Au-delà du despotisme et de l’intégrisme

Depuis l’avènement de la « démocratie » en Algérie, après le soulèvement populaire de 1988, toutes les tentatives d’échange à l’intérieur des partis politiques, dans les échanges des partis entre eux, entre les membres des mouvements associatifs, dans les réseaux sociaux, et partout où les Algériens essayent de s’organiser, ça se solde par l’échec, et les débats finissent par tourner à vide.

Le plus souvent, ces débats finissent par prendre la tournure de parodie de thérapie collective stérile. Pire ! plus que l’on s’éloigne de ce moment voulu comme fondateur du débat démocratique, plus que cela semble s’aggraver et prendre l’allure d’un autisme généralisé. Cela est d’autant plus grave, que les protagonistes de ces ersatz de débat donnent l’impression de renvoyer le reflet d’une pathologie partagée et qui trouve un prolongement naturel chez un nombre important de nos concitoyens, exprimant avec une force d’évidence une vérité très sombre sur notre conscience collective et l’état de déliquescence dans lequel est acculée notre société, en l’exposant à toutes sortes de dérives et de convoitises.

Cette situation se trouve résumée le plus souvent dans l’expression de l’auto dérision (inconsciente) du génie populaire et que l’humoriste Fellag répercute dans son art, particulièrement dans l’énigme qu’il nous lança à la face, à tous : « Lorsqu’un peuple coule, quand il arrive au fond, il remonte. Nous ! quand on arrive au fond, on creuse. » Une énigme sous la forme d’une indignation, que l’on peut traduire par ce terrible sentiment de haine de soi. Une haine de soi se validant d’elle-même par l’anathème contre toute volonté vers un élan libérateur, considérant que la libération qui a déjà eu lieu était à la limite comme impropre à la consommation, après qu’elle fut réduite à l’innommable par ceux-là même qui étaient censés la promouvoir, parce que nécessitant l’effort et la volonté de sa réinvention continuelle. Une haine de soi couplée à la négation de tout ce qui peut constituer quelque chose pouvant contribuer à la cristallisation d’un lien social, d’un intérêt commun. Une haine de soi couplée à un rejet violent et brutal de tout ce qui peut constituer une innovation, une entreprise créatrice, ou toute autre forme de proposition inédite. Ayant pour fâcheuse conséquence, la neutralisation de tout ce qui peut contribuer à mettre en mouvement un quelconque processus d’émancipation politique collective et l’amorce d’un début d’une authentique tradition démocratique.

L’énigme de Fellag a cela d’essentiel et d’implacable, c’est qu’elle vient nous rappeler que l’indépendance que nous avons chèrement acquise, avec l’espoir qu’elle a fait naître en nous, qui était tellement immense jusqu’à ce que le rêve en est devenu aveugle, n’a fait que nous replonger dans les conditions qui étaient les nôtres – par tant de frustrations et de privations – durant la nuit coloniale et, dont la réalité ne tarda pas à nous rattraper. D’abord, par l’ignominie d’une caste despotique ayant immobilisé l’élan libérateur par l’entremise d’un régime de la terreur, par la corruption de puissants complices, motivés par leurs seuls intérêts égoïstes, avec l’octroi de parts de la rente en achetant leur silence et leur inaction au mépris du serment libérateur.

Ensuite, par l’intrusion de hordes fanatiques dans le champ de l’horreur, qui avaient leur façon originale d’exercer à leur tour leur terreur avec leur laconique la yadjouz. Ils devinrent tellement puissants et tellement pervers, qu’ils se retrouvèrent naturellement obligés à disputer le monopole de la violence, de la terreur et de la barbarie à la caste des despotes. Le conflit, qui s’ensuivit entre eux, et qui déboucha sur une telle surenchère dans la perversion de la violence et de la barbarie, était tellement hors de l’entendement humain, que tous les mots de toutes les langues que parlent les hommes ne suffiraient pas à en rendre compte. Les indus à cette discorde n’avaient d’autres choix, que l’hibernation ou la résignation dans la soumission. Beaucoup parmi eux, qui ont été pris dans les plis de la barbarie qui s’en est suivi ont étaient victimes de traumatismes et de séquelles psychologiques, dues aux tortures inhumaines qu’ils avaient subies, jusqu’à en perdre la raison.

