Débat : La démocratie est-elle concevable dans le monde musulman ?

Pour tenter de répondre à la question, l’hebdomadaire britannique de gauche New Statesman a réuni récemment autour d’une table des écrivains, des journalistes et des politiques, musulmans ou non. Les avis sont très partagés.

Les intervenants :

Martin Bright,
qui a présidé le débat, est responsable du service politique du New Statesman.

Michael Gove
est un député conservateur britannique. Il est l’auteur de Celsius 7/7, un essai très controversé sur l’islam et l’attitude des Etats occidentaux à son égard. Le titre du livre est un clin d’œil au film de Michael Moore, Fahrenheit 9/11, “7/7” faisant référence aux attentats du 7 juillet 2005 à Londres, comme “9/11” faisait référence aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Ziauddin Sardar
est écrivain et chroniqueur au New Statesman. Ce spécialiste de l’islam est l’auteur d’une quarantaine de livres, dont Desperately Seeking Paradise: Journeys of a Sceptical Muslim (Granta Books, 2005).

Ghazi Hamad
est le porte-parole officiel du Hamas palestinien.

El-Youssef
est un romancier et critique littéraire palestinien vivant à Londres. Il est l’auteur, avec l’écrivain israélien Etgar Keret, du recueil de nouvelles Gaza Blues (David Paul, 2004).

Tahmima Anam
est une écrivaine bangladaise vivant à Londres. Elle vient de publier son premier roman, A Golden Age.

MARTIN BRIGHT
L’islam et la démocratie sont-ils incompatibles ? En un sens, la question est idiote car les deux sont bien sûr compatibles. Que veut-on savoir exactement ? Si l’on peut être démocrate lorsqu’on est musulman ? Si le Coran est antidémocratique ? Il serait peut-être plus intéressant de se demander si l’islam politique est compatible avec la démocratie. La démocratie occidentale doit-elle nouer le dialogue avec l’islam politique ? Un islam qui revendique l’instauration d’un Etat islamique est-il incompatible avec la démocratie, même lorsqu’il vise à créer cet Etat par les urnes ?
Michael, on vous a traité d’islamophobe (moi aussi, d’ailleurs, parfois). Qu’en pensez-vous : l’islam est-il compatible avec la démocratie ?

MICHAEL GOVE
Nous connaissons tous des personnalités importantes de la vie publique britannique qui sont des musulmans qui se nourrissent spirituellement de leur religion et qui sont aussi des démocrates qui œuvrent dans les médias ou au Parlement. Nous savons également qu’il y a des pays majoritairement musulmans, tels que la Turquie, la Malaisie, l’Indonésie, qui sont aussi des démocraties. Ces pays ont des systèmes politiques libres et pluralistes, ce qui les classe parmi les démocraties. Mais comment se fait-il que tant de pays à majorité musulmane ne soient pas des démocraties à part entière ? Ou qui, s’ils organisent des élections, comme l’Iran et l’Egypte, bafouent souvent les droits de l’homme ?
Il existe une interprétation de l’islam non seulement comme explication de la conscience individuelle mais comme un système politique global, une réponse à tous les problèmes de la vie et, plus encore qu’une réponse, une incitation à l’action. Cette philosophie de l’islam politique trouve son origine chez des penseurs qui sont tous apparus dans les cent dernières années : Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, Sayyid Qutb et Maulana Maududi, fondateur du Jamaat-e-Islami, un mouvement très actif au Pakistan, au Bangladesh et au Royaume-Uni. Selon eux, nous devons tous reconnaître la souveraineté d’Allah non seulement dans le cœur des croyants mais sur la terre entière. Comment, en Occident, pouvons-nous dialoguer avec des gens qui croient en cette vision absolue et, dans certains cas, totalitaire ?

