« Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement ». Confucius, philosophe chinois (551- 497 A.V J.C)
Bricolages et rafistolages au sommet politique, survie au jour le jour sans horizons élargis ni trajectoire précise à la base sociale. Entre-temps, un fait inexplicable en surgit : « ceux d’en haut et ceux d’en bas » pour reprendre le terme de l’écrivain mexicain Mariano Azuela (1873-1952) dont les imaginaires se frottent, s’arrangent comme par enchantement et décident d’un commun accord sans se consulter entre eux de bannir le mot « changement » du dictionnaire lexicographique algérien. En voici-là, très triste, le décor de l’Algérie de 2013 ! La majorité de mes compatriotes dont je partage en certains points l’avis ne comprennent pas pourquoi ce capharnaüm qui fait que le pays reste encore coincé dans son sous-développement, persiste. Alors que les autres contrées, proches ou lointaines, essaient au moins d’avancer, nous ici, on se serre les coudes pour retenir nos pas et il semble que dans « cette tendance maladive à la régression » chacun y a trouvé son compte, du simple élève d’une école primaire au premier magistrat du pays !
A regarder de plus près, l’Algérie est un pays qui s’est fourvoyé dans un labyrinthe inextricable et échappé plus d’une fois au destin de puissance tant politique, diplomatique qu’économique qu’implique sa situation géographique, ses richesses souterraines et son histoire plus que millénaire. Certes, la sous-exploitation de son potentiel culturel, économique, humain et juvénile la met à la traîne mais n’en reste pas moins un facteur capital par rapport au problème de la «gestion». Le monde de l’après 11 septembre 2001 nécessite des compétences managériales avérées, des gestionnaires qualifiés, un arsenal judiciaire fort et «un État de droit» en mesure de sauvegarder la souveraineté du pays des foyers de tensions régionaux et de la menace terroriste partout présente. Il y a, pourrait-on y ajouter aussi, comme une attitude d’attentisme, de mollesse, d’inertie, de léthargie et surtout de défaillance permanents dans les deux blocs séparés (État-Pouvoir et Peuple-Société). De manière on ne peut plus naturelle, nos élites, du reste mal-inspirées, continuent de s’aliéner en s’engouffrant davantage dans le rituel du déni. En conséquence, force nous est de constater qu’aucune approche originelle ni originale des réalités locales sous le prisme des politiques nationales ou continentales (africaine) n’ait été entreprise depuis l’indépendance (l’arabisation forcée de l’école, la révolution agraire, la politique agricole des plans, la fameuse «industrie industrialisante», la politique d’anti-pénurie «P.A.P», les chimères d’Al-infitah, le réajustement structurel et enfin l’économie du marché..etc). Tout s’est fait et continue encore de se faire au grand dam de «la plèbe» sur la base d’une saugrenue comparaison soit à l’Orient ou à l’Occident. Hélas, l’Algérie est encore dépourvue de modèle propre de représentation identitaire, sociale ou économique à l’aube du XXI siècle. Ce qui est à même d’ériger à court terme et peut-être pour longtemps en dogmes inaliénables les phénomènes d’acculturation et d’aliénation parmi nos élites.
