Transparency International et son classement annuel sur la corruption : L’Algérie se maintient toujours à un très bas niveau !

L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International vient de rendre public son Indice de perceptions de la corruption (IPC) pour 2008 – indice créé en 1995-, Indice qui donne une estimation assez fidèle sur l’étendue de la corruption au niveau de 180 pays.

L’IPC évalue la perception du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique. C’est un indice composite fondé sur différents sondages et enquêtes réalisés par des organismes indépendants. Il classe les pays sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).

L’Algérie obtient de nouveau, et ce, pour la 6e année consécutive, une très mauvaise note — 3,2 sur 10, et un très mauvais classement, la 92ème place sur 180 pays classés ! Quels étaient les scores de l’Algérie les 5 années précédentes ? En 2007 : 3 sur 10, et la 99 ème place. En 2006 : 3,1 sur 10 et 84ème place (sur 163 pays) ; en 2005 : 2,8 et 97ème place (sur 159 pays) ; en 2004 : 2,7 et 97ème place (146 pays) ; en 2003 : 2,6 et 88ème place (sur 133 pays).

L’Algérie est en 10ème position sur 18 pays arabes classés, après la Tunisie et le Maroc qui obtiennent de meilleurs scores (respectivement 4,4 et 3,4), le Qatar étant en tête de sous-classement régional avec une note de 6,5, l’Irak fermant la marche avec la note désastreuse de 1,8 sur 10 !

La situation sociopolitique et économique catastrophique qui prévaut en Algérie, depuis plusieurs années déjà, n’a cessé de favoriser les conditions de l’explosion de la corruption — petite et grande — à tous les niveaux, et tout est fait par le pouvoir en place, pour que la généralisation de ce fléau se poursuive à grande échelle : la corruption, instrument du pouvoir et de pouvoir ?

Le retour en force d’un Etat policier, autoritaire, répressif et liberticide, est un des principaux indicateurs de ce maintien de l’Algérie parmi les pays cancres de la corruption au sein de la communauté internationale. Les dénonciateurs, les donneurs d’alerte, les victimes et les témoins de la corruption continuent de subir des représailles systématiques de la part des pouvoirs publics, notamment de leur employeur, des services de sécurité toutes casquettes confondues, et de la justice.

Les résultats de l’IPC 2008 montrent par ailleurs que la grande corruption dans les transactions commerciales internationales prend des proportions de plus en plus inquiétantes. Ce n’est pas un hasard non plus si les relations économiques et commerciales de l’Algérie avec les 10 pays en tête de ce classement – Danemark, Suède, Nouvelle Zélande, Singapour, Finlande, Suisse, Islande, Pays-Bas, Australie et Canada, -, ne représentent même pas 1% de ses importations !

Le gouvernement et les entreprises d’un pays corrompu ne commercent qu’avec les pays et les entreprises qui facilitent cette corruption !

Avec les résultats catastrophiques de cet IPC pour l’Algérie, ceux qui croyaient que derrière les discours officiels et autres déclarations où le chef de l’Exécutif et son ministre de la justice évoquaient leur intention de lutter contre la corruption se cachait une réelle volonté politique, en ont eu pour leur “naïveté” politique : tout cela était de la poudre aux yeux destinée aux partenaires internationaux, et qui a surtout servi au plan interne, à régler des comptes pour des luttes de pouvoir.

Non seulement l’arsenal législatif et réglementaire algérien adopté ces dernières années en matière de prévention et de lutte contre la corruption est très indigent et très incomplet, mais il n’est même pas appliqué : 2 exemples parmi tant d’autres le démontrent. Le 1er, l’agence gouvernementale contre la corruption, malgré toutes ses limites réglementaires, n’est toujours pas mise en place, 22 mois après la publication de son décret de création ! Second exemple, le processus de déclaration de patrimoine est éclaté et dispersé, sans mécanisme de suivi et de contrôle, et donc inappliqué à ce jour : que fait le 1er Président de la Cour suprême qui a la charge de ce processus ?

Il n’y a jamais eu de volonté politique pour lutter contre la corruption, et on ne peut même pas considérer qu’il y a eu échec du chef de l’Etat et de son gouvernement, car rien n’a été fait de concret pour freiner l’extension de ce fléau.

Mais plus grave encore et sans honte bue, l’Algérie continue de s’opposer au sein des Nations Unies à la mise en place de mécanismes internationaux d’évaluation de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption !

