Six hommes que je ne connais pas viennent de sortir de prison, lavés, trop tard, de toute accusation, acquittés, bien tard, par le tribunal criminel d’Alger, après six années de détention injuste décidées en 2006 par un autre tribunal, et j’entends déjà des voix, sincères sans doute, des voix amies, parler de « grande erreur judiciaire »
Erreur judiciaire ? Ils ne seraient donc que nos ordinaires Omar Raddad, des hommes victimes d’une « erreur de fait, commise par une juridiction et réhabilités par une autre juridiction», ces hommes que je ne connais pas, Ali, Mohand, Kamel, Saleh, Mustapha, Sidi Idriss, dirigeants de la compagnie nationale de navigation CNAN, accusés, à tort, en 2006, par la juge Ania Ben Yousef, de « négligence ayant entraîné la disparition d’un navire et son équipage de 16 personnes », condamnés alors à 15 ans de prison ferme, puis acquittés quatre ans plus tard par le juge Boubetra ? De simples quidams malchanceux victimes, pour reprendre nos experts juridiques, d’une légèreté de police, d’une instruction bâclée, d’une négligence, des témoins qui ont menti ou d’un juge paresseux…
Non, ces hommes que je ne connais pas, ces hommes qu’une main noire a brisés, ces hommes ne sont pas victimes d’une erreur judiciaire, mais d’une hogra judiciaire.
Ils font partie de ces coupables de substitution que le pouvoir a le don de savoir débusquer, dont il se sert comme fusibles pour se parer de vertu, et comme pare-feu pour couvrir les notables et les copains compromis dans les affaires.
L’erreur judiciaire est le propre d’une justice indépendante. La hogra judiciaire est la marque d’une justice aux ordres. Aux ordres d’un système césarien qui, il y a six ans ans de cela, a mis au trou, en vertu d’un droit divin, des hommes qu’aucune enquête, aucun témoin aucun fait sérieux, n’avait accablés.
Sans vouloir déprécier le rôle de l’avocat Mokrane Aît Larbi dont la pugnacité légendaire vient, une fois de plus, d’être couronnée de succès, ni encore moins ignorer le mérite du juge Abdelmalek Boubetra, je crois bien que le dénouement de cette affaire a été décidé dans les cabinets des seigneurs pour des raisons de lifting politique, la présence de la caméra de l’ENTV faisant foi.
Cette triste histoire a fini comme elle a commencé : par une injonction.
J’ai de la peine à croire que le juge Boubetra fût gagné par un accès soudain d’équité et que la juge Ania Ben Youcef qui décida de les embastiller pour 15 ans, en 2006, fût un « juge paresseux ». Je crois plutôt que l’un et l’autre relèvent de la famille des juges exceptionnels, comme il en naît tant chez nous, de ces juges qui créent le délit et statuent sur des dossiers vides, des sorciers du prétoire qui fabriquent des coupables parmi les innocents et des innocents parmi les coupables, de ces magistrats-mages capables de tout, même de reconnaître une « erreur ».
Non, ces hommes ne sont pas nos Omar Radad. Ils sont nos crucifiés. Nos martyrs. Des tâches noires et indélébiles sur la face hideuse de notre gouvernance. Ali, Mohand, Kamel, Saleh, Mustapha, Sidi Idriss, ne sont pas victimes d’une justice négligente mais d’un pouvoir cynique.
Ces hommes que je ne connais pas, Ali, Mohand, Kamel, Saleh, Mustapha, Sidi Idriss, ils me sont pourtant familiers, j’en ai tant vus, en prison, qui leur ressemblent, et je devine tout de leurs têtes de boucs-émissaires, je les vois dans la cour, promener leurs corps malingre au milieu d’un vaste désarroi sans nom, le teint blafard, interrogeant Dieu et les hommes sur l’infinie injustice qui les frappe. De petits poissons bien pratiques pour cacher les vrais requins. Et de modestes pères de famille accablés mais jamais résignés, dont je me rappelle encore les noms et les moments d’amitié franche qui nous unissaient dans le froid d’El-Harrach.