Pourtant, au tournant de l’indépendance nationale, nous avions tous espéré à ce moment-là, que son avènement allait nous ouvrir tous les champs du possible, de la liberté, et de la dignité enfin retrouvée, et que la vie allait s’offrir à nous avec tous ses enchantements.

En vain ! C’était sans compter que nous avions sous-estimé la complexité de cet engrenage de la terreur, qui se nourrissait de tout ce qu’il y avait de plus archaïque et de plus violent dans les structures mentales et anthropologiques de notre société. Nous sommes amenés à l’évidence, que l’obstacle à nos rêves et à notre libération ne relève plus de la terreur d’une dictature ou d’un système politique corrompu, aussi despotique qu’il soit, ni d’un quelconque intégrisme religieux ou ethnique, mais bien plus grave encore. C’est tout l’héritage des conséquences de la colonisation, qui nous a maintenus à l’écart de toute civilisation et de progrès pendant très longtemps, suffisamment longtemps pour nous dépouiller jusque dans notre humanité et nous priver de capacités à pouvoir cultiver des réflexes de sociabilité et de lien social et du respect d’autrui dans sa dignité et ses droits. Ayant pour conséquence l’aggravation de notre repli sur soi, sur la famille et sur la tribu reconstituée en « clan », privilégiant le développement de toutes les formes d’égoïsme, de cynisme et de barbarie, au détriment de tout intérêt général ou national, depuis la guerre de libération, avec les conflits de leadership interminables au sein de «la famille révolutionnaire», jusqu’à ce jour dans les retranchements les plus reculés de la société.

Notre indépendance est arrivée comme naît au monde un enfant prématuré. Est-ce les signes de notre prédisposition à la recolonisation ? Si tel est le cas, comment remettre le processus de notre libération en mouvement pour dépasser cet immobilisme et nous éviter que l’on soit encore une fois re colonisable ?

Youcef Benzatat

15 commentaires

  1. Tant de gymnastique litteraire pour nous dire une idee simple et qui est un leurre : Le peuple est pire que ses dirigeants.
    Moi je pense que ,quand une societé,demunie, est agressée ,il est normale qu'elle essaye de se proteger derriere la tribu .
    sinon, il n y a rien de plus pacifique ,de plus docile , de plus doux ,que les tribus de nos contrees.
    Nos tribus sont un peu comme les femmes ou les juifs, quand ça va mal on les charge de tous les maux.

  2. Je me demande depuis toutes ces années ou peut voir un parti politiques .Hormis le FFS
    Tout autre parti a été crée par le pouvoir à commencer par le FIS et le RCD crées par
    Belkhir fils de harkis et servant de la France,qu'ils pourrisse en paix.
    Tous les partis sans aucune exception ont été mis en place pour amuser la galerie et diviser le peuple.
    L'état et le DRS ne donnent l'agrément qu'après allégeance au Roi….

  3. La soit-disante" famille révolutionnaire" une fois décolonisée s'est attelé à reproduire les mêmes reflexes, les mêmes modes de gouvernance que son colonisateur de jadis pour se substituer peu à peu à lui et perpétuer sa domination.De la fraude électorale héritée de la SAS de Naegelen jusqu' à la manipulation idéologique et l'insuflation d'illusions innonbrables comme le socialisme ; la justice sociale et la révelation divine au laser etc… Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins et refaire le cours de l'histoire avec de nouveaux colons et de nouveaux bachaghas. La classe dirigeante socialiste s'est muéé en bourgeoisie d'etat campradore avec ses institutions-rateliers reservés à ses clienteles les plus fidéles , des ronds de cuirs et des cols blancs initiés aux affaires juteuses et jouant un grand rôle dans les transactions et les transferts de matiéres stratégiques et de capitaux vers les métropoles occidentales. Le néolibéralisme turbocapitaliste introduit et encouragé par les nouveaux dirigeants politiques a laminé et réduit les classes moyennes à la pauvrete en rejoignant le lot des laisses-pour-compte ; esclaves salariés et sous-prolétaires en conbinaisons fouilleurs de poubelles et déplacés SDF de telle sorte que leur condition sociale n'est guère enviable à celle des khenasses de l'époque coloniale. Le turbo-capitalisme économique comme le système colonialiste est qu'il a ses nouveaux maitres des lieux et ses bachaghas de la grande bourgeoisie campradore d'etat qui n'a pas perdu de son bon flair des affaires dans le pays tout en regardant d'un bon oeil le soutien des confréries religieuses et leur contribution à la paix sociale et à la perpétuation du systéme.