L’énorme manne pétrolière entre les mains du pouvoir, dans pareil contexte, ne contribue qu’à entretenir cette corruption et les 200 milliards de dollars qu’a débloqués le gouvernement pour la commande publique sur 5 ans sont la proie des prédateurs et des charognards mafieux, la réglementation sur les marchés publics étant systématiquement détournée, le gré à gré, encouragé par le pouvoir central, étant devenue la règle dans nombre de ministères et au niveau des Exécutifs de wilaya.

Cette pratique du gré à gré se multiplie même en Conseil des ministres, notamment pour les grands projets d’infrastructures.

Il y a même eu récemment une nouvelle tentative de « libéraliser » davantage la réglementation sur les marchés publics. Le Conseil des ministres tenu le 23 juillet 2008, sous la présidence du chef de l’Etat, avait adopté un décret présidentiel modifiant et complétant celui du 24 juillet 2002, portant réglementation des marchés publics, décret qui avait déjà été modifié en septembre 2003. Ces modifications ont pour objectif de «libéraliser» davantage le code des marchés, code qui était déjà très en deçà des normes internationales en vigueur. La commande publique tant au niveau central qu’à l’échelle locale ne sera presque plus régie par des règles à l’avenir, le gré à gré devenant la pratique dominante, au lieu d’être l’exception, ce qui va encore ouvrir plus largement le lit de la corruption à tous les niveaux. Le gouvernement s’est caché derrière les walis — ces derniers seraient à l’origine d’une demande pour rendre plus permissible la gestion des marchés publics — pour justifier cette déréglementation, considérant que la réglementation actuelle est un obstacle à la bonne réalisation des marchés et au respect des délais. Cet alibi qui ne dit pas son nom va favoriser les pratiques les plus opaques et la politique du fait du prince. D’ailleurs ce projet de décret est tellement scandaleux, que 2 mois après son adoption, le gouvernement ne l’a toujours pas été publié au Journal officiel.

Les Algériens doivent continuer à se mobiliser davantage pour construire la démocratie, faire reculer la pauvreté sous toutes ses formes, faire respecter les droits de l’homme, instaurer les libertés et lutter contre la corruption.

L’AACC, avec l’ensemble de ses partenaires et les citoyens honnêtes et intègres, avec le soutien des médias, poursuivra le combat pour la transparence dans la vie publique, en privilégiant notamment l’action de proximité, et en accentuant la pression sur les pouvoirs publics à tous les niveaux.

Contact presse : Djilali Hadjadj Tél. 07 71 43 97 08

Pour en savoir plus sur l’IPC 2008, il faut consulter le site web de Transparency

International :< www.transparency.org >

10 commentaires

  1. ALgerie 92eme/180 au classement? J’y crois pas on devrait etre 180eme/180. J’essaie d’enumerer 88 pays moin bien lotis mais j’arrive pas. a moin qu’on ai corrompu meme Transparency International

  2. La Honte!La Honte!La Honte!…..
    J ai mal de mon pays!
    J ai honte de savoir que mon pays occupe les premieres places de la corruption de la planete!
    J ai honte de connaitre que la corruption se pratique dans toutes les institutions!
    J ai honte que la societe civile et les partis politiques restent insensibles a cette pratique qui discreditent devant l opinion internationale mon pays!
    J ai honte de connaitre que des elus du peuple qui ont bonifies leurs indemnites a plus de 300% restent dans l expectative et continuent a servir un syteme obsolete et corrompu!
    J ai honte de mes concitoyens qui encouragent par leurs participations et leus laxismes cette pratique qui n honore nullement nos martyrs de Novembre 54!
    J ai honte de percevoir dans les ecrans de TV et les medias mon President de la Republique, mes ministres, mes deputes, mes maires, mes walis, mes ambassadeurs…!
    J ai honte de ma personne et de mon pays!

  3. nous finirons par la decrocher cette medaille .cette regularite dans les classements dernier partout ou mazal.nos dirigeants devraient se pencher sur ces problemes ou c’est toujours la main de l’etranger

  4. Transport Publique a vu juste quand au classement de TI. Impensable que nos gérants se retrouve au milieu du tableau d’annotation de la corruption. La seule explication est que TI s’est faite rouler ou corrompre par nos gérants es corruption. Sans cette maladie, l’Algerie n’aura pas connu le terrorisme, les tonnes de drogues annoncées par l’unique cycliquement, les scandales en miliards étalés à l’occasion de reglements de comptes… Ce classement ne concerne surement pas la partie immergée de notre (iceberg) corruption pardon celle des gérants de l’Algerie.

