Boycott populaire, chantage et contre-vérités

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Par Le Matin DZ | 11/05/2012 09:02:00 | 11553 lecture(s) | Réactions (14)

Au lendemain du 10 mai 2012, les décideurs peuvent jubiler. Même si le taux de participation n'est que de 42%, ils s'en contenteront sans doute pour redorer leur blason.

Abdelaziz Bouteflika et des officiers supérieurs. Abdelaziz Bouteflika et des officiers supérieurs.

Acculée par la pression induite par le vent de changement qui a soufflé les régimes totalitaires et autoritaires de la rive sud de la Méditerranée, et par la pression de la rue algérienne dans d’interminables révoltes qui secouent le pays depuis janvier 2011 pour une démocratisation du régime politique, et surtout par la menace des impérialistes occidentaux, embusqués derrière la crise de légitimité qui affecte le pouvoir algérien, guettant le moindre alibi pour se redéployer dans l’ingérence des affaires intérieures algériennes, la coalition des généraux au pouvoir en Algérie s’en sort renforcée de ce triple bras de fer, en ayant répondu du tac au tac à chacun de ses contradicteurs. Au soir du 10 mai 2012, ils peuvent jubiler. Tant le score du vote pour les législatives, malgré qu’il n’avoisine que les 42 %, est largement suffisant pour confirmer la crédibilité du processus démocratique par lequel l’assemblée nationale a été élue et renforcé leur légitimité.

L’argument est sans appel, sauf dans le cas inattendu et imprévisible d’un soulèvement populaire, qui viendrait remettre en question cette légitimité, acquise par la corruption d’une clientèle disposée à collaborer à leur stratégie de maintien au pouvoir et par la violence contre les récalcitrants. La stratégie que le pouvoir avait mise en place pour s’en sortir de ce triple bras de fer et qui fut mise en orbite depuis le discours de Bouteflika en avril 2011 a réussi à ce jour, mais l’épée de Damoclès resterait toujours au-dessus des têtes des Algériens, si ceux-ci venaient à se rebeller. Cette situation, si elle venait à se produire, ouvrirait un autre chapitre dans l’histoire de la lutte du peuple algérien pour recouvrer sa liberté et la légitimité de ses institutions. Le pouvoir aura à ce moment-là ! à jouer les prolongations. Pour l’heure, le chapitre "printemps arabe" est clos, c’est une nouvelle ère d’incertitudes dans laquelle s’enfonce l’Algérie.

En résumé, la stratégie que le pouvoir avait mis en place en avril 2011 revenait à réévaluer à la hausse la redistribution de la rente au profit des services de sécurité, des fonctionnaires, de tous les corps de métiers et de la société civile acquises à sa cause, pour que le vent de la contestation ne vienne pas à les contaminer, d’une part. D’un autre côté, des concessions importantes ont été faites au profit des puissances impérialistes occidentales, sur le plan des échanges commerciaux, ainsi que sur le plan de leur stratégie géopolitique, - notamment, la neutralisation des forces progressistes, susceptibles d’instaurer de véritables régimes démocratiques dans le monde arabe, et pouvant constituer un danger pour leurs intérêts dans la région, comme ce fut le cas en Amérique latine, contrairement aux islamistes, avec lesquels ils préfèrent s’allier, car leur idéologie est par nature antidémocratique, en même temps qu’ils sont facilement maniables - en échange à cela, ces derniers devraient adopter une position de neutralité vis-à-vis du problème de l’illégitimité politique et du déficit démocratique. C’est alors qu’intervient le rouleau compresseur du changement dans la continuité, pour couvrir les voix qui se sont levées dans le monde arabe appelant au changement et en atténuer les effets. Une illusion de parachèvement de la transition démocratique qui a été amorcée, puis avortée au tournant des années 1990 se met alors en branle, de laquelle sortirons des réformes, des législatives et une révision de la constitution. Les réformes prendront l’allure d’un ravalement de la façade démocratique, déjà en vigueur, taillées au couteau pour que rien ne change et qu’aucune parcelle de pouvoir ne puisse échapper aux généraux.