Or il est incontestablement admis que l’authenticité des choix fondamentaux d’un pays est une condition sine qua non pour que celui-ci enfourche rapidement le cheval de l’évolution. En revanche, il est plus que désolant de constater qu’en Algérie l’idée du changement est tristement sacrifiée sur l’autel de fixations idéologiques et de vieux replis régionalistes ou tribalistes. En plus, l’absence d’une couche moyenne, régulatrice de l’ordre social ajoute au «maelström algérien» un soupçon de tragi-comédie dans la mesure où le retour du refoulé sectaire, corporatiste ou népotiste dans les secteurs névralgiques tels que l’éducation, la culture ou même dans des services étatiques à l’image des mairies, daïras, consulats ou ambassades, marche concomitamment avec l’effritement graduel de la notion de citoyenneté et l’inexorable montée du réseau informel ou de ce qu’on appelle communément «mâarifa» ou «tchipa» dans les rouages administratifs. La citoyenneté, encore faudrait-il le rappeler en ce papier, est une construction permanente du savoir-vivre politico-social en rapport direct avec la modernité dans toutes ses dimensions : morale, intellectuelle, philosophique et civilisationnelle. A titre d’exemple, la grève lancée dernièrement par le personnel du ministère des affaires étrangères illustre d’une part, la dégradation de façon globale du cadre social du fonctionnaire algérien. D’autre part, elle met en évidence le fait que ces dernières années le manque flagrant de crédibilité de certaines institutions a mis le doute dans le cœur de tous les citoyens. Ces institutions-clés qui, il faut bien le préciser, sont pourtant censées être, sous d’autres cieux, la façade représentative de la politique des pays, perdent tout leur symbole en Algérie. Il va de soi qu’une classe moyenne performante, cultivée et engagée, l’équivalent de «la petite-bourgeoisie» ancienne, est un anti-dépresseur social par excellence. Or, en Algérie, la dévalorisation du statut d’enseignant, d’avocat, de médecin et de presque toutes les professions libérales jumelée au problème du renouvellement générationnel qui se fait au compte-goutte, aurait injecté on ne peut plus une overdose de puissance au traditionalisme et à l’archaïsme, déjà combien préexistants et prédominants, dans les mentalités. C’est vraiment triste, l’algérien d’aujourd’hui est, à de rares exceptions près, un condensé de conservatisme, d’orgueil et d’obstination mêlé à une certaine «peur incomprise» de l’aventure collective. Pour s’en convaincre, il ne suffit que de faire une rapide tournée dans les rues des grandes ville (Alger-Oran-Constantine) pour voir le degré de la sous-évolution des comportements, le manque d’hygiène publique, le non-respect des normes d’urbanisme, des espaces verts, du code de la route, l’anarchie des marchés sous l’œil complaisant des forces de l’ordre, etc. En un mot, l’Algérie est un pays malade de ses maladies.
Par ailleurs, il est un fait incontestable, quand une nation manque de paradigme consensuel de cohabitation (un pacte national de confiance) accepté de plein gré par l’ensemble de ses forces vives, les liens individuels l’emportent largement sur le sens de la communauté au sens classique du terme et de la collectivité au sens moderne. Ainsi la société se gère-t-elle selon le principe qu’un ami à moi m’aurait un jour expliqué «il n’y a pas de destin collectif mais simplement des solutions individuelles». Autrement dit, la mentalité de «hena khaoua» (nous sommes tous des frères) se laisse par automatisme dominer par le stéréotype «selk rassek» (sauve ta peau). C’est peut-être dans cette logique que les jeunes des banlieues algéroises ont troqué le vocable de «kho» (frère) contre celui de «chriki» (associé, partenaire). L’Algérie qui aurait survécu à la parenthèse sanglante de la terreur des années 90 grâce à la solidarité de ses enfants, aurait payé un lourd tribut de sang et de larmes à une fausse fraternité forgée autour d’un dogmatisme et d’une idéologisation/instrumentalisation religieuse accélérée, laquelle est en net déphasage avec les préceptes du rite malékite tolérant dont nos ancêtres furent adeptes des siècles durant. Il est vrai que ces transformations sociologiques qui ont commencé par une fraternité des armes (la guerre de libération 1954-1962) en passant par une fraternité du sang (l’islamisme politique), ont culminé au final en «une fraternité-partenariat» sur fond de l’ère économique Al-Infitah post-Octobre 1988. Du coup, les transformations ayant sillonné le processus d’édification étatique ont coïncidé avec le trop-plein d’État répressif et la disparition de l’État-providence, «protecteur du minimum vital/physiologique» comme dirait le Dr R.Tlemçani. En termes plus simples, «l’État-nounou» qui gère la politique du bâton et de la carotte au gré des humeurs du chef dans les années 70 et 80 s’est transformé en un État-léviathan du «tout-sécuritaire» sous l’état de siège dans les années 1990 puis actuellement en «État-toutou» dont l’informel, l’officieux et les coulisses tiennent le gouvernail. Ces mutations sauvages de la société algérienne, boostées d’en haut et acceptés d’en-bas, sont résumées par le sociologue Lahouari Addi dans cette formule lapidaire mais fort pertinente «le régime algérien aime le peuple et déteste la société». Cela, il est vrai, se constate au quotidien dans la vertigineuse ascension du défaitisme social qu’accompagne une sclérose politique d’un pays où un conseil de ministres ne se tient qu’au bout de trois mois si ce n’est pas plus. Plus grave encore, on ne sait rien du tout sur l’état de santé du président de la république, des rumeurs sur une probable révision de la constitution et même sur un quatrième mandat qui font leur cours parmi la classe politique dont certains leaders, pourtant jeunes, le réclament à cor et à cri (Amara Benyounès (MPA), Amar Ghoul (TAJ)) alors que la société civile est presque dans «un coma clinique».
