Salut Redouane Par Si Mohamed Baghdadi

Il y a moins d’une année

Tu partais pour l’ultime voyage

Les doigts blanchis par la craie

De l’ouvrage bien fait

Il y a moins d’une année

Ils étaient des centaines

Ils étaient des milliers

A vouloir t’accompagner

Dans cette marche

d’où l’on ne revient jamais

le deux du mois de mai

ta mère a arrangé trois roses

sur ta tombe déposées

puis en silence a pleuré

sur l’épaule de ta tante

qui ne cessait de lui répéter

pleure pour ta vie

lui s’en est allé dans les jardins de dieu

pour ne plus revenir

Ebki âala ômrek…

le deux du mois de mai

ils étaient moins de vingt

les compagnes et compagnons de vrai

pour seulement se souvenir

qu’il y a moins d’une année

tu partais pour l’ultime voyage

les doigts blanchis par la craie

de l’ouvrage bien fait

et qu’ils étaient des centaines

peut-être des milliers

à vouloir t’accompagner

dans cette marche

d’où l’on ne revient jamais

ton père a regardé

le cimetière transi

les tombes éparpillées

et les quelques personnes

autour de toi rassemblées

et seuls ses yeux disaient

par delà le décor :

à tous ceux qui ne sont pas là

mon fils faut savoir pardonner

comme tu l’as toujours fait

car la marche continue

pour ne plus jamais s’arrêter !

8 commentaires

  1. un discour de la part de ton ami lu le 1 mai

    On ne vous oubliera pas vous faites partie de nous ! Nous citerons vos noms car l’histoire de ce beau pays ne vous oubliera pas, votre seul tord c’était d’aller travailler :
    Dich Amina, Tounsi Aziza, Boudaoud Kheira, Bouteraa Rachida, Mehdane Zohra, Bouhend Fatima, Fliou M’hamdia, Louhab Naïma, Lenfad Hafida, Cherrid Kheira, Bouali Hanafi Sahnounia et Saber El H’bib ont été assassinées le 27 septembre 1997 a Sidi Bel Abbes
    Nous allons encore fêter ce 1 mai de combat sans elles.
    Les plus belles leçons nous les avons données sur les pavés et non pas dans nos classes en 2003. On n’oubliera pas ces jours, on ne pouvait pas corriger les copies de nos élèves sans corriger l’oublie de ces gouverneurs envers les professeurs, travailleurs et tous les oubliés de la fonction publique dans ce monde ou ce discours de la mondialisation sauvage nous gangrène. Ont-ils le droit de prendre en otage la vie à ces peuples, à notre peuple au nom de, comme le dit si bien fouad nadjm « asser el infitah » ? On se demande parfois si ces gouverneurs vivent dans ce pays.
    Peut-on travailler et vivre avec 12000 da comme SMIG en 2008 en Algérie ? Comment préserver ce pouvoir d’achat quand 80 pour cent du salaire passe dans nos couffins ?
    Nos travailleurs ont été jetés dans le marché international : ne dit-on pas que chez nous on est payé en dinars et qu’on achète en euro.
    Nous avons beaucoup appris depuis 2003 à écouter les autres, à travailler ensemble, à faire parfois des concessions afin d’arriver à un seuil d’entente : nous défendons pas l’appareil mais nous défendons nos revendications.

    Nous avons vécu un déchirement organique avec les travailleurs en 2003 en créant ce syndicat corporatiste mais en 2006 et 2007, le terrain nous appris à lutter ensemble dans le cadre d’une intersyndicale. C’est grâce à la résistance de ses membres que l’espoir renaît.
    Nous n’oublierons pas notre camarade Rédouane à qui, nous devons beaucoup. Il nous a appris le vrai sens du mot cohabitation syndicale.
    Nous parlerons dans notre intervention de deux dates importantes : la première c’est l’année 2003 : la famille de l’éducation s’est réveillée après l’oubli et trahison des pseudos défenseurs de sa cause. Notre combat était également contre le démantèlement des lycées techniques qui a été notre cheval de bataille : a-t-on les moyens de casser et d’enterrer un butin de 40 ans d’enseignement technique et de fermer plus de 500 ateliers de Génie civil, de mécanique et de Génie électrique.