  4. Ce qui se passe en Algérie depuis 50 ans, est le résultat d'un plan décidé par une poignée de personne qui n'ont d'autre soucis que le pouvoir personnel, le mensonge construit par le clan de Oujda, sur l'arabité et islamité du peuple algérien, afin de maintenir ce système mensonger et criminel, Boumediene à utilisé tout les coups possible et imaginable, cela afin de maintenir son règne personnel et absolu, en commençant par la liquidation des hommes vertueux, intègres et honnîtes, à l'image de l'architecte de la révolution Abane Ramdane, puis les autres au fur et à mesure, recruté dans les rangs de l'ANP les anciens de l'armée Française, nos anciens bourreaux sont devenus nos maîtres, cela qui dirigent le pays aujourd'hui par une mains de fer, la destruction de l'école avec la fameuse arabisation à marche forcée, menée par l'islamoracaille de Belkhadem par la suite le docteur Ibrahimi, dont les rejetons ont fréquentés l'école moderne ailleurs, aujourd'hui l'école est une fabrique de ratés et de tangos, les mosquées le trop plein de la manipulation, la destruction du tissus agricole avec sa pseudo tawra zira3iya, qui est juste un moyen de cacher les vrais desseins sataniques de sa politique, à Sonatrach, Boumediene à inventé le poste chauffeur du chauffeur, afin d'acheter une paix sociale sur le dos de l'avenir économique et sociale du pays, l'université réduite au silence devenue une voie de garage, celle qui est censée produire l'élite du pays, la crème de notre état, ceux qui bâtiront l'avenir du pays, quand le peuple à tenter de sortir de la misère en commençant par avril 1980, puis 1985, 1986, 1988, le régime à entamé un processus de répression féroce, enlèvements, séquestration, déportation vers les camps du sud, même ceux qui n'ont rien avoir avec les islamistes, exécution extrajudiciaire, puis à la démocratie le régime à opposé ses alliées de toujours, les islamoracailles, la société est à l'image du pouvoir corrompu et criminel, absence de justice, déliquescence des institutions, clochardisation de l'état, aucun peuple au monde ne pourra accepter de son propre gris une telle situation, notre peuple est livré à lui même, notre vie est régis par la terreur d'en haut, aucun projet de société, l'école ne forme pas un citoyen, elle forme des partisans d'une idéologie arabo-ba3tiste, l'économie est muselée, maintenue dans l'autarcie généralisée, elle est à la merci de la mafia de l'import import, les compétences Algériennes se sont vu notifier une fin de non recevoir, silence, exil ou la tombe, les médias verrouillés depuis des décennies, ils sont au service de la propagande arabo ba3tiste, aucun débat dans la société, les grandes décisions sont prises dans l'opacité totale, le parlement devenu une chambre d'enregistrement, des ministres mafieux et voleurs, dont l'âge prédestine beaucoup plus à une maison de retraite qu'à la gestion des affaires de l'état, un état devenu le plus tribal de la planète, la mafia à tout les niveaux, le crime organisé, même le ministre de l'intérieur est favorable à la mafia du change, celle du blanchiment de l'argent du crime, de la drogue, celui des détournements des dénis public, le régime opposant ses baltagais à tout les mouvements populaires et légitimes, les services de sécurités au service de la traque et la répression du peuple, humiliation et arrestation de journalistes, de chercheurs, de syndicalistes, quand les tangos obtiennent les retraites dorées, une impunité totale, est ce que le pouvoir politique à appris au peuple de défendre ses droits à l'école, dans la société, à travers le débat libre et transparent, où les fonctions dans l'état sont attribuées à des compétences et non au clan, aujourd'hui, nous avons plongé dans un silence profond et une violence extrême, c'est une suite logique, c'est une immense frustration, quand un peuple ne peut pas s'exprimer à travers les canaux habituels, le seul moyen d'expression reste la violence, cette violence est voulue par nos augustes dirigeants, ignares qu'ils sont ne peuvent pas assumer un débat contradictoire, ils ont offert l'occasion à la violence de s'exprimer, quand au savoir et la raison, ils n'ont qu'a se tenir.