Ils ressemblent à Mohamed Aloui et aux autres cadres de Khalifa Bank incarcérés à la place des vrais bénéficiaires du bakchich Khalifa, vrais receleurs, eux, notables haut placés, dévoilés pourtant lors des auditions, et qui n’ont jamais été jugés.
Ils ressemblent à ces cadres de banques publiques, comme Samar, qui ont payé pour des barons de l’import-export qui, souvent, ne sont que des prête-noms pour les puissants du régime et qui, à ce titre, échappent au verdict du juge.
Ils doivent ressembler a ces cadres du pétrole qui dérangent bien souvent, par leur compétence et leur probité, internés à tort pour masquer l’empire feutré de la magouille, des sponsorings maquillés, des immeubles surévalués, des fausses factures de Brown and Root Condor et des commissions occultes ; des détenus de substitution aux vrais commanditaires de la rapine qui, eux, couverts par les plus hauts sommets de l’Etat, jouissent de l’impunité et de la myopie d’une justice aux ordres.
Ils ont fait de la prison pour que Mohamed Bouricha, wali de Blida, proche de la famille Bouteflika, n’en fasse pas : la prison n’est pas faite pour les amis. Eux n’ont pas revendu des terres agricoles appartenant à l’Etat, ni surfacturé sur le dos de Sonatrach. Ils avaient juste des têtes de bouc-émissaires.
C’est pourquoi, en fait, je les connais.
Mohamed Benchicou





Majestueux Monsieur!!!
Le vrai problème ne réside ni dans la pugnacité du maître que vous citez encore moins du courage du président du T C mais dans l’indépendance de la justice. Tout le monde sait que la justice en Algérie n’est pas un pouvoir mais une fonction du tube digestif.Que ce soient les textes ou leur application il vient à l’idée de tout le monde que la fable de M J.De Lafontaine est toujours d’actualité "selon que vous soyez…"Le problème actuel de l’Algérie, si l’on suit bien l’actualité est le rachat de l’opérateur DJEZZY afin de mieux faire circuler les ordres officieux.Tout magistrat aura droit à une ligne directe avec les décideurs afin de mieux accomplir sa tâche.Rappelez vous les années 70 Parti unique, langue unique, gouvernement unique et…jugements arrêts dictés par un chef de Kasma unique ou le magistrat n’avait qu’à signer pour recevoir ses paies qui ne sont pas uniques heureusement.Rappelez-vous ces histoires de main de l’étranger qui font encore recette.Rappelez-vous que ceux qui n’étaient pas avec nous étaient comme Benflis contre nous.A Saint Omer, en France, on vient de motiver un arrêt de la cour d’assise!Chez nous il y a encore des prévenus qui sont encore en prison sans avoir eu de procès.ONZE ans et deux mois de DETENTION PROVISOIRE pour MEDJNOUN et CHENOUI en préventive sans avoir l’occasion d’un procès équitable.Ils sont détenus à la prison de TIZI OUZOU en détention "PROVISOIRE" depuis le 29/0/1999 à ce jour sans procès.Demain ils désignerons certainement un MAGISTRAT spécial nettoyeur de leurs fautes de détenir aussi longtemps des suspects sans jugement.
TOUT est planifies confiscation des libertés et humiliation des cadres le pouvoir a engloutie les meilleurs de ses enfants.
Qui a dit que la JUSTICE est le socle de tout POUVOIR ?
Le ministère des affaires carcérales est l’outil de communication du pouvoir avec le peuple. Les lois de ce ministère sont fabriquées a la mesure de la répression et du maintien de l’ordre politique au profit de la paix au palais d’el mouradia. Ces lois d’injustices et de la hogra sont exécutées par une population de juges, procureurs et autres commis dans le stricte respect de la soummission aux ordres des forces supérieures. Ce personnel aux ordres ne fonctionnent pas a la Lumière des lois mais a
l obscurité de : tu dois condamner selon nos ordres ou tu seras exécuter sur la place public. Devant cette malheureuse situation sans état d’âme, l’ensemble de ces fonctionnaires s’appliquent selon les enseignements du
pouvoir: je préfère que sa mère pleure que la mienne ( Tabki yemah oumatabkiche yemma). Face a ce délabrement morale et intellectuel de notre société aux ordres des forces supérieures et l’instauration de la culture de la hogra et de la peur, le peuple subit quotidiennement un matraquage répressif pour le vider de ses forces et de ses valeures morales. Le peuple est au seuil du néon dans l’attente d’un autre octobre.
