Je n’irai pas signer sans Benchicou ! Par Mustapha Benfodil

Je devais sacrifier ce jeudi 8 novembre au « cérémonial » des ventes-dédicaces sous la bannière du Salon du Livre où je devais signer avec mon éditeur, Barzakh, mon roman « Archéologie du chaos [amoureux] » sorti en septembre dernier. Ayant appris par voie de presse la scandaleuse manoeuvre dont notre ami Mohamed Benchicou a fait l'objet, interdit d’y faire signer son dernier opus, Les Geôles d’Alger, paru chez Inas éditions sous un vague prétexte bureaucratique (le comble pour un salon affublé du slogan « Imaginaire et Liberté »), je ne peux qu’exprimer ma plus vive indignation face à ce comportement flicailleux par lequel les services de sécurité et autres instances de censure, occultes ou avérées, s’invitent en sponsors officieux des manifestations culturelles. Si la plume flamboyante de Monsieur Benchicou n’a pas sa place dans un lieu comme le Salon du Livre, il n’y a plus que les geôles ou l’exil pour l’y chercher. Il me paraît incongru pour un quelconque amoureux des Lettres et tout défenseur de la liberté de pensée de se sentir le bienvenu là où le verbe de Mohamed Benchicou est banni.

Mustapha Benfodil, auteur et journaliste (El-Watan).
Alger le 4 novembre 2007

7 réflexions au sujet de “Je n’irai pas signer sans Benchicou ! Par Mustapha Benfodil”

  1. Votre position et votre réaction contre l’arbitraire et la Bêtise vous honore M. Mustapha Benfodil et vous élève au dessus de la vase journalistique en putréfication en ces temps d’"à plat-ventrisme" et de servilité outrancière face au puissant du moment. l’Histoire retiendra … LE Journaliste! Et rejetera forcément les poluants.

  2. Est on au début d’une mise au pas? Cette censure autant débile qu’inefficace risque de se durcir. Ca commence même en Occident. Combien de censures (invisibles celles là)chez les éditeurs eux mêmes?

  3. Respects Monsieur Benfodil pour votre prise de position!!C’est par de telles actions symboliques, malheureusement trop rares que nous pourrons esperer venir a bout d’un cauchemard qui a trop longtemps duré

  4. Bonjour M. Benfodil,
    Votre attitude et votre réaction mettent du beaume dansles coeurs de celles et ceux qui ne croient plus en des journalistes mis au pas par les tenants de la censure.

    Mais je me demande ou sont les Ahmed Ancer, Mustapha Hammouche, Omar berbiche, Ali Bahmane, Tayeb Belghiche, Alilat, et j’en passe ?

    La solidarité, c’est durant de telle moment qu’elle s, exerce ou qu’elle ne s’exerce pas du tout.

    Bravo pour votre acte…et bien sur bravo pour Moh.

    Wahid

  5. M. BENFODIL, vous êtes un grand Monsieur. Ce que vous venez de faire nous réchauffe le coeur et nous donne la force d’espérer.
    Il me tarde de lire votre livre pour mieux vous connaître.

  6. Cette position du talentueux journaliste BENFODIL, l’honore au plus haut point. Moi qui lis ce journaliste et ses reportages de qualité dans liberté, puis dans EL Waten, je ne suis pas étonné. C’est un grand monsieur, qui vient de prendre une position courageuse, contrairement à ces serviles qui se sont couchés pour quelques dinars de misère.
    L’Algérie a besoin des personnes comme vous, afin que le peuple retrouve sa liberté.

  7. Mille respects, Monsieur Benfodil!
    Doucement, mais talentueusement, votre nom s’affirme au firmament des Hommes justes. Votre clairvoyante audace éclaire le discrédit sans cesse grandissant de ceux qui vendent leur honneur pour quelque chimérique place au soleil pâle de la médiocrité. On aurait aimé voir Yasmina Khadra apporter sa verve et son soutien, mais après avoir déambulé et paradé dans les jupons des officiels, le voici promu au centre culturel algérien de Paris.

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