  5. De la république des clowns aux clowns de la république rien en perspective.

  6. "L’ignominie d’une caste despotique ayant immobilisé l’élan libérateur par l’entremise d’un régime de la terreur, par la corruption de puissants complices, motivés par leurs seuls intérêts égoïstes, avec l’octroi de parts de la rente en achetant leur silence et leur inaction au mépris du serment libérateur."
    La corruption et les sang sues qui restent au pouvoir en sont la pathologie chronique d'une Algérie qui n'est démocratique que sur du papier !

  7. Un violent conflit de génération! Voilà ce qu'il est urgent de mettre en oeuvre en Algérie pour marquer une rupture profonde avec les causes sociologiques historiques à l'origine de nos tares diverses! L'école est ce lieu de tous les espoirs pour peu qu'il y ait une conscience de l'urgence à faire à arracher l'enfant des griffes de sa propre familles déjà, haut lieu de cristallisation et d'inculcation de tous les écueils posés en termes d'un embrigadement idéologique et autre transmission d’archaïsmes religieux et traditionnels, fondamentalement opposés à la fondation d'une société moderne. L'école algérienne, au lieu d'être cette brèche d'espoir ouverte sur le monde et où l'enfant apprend à remettre perpétuellement en cause son environnement familiale et social, elle se trouve sous l'emprise d'une idéologie faisant de lui un être évoluant en vase clos. La personnalité de l'enfant est donc sous l'emprise de deux univers en parfaite symbiose dans l'accomplissement d'une pathologie sociale qui le caractérise dans ses comportements déphasés, profondément déséquilibrés. L'Algérien vit une double incarcération simultanée et perpétuelle.

  8. Il manque d'autres sur cette photo. ce sont eux avec d'autres comme eux,(prétendument islamistes, nationalistes,démocrates,communistes etc..), qui ont sauvé le systéme post colonial de boutef. les vrais alliés du systéme pourri de boutef depuis 50 ans ce sont eux,des complices passifs et actifs conscients et inconscients. ils sont tous unis contre le peuple algérien. les vrais opposants politiques au régime de boutef depuis 1962 ont toujours étés éliminés physiquement ou politiquement. boutef est leurs vrais maitre. Quand il fallait soutenir Mohamed Boudiaf ou Liamine Zeroual, ils faisaient semblant de ne pas bien comprendre et leurs trouvaient des défauts. et comme par hasard ils ont tous soutenus celui qu'il ne faut pas, celui qui est la source de tous les malheurs de l' Algérie et des Algériens. Vous soutenez boutef ? parce que, il est comme vous ou vous êtes comme lui. Vous êtes des faux des usurpateurs et des imposteurs comme lui. Mohamed Boudiaf et Liamine Zeroual ce sont des algériens sincères et honnêtes, comme tout ces algériennes et algériens qui ont donné leurs vies pour cette Algérie. Vos vies ont servis a quoi? à maintenir l'Algérie sous la domination du systéme boutéfien. Quel gâchis! le plus bébête des algériens sait et ce depuis toujours, qui est vraiment boutef et qu'il veut faire de l'Algérie un enfer pour les algériens. Vous avez induis en erreur, les algériens en toute conscience tout en sachant les conséquences de vos soutiens et vos complaisances avec boutef.

  9. Comme dans tous les pays musulmans, despotes et intégristes puisent leurs postures de dictateurs farouches et ténébreux de la même source : Le coran. Ils s’en abreuvent et nous empoisonnent avec, à satiété. Pour les uns, le laconique « la Yadjouz », prend la forme de « karrarna aïlaykoum ». Où est la différence ? Les uns comme les autres, auréolent le serment de sincérité d’un somptueux « bismi-Allah errahman errahim » afin de bien mettre en relief les nombreuses facettes insidieuses et autres fresques de la supercherie de la grotte « hira ».

    Je me suis amusé à rassembler les versets répétés dans le Coran (version Albouraq, laquelle, comme toutes les autres versions d’ailleurs, ne s’encombre guère de décence pour amplifier le mensonge de Dieu, poussant le ridicule jusqu’à alléguer au texte d’Allah des références à des signes cosmiques qui n’existent pas, mis à part le fait que les étoiles seraient des lanternes « made-in» beit-Allah pour éclairer les chemins obscurs des combattants de la cause mahométane). Bref ! Si on filtre cette version, qui contient plus de 700 pages, en éliminant les versets redondants, on arrive à un concentré de quelques dizaines de pages, à peine. Et même, dans cette version « zippée », les mots châtiments cruels et autres «djahenamas» réservés aux impies, i.e. tous ceux qui refusent la soumission à Allah, s’érigent en vérité incontestable.

