Boualem Sansal au quotidien Le Monde : "La pièce est écrite depuis longtemps"

Armée, islamisme et Bouteflika : bienvenue chez les Borgia : c’est sous ce titre que l’écrivain Boualem Sansal intervient dans le débat de l’heure sur le quotidien français Le Monde.

Armée, islamisme et Bouteflika : bienvenue chez les Borgia : c’est sous ce titre que l’écrivain Boualem Sansal intervient dans le débat de l’heure sur le quotidien français Le Monde.

Par Boualem Sansal (Ecrivain)

Franchement, je ne suis pas particulièrement excité à l’idée d’écrire un papier sur l’Algérie. Il ne se passe rien dans le pays, je veux dire de neuf, de piquant, quelque chose qui date de ce siècle, qui interroge l’avenir et fait vibrer les jeunes. Des articles pour dire qu’il ne se passe rien de neuf, j’en ai écrit des tas ces douze dernières années, ils n’ont jamais rien appris à personne. Toujours les mêmes vieilleries, du réchauffé, des rumeurs de harem, les sempiternels trucages, des rodomontades d’anciens combattants, des discours creux, des successions poussiéreuses entre vieux de la vieille. Pff, c’est ennuyeux à mourir.

Je voudrais pouvoir parler de choses belles et neuves, mais ça n’existe pas, ça me rend triste. Il y a trois raisons à cette misère lancinante : l’armée, l’islamisme et Bouteflika. Il faut les voir un à un et les considérer ensemble dans leur relation intime. Nocifs, ils le sont pareillement, mais leur rapprochement est atomique, c’est la réaction en chaîne, l’apothéose du « Mal », et une radioactivité installée pour des siècles. Cela, chacun le sait, depuis toujours. Je l’écrivais déjà en 2000. Je n’étais pas le premier. En 1964, deux années à peine après l’indépendance, Mohamed Boudiaf, opposant lumineux au régime noir d’Alger, réfugié au Maroc, publiait un livre, Où va l’Algérie ? (Editions Librairie de l’étoile), dans lequel précisément il s’interrogeait sur l’avenir du pays qui pourtant avait fait de la planification socialiste et de l’héroïsme au travail sa ligne de conduite. Il n’a rien vu de rassurant. Boudiaf est le premier révolutionnaire algérien : en 1954, il a créé le Front de libération nationale (FLN) et déclenché la lutte armée contre la France. A l’indépendance, écoeuré par les agissements des nouveaux dirigeants de l’Algérie, enivrés par le pouvoir, il les dénonça et dut fuir à l’étranger pour échapper à leurs tueurs. Ils le rattrapèrent trente-huit ans plus tard, l’attirèrent dans un guet-apens et l’assassinèrent d’une rafale dans le dos, sous le regard effaré du public et des caméras. C’était le 29 juin 1992, il avait 73 ans. Crime parfait, on connaît les assassins, trois généraux, on sait où ils habitent, où ils travaillent, mais aucune justice ne peut les atteindre. Même le diable a peur d’eux. Ces messieurs ont vieilli, ils ont tous le cancer et des cirrhoses carabinées, mais leurs enfants sont là, beaux, brillants, polyglottes, efficaces comme des managers de multinationale, ils trafiquent avec le monde entier ; ces dernières années ils le font avec les Chinois, les Russes, les Hindous, les Turcs, et l’incontournable Dubaï. On travaille en confiance avec eux, ils ne collaborent jamais avec la justice internationale. L’argent, ils le gagnent là mais le dépensent en Occident, où la démocratie sait protéger les riches et les voleurs. Ils y retrouvent leurs copains, les fils de dictateurs, les Kadhafi, les Moubarak, les Trabelsi, les Wade, les Bongo… avec qui ils font du business et prennent du bon temps dans les boîtes à la mode. Pour eux, le pays de papa n’est qu’une planche à billets.