Chose étonnante dans la mesure où, en toile de fond, l’édifice idéologique du régime se ramène invariablement à trois constantes aussi fondamentales qu’irréfutables : le culte du mystère, la culture du complot et le prurit tribalo-régionaliste avec des relents d’affairisme politique teinté d’un discours national aussi populiste que démagogique. Les crises à répétition dont furent le théâtre les kasemates du FLN depuis au moins 1996, date du premier coup de force scientifique contre le secrétaire général de l’époque feu Abdelhamid Mehri révèle non seulement l’incohérence des idéaux du plus vieux parti algérien, façade du régime politique actuel quand il s’agit de trouver une alternative ou une autre vision des problèmes du pays mais aussi la corruptibilité manifeste et l’absence d’horizons prometteurs d’avenir dans cette formation politique. Il est pour le moins certain que Mehri et après lui Benhamouda, Benflis et Belkhadem sont tous mis à la porte suite à des motions issues du congrès du parti ou à des votes de confiance par ses cadres militants mais il n’en demeure pas moins qu’il y ait souvent derrière des connivences malsaines, des tractations et des jeux de pouvoir qui n’honorent en aucun cas la démocratie. Le FLN est, sans conteste, l’image de profil de tous les partis algériens où le mystère et les coups de force priment sur le débat contradictoire et la liberté d’expression. C’est dramatique, en Algérie, un coup d’État n’est jamais qualifié de son nom mais est souvent assimilé à un redressement.
D’entrée de jeu, la stratégie de la falsification du discours et le mensonge institutionnalisé distillés sous forme d’euphémisme prennent la relève des luttes claniques pour le pouvoir. Fait incompréhensible, au cours de ces dernières décennies est apparu un nouveau problème, dangereus celui-là : l’absence de statistiques officielles ou leur fausseté si elles en existent : ni le C.N.E.S (conseil national économique et social) ni le forum des chefs d’entreprises (F.C.E) ni moins encore le syndicat officiel (UGTA) ne peuvent aujourd’hui préciser le nombre exact de chômeurs en Algérie ! La baraque algérienne est, semble-t-il, en déclinaison et le peuple est mis hors circuit d’information. Il y a même certains algériens qui doutent du nombre réel d’habitants que les autorités déclarent (35 millions). Dans cet ordre d’idées, l’absence de synergie d’efforts et surtout de transparence dans la gestion des dossiers sensibles du pays (l’Empire décadent de Khalifa, le scandale de Sonatrach et la dernière affaire de In amenas) a donné une nouvelle forme à la méfiance citoyenne vis-à-vis des institutions d’État. L’ancienne génération accrochée au poncif éculé de la sacro-sainte «famille révolutionnaire» est plongée dans une véritable «crise de valeurs», cherchant au milieu de résidus lyriques d’un nationalisme en agonie une raison pour la perpétuation du système. Tout au plus, le chimérique révolutionnaire est utilisé comme une parade infaillible à toute velléité du changement. Du coup, on se rend bien à l’évidence que la génération de «tab djenanou» croit plus au mérite du fusil qu’au clavier de l’ordinateur qui aurait pu détrôner en quelques jours le pharaon d’Égypte de son règne, cela se voit dans nos universités qui manquent d’internet et dans ces fameux cybercafés que l’on transforme en pizzerias. Sans doute, l’argent facile est le nouveau crédo d’une jeunesse perdue. Mais «quelle est cette société qui n’offre qu’une alternative : subir ou s’évader, au sens propre l’exil, au sens figuré, internet, alcool, drogue» s’est interrogé Marwane Ben Yahmed (1), ma réponse à l’éditorialiste de Jeune Afrique est vite trouvée: l’Algérie ! Mais à quoi bon ce malaise est-il dû? Les algériens sont-ils moins friands du changement que leurs voisins? Ont-ils été atteints de la maladie du statu-quo ou ont-ils peur de toute vision prospective de leur avenir? Il semble bien évident à priori que ces jeunes rongés par l’angoisse protéiforme et pris en tenailles entre d’amères réalités (chômage-harragas) ne comprennent pas du tout leur itinéraire, marqué à jamais par cette culture de reniement, du dénigrement et de la hogra tous azimuts. Mais qu’y-a-t-il de mal pour nos responsables à oser faire la rupture avec les discours lénifiants sur les glorioles d’une certaine histoire en voie de péremption et à affronter sérieusement l’amertume du présent? L’Algérie ferait mieux de s’en tenir aux principes de la citoyenneté et aux idéaux de la démocratie. Un défi titanesque à même, si tant est qu’il soit de bonne foi, de donner un coup d’éclat et tout particulièrement une crédibilité à des institutions étatiques sérieusement gangrenées par la corruption. Ce fléau endémique dont se servent les adeptes de «Hizb Chekara» comme tremplin pour remplir leurs poches et mépriser davantage ce «ghachi», à leurs yeux, inculte et sans civilité.