Pour ce faire, un élargissement conséquent de la clientèle politique fut consacré. Ainsi, plusieurs partis politiques en attente d’agrément depuis des années furent intronisés, d’autres furent créés spontanément sans réelle consistance politique, ni encrage dans la société. Leur seul objectif se résume à la participation à l’illusion du changement en contre partie bénéficier d’une part conséquente de la rente. Au total, ce fut près d’une cinquantaine de partis qui participèrent aux législatives. Dans un régime à la proportionnelle, il n’y aura aucune chance de dégager une majorité dans ce cas. Le pouvoir occulte des généraux peut manœuvrer dans ces conditions à sa guise pour faire appliquer ses décisions. En parallèle, un contrôle de l’opposition à son plan de sauvetage fut parcimonieusement orchestré à force de loi et de répression par une force de réaction disproportionnée et omniprésente pour contrer toute tentative de contestation de masse ou de soulèvement populaire.

Le plus gros semble à ce stade de leur stratégie, accompli sans encombre. Reste la dernière ligne droite, réussir un taux de participation aux législatives satisfaisant, de manière à donner de la crédibilité aux réformes et, donc, à l’illusion de parachèvement du processus de la transition démocratique pour renforcer leur légitimité. Dans le cas contraire, celui d’une abstention massive, celle-ci serait remise en question aussi bien par l’opinion nationale encore crédule dans ce système, qui amènerait son éveil à une conscience politique conséquente, ainsi qu’à l’opinion internationale, qui sera amenée à son tour à décrédibiliser les réformes entreprises. Ce qui fera dire à Bouteflika, que la participation au vote est équivalente à l’engagement du 1er novembre 1954. L’ambiguïté de cette phrase n’a trouvé d’explication qu’a la lumière des menaces de représailles contre les boycotteurs, allant jusqu'à rendre le vote obligatoire. Car le pouvoir, qui tire sa légitimité de cette date historique, appelée "légitimité révolutionnaire", se verrait dépossédé de celle-ci en cas de forte abstention.

Comme si la menace ne suffisait pas, il aurait fallu mobiliser tous les moyens possibles pour drainer les Algériens aux bureaux de vote le jour du 10 mai 2012, par la fraude sur les listes électorales, par la mobilisation des mosquées appelant les algériens a accomplir le vote comme un devoir religieux pour tout croyant, jusqu'à aller faire du ramassage par les transports en commun et du rabattage par des véhicules circulant dans les quartiers, incitant la population à aller voter. Tout compte fait, la menace de représailles contre le boycott a bien payé, car la majorité des votants affirment avoir voté par crainte de représailles administratives. Reste le dindon de la farce, qui prétendait "mettre du mouvement dans le statu quo" en voulant endosser le rôle de "mesmar djeha", la réponse du pouvoir à sa première contestation à été sans ambiguités : "bellaa femouk". Bien que rien n’est joué définitivement, même si le chapitre «printemps arabe» semble être clos avec ces législatives, une coalition d’opposition au pouvoir au sein de la nouvelle assemblée nationale, peut-elle émerger autour du FFS et constituer un noyau de résistance pouvant attirer à sa cause l’opinion nationale et renverser le cours de l’histoire, c’est du moins une hypothèse des plus souhaitables. Encore faudrait-il que le FFS puisse concevoir la démocratie dans son acception la plus moderne et la plus universelle.

