Le Matin d'Algérie

Salut Redouane Par Si Mohamed Baghdadi

Il y a moins d’une année

Tu partais pour l’ultime voyage

Les doigts blanchis par la craie

De l’ouvrage bien fait

Il y a moins d’une année

Ils étaient des centaines

Ils étaient des milliers

A vouloir t’accompagner

Dans cette marche

d’où l’on ne revient jamais

le deux du mois de mai

ta mère a arrangé trois roses

sur ta tombe déposées

puis en silence a pleuré

sur l’épaule de ta tante

qui ne cessait de lui répéter

pleure pour ta vie

lui s’en est allé dans les jardins de dieu

pour ne plus revenir

Ebki âala ômrek…

le deux du mois de mai

ils étaient moins de vingt

les compagnes et compagnons de vrai

pour seulement se souvenir

qu’il y a moins d’une année

tu partais pour l’ultime voyage

les doigts blanchis par la craie

de l’ouvrage bien fait

et qu’ils étaient des centaines

peut-être des milliers

à vouloir t’accompagner

dans cette marche

d’où l’on ne revient jamais

ton père a regardé

le cimetière transi

les tombes éparpillées

et les quelques personnes

autour de toi rassemblées

et seuls ses yeux disaient

par delà le décor :

à tous ceux qui ne sont pas là

mon fils faut savoir pardonner

comme tu l’as toujours fait

car la marche continue

pour ne plus jamais s’arrêter !

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