En vérité, les frustrations individuelles ne pourraient que générer des colères collectives. Du coup, l’émeute qui est devenue le langage primordial du citoyen algérien depuis des lustres ne saurait être décryptée qu’à la lumière de ce ras-le-bol général, de cette fatigue du peuple de subir davantage le fardeau de promesses non tenues et, hélas, de son incapacité à formuler en termes clairs ses intimes volontés. C’est triste de le dire mais c’est bien de cela qu’il s’agissait « aujourd’hui qu’elle a pansé ses blessures sans avoir totalement fait son deuil d’une tragédie qui avait failli l’emporter et dont elle observe avec circonspection la reproduction dans un certain nombre de pays voisins, a-t-elle réellement en main les moyens de se dépasser et de réussir à construire la république sociale et démocratique sans avoir à compter indéfiniment sur l’homme providentiel ? ». C’est ainsi que Badreddine Mili conclut son article en parlant de l’Algérie (2). A l’évidence, il en faut beaucoup à l’Algérie pour qu’elle se mette en selle car à force de s’engager dans des mutations non réfléchies, voire sauvages, elle risque de se déboussoler si ce n’est déjà pas le cas présentement. Ce qui laisse la voie libre à des spéculations à tout-va. Il est tout à fait clair que le syndrome de l’inflation ayant conduit ces derniers jours à la cherté de la vie et la dévalorisation inquiétante du pouvoir d’achat en est un cas d’espèce. On dirait que l’inconstance des prix des produits alimentaires est le fait d’un simple jeu d’enfants. C’est évident, faute d’une production nationale pérenne et régulière, le pays va crouler sous les coups «des politiques monopolistiques» des barons de l’import-import qui profitent de la rente des hydrocarbures et de l’économie de la rente pour saboter l’investissement national et étranger, le tourisme et l’industrie nationale (réfléchissons un peu à cette disparition du lait, matière alimentaire de base, des étals). Mais, à défaut de programme économique solide, pourquoi ne reviendrait-on pas au principe des cultures vivrières? Forme certes primitive de gestion agricole mais fort salvatrice au moment actuel en Algérie. Pour le surplus, la dépendance de l’Algérie des filières de l’agro-alimentaire occidentales en général et hexagonales en particulier est un grave handicap qui la rend moins souveraine en matière économique. Et qui dit économie dit sans doute politique.
Il est certain que le désintérêt grandissant porté au potentiel agro-pastoral des wilayas de l’intérieur ( Sétif, Djelfa, M’sila, Saida…etc) est une pièce à décharge contre cette politique d’abandon dont souffre tout le pays, « L’Algérie est un pays agricole, elle ne peut continuer à servir de réceptacle aux containers au détriment de la production. Il faut renverser la situation de pays consommateur à celui de pays exportateur. » (3). Dans cette perspective, force est de constater que le plan quinquennal d’investissement (2010-2014), plus de 212 milliards d’euros, inscrit dans le cadre du projet de la relance économique enclenché par tranches par le président Bouteflika depuis les années 2000 n’était même pas de nature à nettoyer le pays, comment saurait-on croire alors qu’il va générer de l’emploi et secouer le cocotier de la bureaucratie, cette arme fatale du « terrorisme administratif » ! Aussi, l’installation des bureaux de main-d’œuvre et la mise en place de stratégies nationales d’absorption du chômage et de soutien de jeunes via l’A.N.S.E.J se sont avérés peu performants. De même voit-on avec amertume cette contradiction flagrante qui fait que d’un côté, on se plaint du manque de productivité agricole et d’un autre côté, on éponge les dettes d’agriculteurs au gré du populisme des mandats présidentiels alors que même le matériel nécessaire pour travailler la terre fait cruellement défaut. Les masses s’étranglent d’indignation de ces politiques incohérentes et sans suite d’autant plus qu’il est vite apparu illusoire de parler de changement politique et institutionnel sans une vraie évolution dans le régime de vie du pays, du reste au stade stationnaire (revalorisation de l’éthique et de la morale de gouvernance). Désormais, la déshérence culturelle, scientifique, économique et politique du pays est chose évidente. Ainsi, la quasi-tutelle souvent imposée, parfois consentie du référentiel «el baylek» sur les cerveaux des masses et les retombées de cette «mentalité Taïwan» qui détruit tout sur son passage ne font qu’empirer la situation du pays. A quand donc le changement espéré messieurs les responsables ?