Massacres aveugles 

Après dix années de terrorisme et de massacres aveugles, les islamistes ont compris le sens de l’histoire, ils ont abandonné les maquis des montagnes et intégré les maquis des villes. Ils ont pignon sur rue, ils tiennent la quasi-totalité du commerce de gros et demi-gros. Voici le deal que les généraux ont conclu avec eux avant de signer la loi d’amnistie générale, appelée « réconciliation nationale » : les généraux tiennent le haut bout de la chaîne de l’argent – ils contrôlent la Sonatrach, les banques, décident la politique économique du pays, imposent les modalités budgétaires, fiscales et autres. Ainsi, ils connaissent d’avance ce qu’ils vont gagner et ce que le peuple va perdre ; les barbus tiennent l’autre bout de la chaîne, ils réceptionnent les conteneurs des généraux, répartissent la cargaison entre leurs émirs et leurs troupes. Avec les miettes, ils dotent les mosquées et aident les pauvres à survivre. En plus d’une portion de la rente, ils ont aussi leur quota de ministres, députés, sénateurs, ambassadeurs, hauts fonctionnaires. De cette façon, ils font le lien avec l’internationale islamiste pour leur compte et pour le compte des têtes pensantes de la junte militaire. Et tout là-haut, replié en son palais blockhaus, imprévisible et redoutable, il y a Bouteflika. Sa maladie mystérieuse et son air hagard ajoutent à la menace. En fait il faut dire « les Bouteflika ». Abdelaziz n’est rien sans sa fratrie autour de lui. C’est un peu les Borgia, ces gens, en plus fort. Le plus efficace est le cadet, Saïd, un génie de l’intrigue. Il n’a pas de fonction officielle mais il décide tout, surveille tout. On dit qu’il est féroce. Les ministres pissent dans leur froc quand il les convoque. Les généraux le détestent, un jour ils le tueront. Dès qu’Abdelaziz rendra l’âme, Saïd le suivra dans la tombe. Les dossiers qu’il a constitués ne l’aideront pas, la justice les réfutera. Le président, qui a l’esprit dynastique, lui a confectionné un puissant parti pour le soutenir, dirigé par des apparatchiks capables de faire élire n’importe qui à n’importe quel poste ; ils feront barrage contre les généraux et les islamistes, mais au final ils trahiront, c’est la règle. Le pauvre Saïd aura du mal, voler dans l’ombre du frère président est une chose, voler de ses ailes sans bouclier ni parachute en est une autre. En attendant, tout ce beau monde amasse de l’argent par camions, c’est le carburant des guerres à venir. Grâce à Dieu, le prix du baril tient la cote, l’argent coule à flots, la réserve déborde de partout. Jusque-là, il a permis une cohabitation acceptable, personne n’est vraiment lésé, les milliards qu’on nous chaparde le matin, on les refait l’après-midi. Et voilà, nous avons tous les éléments de la pièce qui va se jouer dès l’annonce de la mort d’Abdelaziz Bouteflika : les acteurs, l’intrigue, le décor, les figurants. Il y a les parrains des uns et des autres, Français, Américains, Russes, Saoudiens, Qataris, mais on ne les voit pas, ils sont derrière le rideau.

En vérité, la pièce est écrite depuis longtemps et se joue déjà dans les coulisses, les trois coups ont été frappés à l’instant où Bouteflika a été évacué à Paris, dans son hôpital préféré du Val-de-Grâce. Ombres, murmures et courants d’air. On pourrait se poser les questions qu’on se pose depuis le premier putsch en 1962, mais cela sert-il ? Nous recevrons les mêmes fausses réponses. Bouteflika mort, l’armée fera le ménage et adoubera Tartempion VI. Le roi est mort, vive le roi et Allah est grand.

B. S.

17 commentaires

  1. Notre tort à tous Boualem c’est de continuer à croire que les mots peuvent porter aussi loin que le fusil. Le décalage spatio-temporel entre le pouvoir et les élites tels que Benchicou et Sansal est une preuve, s’il en fallait une de plus, que ces « Shouatanes » s’appuient sur une populace qu’ils dressent et formatent à leur guise. Ces fils de Satan ne s’imposent aucune limite aux « chlaouechs » qu’ils utilisent pour endormir la majorité de nos compatriotes.

    Si l’islamisme obscur a pignon sur rue et sur l’armée, c’est qu’il sert d’assise solide à la famille qui pille le pays. Chez ces gens là, la bêtise n’a pas de limite. Il n’y à qu’a passer une nuit à Alger pour s’en convaincre : En plus de perturber le sommeil du peuple, dans sa phase paradoxale, la plus utile pour la régénérescence du cerveau humain, ils poussent le ridicule jusqu’à rajouter des hadiths qui durent des dizaines de minutes, récités avec un niveau de décibels qui soustrairait Michael Jackson « himself » de son sommeil eternel. Si le but n’est pas de pousser le peuple vers un état de déséquilibre mental irréversible, je me demande bien ce que cela peut être.