Youcef Benzatat

 
4.11

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youcef benzatat 16/05/2012 06:14:30
Monsieur alloui, ayez du respect pour vous meme et pour ce peuple qui est suffisamment meurtri par ces laches qui vous instrumentalisent, allez lâcher vos insanités, votre haine et vos envies sournoises sur d'autres torchons qui vous vont très biens et qui pourrons satisfaire votre curiosité de lecture, ici c'est un journal libre, consacré par un homme libre pour des citoyens libres
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moncef alaoui 15/05/2012 18:22:38
Benzatat, avant de vous lancer tête baissée dans des analyses ou plus précisément dans des élucubrations fantasques, apprenez à é c r i r e( ECRIRE). Votre torchon ne rime à rien surtout lorsqu'il commence avec une phrase qui contient CENT mots. Etonnant que Benchicou dont la plume est si brillante, accepte de vous publier pour au fond ne rien dire . Mieux vaut rester SANS mots.Autrement dit, boycottez en SILENCE.
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mustapha ouahadda 12/05/2012 16:11:52
Moi, je ne repproche rien au régime algérien,puisque chacun sait qu'il est contre la démocratie, contre l'éducation, contre les formes civiles, contre l'éducation, contre le developpement selon les regles saines, en faveur de la fraude, en faveur de bourrage, en faveur au non respect de l'etre humain, en faveur à la repression, en faveur aux mascarades, en faveur d'assassiner pour y demeurer éternellement, etc... Mais au FFS, il n'a pas retenu la lecon de 1991. Je repproche aussi aux démocrates, aux intellectuels, aux écrivains, aux hommes de la culture, à yasmina khadra, celui qui a accepté de cautionner en échange le poste de cca à paris. Mieux vaut etre un grand homme et j'en suis fier car j'ai toujours gardé les mêmes principes d'homme kabyle libre que d'être à la solde de ce régime déboussolé, maniaque, totalitaire, abject, sangsues, débile, maffieux, horrible, tentaculaire, avec plein de privilèges! SIC.
Ps : J'aimerais ressembler à larbi ben'mhidi, à abane ramdane bachelier à 16 ans, à mouloud mammeri, à tahar djaout, à ferhat mehenni et surtout au grand homme feu matoub lounes!
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ranaferhanine bezafbezaf 11/05/2012 22:19:21
Ait Ahmed est un traitre. pour ceux qui ne veulent pas comprendre, il faudrai aller visitre l histoire ait ahmed repeche par son clan en 1962 lors des elections legislative dans la circonscription de setif puis a ete pousse par le clan d oujda d organiser sa fameuse marche a Alger "7 snin barakat" contre le groupe de tizi ouzou dirige par krim belkacem et puis prendre sa tete en isolant krim belkacem et lanca sa " guerrilla " pour briser la kabylie et l opposition democratique qui pourrai construire le pays sur des normes moderne de gestion d un ETATet pour le bonheur du peuple algerien avec toutes ses cultures et ses croyances dans le respect mutuelles. je dis haut et fort qu ait ahmmed est un grand traitre ecouter akli yahiaten chanson dedie a zizi lho. http://www.youtube.com/watch?v=sZ63XT_nkiI
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hocine amari 11/05/2012 19:17:48
Pauvres généraux de pacotilles . Ils doivent avoir des insomnies avec le taux de 30% de participation.
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mustapha ouahadda 11/05/2012 15:25:06
Je ne crois nullement aux chiffres car le régime nous a habitué aux mensonges, Il y a beaucoup plus que que ca d'abstentions, Cela dit, c'est un échec pour le régime, pour bouteflika, pour dok, pour zerhouni et pour tous ceux qui soutiennent ce régime totalitaire et sanguinaire. L'algérie, d'aujourd'hui, est délabrée par la misère, par la saleté à grande échelle. Nous, gens propres, devons faire quelques choses, d'essayer de porter d'autres vêtements neufs à cette algérie, pour qu'elle puisse ressembler à d'autres pays civilisés.
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youcef benzatat 11/05/2012 14:34:45
Bonjour Monsieur Karim Haddad, je suis d'accord avec vous, et je partage tout a fait votre analyse, la fraude a été tout simplement surréaliste, en amont et pendant le vote et certainement après le dépouillement des urnes, ca s'est un fait indiscutable...sur la véracité du taux de participation, cela est sans importance à mon avis, car ce qui compte est le taux communique et valide par les différentes commissions de controle qui sont elles memes acquises au système et constituent de ce fait une autre forme de fraude. Mais le taux de participation réel personne ne le connaitra, néanmoins un nombre important de votants, selon les différents sondages et enquettes, ont voté par crainte de représailles administratives, ce sont généralement des gens qui ont des intérets en rapport avec l'administration, voyage a l'étranger, affaires, dossiers administratifs de tout genre, c'est là ou se situe à mon avis la plus grosse fraude, c'est détourner l'administration de sa vocation pour en faire un outil de dissuation et de repression au service d'un régime totalitaire et autoritaire...