Kamal Guerroua, universitaire
Notes de renvoi :
1- Voir l’éditorial de Marwane Benyahmed: si jeunesse pouvait, Jeune Afrique N°2717, du 04 au 09 février 2013 et surtout son pertinent éditorial du 14 février 2013, Algérie : L’autre révolution.
2- Badreddine Mili, les trois morts de Mohammed Boudiaf, rubrique «contributions», le Soir d’Algérie, 16 janvier 2013
3- Voir l’article de Salima Tlemçani, les neuf plaies qui gangrènent l’Algérie, El Watan, le 05 février 2013.





Bonjour,
Un bon constat d`un citoyen d`une république très spécialistes en réquisitoire et autres analyses poétiques..
Je viens de lire ce matin dans liberté un article de l`ancien Pdg de SH qui avait fait lui aussi un constat en tant que président de l`AIG en oubliant qu`il avait crée sonatrach immobilière au moment même où l`ancien directeur du FMI en l`occurrence Mr Camdessus avait qualifié SH d`entreprise de Catering,OMRA et HADJ!!!
Warm Regards
ça se passe à Bled Miki de Fakhamatouhou 1er
"" En dépit de plusieurs mises en demeure, l’administration du Sénat n’arrive toujours pas à «récupérer» un appartement mis à la disposition d’un vice-président membre du tiers présidentiel. La raison ? Ce sénateur, pourtant propriétaire d’une somptueuse villa sur les hauteurs d’Alger, n’a pas hésité à déclarer la résidence de sa wilaya d’origine pour se faire loger aux frais de l’institution. Seulement, l’administration du Sénat découvre autre chose : ce même appartement est loué par notre sénateur à un homme d’affaires pour la coquette somme de 25 millions par mois"".
Peut on changer????
Quelques points clé de votre analyse, je vous cite : "La citoyenneté, encore faudrait-il le rappeler en ce papier, est une construction permanente du savoir-vivre politico-social en rapport direct avec la modernité dans toutes ses dimensions". La modernité, là où le Bâ blesse, ne pensez-vous pas qu'elle soit bannie dans ce pays et de manière parmanente tant que l'islam règne en maître absolu sur les esprits. La modernité sera laïque ou ne sera pas.
2ème point important de votre analyse "Par ailleurs, il est un fait incontestable, quand une nation manque de paradigme consensuel de cohabitation (un pacte national de confiance) accepté de plein gré par l'ensemble de ses forces vives,". La nation Algérienne n'existe toujours pas (tout juste un ébauche colonial français, lui-même emprunté à un autre ébauche colonial ottoman et ainsi de suite jusqu'au royaume de Massinissa) et précisément parce que le paradigme, identitaire sans conteste, est toujours là à attendre qu'on s'y penche afin de réconcilier les différentes composantes humaines de ce pays. Un destin collectif découle directement d'un imaginaire collectif, clé de voute de notre paradigme.