ZIAUDDIN SARDAR
Comment définissons-nous l’islam, et comment définissons-nous la démocratie ? Imaginez que vous subissiez les conséquences de certaines politiques occidentales. Imaginez que vous viviez en Irak ou en Afghanistan. Vous pourriez penser que ces gens viennent vous dire ce que vous devez faire et comment vous devez vivre et que, si vous refusez d’emprunter leur voie démocratique, ils menacent d’utiliser la force et de fait vous envahissent. Ce que Michael Gove dit des islamistes s’applique aussi à l’Occident.
Oui, les Frères musulmans peuvent être qualifiés de fondamentalistes. Oui, certaines des idées de Sayyid Qutb sont absolutistes. Mais pourquoi est-il devenu absolutiste ? C’était un théoricien de la littérature, un professeur. Son ambition était d’écrire. Il est devenu ce qu’il est devenu parce qu’il a été torturé sous le régime de Nasser. Dans les années 1950 et 1960, les Frères musulmans n’étaient pas une organisation violente.
Il y a certains pays – le Bangladesh, par exemple – qui sont très démocratiques et très musulmans. En même temps, il y a des partis qui étaient fondamentalistes et qui professent des idées démocratiques. L’un d’entre eux est actuellement au pouvoir en Turquie.
Notre système de deux poids, deux mesures pousse les gens à se retourner contre la démocratie. En Palestine, le Hamas en est un très bon exemple. Ces gens-là nous disent : “Nous croyons en la démocratie, nous avons pris part à un processus démocratique, nous avons légitimement gagné les élections. A présent, laissez-nous exercer le mandat que nous avons reçu.” Et que répondons-nous ? “La démocratie, c’est tout sauf vous, parce que vous êtes catalogués comme islamistes.” Les musulmans ont leurs extrémistes, mais concentrons-nous plutôt sur la grande majorité des musulmans et voyons ce qu’ils veulent. Si vous le leur demandez, ils vous diront tous qu’ils veulent la démocratie.

M. B.
Le Hamas est l’une des organisations qui préoccupent l’Occident. Pouvez-vous nous rassurer, Ghazi Hamad, et nous dire que l’islamisme est compatible avec la démocratie ?

GHAZI HAMAD
Il n’y a pas de contradiction entre l’islam et la démocratie si l’on se réfère aux versets du Coran. La démocratie ne réside pas seulement dans la politique. Elle est aussi dans la culture et les comportements. Dans le premier verset du Coran, Allah dit : J’ai créé les humains. Tous les humains, hommes et femmes, ne forment qu’une nation et je les ai créés afin qu’ils puissent se connaître les uns les autres et vivre et travailler ensemble. L’origine de la démocratie est là, dans le respect mutuel. Dans d’autres versets, Allah dit que les musulmans doivent respecter les autres religions. Cela aussi fait partie de la démocratie.
Il n’y a que trois versets qui parlent de politique. Le premier dit qu’Allah est le superdirigeant. Le deuxième dit que pour gouverner, il faut avoir été choisi par le peuple. Et, enfin, Allah a dit que la démocratie, c’est la coexistence entre le dirigeant et le peuple. Il n’y a donc pas de contradiction entre l’islam et la démocratie.
Le Hamas est arrivé au pouvoir à l’issue d’élections démocratiques. Tout le monde occidental est contre le Hamas. Lorsqu’il a remporté les élections, je me trouvais à Londres. J’ai eu l’occasion de parler avec beaucoup de personnes différentes, et je leur ai dit qu’il fallait construire des ponts, pas imposer des embargos et des sanctions. Il faut écouter. Par exemple, vous dites qu’Israël est une démocratie. Mais Israël a tué des gens au nom de la démocratie, implanté des colonies au nom de la démocratie, construit le mur au nom de la démocratie et expulsé les Palestiniens au nom de la démocratie.

Une forme de politique plus pure et plus austère

M. B.
Samir El-Youssef a un autre point de vue palestinien, peut-être différent.

SAMIR EL-YOUSSEF
Je vais dire la même chose que Michael Gove : non, l’islam n’est pas compatible avec la démocratie. Pourquoi ? Parce que l’islam est une religion monothéiste et que, comme toutes les religions monothéistes, il ne croit qu’en un seul Dieu et en une seule parole, une seule liberté, une seule vérité et une seule justice. Comment peut-on avoir une démocratie dans ces conditions ? C’est aussi simple que cela. Ce n’est pas spécifique à l’islam. Il en va de même du judaïsme et du christianisme. On ne peut pas avoir de démocratie avec une religion monothéiste.
Mais pourquoi devrait-on être démocrate ? En imaginant qu’il y ait quelque part dans le monde des gens qui sont satisfaits de leur sort et qui ne sont pas des démocrates, en quoi cela nous regarde-t-il ? Pourquoi ne pas les laisser vivre comme ils l’entendent ? Le véritable défi n’est pas de répandre la démocratie dans le monde, surtout pas de la façon dont s’y prend George W. Bush. Le vrai défi, pour les gens qui se disent démocrates ou progressistes, c’est d’accepter la diversité.

