Pourquoi a-t-on rappelé Ouyahia aux affaires !?

Vu de Kabylie, le rappel d’Ahmed Ouyahia dans le premier cercle du pouvoir, revêt une lecture autre que celle qui le donne comme la clé de voûte d’un compromis "historique" entre les principaux clans du pouvoir et comme catalyseur du processus d’élaboration des décisions politiques majeures.

Ayant eu à jouer un rôle déterminant dans l’extinction de la révolte juvénile dite « Printemps noir de Kabylie » qui a vu l’assassinat de 126 jeunes manifestants pacifiques par les forces de sécurité de l’armée algérienne, Ahmed Ouyahia est vu comme l’ultime recours du pouvoir central pour renouer le dialogue rompu avec la Kabylie au moment où celle-ci, région névralgique dans l’équilibre historique du pouvoir central, a perdu son harmonie politique sous les coups de boutoir de la police politique et de la répression féroce de ses révoltes récurrentes.

Le régime d’Alger (DRS-Présidence) avec à sa tête un président gravement malade n’a plus d’interlocuteur politique en Kabylie ! Le résidu du FLN, principalement des anciens moudjahidine, s’est rallié à Benflis à la faveur de la campagne électorale pour la pseudo-présidentielle du 17 avril 2014. Le mouvement populaire algérien (MPA) de l’actuel ministre de l’industrie Amara Benyounès, regroupant le microcosme des affairistes (importateurs et rentiers de l’administration) est rejeté par la population comme le symbole de la déchéance et de l’indignité.

Le FFS, en se rapprochant du pouvoir depuis les dernières législatives, a éclaté en 4 groupes : l’appareil officiel tenu par Ali Laskri, le groupe de Karim Tabou, ex-premier secrétaire, le groupe des anciens Zenati-Bouhadef, le groupe de Khaled Tazaghart dernier à quitter le FFS emportant avec lui une importante frange militante en plus des anciens maquisards de 1963. Ayant perdu ainsi son homogénéité et sa base dynamique, l’appareil du FFS gère difficilement ses contradictions en attendant de muer en une fondation pour son leader charismatique Hocine Ait Ahmed. Il ne peut plus prétendre encore à un rôle de guide politique régional, sa dernière prise de position par rapport à l’élection présidentielle traduit son profond désarroi et la perte de son autonomie de décision depuis le retrait de son leader historique Hocine Ait Ahmed.

Le RCD, nouvelle mouture, dirigé par Mohcine Belabbès, tente de sortir de sa vieille coquille élitiste en opérant sa mue générationnelle. Il passe, sous l’étroit contrôle de son ancien leader Saïd Sadi, dans l’opposition franche tentant avec le temps de faire oublier une période d’entrisme qui avait failli précipiter son déclin. Sa stratégie de renaissance par la réoccupation du terrain sociopolitique après les émeutes juvéniles dites «de l’huile et du sucre» de janvier 2011 lui avaient valu une sympathie populaire qu’il n’a pas encore capitalisée. Partagé entre un «destin» de Parti national entretenu par son élite dirigeante et l’attirance de sa base militante par les thèses autonomistes du MAK, le RCD vient encore d’innover en partageant la lutte contre le 4e mandat de Bouteflika avec le courant islamiste. Son rapprochement actuel, même conjoncturel, avec les islamistes BCBG, ne suscite pas un engouement populaire pour une feuille de route encore indéfinie.

Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, dirigé par Ferhat Mehenni (MAK) a toujours exprimé son rejet de tout compromis avec le pouvoir actuel. De mouvement pour l’autonomie cantonné dans les campus universitaires, il a mis le cap sur l’indépendance de la Kabylie, avec à la proue un gouvernement provisoire dont le président est installé à l’étranger, et en pratique de terrain une stratégie politique de déconstruction des liens avec l’Etat central d’Alger.

Le PT de Louisa Hanoune, le FNA de Moussa Touati, le PST, l’ex-PAGS, tout comme les nouveaux partis embryonnaires, peinent à sortir de l’état de groupuscule dans les wilayas de Kabylie pour être pris au sérieux par un pouvoir rentier hégémonique par son administration, et ses forces de sécurité multiples et variées.