    Nous avons laissé 5000 PEST en attente d’une action ferme. Aujourd’hui il faudrait répondre aux attentes des PTLT
    Comment peut-on expliquer que le corps lui-même ne se défende pas contre ce démantèlement l’histoire n’est pas finie et le PEST rebondiront dans les prochains jours. Une action est déjà menée pour abus d’affectation.
    Dans ce pays, les travailleurs ne demandent pas que des sous ils veulent aussi un service public de qualité et une école moderne.
    Revenons à notre défense permanente des libertés syndicales. Comment ces gouverneurs pseudos démocrates osent matraquer et traiter des fonctionnaires ainsi !!!!
    Ni leur matraques, ni L’interdictions des rassemblements n’arrêteront les voix de ces syndicats libres !!!!!
    La leçon nous vient encore une fois de nos 40000 contractuels : Veut-on faire d’eux des futurs « harragas » en créant cette instabilité et précarité d’emploi pendant des dizaines d’années et même plus. Nous saluons le combat de ces contractuels et à leur tête notre amie Amina (notre pensée va aujourd’hui directement au plus jeune gréviste de la faim en Algérie en Décembre 2007 : un embryon de trois mois dans le ventre de sa mère contractuelle.)
    Et n’oublions pas nos lycéens qui sont sortis dans les rues pour rappeler le Ministère du danger de ces réformes établies loin des enseignants et de la famille de l’éducation.
    Notre chaîne de solidarité est et sera toujours aux côtés de tous les travailleurs.
    Ni leurs intimidations, ni leur harcèlement, ni leurs poursuites judiciaires envers nos éléments, n’arrêteront notre combat.
    Nous saluons nos amis Tunisiens et Marocains dans ce monde de lutte sans frontières.

  2. Ce poème n’est pas un hommage à Redouane Osman, mais plutôt un réquisitoire contre tous les compagnons de ce grand Homme, qui n’ont pas pu se déplacer ce vendredi 2 mai. On ne peut mieux agir pour démobiliser encore plus les citoyens. Peut importe le nombre de présents à cet hommage, l’essentiel c’est qu’il se tienne. Rédouane Osman lui-même s’est trouvé dans cette situation à maintes reprises et pourtant il a su mobiliser plusieurs de ses collègues et des citoyens pour la défense et de leur pouvoir d’achat et de leur liberté de s’organiser.
    Alors de grâce monsieur Baghdadi la poésie est faite pour insufler l’espoir et non le découragement.

  3. c’est bien de se souvenir de redouane, pour ses parents c’est une immense perte, il n’y a pas de plus grosse douleur que de perdre son enfant.dans ces cas là, la mort est encore plus injuste et cruelle,
    merci à Baghdadi de nous rappeller Radouene, mais je rassure ses parents, Radouene, son combat, ses luttes, son courage et sa détermination sont quotidiennement rappelles, par ses camarades du CLA, ses anciens camarades du GCR et du PST, des syndicats etudiants et travailleurs de toute l’algerie et du monde entier et aussi par les militants de la cause amazigh, des droits de l’homme, et pour l’émancipation de la femme etc..Redouane est mort, sa memoire est toujours presente et son combat est perpétuée par un grand nombre d’humble et de justes.Mais je suis tres ému et soulage que djamal rouani nous rappelle le souvenir, certes douloureux, mais O combien important de ces belles et merveilleuses DAMES, enseignantes, assassinées crapuleusement sur le trajet de leur labeur a belabbes:qu’il est triste ce souvenir, rien qu’à les imaginer face à leur assassin, elles qui n’ont du connaitre que privations et precarite, elles qui pensaient avoir un mieux etre, grace à leur minable salaire, elles qui sont restées en algerie a donner le savoir à des gamins dans des contrées lointaines.les gens comme Redouane, comme ses immenses enseignantes de belabbes sont les seules à avoir droit à toute notre reconnaissance.

  4. je pense que le plus important est de se rappler de l’homme, le militant. moi je ne pouvais pas etre en algerie pour la simple raison je vis a l’etranger cela ne m’a pas empêche de pleurer et de regretter mon absence.

  5. Repose en paix, le combat continu. certes, nous avons réussi à décrocher quelques miettes, mais nous n’avons pas encore dit notre dernier mot.Nous savons que la route est longue et nous tiendrons le coup.

  6. Aprés sa disparition subite et consternante sur le lieu même de son travail, Redouane Osmane a laissé un goût d’inachevé .Il avait inventé une autre façon de voir les choses, un syndicalisme éclairé, autonome et avant-gardiste. Il sait que tout s’arrache par la lutte permanente, par l’affirmation de soi et de son existence jusquà son dernier souffle. Il a compris avant tout le monde que le "plus beau métier du monde " et le salaire de la dignité valaient toutes les luttes et les sacrifices de la vie. Il n’a pas touché les derniéres augmentations salariales mais il savait d’avance que c’était en déça de ses espérances et de son mérite et que le pouvoir en place doit revoir sa copie. On la fait pas au vieux de la vieille .Châpeau! l’ami, pour la leçon, repose en paix.

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