TAHMIMA ANAM
Je viens du Bangladesh, un pays où la population est majoritairement musulmane, et je pense que notre rapport à l’islam peut être défini par ce que le critique littéraire Harold Bloom appelle “l’angoisse de l’influence”.
Au Bangladesh, nous avons deux grands partis, dont aucun n’est islamique. Mais il en existe un troisième, le Jamaat-i-Islami, qui l’est. Les deux grands partis pensent qu’ils ont besoin de lui pour gagner les élections. Alors, à chaque scrutin, même s’ils se disent laïcs, ils disent qu’ils ne pourront pas gagner sans le Jamaat. Et d’année en année, le Jamaat améliore son score. Doit-on en conclure que les gens votent pour le Jamaat parce qu’ils croient en un Etat islamique ou dans des valeurs musulmanes ? Ou parce que nous nous sommes persuadés qu’il y a une force islamique dans notre pays et que nous devons traiter avec elle ? Les musulmans dont parlait Michael Gove, je ne les connais pas. Je ne crois pas que les gens veuillent un Etat islamique.

M. B.
Michael, vous dites dans votre livre Celsius 7/7 : “Puisqu’aucun pays arabe n’offre d’espace laïc à l’opposition pour qu’elle puisse se développer, les gens qui veulent protester n’ont nulle part où aller si ce n’est dans la clandestinité ou dans les bras des islamistes. Vu la corruption incroyable et massive des Saoudiens et de la maison Moubarak, c’est peut-être un miracle qu’il n’y ait pas davantage de gens tentés par la promesse islamiste.”

M. G.
Je suis convaincu que si les partis islamistes ont tant de succès, c’est en raison de la corruption et de l’oppression qui règnent dans les régimes actuellement au pouvoir. Si la population palestinienne a voté pour le Hamas c’est en partie pour exprimer son dégoût. L’Arabie Saoudite et l’Egypte sont gouvernées par des cliques incroyablement peu aptes à diriger leur pays et encore moins à redistribuer les richesses. Dans ces deux pays, le peu d’espace octroyé à l’opposition est dévolu aux islamistes, et il n’est donc pas étonnant que des gens qui proposent une forme de politique plus pure et plus austère suscitent l’adhésion de la population. Il s’est passé la même chose en Grande-Bretagne au XVIIe siècle, lorsque la révolte parlementaire et puritaine menée par Cromwell contre une clique royale a abouti à un soulèvement massif. Ce n’est donc pas spécifique à une époque ou à un contexte culturel.
Mais, pour prendre de front l’argumentation de Ziauddin Sardar, à savoir pourquoi la situation est ce qu’elle est en Egypte et en Arabie Saoudite, je considérerai le problème à l’envers. Les deux pays du Moyen-Orient où le sentiment antiaméricain est le plus fort sont l’Egypte et l’Arabie Saoudite, parce que les Etats-Unis et l’Occident en général soutiennent les régimes en place. Il y a un seul pays de la région où l’Amérique a vraiment la cote – mais ça peut changer –, c’est l’Iran. L’une des raisons, c’est que les Etats-Unis et le régime iranien actuel sont en complet désaccord, et que les jeunes, les classes moyennes et les intellectuels éprouvent beaucoup plus de sympathie pour l’Amérique. Alors, était-il dans l’intérêt à long terme de l’Occident de soutenir des régimes oppressifs et corrompus ? Et que peut faire l’Occident pour montrer qu’il est vraiment du côté de ceux qui veulent un avenir démocratique et pluraliste ?
J’aimerais être certain que le Hamas a évolué, comme l’ont fait d’autres mouvements terroristes, et qu’il se dirige vers un avenir plus prometteur. Mais je ne vois aucune preuve de cela.

“Si je vivais à gaza, vous me tueriez, je le sais”

Z. S.
Je pense que nous devons échapper à l’idée – qui est une idée moderne, du XXe siècle – que l’islam peut être transformé en Etat. Lorsque l’Etat devient l’arbitre de la politique, de la religion, de la morale, de l’éthique et de tout le reste, on finit par avoir une dictature cauchemardesque, comme en Arabie Saoudite et dans certains autres Etats du Golfe. Les Indonésiens ont emprunté un chemin différent. Ils ont dit qu’“islam plus politique” n’est pas égal à “Etat islamique” mais à “société civile”, et qu’il est du devoir de chacun en tant que musulman de participer au processus politique. C’est exactement ce que dit le Hamas, sauf que le processus politique ne mène pas à imposer la charia. Ce qu’il faut, dans les pays musulmans, c’est un espace pour un vrai discours islamique. Ce n’est pas seulement qu’il n’y a pas d’espace laïc, c’est qu’il n’y a pas d’espace du tout dans la plupart des pays arabes pour qu’un discours de quelque type que ce soit émerge. Et cet espace n’existe pas parce que plusieurs dictatures sont soutenues et renforcées par certains pays occidentaux.