Les décisions de ces robes noires sont exécutées par forces physiques et psychologiques pour détruire dans le corps de notre Algérie la résistance et l’amour de la patrie.
Après la prison et l’injustice, après répression morale et torture psychologique, il ne restera de ce corps avide que la haine et la vengeance. Combien de jugements injustite ont été rendu par ce ministère? Des millions de procès décides a huit clos sans défense ni droit a la protection. Des millions d’algeriens emprisonnes d’ une manière arbitraire et dans l’indifférence totale. L’algerie d’ avant était un pays d’amour et de partage, le pouvoir post colonial a fait de notre Algérie un pays de haine et de vengeance.
L’algerie d’ avant était un pays de redjla et du nif notre Algérie de ce jour est entre les mains de Herkas, de khoubsistes et de K……………….
En Algerie il y a des palais de justice mais la justice n existe pas, et si il y en avait une justice pourkoi chakib khelil n est pas auditionner ainsi que le president meme le boutesrika pour ces fait en 1979. Comme je me rappelle bien dans les annees 1985 avant de quitter mon cher pays et ne plus revenir on disait a l epoque ahhh weld flen ils vont rien lui faire mais maintenant c est devenu pire d apres ce que je constate. Mais comme soulagement je crois dans la justice de Dieu…
Azul fellawen,
Nos compatriotes victimes de la hogra et d’une justice aux ordres et rendue en mon nom.
Tout ça, se passe chez Abane et M’hidi.
J’ai envie de crier, Peuple Algérien, où es tu? que fais tu? Au secours!!!!
Au nom du peuple Algérien, au nom du quel cette injustice est rendue, je vous demande pardon.
Sublime Mohamed, au talent émérite. Merci de dire simplement, ce que nous n’arrivons pas à extérioriser.
Je ris (Qu’on m’excuse) quand j’entends des citoyens demander la démission d’untel ou la comparution d’untel. Je ris car, pour moi la naiveté de ces gens leur fait oublier qu’il vivent sous une dictature stalinienne et sous un régime semi-colonial où les puissants du système sont au dessus de la justice et où ils sont souvent redoutés comme des Dieux vivants et physiques.
S’il vous plait, arrétez de demander ce genre d’ineptie sinon, les démocrates etrangers risqueraient de croire que la république algérienne est réellement démocratique et populaire et ça ne ferait que renforcer leur gouvernements dans leur soutien au régime d’Alger.
je suis en accord avec les intervenants sur les causes de cette hogra et ce n’est pas une simple erreur de justice, et je dirai à ma manière, car je ressent encore plus cela maintenant car cela est dû à la langue arabe qui ne permet pas de se recentrer, d’etre équitable, conscienceux et de refuser d’etre aux ordres des injustes, eux qui sont connus àtravers leurs interventions autoritaires, qui sont là à se neutraliser, qui sont là pour protéger leur clans au lieu de travailler dans le bon sens.Regardez ailleurs comment des institutions luttent pour demeurer impartiales.Chez nous, il me semble que c’est cette langue qui porte cette tare d’obeissance, de trahison, de meurtre commandité et tout sans ETAT D’AME.Rappelons-nous ce qu’a demandé un certain ethnologue anglais dénommé Globo:Résultat du test; on peut tout faire-exécuter-avoir-transformer-renier à quelqu’un qui est bédouin.Chez nous, ce caractère me semble proeminant car ils(arabisants)sont incapables d’etre des Hommes de justice scientifique, de bon sens, et oeuvrer en dehors des clans ou ordres pouvant les rabaisser et les dénaturer.C’est comme cette langue germanique qu’on dit etre bonne seulement à donner des ordres(aux chiens en particulier) et qu’elle était nulle pour les chants.
un ancien chef du gouvernement a déclaré un jour, (il faut que la peur change de camp) ouelfaham yafham
La comparaison avec l’affaire Omar Raddad n’est pas pertinente. Omar Raddad n’a pas été réhabilité par la justice française (Il réclame en vain depuis des années la révision de son procès). Il a été gracié par le président Chirac. A l’époque, les jugements des cours d’assises étaient sans appel, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Donc, pour la justice française, Omar Raddad est toujours coupable!
