Louisa Hanoune avertit : « Nous allons redevenir des indigènes »

« On est en train de préparer le pays à la dépendance (taba’ïya) avec un retour à « l’indigénat » et au système des « khemassa », « un retour à l’époque coloniale », a averti jeudi à Oran Louisa Hanoune dans son discours à la salle El Feth. « Nous n’avons jamais eu autant d’argent dans les caisses, des projets intéressants ont effectivement été initiés mais l’orientation économique est désastreuse (mor’ïb). » A ce sujet, elle se demande comment le gouvernement se permet de promettre la création d’emplois alors qu’il continue de fermer les entreprises et de jeter des milliers de travailleurs dans les bras du chômage. « Il faut d’abord sauvegarder ce qu’il y a ! », s’exclame-t-elle encore une fois sous les applaudissements. Chiffres à l’appui, elle déclare que 66% des emplois sont en CDD (contrats à durée déterminée) et que 5,5 millions de travailleurs ne bénéficient pas de couverture sociale. « Le ministre de l’Industrie gère les entreprises de manière à les liquider. A l’APN, on devait exiger un bilan du ministre et du gouvernement mais cela n’a pas été fait », s’étonne-t-elle en donnant les exemples de la CNAN dans laquelle l’Etat a injecté beaucoup d’argent pour qu’ensuite le gouvernement la cède (49% contre 51%) à une entreprise égyptienne qui n’a rien ramené. « On la cède (la CNAN, ndlr) à un privé qui n’apporte rien et qui va travailler d’abord avec les moyens de l’entreprise pour payer ensuite ! » C’est que pour elle il y a anguille sous roche. « Celui qui n’a pas un intérêt personnel, pourquoi il signe un tel contrat ? », s’interroge-t-elle en jugeant par ailleurs criminel le fait de céder au dinar symbolique des biens publics de haute valeur. Pis encore, un député a même proposé d’aider un particulier auquel on a cédé gracieusement une entreprise. Avec l’aéroport d’Alger géré par ADP avec tous les avantages concédés au personnel français contre des miettes pour les cadres algériens, elle pense qu’on est en train de préparer le pays à la dépendance (taba’ïya) avec un retour à « l’indigénat » et au système des « khemassa », « un retour à l’époque coloniale », résume-t-elle à ce propos. Ainsi, alors que le plan d’ajustement structurel imposé par le FMI s’est traduit par la fermeture de 1500 entreprises et la perte de 1,2 million d’emplois (19 000 travailleurs licenciés à Oran), l’accord d’association avec l’Union européenne a, depuis janvier 2007, abouti à la perte de 10 000 emplois. D’ici 2012, date de levée de toutes les barrières douanières, l’Algérie perdra chaque année 144 milliards de dinars. Sa sentence est que « ceux qui ont négocié ont, en réalité, bradé et désertifié le pays ».

La solution ? « Nous n’allons pas abdiquer devant les pratiques libérales imposées de l’extérieur et les APC peuvent constituer un lieu où on peut renverser le rapport des forces en s’érigeant contre les maffias locales avec le soutien populaire. », affirme la militante trotkyste.

D’après EW

5 commentaires

  1. et voilà qu’elle se redecouvre une âme à la "chavez" notre passionnara!
    et puis qui est l’alibi de ce pouvoir?les figurants de la dernière heure!on applaudi le pouvoir on mange à son râtelier et à quel prix?

  2. Nous sommes sur le chemin de l’indigénat Madame, des pieds noirs ont récupéré "leurs" biens ces dernières années, des familles Algériennes de Tlemcen, d’Alger, de Constanine ont été expulsés de leurs logements sur décision de justice, honte à toi Tayeb Belaiz ministre de l’injustice !

