Le gouvernement toujours en retard sur le peuple

Forcément une décennie d’improvisations et de vaines promesses, ça paye cache un jour. Bousculé par une Algérie en révolte, le président et son gouvernement multiplient les déclarations de prochaines réformes.

Depuis le début de l’année, les dossiers doivent sacrément s’empiler sur le bureau d’Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement. Selon L’Expression, l’équipe Ouyahia ne sait plus où donner de la tête. Submergée par les dossiers des réformes politiques et ébranlée par le front social, elle n’arrive plus à joindre les deux bouts. «Nous sommes débordés», a confié un membre du staff gouvernemental qui se plaint de fatigue à ce quotidien. C’est à se demander ce qu’ils faisaient depuis toutes ces années. In fine, y a-t-il un chantier de terminer depuis toutes ces années ?

Le front social

Trop de retard accumulé, beaucoup de promesses de lendemains meilleurs, particulièrement depuis l’envolée du pétrole, mais rien de concret. Ou très peu. Les manifestants se relayent chaque semaine à Alger pour exprimer leur colère. Aucun corps social n’est décidément épargné par la révolte. Il y a les travailleurs communaux qui peinent toujours à être entendus, l’enseignement supérieur toujours vent debout, le corps médical en grève depuis plusieurs jours, les étudiants et le personnel de la justice qui a toujours un pied dans la rue. Les mesures restent sans suite, l’administration ne suit pas. Les libertés syndicales restent à inventer, malgré les déclarations de Sidi Saïd et des ministres. Quand à l’activité politique, elle se résume aux

Trop de chantiers en retard

Le sens de la prospective ne semble pas être la première des qualités de l’actuel gouvernement. Même les caisses de l’Etat toujours remplies à flot, l’Algérien ne voit toujours pas son quotidien changer. Depuis une décennie, le président et son équipe se sont lancés dans de nombreux chantiers dont ils n’arrivent manifestement pas à maîtriser ni la durée des travaux ni les coûts. L’ouverture de l’autoroute Est-Ouest prend du retard et accuse d’énormes surcoûts. Sans oublier tous les scandales qui ont entaché la passation de marchés. Le chemin de fer promis depuis des années à une rénovation a lui aussi du plomb dans l’aile, avec des retards dans la livraison, l’annulation de projets, etc. Ne parlons pas du tramway d’Alger, ni d’ailleurs du métro dont la dernière annonce d’ouverture est remise à janvier 2012. Au palais du gouvernement on multiplie les projets de réforme.

L’Algérien oublié ?

Le jeune Algérien a le regard aiguisé, critique et surtout éveillé. Internet et les chaines télévision d’information qui relayent ce qui se passe dans le monde ne sont pas étrangers à cette exigence d’une vie meilleure. On est tout près de l’Europe, et inévitablement on en subit les influences. Mais pas seulement. La démission de l’Etat et des collectivités locales dans la prise en charge des problèmes pratiques et quotidiens du citoyen sont aussi un formidable carburant pour l’indignation et la révolte. L’Algérien a besoin de réalisations concrètes qui changent sa vie de tous les jours, pas seulement de grandes idées aux contours imprécis. Il a besoin de dignité et de liberté. Il veut une administration efficace, des hôpitaux qui soignent, pas des mouroirs. Il veut des moyens de transport propres et à l’heure, des stades, des salles de cinéma, des concerts et des routes sécurisés pas des tombeaux à grand jour. Le jeune attend des infrastructures sportives et culturelles accessibles tous les jours, pas des festivals à coup de millions d’euros destinés plus aux étrangers pour redorer une improbable image algérienne.