    Quant à la « surenchère dans la perversion de la violence et de la barbarie », pas la peine de se fatiguer à chercher les mots dans d’autres langues, il suffit de puiser dans l’expression du terroir et la mémoire collective qui lui sert de transmission pour y trouver le terme approprié : «thawaghith». Ce mot intraduisible décrit toute la violence et la barbarie des envahisseurs, de l’occident ou de l’orient, qui avaient chassés nos ancêtres des plaines et des verts pâturages, les contraignants à se réfugier dans les derniers retranchements; les cimes de nos collines et de nos montagnes.

    Pour justifier ces refuges, rudes et inhospitaliers, les vieux de mon village disaient souvent «athzikh r’walness ith-waghith, n’kwni n’kim dhekss ! ».

    En conclusion ‘therwi theberwi ! “. On peut discourir à l’infini, « oualakine, skoudh ourtha3kil vaviss, atskamel atserwi atseberwi s’la-barbarie de la kheira (2 voyelles de plus pour ne pas déborder dans l’impudique) oumatine”. «And the beat goes on… ».

    Cheers aux mousse-kaffirines !

    En guise de post-scriptum, je fais mienne cette phrase lancée à la Marhaba d’Alger, juste avant la déferlante islamiste, par un compagnon fidèle au serment de Bacchus, Ach-hal b’nine Ricard ki t’harkou b’esbâa ech’hada !

  10. Permettez-moi de corriger l'orthographe de mon commentaire ci-dessous , il faut lire : "Khemassines" de l'époque coloniale au lieu de " Khenasses". Salutations.

  11. L’homme politique qui a besoin des secours de la religion pour gouverner n’est qu’un lâche ! […] Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l’État.

    Mustafa Kemal Atatürk ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, page. 13

    Vous venez me parler des avantages que nous a valu notre conversion à l’Islam, et moi je vous dis : regardez ce qu’elle nous a coûté !

    Mustafa Kemal Atatürk ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, page. 326

  12. je ne sais pas comment etre heureux sans faire l'amour. les hommes et des femmes 40, 45 et plus de 50 ans, sans sexualite? et vous esperez comme meme que le pays evoluera? il n y a aucune raison. tout le peuple est resté psycologiquement a l'age de la puberté. et vous voulez que ce peuple travaille et donnera des resultats? son besoin le plus elementaire n'ai pas satisfait. quel malheur!

  13. Bonjour tout le monde

    L'auteur a dit: "….qui se nourrissait de tout ce qu’il y avait de plus archaïque et de plus violent dans les structures mentales et anthropologiques de notre société…" Voici, à ce propos une petite

    Discussion ordinaire dans un café quelque part en Algérie

    L’un est émigré, un autre travaille au sud, le troisième rêve de partir et le dernier est un chômeur endurci. Un groupe de jeunes, tous du village, se rencontre par hasard au café et parle entre eux. De leur discussion, d’apparence anodine, émane bien des vérités. Des rêves, des espoirs,…mais aussi des préjugés, des déceptions, des mensonges, des jalousies et autres sentiments divers qu’ils ressentent les uns, les autres.

    Farid : « une belle lurette Abdella. Content de te revoir ! Toujours à la Sonatrach ? »

    Abdella : « Je ne viens que rarement au village et le plus souvent, je rentre de nuit. Je suis chef d’équipe maintenant et mon frère Smail est aux Émirats où je lui rends assez souvent visite. Et toi, toujours dans l’enseignement au sud ? »

    Abdella savait que Farid vit en France, mais, il a préféré faire semblant de ne pas le savoir. Etre chef d’équipe dans le sud est plus valorisant socialement qu’être enseignant !

    Farid : « Non mon ami, je ne suis plus enseignant. Je ne vais quand même pas passer toute ma vie à stagner ? Actuellement, je vis, avec ma petite famille, à Paris où je travaille comme cadre à Carrefour. Tu connais cette grande enseigne ? Tu sais mieux que moi qu’il n’y a aucun avenir dans ce bled même à la Sonatrach. Alors, j’ai préféré sauver ma peau et celle de ma famille. »

    Abdella, ne pouvant plus supporter l’audace et le nouveau statut de Farid, trouva le prétexte d’un rendez-vous important et s’excusa de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec eux. Il met le moteur de sa Clio en marche et démarre en trombe !