  3. Notre Louisa Nationale est en retard dans sa découverte du système qui a donné naissance à la situation de notre économie : le dernier des hittistes tri-analphabète est au courant et expliquerait par A+B les tenants et les aboutissants de cette Khalota ; mais aucune réaction saine n’est là pour mettre un frein à l’état déplorable naît de l’inconséquence de "nos dirigeants". Hanoun parle, chiffres à l’appui, nous cite la CNAN et l’Aéroport d’Alger. Pourquoi garde t-elle pour elle l’hémorragie qui concerne Air Algérie, elle qui connaît très bien la compagnie, ses soubresauts, et plus récemment ses turpitudes. Pourquoi nos pilotes formés au prix fort quittent-ils le navire et deviennent par la force des choses "Harraguine à leur manière par la voie des airs"? Par attrait des salaires mirobolants offerts par les compagnies des Emirats ? je ne pense pas. Il faut chercher l’explication de cette situation dans l’intention délibérée du sabotage économique de la Compagnie par des "décideurs bien décidés", et par la même du déclin d’un pan de notre économie. Sinon comment expliquer la quasi-mise au chômage technique des pilotes DZ(l’incidence immédiate étant la diminution du salaire compte tenu des heures de vol), alors que dans le même temps il est fait appel à des compagnies turques avec équipages (affrètements), les dits équipages étant payés au prix fort et en dollars US, avec au surplus avec une indemnité de 100 dollars/jour, cette indemnité devant payer l’hôtel et la restauration, alors même qu’AIR ALGERIE prend en réalité à sa charge les frais d’hôtel et de restaurant .Une histoire réelle que connaissent nos valeureux équipages mis à l’écart : une hôtesse de l’air turque chante sur tous les toits que grâce à son passage momentanée en Algérie, elle a pu acheter -comptant-), en un temps record une pizzeria avec logement à Istanbul. Laquelle de nos plus anciennes hôtesses de bord a pu acheter dans son propre pays, ne serait-ce qu’un F2 ? Qu’elle lève le doigt. Si cette situation ne relève pas du sabotage qu’on m’explique. D’abord pourquoi Air Algérie a vendu une grande partie de sa flotte (Zaama vieux appareils) pour faire appel aux Turcs, qui nous louent des appareils autrement plus âgés que ceux qui ont été liquidés par la Compagnie Nationale ? Ensuite pourquoi les équipages Turcs sont payés au prix fort (plus conséquent que celui payé à nos nationaux) ?
    Enfin, l’ouverture prochaine du ciel algérien aux compagnies concurrentes étant d’actualité, n’assiste t-on pas d’ores et déjà à la quasi suppression de la Cie Nationale au profit de compagnies étrangères ? Tout cela démontre qu’un vaste plan de liquidation visant à créer des rapports de dépendance est savamment mis en place, les profits substantiels allant dans la poche de quelques initiés qui vendraient aussi pères et mères pour une monnaie étrangère sonnante et trébuchante. Sinon comment expliquer cela ? Des miettes pour les Algériens, des avantages plus que considérables concédés aux Turcs contre un service qu’Air Algérie peut assurer ; mais chose inexplicable et surprenante aucun effort n’est fait pour retenir notre élite en matière d’aviation civile. Mr le soi-disant Chef du Gvt ; Mr le Ministre des Transports et au dessus de vos têtes la Présidence de notre République : êtes vous au courant de ce qui se passe dans le pays que vous dirigez ? Pour le moment et même si elle affirme que "celui qui a un intérêt personnel est celui qui signe le contrat" Mme HANOUN pose des questions auxquelles elle ne répond pas franchement, alors qu’il faut mettre le doigt sur la plaie. En tant que responsable N°1 d’un part d’opposition elle devrait foncer dans le "tas" mais pas à la manière du triste ABOU JERRA Soltani dans sa dénonciation de la corruption avec dossiers à l’appui. A défaut, son P.T ne fera que de la figuration, servira d’alibi à un système inqualifiable comme celà avait été fait lors d’une présidentielle (elle était bien bonne : DZ, seul pays arabo-musulman où une femme briguait la fonction suprême).Ce qui arrivé à la CNAN arrivera certainement à AIR ALGERIE et à bien d’autres entreprises. Je termine avec l’affirmation que je n’ai aucun lien ni avec Air Algérie, ni aucun organisme lié de prés ou de loin avec la compagnie nationale. La quête de "Vie tu entendras, Vie tu verras" (Aich Tassmaa ? Aich Etchouf) nous renseigne sur beaucoup de choses et le système qui nous mène par le bout du nez à fait de nous de fins observateurs, des analystes complets et avisés ; en un mot l’école de la vie avec nos cafés, nos rues, nos murs et les capots des voitures sur lesquels nous nous asseyons pour commenter tel ou tel évènement. Puisse le Tout Puissant sauver le pays afin que nos enfants y progressent à l’abri de tout besoin et en paix

  4. Vous nous apprenez rien Mme Hanoune. Le travailleur ne sert pas qu’a voter, il en connait un bout sur les nouveaux Kaids et les nouveux bachaghas et leurs relais dans la politique. L’illustre psychiatre et écrivain Frantz Fanon avait presque prédit la situation ou des populations affranchies mais non emancipées et restées en sous-developpement, finiront, par leurs luttes intestines et leur "complexe du colonisé " enfoui dans le subconscient, par reproduire les m éthodes et les réflexes de domination et d’assujettissement repandus par le Colonisateur lui-méme.

  5. Louisa est l’exemple parfait de l’entriste. Quand il s’agit des ministres de bouteflika, elle leur tombe dessus à bras raccourcis. Mais s’agissant de Boutef, elle change completment de discours pour trouver en lui un président qui sied à l’Algerie. Et pourtant c’est la politique economique de bouteflika qui est appliquée, et à la lettre. Rien ne se fait dans ce pays sans l’aval de boutef. Louisa ne le sait-elle pas?

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