Il y a moins d’une année
Tu partais pour l’ultime voyage
Les doigts blanchis par la craie
De l’ouvrage bien fait
Il y a moins d’une année
Ils étaient des centaines
Ils étaient des milliers
A vouloir t’accompagner
Dans cette marche
d’où l’on ne revient jamais
le deux du mois de mai
ta mère a arrangé trois roses
sur ta tombe déposées
puis en silence a pleuré
sur l’épaule de ta tante
qui ne cessait de lui répéter
pleure pour ta vie
lui s’en est allé dans les jardins de dieu
pour ne plus revenir
Ebki âala ômrek…
le deux du mois de mai
ils étaient moins de vingt
les compagnes et compagnons de vrai
pour seulement se souvenir
qu’il y a moins d’une année
tu partais pour l’ultime voyage
les doigts blanchis par la craie
de l’ouvrage bien fait
et qu’ils étaient des centaines
peut-être des milliers
à vouloir t’accompagner
dans cette marche
d’où l’on ne revient jamais
ton père a regardé
le cimetière transi
les tombes éparpillées
et les quelques personnes
autour de toi rassemblées
et seuls ses yeux disaient
par delà le décor :
à tous ceux qui ne sont pas là
mon fils faut savoir pardonner
comme tu l’as toujours fait
car la marche continue
pour ne plus jamais s’arrêter !