T. A.
Le problème n’est pas l’islam mais la charia. Vous disiez, Samir, que toutes les religions monothéistes favorisent des structures non démocratiques. Seulement, nous ne sommes pas en train de parler du judaïsme et du christianisme, mais de l’islam. Et pourquoi sommes-nous en train de parler de l’islam ? Parce que, jusqu’à présent, nous ne connaissons pas de parti islamique ou d’islam politique qui ne prône pas l’imposition de la charia. Là est le problème : l’assimilation de l’islam à la charia, qui est non démocratique, violente et sexiste.

G. H.
Vous ne pouvez pas rendre l’islam responsable de tout ce qui s’est passé dans les pays arabes. Ce sont des gouvernements non musulmans, comme ceux de Hosni Moubarak et de Saddam Hussein, qui ont implanté le totalitarisme dans les pays arabes. Jusqu’à présent, l’islam n’a jamais eu l’occasion de montrer la vérité, qui est qu’il n’y a pas de contradiction entre l’islam et la démocratie – même dans les pays du Golfe, en Algérie et au Maroc. Ce ne sont pas des Etats islamiques, alors il est très important à mon sens de ne pas accuser l’islam de tous les maux.

S. E-Y.
Oui, les régimes laïcs peuvent être tout aussi totalitaires ; on l’a vu en Russie, en Allemagne. Mais qu’ont apporté quatre cents ans de gouvernement islamique au monde arabe et à l’Empire ottoman, sinon le sous-développement ? Vous dites que des régimes laïcs ont semé la destruction. Ce n’est pas vrai. L’Empire ottoman islamique allait déjà à la ruine.

M. B.
Ghazi Hamad, peut-on avoir un système politique légitime sans islam ?

G. H.
Il n’y a aucune contradiction entre islam et liberté, entre islam et démocratie, entre islam et justice, entre islam et éducation, entre islam et libéralisme.

Z. S. Si votre version de l’islam est la seule authentique, alors nous devrons tous nous incliner devant elle. Mais c’est une perspective effrayante. Et c’est le problème avec les mouvements islamiques et avec le Hamas. C’est aussi le problème avec le Jamaat-i-Islami au Bangladesh. Ils jouent le jeu démocratique, mais dès qu’ils commencent à dire “notre islam est le seul islam acceptable”, on se retrouve dans une sorte d’Etat autoritaire. C’est ce que l’on voit en Arabie Saoudite, dans la plupart des pays du Moyen-Orient, en Iran. Des gens qui disent : “C’est le véritable islam.” C’est pourquoi nous devons nous opposer à l’Etat islamique et lutter pour des sociétés civiles.

S. E-Y.
En réalité, il existe une démocratie islamique, ou un Etat démocratique islamique : l’Iran. C’est un pays démocratique, mais qui a envie d’y vivre ? Avouons-le : personne. J’aimerais poser une question à Ghazi Hamad : je suis athée ; je ne crois pas en Dieu ; que feriez-vous de moi si je vivais à Gaza ? Vous me tueriez, je le sais, alors ne venez pas me parler de droits de l’homme.

G. H.
Le Hamas a choisi un chrétien parmi ses ministres. Nous ne tuons jamais personne au nom de l’islam. On n’est pas dans une vraie démocratie quand on tue Saddam Hussein et qu’on soutient d’autres dictatures dans les pays arabes ! Pourquoi ? Pourquoi ? Les Etats-Unis sont le plus grand régime démocratique du monde, ils ont tué des millions d’Irakiens et ils disent que c’est de la démocratie. Ce n’est pas de la démocratie.

M. G.
L’Iran est-il une démocratie ? Certes, les gens votent, mais ils ne votent que pour des candidats choisis par le Conseil des gardiens de la Constitution. C’est comme si Tony Blair et Gordon Brown examinaient la liste des candidats des autres partis avant les élections générales et disaient : “Non, ce parti, cette personne, ne peut pas se présenter.” Dirions-nous que c’est une démocratie ? L’Iran n’est pas une démocratie.

T. A.
Si j’ai une Constitution, le droit de vote, la citoyenneté, de bonnes institutions politiques, je n’ai pas besoin de mêler Dieu à la politique et Dieu n’a vraiment pas besoin de moi. Il n’est pas nécessaire de mêler la religion à la politique pour souligner l’importance qu’elle a dans notre vie quotidienne. Mêler l’islam à la politique est dangereux, et je suis résolument contre.

17 réflexions au sujet de “Débat : La démocratie est-elle concevable dans le monde musulman ?”

