagée et elle devrait être débattue » lors de cette réunion, prévue mardi après-midi à Bruxelles, a indiqué Marlene Holzner, porte-parole du commissaire en charge de l’Energie.

« Ce sera l’un des sujets abordés » par les quelque 110 participants à la réunion, des responsables gouvernementaux des différents pays de l’UE, des autorités nationales européennes de sûreté nucléaire et des représentants de l’industrie du secteur, a-t-elle précisé.

Il doit s’agir avant tout d’un échange d’informations et « d’un point de situation » et de « savoir exactement comment l’industrie est préparée » à de telles éventualités, a-t-elle précisé.

« La Commission européenne n’a pas le pouvoir d’envoyer des experts dans les centrales nucléaires pour vérifier leur sûreté », a souligné Marlene Holzner. « Nous ne pouvons que parler de tests de résistance, pour voir si les Etats membres les autorisent ».

Si les Etats l’acceptent, il serait possible toutefois que des experts indépendants puissent vérifier dans les centrales les normes de sûreté en vigueur, afin de « voir si nous avons tous les mêmes normes dans l’UE », a souligné Mme Holzner.

Il est toutefois « hautement improbable que nous ayons de tels séismes » comme celui qui a ébranlé le Japon, a-t-elle estimé.

La lettre d’invitation du commissaire européen à l’Energie Günther Oettigner, qui doit s’adresser à la presse vers 16H00 (15H00 GMT), souligne la nécessité pour l’Europe de procéder « à un examen complet de la situation » de son secteur nucléaire civil, à la suite « du désastre au Japon et de ses conséquences sur les centrales nucléaires » du pays.

La réunion doit notamment passer en revue l’état des réacteurs nucléaires européens du même type que ceux de la centrale de Fukushima, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi qui a probablement fait plus de 10.000 morts.

Elle entend aussi faire le point sur les plans de sécurité prévus dans les centrales « en cas de graves tremblements de terre », et s’assurer que les systèmes d’alimentation électrique de secours sont opérationnels en cas de coupure prolongée de courant, afin d’assurer le refroidissements des réacteurs, selon M. Oettinger.

La Commission veut aussi s’assurer « que l’UE est préparée à répondre à des situations d’urgence survenant de manière concomitante dans plusieurs installations » et que des plans d’évacuation des populations existent partout.

L’Union européenne compte au total 153 réacteurs, dont 58 en France.

La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé mardi la fermeture immédiate et pour trois mois de tous les réacteurs mis en service en Allemagne « avant la fin 1980 » et la Suisse la suspension de ses projets de renouvellement de centrales nucléaires.

Ce moratoire sera également discuté lors de la réunion prévue mardi après-midi, selon Mme Holzner.

AFP