Le changement , l'abolition d'un système inique et corrompu ça ne se donne pas , ça s'arrache. Evidemment dans une société amorphe et endormie ou les éléments se neutralisent les uns autres pour bloquer toute dynamique collective , le changement n'est pas pour demain la veille. En se regardant comme des chiens de faience , en subissant la tyrannie sans broncher , en se laissant spolier et détouner ses richesses sans dire mot ni protester , en embrassant les chaines d'esclavage qui vous enserrent , en accueillant sa misére quotidienne par des hamdoulilah à profusion pour le reconfort d'un couffin de ramadhan ou la consolation d'une promesse électorale ,évidemment que les choses ne vont ainsi changer. Dans une société pieuse et endormie comme la notre , les associations de bienfaisance financées et rattachées à la grande bourgeoisie campradore d'etat vont beaucoup proliférer et activer en profondeur .Tous les postes de travail que Ouyahia et Temmar n'ont pas pu offrir en developpant le chomage de masse et le sous-prolétariat dans le pays, l'etat faussemant providentiel va le compenser par la charité donnant-donnant tout azimut et la distribution de logements sociaux.Un système qui est gagnant sur tous les plans puisqu'il distribue au peuple , plutot il investit une partie de ses superprofits dans ce qui lui permet de se maintenir au pouvoir.
Permettez-moi d'expliciter un peu mieux la conclusion de mon commentaire ci-dessous : " Par ce faire , le système politique est gagnant sur tous les plans et a interêts à entretenir pour longtemps la combine puisqu'il distribue la charité au peuple de ce qui lui appartient en fait , un geste de soit disant pére-bienfaiteur de la nation qui lui donne une partie de ce qu'il lui a confisqué en rentabilisant l'autre partie perdue par sa satisfaction béate du maintien et de la continuité de ce système qui ne lui veut que du bien et vogue la galère…"
Monsieur Guerroua,
Dans l'école française qui m'a permis d'obtenir mon titre d'Ingénieur, on m'a appris ceci : Un bon ingénieur est celui qui prévoit les solutions aux futurs problèmes et non celui qui identifie les problèmes eux-mêmes. Votre acte est louable. Je suis, cependant, désolé de vous dire que, pour moi, vous ne faites que réinventer la roue. Vous étalez votre vocabulaire riche et vous vous installez sur votre sofa de moralisateur.
Le peupel algérien souffre de lui-même. Tout le monde sait que les Moudjahidine de l'ALN n'étaient pas tous conscients de ce qu'une indépendance voulait dire. Pour certains, c'était juste un moyen de récupérer la belle bagnole de M. Martin. Je caricature peut-être. Ce n'est pas loin de la réalité pourtant.
Qu'attend-on pour changer le pays? On attend que cette génération qui a vécu la guerre et celle qui a connu l'opulence du socialisme disparaissent.
Il est une chose qui m'impressionne dans l'amnésie généralisée des élites algériennes. L'oubli d'une des sources de problèmes : le favoritisime au profit d'une partie de la population sur la base de sa participation à la guerre. Comment diable peut-on expliquer qu'une personne âgée d'au moins 50 ans bénéficie encore de l'aide de l'Etat car son parent est décédé durant la guerre? Ma conscience admet qu'une veuve ait une pension jusqu'à son décès. Mais pour le reste, je reste obnubilé. Je ne parlerai pas des faux-vrais-anciens-Moudjahidine. Il suffit d'entendre leur ministre, car ils ont un ministère!
Si nous n'identifions pas les sources réelles de nos maux et nous n'élaborons pas de solutions radicales, l'avenir sera sombre. Il est urgent d'instaurer un réel Etat de droit. Ce ne sera pas avec vous ni avec vos semblables. Malheureusement, ce ne sont pas les moyens qui manquent. C'est cette génération aux commandes qui ne veux pas lacher prise. Cette génération dont vous faites partie.
Monsieur Guerroua,
Je suis d'accord avec votre réquisitoire mais permettez-moi de vous poser une simple question. Pensez-vous qu'un ou une jeune peut mieux faire votre travail que vous? C'est à cette réponse qu'est liée la réalité des mentalités en Algérie.
Merci pour la lecture.