    De ce fait, il ne faut pas s’étonner, « ya » notre Boualem national, que « Des articles…. n'ont jamais rien appris à personne ». Ces articles ou ceux de Benchicou ne s’adressent et n’apprennent qu’à la minorité de déracinés que nous sommes. Que peuvent apprendre ces coups de gueule, aussi majestueux soient-ils, à l’écrasante majorité de nos compatriotes, laquelle est formatée aux rythmes de « el-djeich, echaab, maâk a Boumediene, Bouteflika ou Benbitour! »?

    Ouellah que si les dirigeants de la communauté internationale étaient enclins à prouver un tant soit peu d’humanité envers leurs semblables, le cas du peuple Algérien devrait représenter l’urgence des urgences. Mais au lieu de cela, on joue aux complices en cherchant à ressusciter le cadavre d’un imbécile à leur service.

    En plus de faire passer des lois contre-nature aux forceps chez elle (mariage pour tous, enseignement…) l’équipe Hollande se délecte sur le dos de l’Afrique du nord. Et tant que ces politiques, élus démocratiquement chez eux, continuent à protéger des dictateurs, il n’y aura rien de neuf à l’horizon de nos malheurs !

  2. Et que fait le peuple dans tout ça, lui qui devrait être le metteur en scène. Ou alors comme on dit chez nous "ihabha taiba", il la veut toute cuite.

  3. merci pour cet article monsieur Sansal, un jour vous avez dit c'est eux qui doivent partir pas moi alors chiche ecrivez nous encore des articles de ce genre car on a l'impression qu'il n'y a personne pour s'opposer à eux et ça nous rend des khorrotos encore plus, pourquoi les intellos algeriens ne font pas un systeme opposant, ils ont les idées, ils vivent à l'etranger avec des medias cools, pourquoi ils ne se revoltent pas pour l'Algerie qui les inspire tant, quand je vois comment un Yasmina Khadra a viré je me dis c'est fichu, tous pareils, ce que vous dites on le sait déjà on voudrait savoir la solution, pour Allah est grand,merci on a notre imam. Si l'Algerie a des hommes c'est maintenant qu'on doit le savoir sinon taisez vous, un seul doit parler c'est monsieur Benchicou, à quand Benchicou president ? Je reve bezaf c'est vrai, mais je vis ici parmi le peuple hélàs je partage son Allah ghalab

  4. Excellemment analysé, d’une perfection quasi démiurgique. C’est comme si M. Sansal avait écrit le scénario, seulement il oublie une séquence qu’il n’a pas prévue, pourtant il a raconté Boudiaf de 54 qui a pu mobiliser les « indigènes » contre le joug colonial, et il s’agit de la future révolution, populaire et spontanée qui va bientôt se mettre à déferler avec la violence du désespoir du plus rien à perdre pour balayer tout sur son chemin, elle sera rude comme l’a été dure celle contre la France, mais au moins elle aura l’expérience de toutes les confiscation post indépendantes et à ce moment-là, il n’y aura ni général contrôlant la rente ni clan présidentiel distribuant les décrets. La manne pétrolière qui a rendu les « chefs » algériens démoniaques, honteux et sans dignité, va revenir à ses propriétaires légitimes, aux populations les plus démunies, jusque-là les plus silencieux parce que depuis très longtemps oubliés dans la paupérisation et le mépris. Ce ne sera ni Benbitour, ni les érudits comme lui qui ont eu la « chance » de flirter avec le régime du plus fort, d’où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent qui sauveront l’Algérie, mais ce sont les citoyens qui sortirons incognito de la rue et de la campagne qui vont se mettre se réunir sans se consulter pour aller courir après la racine du mal, les citoyens qui se protègent derrière les armes achetées avec l’argent du pétrole.

  5. " L'armée , l'islamisme et Bouteflika ", un cocktail explosif bourré de clous de Jeha pour nous empoisonner la vie. Un trio d'enfer capable de transformer un si beau pays en un capharnaüm turbo-capitaliste ou toutes les magouilles et les corruptions sont permises dans ce qu'ils appellent les grands projets du président. C'est-à-dire qu'avec le cout de 4 grandes autoroutes ils ne vous construisent qu'une seule , avec le coût de 4 tramways ils ne vous réalisent qu'un seul dans la ville, la part de trois quart subtilisée est celle dont on ne vous parlera jamais et dont vous n'y verrez que du feu tant que l'argent coule à flots , il faut miser gros pour rapporter gros dans ces marchés de dupes ou le plus grand perdant est celui qui applaudit à l'inauguration , le pigeon déplumé et sacrifié sans le savoir à la béatitude des hamdoulilah et des machaa allah de ce qu'on lui exhibe en fanfares à l'occasion.