  1. La démocratie est-elle concevable dans le monde musulman ?
    Vous me faites rire!, Chez nous ya un vieux dicton qui dit : OFFRIR DES FLEURS AU BOURRICOT !!

  2. Il y a certains gens qui pensent qu?il y a une démocratie en Iran puisque les citoyens ont des urnes pour y glisser leurs bulletins à chaque échéance électorale. C?est pareil en Algérie, des urnes il y en a partout. Mais dans un régime islamiste ou dictatorial les élections sont organisées dans le but de légitimer un système pénitencier érigé en système démocratique. Les citoyens, prisonniers d?un pouvoir totalitaire qui les prive de toute liberté, se voient condamnés à participer à de pseudo-élections démocratiques organisées pour pérenniser le système antihumain imposé par les despotes. Il ne peut y avoir de démocratie dans une prison qui est là pour priver les gens de leur liberté.

  3. El menfi, sachez SVP que vous n?aidez personne jusque là. Vous ne faites pas avancer la réflexion. Vous vous perdez dans une diatribe qui vous mène droit au mur. On risque de ne plus vous prendre au sérieux et par la même occasion cesser de vous lire.
    A quoi vous voulez en venir? Soyez musulman pratiquant, cela n?est guerre un exploit. Mais expliquez nous si toute fois vous le savez:
    Qu?est ce qui fait que l’ALGÉRIEN soit PARESSEUX? Est ce que la paresse est une valeur religieuse ou culturelle ou d?éducation? Ou les trois à la fois et surtout comment y remédier.
    Pourquoi cherche t-il la facilité au lieu de préconiser la persévérance et l’amélioration? Contrairement à beaucoup d?autres peuples?
    Pourquoi l’Algérien ne crois t-il pas en lui et en ses compatriotes par dessus tout?
    Dites nous aussi jusqu?à quel point vous êtes prêt à respecter la personnalité des autres, un mode de vie différent du votre?
    Car c?est là l’intérêt de la question. Le reste n?est que bavardage et hypothèse. Nous avons un gros problème nous les algériens à ne pas être concrets. Nous ne savons pas traduire l’abstrait (les idées) en tâches concrètes (en gestes et faits, et prises de position). Il est vrai que c?est le rôle de l’école?Oui, mais l’école est pensée par les hommes tel que vous! Est ce qu?il y a un visionnaire parmi vous qui nous dise le bouton sur lequel on appuis pour que la créativité, la vitalité et l’ambition se déclanche en Algérie? Pour que l’arbitraire cesse?
    Un psychanalyste m?a dit un jour que l’algérie a besoin d?une grande école de psychanalyse d?abord et à la place d?école d?informatique et d?ingéniorat. Il parait qu?il faut que nous apprenions tous à nous psychanalyser pour mettre de l’ordre à notre système de valeur. Il m?a parlé de ce pays qui s?en est sorti après que des psy, médecins, anthropologues, et historiens eussent été des députés et des ministres dans leur gouvernement. Ouf !!!!

  4. Nacera zergane écrit(7 octobre, 2007 a 2:36 ) et me pose une serie de questions auxquelles je vais repondre.

    Madame,

    Tout d?abord, je comprends l’emoi et l’irritation que vous ressentez, ainsi que d?autres, a la lecture de mes ecrits.

    Je me doutais bien que vous alliez reagir ainsi et, je l’avoue sincerement, c?etait mon intention. Reagir pour APPRENDRE A AGIR.

    Agir pour evoluer, pour avancer sur une route que personne ne peut nous montrer et que nous devons decouvrir nous meme, dans une solitude parfois angoissante.

    Comme je suis une personne humble et sans aucune certitude, si vous me connaissiez, il est probable que vous me demanderiez de parler davantage .

    Je suis, comme beaucoup, né musulman mais ne pratique aucune forme d?arbitraire et considere que nous sommes tous maitres de notre destin et qu?il nous appartient de faire de notre vie ce que nous voulons qu?elle soit.

    Ceci etant dit, vous admettrez alors que je suis loin d?etre un fanatique musulman integriste intolerant pratiquant (Ouf comme vous dites !)

    Vous me dites : « On risque de ne plus vous prendre au sérieux et par la même occasion cesser de vous lire. ». Cela Madame n?a aucune importance que vous me preniez au serieux ou non. Ce qui compte c?est ce que VOUS pensez de VOUS !Et si vous voulez me punir de ne plus me lire, c?est votre droit le plus absolu.

    Cependant, vous etes sur la bonne piste lorsque vous posez des questions dont vous avez la reponse mais que vous refusez de voir et encore moins d?admettre.

