Koweït : l'émir cheikh Sabah dissout le parlement

A la suite de protestations sans précédent dans l’émirat du Golfe, l’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a dissous par décret, mardi 6 décembre, le Parlement.

« En raison d’obstructions au progrès et de menace pour les intérêts supérieurs du pays, il a été décidé de revenir au peuple« , a déclaré l’émir pour justifier la dissolution de la Chambre – la quatrième en moins de six ans.

Cette mesure intervient une semaine après la démission de l’ancien premier ministre, cheikh Nasser Mohammed al-Ahmad Al-Sabah, un éminent membre de la famille régnante, accusé par l’opposition de corruption et confronté à un important mouvement de protestation, conduit par la jeunesse koweitienne.

Il a depuis été remplacé par le ministre de la Défense sortant, cheikh Jaber Moubarak Al-Sabah, un autre membre de la famille régnante, qui peu après sa prise de fonction, a conseillé à l’émir de dissoudre le Parlement, siège de la contestation.

En vertu de la loi koweïtienne, des élections législatives anticipées doivent être convoquées dans les soixante jours. Un deuxième décret est attendu pour fixer la date du scrutin.

L’opposition veut des réformes

Le Mouvement progressiste (opposition libérale) s’est félicité de cette mesure et a réclamé dans un communiqué « des réformes politiques et constitutionnelles », sans lesquelles la crise politique persistera selon lui.

« Les jeunes militants ont provoqué des protestations à l’échelle nationale » et ils « vont jouer un rôle important dans les élections (anticipées) en soutenant les candidats de l’opposition », partisans de plus de libertés et d’égalité, a déclaré un de leurs meneurs, Mohammed Al-Boulaihis. Selon lui, les jeunes vont poursuivre leurs pressions pour davantage de réformes, dont une monarchie constitutionnelle, un gouvernement élu, la légalisation des partis politiques et un amendement du code électoral.

Le Koweït a été secoué par des crises politiques à répétition depuis la nomination de cheikh Nasser, un neveu de l’émir, à la tête du gouvernement en février 2006, entravant le développement de l’émirat malgré sa richesse pétrolière. Sous cheikh Nasser, le gouvernement a démissionné à sept reprises et le Parlement a été dissous trois fois en 2006, 2008 et 2009.

Le Koweït, troisième producteur de l’OPEP, produit actuellement quelque 3 millions de barils par jour. Il a une population autochtone de 1,2 million d’habitants et accueille 2,4 millions d’étrangers.

Avec AFP