Bonjour,
@ Urfane
"la modernité sera laique ou ne sera pas":
mon point de vue est le suivant;
Je pense que le paramètre de la modernité est relatif d'un pays à l'autre. A mon humble avis, on ne peut juger un pays sur le seul critère économique, religieux ou politique mais sur l'ensemble de ces paramètres réunis. La modernité comme dirait le sociologue algérien Houari Laddi ne devrait pas être anti-religieuse mais areligieuse. Elle est, ajouterai-je, interdépendance, interrelation de divers facteurs. Cela vaut te dire dans la mesure où à titre d'exemple une laicité à la française n'est pas une référence constante exportable et appliquable à toutes les sociétés humaines. Il y a d'un côté, le facteur "temps" qui est un déterminant essentiel du train de développement d'un pays (les U.S.A, ou la France sont par exemple incomparables avec l'Algérie du point de vu du "temps" pris dans l'enclechement du processus d'édification de l'Etat-Nation, issu du traité de Westphalie de 1648; en ce point, l'Algérie qui est un pays, du reste, historiquement vieux se trouve politiquement très jeune, voire enfant! (il faut bien regarder du côté du syndrome colonialiste). D'un autre côté, il y a le facteur "expérience", l'Etat post-colonial dont a parlé Edward Said a été et est toujours une résultante collatérale de l'Etat colonial, saboteur de l'essence des peuples. De plus, l'expérience occidentale, submergée par la domination chrétienne durant presque 10 siècles est différente de la notre où les deux composantes: islam et politique ont vécu ensemble tout le temps. Compraison est dit-on, n'est pas raison. Donc, cher Urfane, on ne doit plus imputer tous les handicaps en travers de la modernité à un seul facteur : la religion.
Merci à tous
Qu'attend-on pour changer le pays ? eh bien on attend rien , on n est pas capable tout simplement .
L 'incompétance et la rapine a tous les niveaux de la sphere economique et administrative
en commencant par le president lui-meme a sclerosé et cramé le systeme ,
Les quelques initiatives de faire bouger les choses -actions trés courageuses d'ailleurs il faut le préciser -sont venues des syndicats autonomes . Mais le noyautage et la repression des forces de sécurité , un dispositif tres renforcé pour brimer et de controler les liberté citoyennes de protestation. a eu son effet .
La societé civile qui doit etre le fer de lance de la protestation et de l'eveil social en Agerie et reprimée durement : organiser un quelconque evenement meme anodin va buter contre un refus d'autorisation adminitratif . Comment une societé pourrait-etre avancer dans ces conditions ?.
La repression violente et systematique a eu raisons des initiatives citoyennes .
Il ne reste au regime que la repression pour essayer de contenir la contestation qui gronde meme silencieuse pour le moment , mais jusqu'a quand ?
Le malheur du pays sont les Malgacho tlémceniens qui ont squatté le pays depuis 1962,avec eux les DAF, le FLN de la mangeoire et le DRS, il faut vite les chasser hors du pays,et les juger si non le pays disparaîtra bientôt ,ils sont en train de le siphonner!
Qu'attend-on pour changer le pays ! Qu'attend-on pour changer le pays ? Mais il est en train de changer,notre pays ; en bien en mal , mais il change et plus vite que personne ne s'en aperçoit . Avec ce déballage de scandales, il y a comme un déclic qui s'est produit pour enclencher ce processus du changement . Et la citation de confucius est on ne peut plus évidente . C'est le manque de discernement qui nous manque . Il nous semble que nous sommes dans l'athmosphère et que vue de loin , la planète bleue reste inchangée . C'est une demie portion qui navigue dans l'espace à la vitesse de presque 100.000 km/h quand même . Mais apparement , le beau pays où nous vivons garde toujours sa position dès que l'Afrique est visible . Pourtant, le temps d'un article, d'un commentaire , combien de changements ont-ils eu lieu . Des milliards. C'est parce que nous ne sommes pas concernés par un feu qui passe du vert au rouge, par un avion qui décolle par ci et un autre qui attérit par là , nous ne ressentons en fin de compte que ce qui est le plus près de nous : notre conscience . Et encore . Patience . La patience . C'est ce qui nous manque le plus . Pour admettre que toute évolution ne peut se réaliser sans le facteur temps . Or le temps , c'est le mouvement d'un point à un autre et l'ensemble des points qui en s'enchainant forment un plan ,une image . L'image du changement n'est malheureusement pas disponible,pour le moment . C'est comme la recherche d'une fréquence qui tarde à se détacher sur un écran . Et cette image , qui est confectionnée à partir d'éléments ne peut être produite par ces mêmes éléments , qui sont des éléments passifs . Ca serait donc incorrect de leur demander de procéder à un changement , mais essayer de patienter jusqu'à ce que ce que ce changement (Soit!) se réalise par la Volonté expresse de Dieu . Comment sommes-nous devenus comme nous le sommes maintenant , si ce n'est par le premier mouvement de la division d'une cellule en deux puis en des milliards de cellules qui composent nos corps ?