Ceci dit, cet article est criant de vérité. Je connais moi-même un parent qui vit un cauchemar en ce moment. Il a été condamné à 7 ans de prison. Son crime? Faire partie de la commission d’ouverture des plis pour les marchés de son entreprise. Je dis bien "d’ouverture des plis" et non d’attribution des marchés. Il paraît que tous les cadres d’un certain niveau font obligatoirement partie de ces commissions même s’ils n’ont aucun pouvoir décisionnaire. Résultat des courses: tous les cadres honnêtes et compétents (si, si il en reste encore!) refusent toute responsabilité et vivent dans l’angoisse d’être les futurs boucs émissaires qui seront sacrifiés par la maffia politico-financière pour montrer à l’opinion publique que le pouvoir lutte contre la corruption. Malheureusement, dans ces affaires, la presse est souvent complice quand, à grands coups de unes et d’articles accusateurs, elle annonce l’arrestation de ces innocents sans tenir compte de la présomption d’innocence. Je suis sûr que dans l’affaire de la CNAN, beaucoup de journaux ont publié, il y’a 6 ans, des articles à charge contre ceux qu’on plaint aujourd’hui!
Une justice à deux poids, deux mesures pour laquelle la responsabilité criminelle du justiciable est arrêtée par injonction politique selon le degré d’estime au sein du clan présidentiel. Le Ministre des transports de l’époque du naufrage du "Bechar", Bouricha, Khellil, Sidi-Said, Belaiz, Keddour, les amis et les proches du Président n’ont pas été inquiétés un seul instant par cette justice arbitraire qui sait trouver les limites à la procédure pénale et les boucs-émissaires qui payeront à leur place. C’est la justice corrompue des républiques bananiéres ou les membres de la caste au pouvoir sont intouchables pénalement.
Je rejoins simplement Preuve et Lehrani, en rajoutant juste que la Cruauté et l’Injsutice sous toutes ses formes ne sert que les faibles et ne maintient pas au "Pouvoir"… Eternellement!
Bonsoir,
Je tiens a féliciter Mr Benchicou, avec beaucoup d’admiration, Bravo.
Vous avez dis vrai, c’est pareil pour l’affaire du port d’Alger, tout le monde est au courant même la justice que c’est une affaire monté de toute pièces pour des intérêts personnelles et que les gens qui sont en prison sont innocents pour ne pas dire victimes, ils ont bloqué les sociétés pour les fermer, ils ont met plus de 150 familles au chômage, ils ont provoqué la rade, des pertes et des retombées économiques inimaginables, pourquoi ? Pour des intérêts perso. On dirait qu’il n’ya plus d’hommes dans ce pays, ni de loi ni de foi.
Heureusement qu’il y’a une justice divine, et qu’il y’a une vie après la mort. l’histoire reprendra tous ça et restera écrite.
Merci a vous. Bravo encore une fois.
Cordialement.
Tu es le misbahh fi thouloumat.merci Mr M Benchico.rien a avoir avec les scribouillards des journaux à la solde.Tous simplement merci.
Allah dit dans la sourate El AALA:"Ils préparent une ruse, et moi aussi, je prépare une ruse
Accorde donc un délai aux incrédules, accordes-leur un court délai".
Regardez simplement comment ils crèvent, ils souhaitent la mort et elle ne vient pas….
Monsieur BENCHICOU
Je ne suis pas tout a fait d’accord avec votre développement, notamment quand vous remettez en cause déshonnêteté du président du tribunal monsieur BOUBETRA. S’il lisait votre billet, il est en droit de vous attaquer en justice pour diffamation.