    « Qu?est ce qui fait que l’ALGÉRIEN soit PARESSEUX? », dites vous. Eh bien non ; au risque de vous froisser, l’Algerien n?est ni plus ni moins paressseux que n?importe quel autre ETRE HUMAIN. C?est l’image, negative, que vous en avez ( une image de vous meme peut etre (??)) qui vous impose cette vision.

    Autre chose : « Pourquoi l’Algérien ne croit-il pas en lui ? ». Excellente question ! Posez la a vous meme avant de parler des autres. Reflechissez, tournez autour de cette confiance en SOI qui fait defaut. Cela vous menera, je l’espere sincerement, a ne plus penser aux autres mais a VOUS dont vous semblez constester l’evidente realite et que vous denigrer par procuration a travers « algeriens interposes » .

    Pourtant, Madame, quelques lueurs vous eclairent mais semblent vous troubler. Vous dites: « Le reste n?est que bavardage et hypothèse. Nous avons un gros problème nous les algériens à ne pas être concrets. Nous ne savons pas traduire l’abstrait (les idées) en tâches concrètes (en gestes et faits, et prises de position). »

    Vous reduisez ainsi une problematique qui concerne l’Espece Humaine au seul cas des algeriens.

    Que signifie ETRE CONCRET ? Comment peut on l’etre lorsqu?on passe son temps a rever du paradis perdu( et a retrouver au dela de la mort, pour les integristes) ?

    Comment peut on l’etre lorsqu?on est dominé par la pensee magique qui nous « revelerait » le moyen d?appuyer sur un bouton pour « ?pour que la créativité, la vitalité et l’ambition se déclenche en Algérie ».

    D?autres n?ont ils pas souhaite que l’on change « le logiciel des algeriens ».

    Ce psychanalyste a (en partie) raison de vous dire ; « qu?il faut que nous apprenions tous à nous psychanalyser ».

    Le probleme c?est que nombreux sont ceux qui pensent que ce n?est pas indispensable car ils « croient » tout savoir. ( j?apporterai une nuance d?importance : on ne peut pas SE psychanalyser ; il faut passer par un autre, et se mettre a nu, ce qui n?est pas aise)

    Enfin, Madame, avant de parler « de ce pays qui s?en est sorti grace aux psy », il conviendrait de s?en sortir soi meme en « rentrant » dans sa propre intimite. Un mot qui fait peur et derange.

    J?ose esperer que VOS propos vont permettre d?eveiller des esprits insurgés. Cela devrait contribuer a mettre hors circuit une reflexion parasitee par des idees confuses ou se melent des concepts particulierement difficiles a saisir. (Vous le disiez avec justesse, nous ne savons pas etre concrets ( c?est ce qui s?appelle un deni de la realite).

    Sans vouloir me porter a la defense de l’Islam qui n?a pas besoin de moi, je me permets de dire que cette religion, ici, n?est pas en cause.

    Ce qui l’est c?est l’enfermement dans lequel certains sont plonges et ou ils se complaisent.
    Au plaisir de vous lire.

    Cordialement
    ElMenfi

  5. Pour le islamistes, il faut bien se l’avouer, la démocratie est plûtot un moyen pour parvenir à ses fins, une avancée à petits pas mais sûrs pour exhiber ses signes distinctifs et surtout pour raccoler et embobiner les esprits sans crainte de se faire reprocher quoi que ce soit. C’est un moyen béni pour agir insidieusement et diffuser ainsi son prosélytisme. on ne peut pas continuer indéfiniment à se le cacher car "la tentation de l’obsurantisme " est toujours omniprésente. Les islamistes jouent sur les deux régitres à la fois comme des victimes qui demandent à être prises en considération et respectées et paradoxalement comme des vat-en-guerre contre la démocratie, l’Occident et les croisés.Ils sont les premiers à diaboliser et anathèmiser les valeurs et les lois de l’Occident et en meme temps ils crient à l’islamophobie dés l’amorce de chaque critique prononcée. Voilà qui semble bizarre et illogique.