  6. c'est fort; vous avez tout dit.
    On ne fait que se casser la tête, pour un film déjà en boîte.
    Heureusement il y a la mort.
    Le fait de les voir aggonir,nous apaise un peu.
    ils sont rongé de l"intérieur,et crèvent à petit feu.
    Il y en a un qui est parti trop vite, car mort dans le toilettes en chiant!!!

  7. Azul,
    Mr Boualeme vous avez réussi à remplir "cette page blanche" avec un supère talent de mise en scène théâtrale. D'autre versent de l'intox tant dis que vous vous brisez les discours creux. Votre analyse confronte la réalité politique en Algérie. Le champ politique plutôt la jachère politique ne produit rien d'intéressant. On a bradé la révolution agricole et l'industrie industrialisant, on a cassé la culture et le sport, on a saccagé l’école et l’université, et détruit les villages et les villes. Résultat le peuple est dégouté. Il reste une seule chance et un unique espoir c’est celui de s’unir pour dégager les ânes qui sont aux commandes du troupeau depuis 1962 ; et mettre des hommes et des femmes honnêtes aux service du peuple et pas l’inverse. Je suis optimiste et confiant que les enfants de l’Algérie vont s’éveiller et je souhaite que le vent de l’espoir sera de leur côté pour balayer les Borgias !!!

  8. Aujourd'hui, étant donnée la situation du pays, la déliquescence des institutions, la débauche au plus haut sommet de l'état, le seul qui peut sauver la face au peuple et l'état Algérien, le seul qui peut évité le conflit à la syrienne, c'est Zeroual à condition que sa santé et surtout sa volonté le permet.

  9. Brillant … Mr Sansal . Mais ce qui peut changer les choses ce ne sont ni sansal et ses articles ni Benchicou et ses analyses, ni vous, ni moi, c'est tout ensemble C'est le peuple ou une grande partie de ce peuple qui doit ouvrir les yeux et saisir la catastrophe algérienne, les dangers qu'encourent notre pays, et l'avenir noir que nous allons laisser aux générations futures Et de cela mes chers amis, nous en sommes trés loin, trés tres loin. 95% des gens avec qui je discute pensent que c'est grace à bouteflika que le pays a retrouvé la paix…Que personne ne peut remplacer Bouteflika…Que Boutefika a eu une attaque parce que dans les grands dossiers de corruption il a découvert que son frére était mélé…Que c'est grace à boutef qu'on a eu la plus belle autoroute d'afrique et 3 millions de logements et qu'on a remboursé la dette du Fmi ect ect…
    Des fois je me dis c'est un pays maudit, c'est un peuple unique sur la planéte…il ne merite que ce sort: le colonialisme ou les boutef

  10. Notre destin aurait été autre si nous avions accepté la bénédiction des papes berbères Victor 1er Miltiade ou de Gélase 1er sans oublier Saint Augustin le père de l'église moderne Nous aurions du continuer le combat de la Kahéna Le dogme inoculé par Oqba Ibn Nifaa a muté au fil du temps en islamisme dévastateur
    "Toute bénédiction qui n'est pas acceptée se transforme en malédiction" "Paulo Coelho"

  11. Pourquoi ce retournement de veste chez nous algériens ,il nous faudra coller ou recoller notre histoire contemporaine d'avec celle avant le débarquement française ;je pense que c'est possible de recoller l'histoire des almowahidines qui nous ont gouvernés avec une stabilité politique remarquable avec notre histoire récente apres l'indépendance algérienne .Il faudra valoriser l'identité berbere amazighe de l'algerie , après il faut recoller ça avec l'arrivée de l'identité arabo-musulmane et clôturer cela en y intégrant la période de la présence française récente en algerie .Est ce que cela est possible ? sinon ; comment faire pour réconcilier toutes les parties présentes en algerie ? dans tous les cas ; il faudra être inventif et vigilant sinon ; on risquerait une guerre civile atroce qui disloquera et le territoire et le peuple .Le pays a besoin des gens competents qui maitrisent les composantes identitaires algeriennes ,pas uniquement arabe ou berbere ou français mais les trois à la fois .Boumediene , bouteflika et autres n'avaient pas cette competence ; ils ignoraient des pans entiers de la societé algerienne ; par consequent ils se font manipuler par des officines discretes qui les conduiront à un echec impardonnable . Le danger qui menace l'algerie est reel ; nous pourrons emmener à reproduire le cas de l'ex-yougoslavie.