Cher Kamel, je ne vous ferai pas du Monsieur Guerroua sachant que vous êtes un natif de 82 année de mon BAC (à douche… pour rire!!). La laïcité est par essence areligieuse, bien sûr. Elle est, pour moi, la négation, non pas des religions, mais du dogme qui les sous-tend et puisque vous m’avez cité AADI Lhouari, j’aimerais bien savoir où en est aujourd’hui la fécondité de sa régression car, moi, je ne vois de fécondité que dans le sens de la régression justement : est-il besoin de faire un dessin sur la situation du pays ? La laïcité est pour moi une vision qui s’inscrit dans un processus de modernisation de la vie en société. Elle est portée par des esprits libres et quelque peu impertinents (on ne peut l’envisager en tant que religieux) et nécessite une intronisation, à la hussarde (comme en France), par le glaive (comme en Turquie) mais guère comme un consensus populaire. Notre drame est que, de l’émir AEK à Abane Ramdhane en passant par Fadhma n’soummer, Messali et Ferhath Abas, aucune de ces personnalités ne fut assez libre d’esprit pour intégrer cette modernité dans sa vision postcoloniale. Le rapport à l’islam pose un vrai problème existentiel dans ce pays et il faut s’en affranchir pour espérer un jour se moderniser.
Avec tous les scandales,voles, détournements ;rapines des deniers publics,sans aucune poursuite judiciaire ,alors que le pays se dirige droit vers le mur ;la pseudo opposition algérienne se contente de condamner comme à son accoutumée!Quelle honte!quel gâchis!
Messieurs,cela fait 22 ans que le multipartisme existe en Algérie,mais point d'horizon démocratique pour le pays! le choix imposé au peuple est la bipolarité de la dictature militaire érigée depuis 1962 et le projet islamo terroriste archaïque bédouin,ce qui revient à choisir entre la peste et le choléra,dommage; tous les deux,ils assassinent le pays!
Au lieu que la pseudo opposition fasse son mea-culpa ,elle ne trouve pas mieux à se tirer entre elle!Qu'avez vous fait pour changer le pays ;rien! Nada,Nothing!Vous avez toujours campé sur vos positions respectives;en voulant que chaque Leader de parti devienne le Chef!Le Leader chipe!et tout cela au détriment du pays !Pourquoi ne voudriez vous pas fédérer vos forces en tant que partis dits démocratiques à l'image du FFS,RCD,PST,PT,revendiquant un état moderne, laïque,pourquoi ne pas créer un front de la gauche radicale afin d'unir vos forces et vos lectorats afin de créer un raz de marée qui emportera cette dictature;le FLN avec et ces fous de dieu qui ont massacré le pays!l'idée a été proposée par Jean LUc Mélanchon ,le ministre Français de la gauche Française,que je salut au passage; ,je trouve cette idée très intéressante, tentez l'expérience et j'en suis sur et certain qu'elle apportera ses fruits et qu'on balayera cette dictature avec ses dinosaures qui ont ruiné le pays et hypothéqué son avenir!Chiche ,oubliez vos querelles intestines!pensez au moins une seule fois au pays au lieu de penser à votre petite personne!ne soyez pas égoïstes au point de détruire le pays!Observez ce qui advenu de l’Algérie!regardez autour de vous, il n ya que désolation, incivisme, inculture, charlatanisme, islamisme,ignorance;fatalisme,délinquance, corruption etc….que des fléaux!point de choses positives,alors que la fin du pétrole est toute proche!SVP, oubliez vos petites personnes et consacrez vous uniquement au pays!!unifiez vos rangs!créez ce front radical de la gauche qui emportera certainement cette pègre,car en rangs dispersés vous n'arriverez rien comme cela a été prouvé depuis 1991!Alors Chiche!Vous serez responsable devant l'histoire
Bonjour
Il faut un congrés comme celui de la soummam ou tous les acteurs de la politique ,doivent dresser un bilan de ces 50 années d'indépendance .C'est inadmissible a ce que c'est toujours les mêmes personnes qui partent et reviennent à la tete des ministères .Il faut un changement radical et donner la chance aux autres de gerer ,car il y a des compétences ,qui ont été poussé a quitter le pays malgré eux.Un ministre en poste durant plus de 15 ans ,cela se passe que chez nous .