  6. Khelaf hellal, 09 Octobre, 2007 a, fort a propos, replace la question dont nous debattons sur un plan politique en mettant en avant une evidente lutte de pouvoir. Que ceux epris de liberte le disent c’est bien mais ne serait il pas necessaire, mais cela est il possible, que les islamistes integristes AVOUENT que c’est la LEUR objectif?
    Tous les mouvements extremistes et integristes ont cette faculte exceptionnelle de jouer sur le registre des sentiments en se posant en victimes.
    C’est une technique bien connue et nous gagnerions a ne pas y succomber en disant que nous aussi( les democrates" nous sommes persecutes.
    Aussi bizarre et illogique que cela paraisse, Si Khelaf, la dynamique des conflits est une science qui reserve bien des surprises.
    C’est, vous l’avez parfaitement exprime, cette -tentation de l’obscurantisme- qui, oxymore flagrant eblouit au point de devenir aveugle.
    Cordialement
    elMenfi

  7. http://www.numedya.com/index.php?option=com_content&task=view&id=353&Itemid=1

    Nouvel ouvrage d’Ahmed Jazouli : Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l’Afrique du Nord

    1 2 3 4 5 (1 vote) 05-10-2007
    Le chercheur marocain Ahmed Jazouli vient de publier un ouvrage intitulé "Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l’Afrique du Nord", qui propose une nouvelle approche des concepts dans leurs rapports avec différentes formes de promotion de l’Etat de droit.

    Dans ce livre en langue anglaise, paru aux éditions de iUniverse (Etats-Unis), Ahmed Jazouli tente de décortiquer les concepts d’Islam, de démocratie et de gouvernance, estimant qu’il existe trois types d’Etats à savoir l’Etat négatif, l’Etat au degré zéro et l’Etat positif.

    L’Etat au degré zéro est, aux yeux de l’auteur, celui qui dispose d’un minimum de démocratie, du respect des droits de l’Homme et dont les institutions qui gèrent la chose publique sont issues des citoyens. L’écrivain assimile "ce minimum" de démocratie à "la bouée de sauvetage" qui garantit le développement économique et la prospérité sociale. "Il s’agit en fait des pays qui connaissent une transition démocratique", note-t-il.

    L’auteur s’attelle à une analyse comparée de l’état de la bonne gouvernance dans les pays de l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Libye, Egypte et Tunisie), ainsi que de la vie politique et économique, la justice, les partis politiques, la société civile et les droits de l’homme dans les pays de la région.

    Le concept de bonne gouvernance repose sur la participation dans la prise de décision, la transparence, la justice et l’évaluation dans le cadre d’une vision stratégique fondée sur des projets bien définis, indique Ahmed Jazouli, qui s’arrête aussi sur le concept de l’autorité en Islam et juge "qu’il n’y a pas un seul modèle dans l’histoire, y compris l’époque des compagnons du prophète".

    "Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l’Afrique du nord" se veut une contribution au débat mondial sur l’Islam, la démocratie et la capacité des pays arabo-islamiques à accéder à la démocratie.

    Dans ce sens, Ahmed Jazouli expose les étapes décisives de l’histoire de l’Islam et les acquis démocratiques réalisés dans les pays islamiques, notamment le Maroc qui vit actuellement une transition démocratique.

    Il souligne à ce propos la nécessité de fonder "l’évolution démocratique progressive sur les composantes culturelles des sociétés concernées".

    Autant dire que la promotion d’un pluralisme politique sain et une bipolarité libre et efficace, le renforcement des institutions parlementaires et la société civile et la consolidation des droits de l’Homme sont, selon l’auteur, les préalables au passage à la démocratie et l’Etat de droit.

    Source : MAP

  8. @ ALI ELMENFI-::salut khoh, ton post est ok mais respecte un minimum tes lecteurs c’est plein de ponctuation c’est fatiguant pour les yeux dans tous il faut l’ordre et le respect

  9. La démocratie en islam;elle est résumé dans la sourate 3, la famille d’omran, verset 26://dis, ALLAH maitre de l’autorité absolue-tu donnes l’autorité à qui tu veux et tu donne la puissance à qui tu veux tu humilies qui tu veux, le bien est en ta main et tu es omnipotent

  10. Il ne peut y avoir de démocratie dans les republiques bananières, et ou l'on décrète l'islam comme religion d'état. L'islam et la démocratie sont incompatibles, sans oublier de souligner que la démocratie et une culture, or elle n'a jamais existé dans la culture arabo-islamique depuis que le monde est monde. On a retrouvé un peu partout dans le monde cette forme de gouvernance, surtout depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation de l'URSS, mais jamais dans une contrée à culture arabo-islamique.

  11. La politique c'est comme la religion d'une maniere generique, c.a.d. toutes- On parle de quelque chose d'indefini… a une exception +/- floue – Jesus. Lui au moins le dit, avec ambiguite' mais tout de meme bien signifie' – qu'il est Dieu. Causant ainsi sa disparition.

    Qu'on est-il de cette democratie? QUelle democratie et qu'est-ce que c'est? Au bout du compte on arrive a une espece de recette de gestion de groupes de gens enormes, car les millions c'est enorme tout de meme, et dans la liberté !!!!

