« Ce qui saute aux yeux, c’est qu’il écrivait l’Algérie avec beaucoup d’amour. Il a aimé ce pays d’une manière charnelle. Avec des mots, des accents, une musique extraordinaire. Il donne envie d’aimer cette terre, même sans la connaître, même s’il ne parle que de son Algérie à lui. Camus, c’est la nostalgie de l’Algérie, ce qu’elle n’est plus. Quand on lit Camus, on voit une autre Algérie, belle, qui parle à la chair et au corps, qui parle à l’humain.
On lui a reproché sa discrétion sur le peuple algérien, de ne pas avoir exprimé son empathie d’une manière plus nette, plus directe. Et je pense qu’il a fait ce choix à cause d’un sentiment de culpabilité. Camus était dans le déchirement. Il observait une situation de colonisation qu’il dénonçait.
A l’époque l’état d’urgence était d’une complexité incroyable. Tout le monde se posait des questions, même Camus. Et il fallait faire attention à ce qui se disait. Moi qui vit en Algérie aujourd’hui j’ai les mêmes réticences à prendre la parole en public. Sans doute par peur de heurter les sensibilités. Aimés par les uns, détestés par les autres, Camus était dans une situation qui l’obligeait à modérer ses propos. On lui a fait un mauvais procès en lui reprochant sa fameuse phrase sur la mère et la justice. Aujourd’hui les choses ont changées. Le reproche de son ambivalence est de plus en plus compris. Après quinze ans de terrorisme, les Algériens se sont mis à la place de Camus qui avait peur que sa mère ne se fasse emporter par une bombe. La société civile découvre Camus grâce notamment à des écrivains comme Yasmina Khadra et Maïssa Bey qui en font l’éloge. Camus est un enfant du pays. Il a même été question à un moment de baptiser le lycée français du nom de Camus. Ca ne s’est pas fait, le discours officiel reste encore méfiant. Cela aurait été un signe de réconciliation fort entre la France et l’Algérie. Dommage, le traité d’amitié de Bouteflika a pris l’eau. Mais je suis sûr que bientôt, Camus fera partie du programme scolaire. Les choses bougent. L’Algérien commence à ressentir le besoin de rejeter les idéologies, de reprendre leur vie en main et de retrouver leur dignité. Comme Camus. S’il était encore vivant, je lui écrirais tous les jours, en tant que lecteur et lui dirais combien je l’admire et comment il me fascine. »
Source : Nouvel Obs com





Etonnant commentaire de Boualem Sansal dont la plume truculente s’emmele parfois, ce qui fait naturellement sa force. Ainsi, dit il, "Camus ne parle que de son Algérie à lui". Mais bien sur Boualem Sansal. Chacun de nous a un regard particulier sur "Son" Algérie. La mienne n’est pas la votre ni celle de Camus, ni celle de Bouzid ( zid ya bouzid). Nous revons tous de l’Algérie comme d’une amante innaccessible. Nous la sublimons, la couvrons de regards attendris en pensant qu’elle nous appartient a nous seuls.Osez Boualem Sansal, osez ce que vous reprochez a Camus de ne pas avoir fait.Osez Prendre la parole, car sinon d’autres la prendront.Et il ne vous restera plus qu’a vous réfugier dans les bras de la douce mais mortifiante nostalgie.
camus est un etranger au peuple algerien
Camus (qsssl) est-il plus étranger aux algériens que les gens du FLN qui n’ont jamais perdu une seconde pour ruiner l’Algérie?
faut pas généraliser * camus est un étranger au peuple algérien*
ce n’est pas le même cas pour moi, car perso, je l’adore sans discrimination
camus est un algerien a part entiere il faut penser au rapatriement de ses restes en algerie.
osté le: 1/1/2010 0:22 Mis à jour: 1/1/2010 0:49
Re: Camus : Entre la mère et la justice
en éludant camus le grégaire, forcement raciste a l’humanisme captieux("les burnous la frôlèrent" : le mépris est réel, intensément ressenti ), les extatiques de camus révèlent leur aliénation. ou une ambition construite sur leur seul francophilie.