Je ne veux faire à Ségolène Royal nulle peine, même légère. Et quoi qu’il arrive, j’aurai admiré son parcours et je la crois habitée. Je trouve même rafraîchissante cette farandole de la fraternité où elle invite à s’enrôler et qui semble contagieuse puisqu’elle a entraîné mon ami Régis Debray.
Cela dit, je vais me permettre de lui faire une suggestion concernant son discours de Dakar, qui va sans doute la surprendre puisqu’elle a reçu le soutien enthousiaste de ses auditeurs sénégalais, de ses amis, de Martine Aubry et des socialistes. Cette suggestion est que, après avoir demandé pardon au nom de la France pour les propos tenus par le président de la République, elle présente en son seul nom des regrets pour une omission grave dont elle s’est rendue coupable.
Dans le discours de Nicolas Sarkozy qu’elle a dénoncé, il y avait en effet deux grandes parties d’égale longueur. Elle n’en a cité qu’une et ce n’est pas bien. Certains passages de la première partie constituaient en effet une profession de foi anticolonialiste comme je n’en ai jamais entendu, dans ma très longue carrière, venant d’un homme d’Etat, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition.
Ni Gaston Defferre, quand il a fait la loi-cadre ; ni de Gaulle dans son discours de Brazzaville ; ni Mendès dans son discours de Carthage ; ni enfin Mitterrand dans ses déclarations de La Baule ne sont allés aussi loin dans la condamnation du cynisme et de la barbarie avec lesquels les Européens ont envahi l’Afrique, volant ses biens et violant son âme. Peut-être, à la rigueur, pourrait-on trouver quelque chose d’approchant dans les discours d’hommes d’Etat latino-américains dénonçant la conquête espagnole. Il faut donc lire cette première partie du discours et, l’ayant lue, il n’est pas honnête de l’ignorer.
Nicolas Sarkozy se fût-il arrêté là qu’on louerait son audace. Mais il a cru bon de se laisser aller à une méditation ethnologique douteuse et dépassée sur la façon dont les Africains n’étaient pas « entrés dans l’histoire ». Aux yeux de ces exclus, toute idée de progrès et d’avancée était supposée demeurer étrangère. Ce n’était évidemment ni le lieu, ni la méthode, ni le moment pour se livrer à un débat qui eut son heure, mais dont la consonance manifeste aujourd’hui une arrogante condescendance. Elle a choqué nombre d’Africains.
Ségolène Royal aurait pu se livrer à une critique féroce du manque de cohérence dans les inspirations de l’entourage présidentiel. Elle aurait pu remarquer que ce n’était pas la première fois qu’une histoire aussi déplorable était arrivée au président. Après l’admirable discours de Constantine, il y avait eu les dérapages du Vatican. Les désordres élyséens sur ce plan sont désastreux et Ségolène aurait pu les dénoncer à loisir. C’est pourquoi aujourd’hui des regrets me paraîtraient opportuns. Je ne lui demande pas de retirer l’une quelconque de ses déclarations. Je lui demande seulement d’y ajouter un correctif.
ARGUMENTS IRRÉFUTABLES
J’éprouve le besoin de souligner cette défaillance parce qu’une bonne partie de ma vie aura été consacrée à l’anticolonialisme. Je connais les Africains et particulièrement le Sénégal. J’ai été longtemps l’ami proche de Léopold Sédar Senghor. C’est un homme qui pouvait être intransigeant : il l’a été envers le président malien Modibo Keita. Il pouvait être cruel : il l’a été avec son rival Mamadou Dia.
Mais autant il défendait de manière sourcilleuse l’honneur de la négritude, autant il détestait que l’on accable la France auprès de ses compatriotes. Aujourd’hui, Ségolène et ses amis sont célébrés. Mais demain, si elle n’y prend garde, l’histoire risque d’être plus sévère. Lorsqu’on s’arroge le droit de critiquer à l’étranger le pays légal au nom d’une France réelle, il vaut mieux que ce soit avec des arguments irréfutables.
Jean Daniel est fondateur du « Nouvel Observateur » et éditorialiste.
Le Monde
Article paru dans l’édition du 17.04.09




j’ai lu et relu l’article et n’ai vu aucune relation entre le contenu et le titre. jean daniel ne fait que rappeler à ségolène royal les vertus de l’honnêteté intellectuelle, une qualité qui manque tellement aux politiques, les nôtres y compris.