Le courant islamiste, historiquement construit autour de la zaouia Rahmania, réformé par le courant de Ben Badis, a connu en Kabylie une période de reflux entre 1980 et la fin des années 1990 à la faveur de l’effervescence culturelle moderniste exprimant la revendication identitaire amazighe menée par le Mouvement culturel berbère (MCB). L’islamisme est actuellement en plein renouveau. Traversé par le salafisme expansionniste, il active avec de plus en plus d’ostentation investissant sur le long terme dans le travail socio-idéologique de proximité, squattant les anciens espaces du maraboutisme soufi, en alliance objective avec le pouvoir central rentier, sans expression politique officielle.

Le pouvoir d’Alger, après avoir réussi la fragmentation des principales forces politiques de Kabylie, mise sur le Rassemblement national démocratique (RND), le parti de l’administration, resté en quasi totalité fidèle à Ahmed Ouyahia. Voilà, entre autres raisons, pourquoi le Clan des Bouteflika a rappelé l’homme des taches antisociales dans le premier cercle du pouvoir. La principale besogne, en Kabylie, de ce grand serviteur du pouvoir central jacobin sera de tuer dans l’œuf toute recomposition politique qui ne soit pas dans le sillage doctrinal du pouvoir d’Alger ! Nous nous attendons à la réanimation des comités des Archs, réseau en dormance fidèle à l’ancien premier ministre, conséquence pratique sur le terrain politique local de cette remise en selle dans la perspective de l’après-élection du 17 avril.

Rachid Oulebsir

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9 commentaires

  1. donc selon votre analyse la Kabylie est encore parti pour un échec, franchement vous remontez tres bien le moral….

  2. Le pouvoir s'en fou éperdument de la Kabylie, pour qu'un mouvement tel que celui d'Avril 1980 ou le printemps noire puisse voire le jour, il va falloir un long moment, la construction et la consolidation d'un mouvement politique nécessite une organisation sociale, une élite qui mis en éveille la conscience citoyenne sur les enjeux et l'avenir d'un pays, une intense activité culturelle et sociale, un bouillonnement d'idées, la liberté d'expression ou du moins l'activité libre même clandestine comme c'est le cas pendant la décennie 80, cela ne se décrite pas, c'est un long et tortueux cheminement, or tout les indicateurs de la bonne santé et la vitalité politique sont en berne dans cette zone, voire inexistants, pour preuve, depuis le printemps noire, combien de cadres, de médecins, d'ingénieurs de la région ayant quitté le pays, le nombre d'étudiants qui ont passé de l'autre côté de la méditerranée, les habitants ont compris le message, vous allez vivre sous le joug colonial d'Alger ou vous aurez les armes en face, on a tué impunément en plein jour c'est carrément du nazisme, aujourd'hui, il suffit d'aller sur le terrain voir l'état de déliquescence avancée de la situation à tout les niveaux, si on compare avec l'effervescence qui caractérisait cette région pendant la décennie 80 et 90, force de constater que le résultat est amer, du côté de la Kabylie pour très longtemps, le pouvoir peut dormir sur ses deux oreilles, à moins d'un mouvement collectif de la diaspora, on peut crée un milliards de partis politiques, sans militants, sans élite compétente et patriote, rien ne va modifié ou changer le rapport de force, aujourd'hui la région est encerclée par la police politique et ses sbires, Tizi Ouzou à elle seule compte 30 % des effectifs de l'armée et des autres services, une Wilaya qui compte à peine 800 000 habitants accueille plus de 300 000 hommes de sécurités, c'est dire l'encerclement de la région, est pourtant le banditisme, les activités mafieuses, le vol, les viols, les kidnappings, le terrorisme islamiste et étatique ne font qu'augmentés, les événements du Ramadhan de l'année passée prouve l'implication de l'état dans les activités terroristes, pendant la décennie noire, la Kabylie s'est défendue fièrement contre les hordes sauvages, IGOUJDAL était le premier village à avoir botté les fesses aux islamoracailles , aujourd'hui une fois le pouvoir d'Alger à repris ses billes et à conclu des accords avec les tueurs d'algériens, la zone qui à défiée les islamoracailles les subit malgré elle, ajouté à cela, les fermetures forcées d'entreprises en vu d'assécher économiquement cette région voire la vidée de ses habitants, le plan mis en place est hautement diabolique, à terme c'est la disparition des Kabyles de l'Algérie qui est programmé, je ne pense pas que OULKHLA soit revenu aux affaires voire réactivé en vu de s'occupé de la Kabylie, il est réactivé parce que son patron Tonton T à reconduit la deal avec Fakhamatouhou, les noces sont reconduites, la lune de miel ne fait que commencée; quant à la Kabylie c'est parti pour un long moment, le banditisme et les activités mafieuses ne laisseront pas un mouvement citoyen s'installé, les gens ont compris, si quelconque tente une telle entreprise les menaces puis les liquidations peuvent survenir à n'importe quel moment, qui est suffisamment fou pour se précipité dans la gueule du loup, pour qu'un peuple puisse défendre ses droits, soit l'état assume ses fonctions en étant garant des lois, de la protection de ses populations, dans le cas contraire, le peuple pour se défendre doit prendre les armes, pour le moment l'équation est déséquilibrée, elle est en faveur du pouvoir, comme dit le proverbe, embrasse la main de ton ennemi quand tu ne peux pas la mordre.