  12. Comme je l'ai dit dans un de mes precèdents posts, tout ce dont a besoin l'Algérie, ce sont 300 hommes/femmes intègres, qui seront élus à l'assemblée pour qu'elle soit réellement representative et pour que celle-ci puisse controler/bloquer toutes les décision prises par la voyoucratie. Les lois sont là, ils suffit juste de veiller à leur application et les modifier si elles sont obsolètes. D'après les chiffres des dernières législatives, dix millions d'électeurs n'ont pas voté, donc ça peut se faire facilement. Si le président dissout l'assemblée, il suffit juste de réelire les meme hommes/femmes intègres.

    En réalité, tout est entre les mains du peuple, pour peu que ce dernier prenne conscience et décide de faire changer les choses au lieu d'attendre la providence. Pour cela, il faut de vrais incorruptibles comme au temps des années 1930 a Chidago. La question qui se pose: Existent-ils, quand on sait qu'en 1992, Boudiaf disait qu'il etait incapable de touver une trentaine d'hommes sur qui compter…

  13. Je voudrais vous citer là un exemple flagrant de ce que j'avais dit precedement ; notre cher nouveaux romancier appelé :yasmina khadra écrit bien avec la francaouia , j'ai aime son ecriture romanesque et sa composition tres intelligente , c'est pas trés loin de l'ecriture de notre autre romancier algerien appellé : Albert Camus , on y trouve les ingredients composantes de la societé algerienne mais dans les deux cas CAMUS OU YASMINA on y trouve pas la partie amazighe kabyle effacée completement parce que ,je suppose dans les deux cas les auteurs ignoraient la langue kabyle .Or ; on ne pourra pas ecrire sur l'Algerie et mettre de coté la societé kabyle .L'absence de cette kabylie chez les deux auteurs me fait dire que les deux hommes ont vecus en dehors du ressenti de leur propre societé.La force du FLN aurait été d'instaurer l'enseignement de tamazighte à l'ecole algerienne independante des l'acquisition de notre liberation .C'est cela la vraie liberation du colonialisme françaoui car ;les français aussi n'ont pas compris cela malgré une presence longue et dure .Les algeriens d'audjourd'hui auront-ils l'intelligence et la competence de battir la nouvelle ecole Algerienne incluant toutes les données de la societé algerienne .Je l'espere pour mon pays avant que les tenebres obscures ne nous conduiseront à l'enfer de la guerre civile barbare.

  14. Yasmina Khadra est un vrai danger car c'est un intellectuel du régime. Donc, inutile de compter sur ce dernier pour soulever les vrais problemes de l'Algérie, car ils remettraient en cause ceux qui l'on nommé directeur du centre culturel Algérien en France. Même si peut être il écrit bien, je n'achetrai jamais ses livres.

  15. Yasmina Khadra ,comme camus ne connaissent pas le monde amazighe kabyle ,c'est comme en politique Boumediene et Bouteflika ; c'est la representation arabe insuffisante qui existe en algerie .Il suffit d'ecouter la chanson celebre d'IDIR :"aie vava inouva " pour comprendre l'etendu du degat engendré par leur ignorance de la langue kabyle amazighe .Les arabes d'algerie comme les français devraient parler tamazighte le kabyle en particulier pour sentir ou ressentir l'algerie sinon ,on s'approchera de plus en plus de la tragedie absurde qui n'epargnera personne .

  16. Boualem Sansal a définitivement une plume très articulée et une écriture brillante.

    Néanmoins, les Benchicou, Sansal et Benbitour et autres intellectuels ''éclairés'', du dedans ou dehors du pouvoir, ont déjà tout dit. Et au fond, l'article de Sansal ne nous apprend rien que le peuple algérien ne sache pas déjà.

    Le problème n'est plus de diagnostiquer le mal mais de prescrire un médicament.

    Nous n'avons pas vraiment besoin d'articles qui nous disent avec moins de mots, avec d'autres mots, combien la corruption est plus large ou plus profonde, combien les complicités sont plus tissées ou variées, ou qui est responsable de telle ou telle autre tragédie, etc …

    Nous avons besoin d'articles qui proposent un cheminement à partir de la situation actuelle.

    Et Sansal ne répond malheureusement pas à la question.

    Par ailleurs, ce n'est pas d'articles dont nous avons le plus besoin mais d'actions car, après 50 ans de dommages, le peuple algérien est assez éclairé, merci.

    M. Z.

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