Un régime sourd

Il n’entend pas la rue gronder. Un exemple ? La répression qui s’abat sur toutes les corporations qui manifestent. Alger est devenue une caserne de CRS. L’autre illustration ? le dernier discours du président fait l’impasse sur l’essentiel, le fondamental : l’Algérien dans sa vie quotidienne. Il a préféré encore surfer sur de prochaines réformes. D’abord la révision de la Constitution, celle-là même qui a été réformée pour permettre à Abdelaziz Bouteflika un troisième mandat. Cette énième réforme veut clairement dire que la précédente était mal faite, sinon comment expliquer le changement d’une Loi fondamentale censée être la colonne vertébrale de nos institutions ? Dans les pays qui se respectent, on ne réforme pas une Constitution chaque deux ans. Les réformes gouvernementales ressemblent aux tonneaux des Danaïdes. Abrogation de la loi électorale, la loi sur les partis politiques, les associations et le Code de l’information, etc. Tout reste à refaire donc. Mais de quelle manière ? Et à quelle fin ?

Y. K.

4 commentaires

  1. Le meilleur chantier que devait terminer l'Etat algérien était, comme l'annonçaient les promesses de Bouteflika alors qu'il arrivait à la tête de l'Etat, la crédibilité de l'Etat lui-même. Un leurre aussi grand que tous les projets, conjugués au futur même dans leur passé. Puisqu'il leur a fallu des rallonges financières, sans pour autant que ceux-ci aient été réalisés. Les fondements de la politique étant tous basés sur le mensonge, sauf un : c'est celui de faire ce que veut le peuple !
    S.A Brahimi