  5. Delede Carthago – Combien a-t-on payé en bakhchich pour être si bien classés? L’Algérie devrait avoir la 139 ème place! Les députés eux-mêmes viennent de s’octroyer &quot;légalement&quot; et &quot;législativement&quot; une avance sur service rendu, pardon &quot;sur service à à rendre&quot;, pour le prochain tripatouillage de la Constitution.

  6. Mr c tres bien de constater ce civisme de la part de certains justiciables et de les entendre crier haut et fort que la corruption gangrenne le pays.Voire meme ces derniers temps s’acharner sur ces deputé que l’Etat lui meme ne cesse de les jeter en pature au peuple.Mes chers lecteurs est ce vs suivez ce qui se passe dans que vs ne cessiez de le defendre?Avez vous oublier le montage holywooden de l’affaire Khalifa banque? la bcia et beaucoup d’autres que cette affaire de salaire des deputés ne baut meme pas la peine d’etre discutée.Et entendre la stristkiste de louiza hanoun crier et dire que ces deputé ont été corropus. madame l’encienne hotel de l’air dites au peuple comment que vs avez été viré d’air algerie.Si vs n’avez ps le courage de le dire on est la et l’equipe e la mission sur le congo avec le defunt houari boumedienne est au courant de ce vs avez fait avec un congolais dans une chambre de l-hotel. Et Mouloud hamrouche qui vs a trouvé en train de gemir pourra un de ces quatre matins reveler cette verité.Allez voir les villas qui ont poussé comme des champignons de certains simples agents de bureau des services de la construction de l’habitats er des differentes administrations.Arretons la et la suite de certins cadres de l’Etat sera revelée………….

  7. Croyez-vous que ça toucherait les messieurs de là-haut ? Pas du tout. Je vois ceux qui arrivent à s’informer (pas tous parce que certains de nos dirigeants sont tellement occupés qu’ils ne perdent pas leur temps à lire les journaux), s’exprimer et dire : « bof, on a l’habitude de ces mauvaises notes maintenant » ; d’autres diront : « mais c’est quoi ces salades encore ! » D’autres encore diront : « encore la main étrangère et les ennemis de l’Algérie qui s’attaquent à nous ! » D’autres : « ce n’est pas grave de toute façon nous sommes souverains et on fait ce qu’on veut chez nous. En plus on n’est pas les seuls ! » Et il y en a bien sûr qui, quand ils lisent l’information, ils n’y comprennent rien du tout parce qu’ils ne sont pas concentrés sur l’article car leurs esprits sont ailleurs !

  8. par sa passivité envers la corruption le pouvoir a etteint toute initiative des resposables de la societé civile a denoncer les corrompus en algerie, quelqu’un qui denonce la corruption est malmener teroriser s’il n’est pas tout simplement revoquer de son travail ou emprisoner, dailleur le president a trancher en faveur de la corruption quand il a dis dans son discour que l’algerien ne veut pas que son voisin aie une belle voiture c’est a dire laissons les corrompus tranquile.la corruption est une institution tres fortes et quand un de ses membre risque de tomber l’institution deploi toute son arsenal pour venir a son aide croyez moi je l’ai vu de mes yeux jai denoncer la corruption d’un directeur il a eté licensie sur le champs mais quand l’institution est intervenus en depassant les delais pour lui faire comparaitre devant le conseil de discipline alors le mis en cause a eu tous ses droit il m’a dis chiche aucun mouchard n’a reussis .

  9. Rien d’étonnant, avec les mêmes dinosaures au pouvoir, que peut-on sincèrement souhaiter…qu’ils aient pitié de nous, de ce pays qui va à la dérive. Rien de tout ça, car s’ils ne sont pas éjectés la gabégie se poursuivra…inéluctablement. J’aurais deux mots, pas plus! nous avons des traitres au pouvoir, et c’est une révolution qui en viendra à bout.

  10. On ne fait pas d’un indigene un civilise. L’algerien a le pouvoir et le milieu social qu’il merite. Sans revolution culturelle refelichie et profonde, les choses ne vont que s’envenimer. Sans amour national et regional, sans sacrifice et mettre de cote les incapbles (plus de 60%) ce pays continuera a deriver. La corruption est un symptom fort de l’incompetance, voir de l’indigenisme.

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