    Salah : « je ne comprends pas la suffisance de ton cousin Abdella ! Qu’est-ce qu’il a à gagner en montrant toujours cet air de supériorité à la con ? Voilà le problème des Algériens ! Mais bien fait pour sa gueule ! Tu l’as vraiment rabaissé. Il ne m’a même pas invité à son mariage le mois passé. Tu t’imagines ! Quand il m’a rencontré, il m’a dit qu’il était tellement occupé qu’il a oublié d’inviter ses amis du village. Par contre, ses nouveaux amis fortunés de la Sonatrach, eux, tous étrangers au village, il ne les a pas oubliés. C’est comme s’il a honte maintenant de nous. Mais, quand j’ai vu sa femme dans sa Clio, j’ai vraiment ri. On dirait une vieille saucisse. »

    Rezki : « complexés, certains, dès qu’ils sortent de la misère, ils mettent carrément une tombe sur leur passé, ils oublient même leurs anciens amis qui ont juste la malchance de rester pauvres. La majorité des cousins d’Abdella ne travaille pas et il n’a jamais pris aucun d’entre eux au sud. Chef d’équipe de mes c…oui ! Avec ces gens là, c’est notre misère qui les met toujours en valeur. Ils croient s’élever et être importants en espérant toujours nous voir dans la même situation de démunis. Il arrive ici et paye une tournée de cafés juste pour montrer qu’il a réussi dans la vie et qu’il a beaucoup d’argent. Moi, j’ai juré de ne jamais accepter de le boire. »

    (Rezki, énervé, sortit sa boite de « Chemma » de sa poche et en plaça une bonne dose sous sa lèvre supérieure)

    Salah : « à propos de boire justement, as-tu pensé encore à nous cette année Farid ? Je n’oublierai jamais la bouteille du Red Label que tu nous as offerte l’année passée ! Ah França, le pays des rêves ! C’est la belle vie pour toi maintenant mon ami ! C’est vraiment dommage que le consulat ne donne plus de visa comme autrefois, sinon à 700 milles dinars, avec la connaissance en plus. De toute les façons, inutile d’espérer si tu n’as pas d’hébergement. Il n’y a que les étudiants qui semblent favorisés. Et toi Farid, est-ce que tu peux m’envoyer une attestation d’hébergement que je puisse demander un visa ? »

    Farid : « désolé Salah, mais c’est impossible. Je vis dans un 27 m2 et la mairie n’acceptera jamais de m’établir ce formulaire avec une telle superficie. De plus, n’imagine pas que c’est facile de vivre en France. Il y a beaucoup de misère même là-bas. La plupart des sans papiers y végètent et n’ont aucun avenir. Crois-moi, sur divers plans, ici c’est mieux que là-bas. Mais, moi, je pense toujours à vous. Cette année, je vous ai ramené une autre marque de whisky, le Clan Campbell que j’ai payé très cher, avec du jambon et des saucissons secs. Vous allez vous régaler ! »

    Juste après, Farid reçoit un coup de fil de son frère sur son nouvel Ipod qui lui demandait de rentrer à la maison pour manger un bon couscous que ses sœurs ont préparé à son honneur. Il s’excusa, auprès de ses amis, de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec eux et rentra chez lui.

    Rezki : « Salah, ne crois surtout pas aux bobards de Farid. Il dit qu’il ne peut pas t’envoyer l’hébergement. Mais, dis-moi alors, comment se fait-il que son frère soit parti deux fois à Paris ? Et s’il ne fait pas, comme il le dit, bon vivre en France, que fait-il alors là-bas ?

    Pourquoi chercher surtout à nous décourager comme ça ? Farid est un menteur ! Il est comme les autres. Il a réussi mais il ne veut pas perdre son temps ni son argent à aider des personnes, même une vieille connaissance comme toi, en dehors de ses proches. C’est bien de se rappeler de nous, mais ce n’est pas de saucisson sec dont nous avons besoin. »

    Rezki soupira et ressortit sa boite de prise de sa poche et, comme le café d’Abdella, il jura aussi de ne plus boire même le whisky de Farid.

  14. Le plus dur, c’est lorsque Rezki se trouvera complètement acculé au mur, à ce moment-là ! il n’aura d’autres choix, que d’aller frapper à la porte de l’unique employeur de la Wilaya : Rab D’Zaïr. Et là ! mon ami, ça sera très dur pour Farid, Abdellah, Salah et tous les autres que nous sommes.

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