  2. L'histoire retiendra que le faussaire, incompétent, fainéant, bonimenteur corrupteur, qui trône au palais d'El- Mouradia a eu un jour l'outrecuidance d'accabler ses prédécesseurs à la présidence en les traitant de présidents stagiaires…. Rien que ça.
    Eh bien M. le bonimenteur, conformément à notre sagesse ancestrale qui nous dit "il faut suivre le menteur jusqu'au seuil de sa maison", on vous a suivi et on est arrivé à la conclusion que vous devriez tirer les leçons par vous-même de votre échec. Rien que dans le domaine le plus banal et que n'importe quel type mais néanmoins plus ou moins honnête pouvait assainir et le crédibiliser, je parle ici du sport: H Boumediène en son temps, et pour parer à l'urgence d'organiser les Jeux méditerranéens, avait lancé le chantier du complexe du 5 juillet en 1974, en 75 l'Algérie organisa avec brio ces jeux avec des bijoux qui sont toujours là et sans surfacturation et à des prix très intéressants: un stade de 75 à 80 mille spectateurs, la coupole Mohamed Boudiaf, la piscine olympique, les terrains annexes et de réplique, etc..
    Sur le plan technique et sportif les résultats étaient honnêtes pour une nation qui venait d'accéder à l'indépendance (médaille d'or aux jeux méditerranéens dans le sport roi et contre la France, l'ennemi d'hier, la même couleur de médaille aux jeux africains de 1978; dans les autres domaines le pays dominait déjà l'Afrique en handball…. la réforme était plantée
    Dans les années 1980, avec tonton Chadli et avec tout ce que l'on peut reprocher à l'un et à l'autre. Au plan infrastructures des chantiers étaient lancés partout pour doter les villes de Bel-Abbes, Tlemcen, Mascara, Relizane, Tiaret, Annaba, Setif, Constantine, Bejaïa de stades de foot aux dimensions honnêtes (30 à 40.000 spectateurs) et ils furent réalisés en 30 à 48 mois en moyenne. Sur le plan technique, les fruits de la réforme étaient là : 2 mondiaux de foot (1982 et 1986) assez honnêtes avec de jeunes talents sortis de nos clubs amateurs….., une présence permanente et honorable aux coupes d'Afrique avec un couronnement en 1990) domination de la tête et des épaules du hand africain, émergence d’athlètes de niveau mondial, de boxeurs etc.
    Vint la décennie 1990 avec son traumatisme et des caisses vides, le rééchelonnement honteux, et puis vint Zorro le rédempteur, le 5/4 de président, l'élu de Dieu comme il se prétend (c'est dans un discours qu'il a affirmé: je suis béni des dieux, la pluie a arrosé régulièrement le pays, le pétrole a franchi des seuils de prix inimaginables) et 12 ans après, l'Algérie de la iizza et de la karama, ne savait pas en mars 2011 où recevoir le Maroc : le 5 juillet regazonné plusieurs fois sous l'ère du 5/4 de président n'est qu'un champ de patate. Et suprême offense à l'Etat, 2 ou 3 coupes d'Algérie furent délocalisées à Blida pour non disponibilité du temple du 5 juillet (ou bien parce qu'un barbouze avait squatté le parking durant des années pour y stocker les 10 à 20.000 voitures importées?)
    et cette aberration s'est passée au moment ou l'Etat se targue d'avoir des réserves de changes à ne plus savoir quoi en faire, à côté de chez nous au Maroc précisément, ce pays vient de réceptionner 2 bijoux sportifs en 2011 un stade à Tanger aux normes FIFA actuelles, un autre à Marrakech dans un pays aux revenus modestes où, les gens devraient le savoir, les salaires des professionnels sont en moyenne 2 à 3 fois supérieurs aux nôtres.
    Sur le plan techniques, l'Algérie a régressé (2 absences de coupes d'Afrique de foot 2006, 2008) aucune relève en athlétisme, le néant en boxe, en handball on se fait dominer par les Tunisiens et les Égyptiens qui eux ont progressé de manière fulgurante. Une participation au mondial arrachée avec une armada de joueurs nés, formés et entrainés en France alors qu'au même moment des centaines de milliards sont dépensés pour des pieds-nickelés qui ont le niveau de la D 4 amateurs d'un des championnats moyen d'Europe (la France pour ne pas la citer) et juste pour soutenir la comparaison cette EN portée au pinacle va faire en amical un nul peu honorable avec le Luxembourg constitué d'amateurs qui gagnent leurs vies comme facteurs, chômeurs, étudiants, petits salariés d'usine. De ce même championnat médiocre et poussif, suprême plaisanterie des pseudo-dirigeants vont recruter des joueurs de l'Afrique subsaharienne et même des coachs étrangers payés 2 à 3 millions de DA dont une partie transférables en devises pour un spectacle minable, des arrangements de matchs, des arbitres corrompus comme l'exige l'ambiance générale du pays et cerise sur le gâteau, on n'entend plus les techniciens parler de foot mais des zigotos venus de nulle part qui demandent de l'argent à l'Etat sinon ils démissionnent. Mais pas folle la guêpe, personne ne démissionne (n'est-ce pas Serrar, Zraimi , Zaim, Kerbadj) car le foot est devenu comme toute autre activité dans ce pays un moyen d'enrichissement illicite, d'acquérir la notoriété qui permet à des analphabètes trilingues de devenir "la société civile" qui s'assoit avec le wali alors qu'ils sont et eux et les walis des walous.

  3. A son arrivée au pouvoir en 1999, Bouteflika n'avait aucun programme économique clair et sa vision politique était biaisée, d'où l'impasse dans laquelle l'Algérie se débat aujourd'hui. A son arrivée, il s'est étonné qu'il existe 60 partis politiques sur la scène publique, lui qui était habitué au seul parti unique : il n'aimait pas l'ouverture démocratique instaurée par Chadli. Et malgré la gigantesque manne pétrolière, il n'a rien su faire pour améliorer le vécu de la jeunesse algérienne ( chômage et harraga) ; cela nous mena à l'instabilité sociale que nous vivons au quotidien.
    Bouteflika n'est pas à sa place ! Il doit prendre sa retraite ! C'est aux jeunes générations de gérer et de diriger le pays. Les vieillards doivent aller se reposer !
    L'Algérie n'est pas stérile !

  4. Napoléon disait " avec une baillonnette on peut tout faire sauf s'assoir dessus". Tant pis pour les drogués au service de l'Etat fasciste ils oublient qu'ils sont pour la plupart issus du peuple sauf certains qui sont des b..

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