  3. Tu trempes a miss n tmurt, les Archs ur tnuzun ur rehnen. Il faut faire la différence. Le combat contenu.

  4. Qui mieux qu'un Kabyle de service peut faire les sales besognes???
    Il a même détruit le mouvement des âarouchs!!!
    Il pense qu'il sera un jours président….Qui a dit jamais nous ne laisserons un Kabyle…

  5. Je suis convaincu, un jour viendra où la kabylie prendra son destin en main. Ainsi soit-il.

  6. @Zizi rachid:

    A force de mélanger politique, sociologie et voyeurisme, on fini par pendre des Œufs d'autruche.

    Ouyahia est revenu pour réactivé les Arouche versus drs, vous êtes comme si Mebtoul l'économiste trabendiste, professor des Universités, vous savez pourquoi, "Le Boycott est option proposé par le système via ses satellites pour justement éviter que les gens aillent voter".

    La Kabylie n'a jamais dépassé 10 % de votant depuis l'incurie des panarabistes, Ouyahia a été rappelé parce que il n y a plus de capitaine a bord, $ellal est une girouette, je l'ai déjà écris sur le MDZ, le seul présidentiable en Algérie est bien Ouyahia malgré que je ne le porte pas dans mon cœur, un KDS notoire, mais on dit bien chez "Ayen idga thedharghalt, athechen Warawis", les temps ont changé, à Mass Rachid, le pétrole nous a pourri la vie, mais bon,

    S'ils ont réellement millions d'Algériens qui ont signé pour un malade, un mensonge ne dure que temps d'un rêve, les 7 représentant de président doivent être pendu sur la place publique, aucun pouvoir au monde, n'a humilié son peuple de la sorte même les pires dictatures au monde, alors faisant un retrait tactique, le temps que l'honneur de la tribu revient!

    RMII

  7. Il est revenu comme une Fatma pour s'occuper du linge sal de la CosaNostra d'Oudjda. Une fois tout en ordre, et comme d'habitude, il sera remercie pour la n-ieme fois.

  8. Les Kabyles de Kabylie, ne repondent plus qu'a l'appel Independantiste. Quand a ces histoires d'Aarchs, je pense que notre zami a une vue eronne'e de ce que c'est. Ce n'est pas un groupe de bonhommes, mais une structure democratique, sans chef. On choisit les delegue's (et non les leaders) qui ne sont que des messagers. Les decisions se prennent en conclaves. Ces conclaves sont organise's par les comite's de villages.

    En ce moment, par comite'. Ceux qui aboyait pour se faire enttendre n'avaient d'autres interets que d'attirer l'attention, c.a.d. se faire payer. Ca peut marcher une ou deux fois mais pas plus. A l'image d'Abrika qui a recu la sympathie et le soutien de mal de monde, parce qu'il est Kabyle, mais pas plus. Un soutien oral mais pas dans l'action.

    Tout ce charabia, c'est comme du theatre sponsorise'. Les gens y vont s'abriter du froid ou la chaleur, et savourent poliement la boisson offerte – Du "Babby-sitting pour Adultes". Cela marche ou peut marcher rant qu'il y a quelqu'un qui paye. Helas, ce n'est plus le cas – Les payeurs sont sur le point de s'entr-tuer pour le peu de sous qui reste.

  9. Pourquoi a-t-on rappelé Ouyahia aux affaires !?

    Je suppute qu’il leur a tout simplement avouer qu’il avait encore faim !

    « Mazal machbahch ». C’est d’une légitimité Aveuglante.

    Un Conditionnement Pavlovien très certainement !

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