Je n’aime pas Jean Daniel et j’ai mes raisons, mais je suis d’accord avec teb-teb, je ne vois en effet aucune relation entre le contenu et le titre.
N. Sarkozy et dans la pure tradition des droites françaises, ne surtout pas confondre avec la droite Gaulienne qui a irrigué est pris de l’humanisme des grands penseurs de cette nation respectable et aimée de tous les progressistes et humanistes.Son discours de Dakar n’est pas une glissade sémantique ou une bourde de ses conseillers, c’est un jalon parmi tant d’autres que cette droite revancharde, et qui ne manque pas de cynisme pour plomber le mouvement ascendant humanisant. Barak Obama en est l’illustration parfaite de cette montée en puissance de l’humanité verticale. Que J. DANIEL vient en rescousse et comme cinquième roue du carrosse rien de surprenant, si on prend le soin d’examiner l’itinéraire de cet éditorialiste hors pair. Cet homme a connu deux périodes – celle de ses positions dans la guerre d’Algérie et tout est à son honneur – d’avec ses positions récentes. quelle fût sa position dans l’emprisonnement de notre ami BENCHICOU et je peux en citer à profusion des ex de cet éditorialiste comme de certains qui ont changé de fusil d’épaule. La lutte continue, l’homme Africain comme l’homme tout court est en quête de valeurs d’éthique, de solidarité est c’est le signal qui nous fut donné par les élections américaines et c’est dans l’ordre des événements que le là vient des amériques. Marx déjà en son temps voyait dans l’esprit du nouveau monde un espoir de progrés pour l’humanité. J’en viens aux élections du 9 avril – ne nous arrêtons pas sur ce ratage dommageable pour le système plus que pour nous. à les voir s’étriper comme des maquignons – le spectacle est affligeant. Ce système est appelé à finir dans la honte et le déshoneur, il ne lui reste absolument aucun once de la grandeur de nos hommes et femmes qui ont fait l’Algérie pour réagir. La lecture politique du message du pentagone n’est pas un blanc-seing donné au pouvoir. au contraire, même entouré des pures précautions diplomatiques, il signifie le début de la fin de la tolérance et des dommages colatéraux du 11 séptembre.La parenthèse est en train de se fermer et c’est tant mieux. il dit subrepticement aux tenants du système que vous ne pouver plus ignorer les canons de la démocratie et de la bonne gouvernance. C’est aussi ça l’art de la diplomatie discrète, qui ignore et rebute l’insolence des bouseux. C’est la pratique de l’art de la guerre par touches à fleuret moucheté, il nous invite à la résistance sereine, calme et déterminée. toute passiance gardée nous sommes les grands vainqueurs de cette mascarade sans nom.
je rejoins teb-teb, je ne vois pas de rapport.
Jean Daniel n’est pas à sa première déconvenue, il est conséquent dans sa démarche. En 2004 c’est important de le rappeler, "ça ne vous dit rien le 14/06/2004", il est venu en Algérie serrer les mains de Bouteflika. En 2009, il défend le Sarko vainqueur au détriment de Ségo la perdante. Il faut chercher si le Nouvel Observateur n’a pas de problèmes financiers. N’est pas intellectuel qui veut.
Tant que jean daniel ne dénonce pas la fraude qui s’ est emparée de nos institutions pour elire boutef;tant que jean daniel ne prend pas position contre le viol de la constitution qu ‘a réalisé le pouvoir algérien, il n’est plus pour moi un intellectuel engagé .sa position et ses liens avec l algérie l ‘oblige à afficher ses idées dans ce gros probléme algérien.il pourra alors parler de l’AFRIQUE et contester ségoléne ROYAL qui peut ne retenir que ce dont elle a honte du discours de sarko…le silence condamnable de j-DANIEL dans la farce électorale algérienne lui fait perdre toute estime et toute crédibilité quant à ses amities avec l afrique et les peuples de l afrique.
Ce sont ces soi-disant amis des états africains à l’image de l’Algérie mais ce sont les ennemis du peuple africain. Détrompons nous, ils sont les amis de nos bourreaux qu’ils soutiennent et protégent. L’état français et ces relais ne sont pas les amis des Africains, ne soyons pas dupes…C’est eux qui empêchent toute évolution salutaire car ce statuquo leur profite.Il demeure toujours l’Éternel colonisateur avec la complicité de nos gouvernants dictateurs..C’est cela la réalité .Si nous ne nous prenons pas en main compter pas sur nos bourreaux pour nous délivrer..Tout ce négocie en coulisse sur notre dos.