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Guel Dring 11/05/2012 12:49:23
Mais ce n'est aussi que partie remise , parce que le 57% qui n'ont pas voté n'est pas un chiffre à laisser le pouvoir en paix . Bien au contraire . A la "réussite" de ce passage, le sursis plane et planera sur la gouvernance jusqu'à ce changement . Ce sont les choses de la vie, ses règles, ses choix : du bon, du mauvais ...Et après ? Il y a eu une forte abstention et seulement , 20% ont voté ! Et après ? Tout le monde vit dans l'expectative bien que les partisans du changement soient plus fébriles, il reste que les jours sont à venir , et nul ne peut prédire de quoi sera fait demain.
Le testament, par lequel la légitimité révolutionnaire a eu raison du reste de l’électorat, a été lu à Sétif Dans ce cas , il faut savoir faire contre mauvaise fortune bon coeur car autant qu'aux U.S.A. , nul n'a pu prévenir la tornade et ses dégâts .
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Kamel Briksi 11/05/2012 12:38:30
42.9 % c'est ce que le pouvoir à déclaré !!!!! mais je ne pense pas que ça a dépassé les 20 %. Un prof requisitionné de force ma dit ce matin que à 20 h l'urne du CEM ou il a travaillé était pratiquement vide !!!!
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Khalida targui 11/05/2012 12:23:39
Quand ils ont dit la vérité sur les chiffres jamais même quand il y avait cette démocratie bébé dans les années 90; Maintenant qu'ils ont tout en main même leurs faux opposants islamistes , maintenant qu'ils ont tué tous les démocrates, ils vont nous dire la vérité? Dans nos rêves! Allah arham el Djazair, avec ce vote et les observateurs complices ils nous ont eu. Ghalass pour nous. Blabla contre blabla et le bateau qui coule.
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R A M E S S E S II 11/05/2012 11:39:02
"Bellaa Femouk" "Ferme ta Gueule" il manque juste "sale arabe" pour faire la jonction avec un certain colon que je nommerais pas par respect à nos martyrs. Ahia Si El hocine, l'Algérie est en danger, je pense que le ffs est vraiment loin pour protéger l'Algérie, vous ne pouvez même pas controler un petit consul et vous osez parler de démocratie, que dire des généraux!
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karim haddad 11/05/2012 11:37:40
Je regrette mr Benzatat..
votre article part du fait accompli "du peuple algerien qui a voté a 44/100..tel que nbous l'ont affiché nos dirigeants malgré nous....faites un tour du coté du site dna algerie et vous pourrez suivre heure par heure la fraude masive et a ciel ouvert dans toutes les wilayas du pays.....vous apprebdrez que l'armee a recu instruction de voter fln....que vers 16h ..avec l'abscence d'electeurs, le fln utilise 3 bus bourré de gens acquis et qui viennent voter a la place des absents....et dans plusieurs wilayas...que dans plusieurs centres de vote , on ferme les bureuax devant le public pour faire le decompte entre gens du fln.....etc....dna algerie et algerie-exprexx en rapporte des vertes et pas des mures ..le taux moyen reel avoisinerait les 10/100 seulement au niveau national...alors cessez de prendre les resultats de l'escroc ministre comme pour fait "avéré"
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Moha Mohmoh 11/05/2012 10:48:38
La fin du cauchemar n'est pas pour demain. Cirque sur cirque, l'Algérie devient la risée du monde...arabe! L'Algérie est orpheline de ses fils authentiques: lasse de les voir tous assassinés par la maffia au pouvoir, elle n'enfante plus. Ce n'est pas le RCD qui va nous contredire, lui qui fait le comique en prétendant présenter un bilan de sa participation à la précédente infâme APN au lieu des excuses sinon de se taire. Au tour du FFS de prendre le relais. Franchement, nous n'avons pas à nous lamenter, nous avons ce que nous méritons.
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Mouloud FEKNOUS 11/05/2012 09:34:33
Si les chiffres de l'abstention sont exacts (56 ou 58%), et le reste pour partie est un vote de la peur et la contrainte alors la légitimité des futurs élus est contestable. Le peuple n'adhère plus!
Il ne lui reste plus que le miracle pour se retrouver dans les idéaux de 1954 !!!!
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La Presse Algérienne