    Tout compte fait, une histoire de priorite's et de valeurs dans la gestion de l'effort de tous. Mais est-ce de tous ou de certains? Et qu'on est-il de la liberte', quand on commence a gerer des gens?
    Quand a differencier entre Chretiens, Musulmans, Juifs et bien d'autres encore… ca, c'est rigolo ! Je ne connais aucune difference entre islamistes, evangelistes, ou sionistes – pour rester dans cet univers.

    Les habitants du monde ouestt du nil d'un pole a l'autre sont des idiots. C'est des joueurs qui n'ont pas compris que seul le casino gagne. Et celui-ci est dans la penninsula !
    Pour beaucoup de gens comme moi – On ne sait de quoi ces discussions sont vraiment.
    Le tout tourne autour des moyens de destruction finalement.

    Les Euro-occidentaux veulent dominer pour exploiter, et les autres n'en ont meme pas besoin (de quelqu'un a exploiter)

  12. Et ou est la difference du reste du monde? Aucune !
    Partout, c'est une question de faire valoir qu'une classe ou groupe gerent les autres… Meme ici a 3 pas de la maison blanche d'ou je vous envoie ceci.
    Les laics aussi ont leurs croyances. Tout est une question de faire croire – Certains croient facilement et d'autres avec essiff !
    Toujours le meme concept de: Paradis ou enfer !
    SI seulement les martians existaient et qu'ils me degagent d'ici !

  13. la démocratie est apte à s'épanouir dans tous états dont la société ou la constitution n'est pas basée "a priori" sur une religion ou dans son orbite. les USA sont ils une vraie démocratie quand le serment constitutionnel est fait sur la bible ?. les tentatives constitutionnelles au moyen orient arabe, et aussi pour l'ensemble du Maghreb sont et seront vouées à l'échec tant que sous prétetexte culturel, le motif religieux sera prévalent. Pour mémoire il existe un état en Europe qui n'est pas démocratique et ne le revendique nullement, l'Etat du Vatican..

  14. il ne peut y avoir de démocratie épanouie, vivante, et objective dans un Etat sous influence, obédience, ou soumis directement à une religion. que pensez de la démocratie des USA quand le serment constitutionnel est fait sur la Bible ? pour ce qui est des pays du moyen orient arabe, en ce compris la totalité de ceux du Maghreb, il n'y a pas pas et n'aura pas de démocratie réelle puisque sous couvert culturel les constitutions sont sous l'emprise d'une religion majoritaire. Pour ces pays il ne peut s'agir que d'une néo démocratie ce dans les meilleurs des cas non encore advenu. Ce qui vous est arrivé au début des années 1990 en est le plus triste témoignage. face a des gens voulant imposer un régime totalitaire à la société dans un but religieux expressément antidémocratique. La démocratie ce n'es pas 51% qui imposent une loi aux autres, ni meme 70%, c'est également le respect de la minorité non gouvernementale non religieuses ou autres. Le meilleur exemple occidental en est le seul "Etat" européen non démocratique, et qui ne le revendique nullement, l'Etat du Vatican.

  15. Quel dommage, qu'on parle de monde occidental comme quelque chose d'etranger, alors que cette notion de separation des affaires communes de la cite' des affaires PRIVEES avec la divinite' a bel et bien commence' chez nous. C'en a ete le point de depart pour finir en europe. Le Terme Donatists sur google vous y conduira.

  16. Voici la description du Paradis qui a été promis aux pieux : il y aura là des ruisseaux d'une eau jamais malodorante, et des ruisseaux d'un lait au goût inaltérable, et des ruisseaux d'un vin délicieux à boire, ainsi que des ruisseaux d'un miel purifié. Et il y a là, pour eux, des fruits de toutes sortes, ainsi qu'un pardon de la part de leur Seigneur. [Ceux-là] seront-ils pareils à ceux qui s'éternisent dans le Feu et qui sont abreuvés d'une eau bouillante qui leur déchire les entrailles ?

  17. L’Islam est un droit religieux. Et donc, ce droit religieux prend l’homme depuis le berceau jusqu’à la tombe, et dans tous les aspects de sa vie, que ce soit comment aller aux toilettes, comment faire pour conclure un contrat, comment faire pour faire la prière…, et ça, le Chrétien ne peut pas le comprendre. C’est ça, la loi islamique. Le Chrétien, quand il veut faire la prière, il est dans son lit : « Ô Seigneur, faites que je réussisse mon examen, au nom du Père… », peut-être qu’il fait le signe de la croix, mais quand il fait froid, il a les mains sous la couverture…

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