La presse, cinq siècles après Cervantès, dix ans après la lettre d’un «ami»

Le bilan de cette Journée de la liberté de la presse fut, tout compte fait, conforme aux désespoirs de l’époque. Trois journalistes arrêtés devant le siège de l’ENTV à Alger, après une intrépide tentative de rassemblement devant le siège de la télévision nationale.

Et c’est tout.

C’est tout ? Mais c’est fantastique !

Vingt ans après sa création, il ne reste, par bonheur, à la presse libre algérienne que le donquichottisme.

Par bonheur, oui, car à l’heure où «la presse responsable» revient en force, où les journalistes se font célébrer chez Granitex et décorer par le RND puis, ce qui ajoute quelque piment à l’affaire, par le FLN, il est salutaire de se rappeler que le journalisme, dans un pays livré aux mafias, ne sera jamais rien d’autre qu’une folie. Et tant pis pour les sceptiques et les oublieux. Pour les sceptiques, il n’est qu’à songer que les plus belles pages de la presse algérienne ont été écrites par d’impénitents Don Quichotte provinciaux, seuls face aux seigneurs locaux : Beliardouh, Hafnaoui Ghoul, Larabi…

Pour les oublieux, il reste l’histoire…

Aussi loin que je m’en souvienne, depuis la folle pétition des journalistes d’ El- Moudjahid pendant le Printemps berbère de 1980 jusqu’à l’incroyable odyssée du Mouvement des journalistes algériens, nous nous sommes toujours mis, sans trop le vouloir, sous la protection de Cervantès et toujours adopté, sans trop le savoir, le donquichottisme comme unique religion. Le vrai donquichottisme, le pur, l’ubuesque, celui raillé par la bonne société et moqué par les proconsuls, le donquichottisme exaspérant et insolent, celui qui fait descendre jusqu’aux enfers, comme devait le faire Don Quichotte dans le rêve de Cervantès, pour ouvrir les portes aux hommes persécutés et rabaissés, le donquichottisme comme ultime bravade aux dieux et au diable, dans un défi désespéré à l’insupportable, un niveau d’entêtement où la défaite finit par culminer en victoire. Nous l’ignorions alors, mais c’était cela, rien que cela, le génie de nos pères, indigènes coriaces et désespérés. Ce n’était point seulement ce que l’on appelle l’honneur, mais surtout la folie de l’honneur ! Aller jusqu’au bout pour que l’obstination culmine en triomphe ; jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’impensable. Tout ne fut, dans notre histoire, à bien y regarder, qu’une consécration du donquichottisme comme unique forme de lutte pour récupérer la patrie insaisissable, puis la liberté, puis la grâce d’exister. Des audaces de Novembre à celles de nos Printemps, tout ne fut que l’inimaginable revendication d’un droit sacré, le droit à sa part d’obstination. Grâce fut rendue à Cervantès quand, en 1990, il fut décidé d’ériger la Maison de la presse à quelques centaines de mètres de la grotte où l’écrivain espagnol avait trouvé refuge, pendant ses années de captivité à Alger, vers la fin du XVIe siècle.

Comment, diable, échapper alors à Cervantès, avec un si pesant voisinage ?

Autour de la grotte qui lui servit d’asile naquit un quartier endiablé, le quartier de Cervantès, dans Belcourt des pauvres gens, Cervantès, assemblage de masures loqueteuses où l’on croupissait jusqu’à la mort, Cervantès qui n’a toujours laissé voir que les guenilles étendues aux fenêtres, taudis éloignés des regards, dans les tréfonds de la cité, loin de la ville, loin de la commensalité coloniale, de l’école et du médecin. Les enfants s’instruisaient dans la rue et on s’y soignait d’herbes et de prières. Le reste se devinait au piaillement des gosses affamés et aux prières impuissantes.

C’était là que je m’aventurais, enfant, dans la grotte de Cervantès, parmi les lentisques, la broussaille et les oliviers, à l’intérieur d’une vieille crânerie, celle des gavroches indigènes de l’époque, offusqués de ce que les Arabes se résignent à être les bannis des petits Blancs européens, eux-mêmes tenus à l’écart des quartiers opulents…

De ces pèlerinages, je revenais avec le même tocsin dans la tête : les hommes ont le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur.

C’était le cadeau éternel de Cervantès à Alger.

Comment s’étonner alors que, devenus adultes, les gamins de Belcourt, fatigués de l’insupportable, firent de ce quartier indigène de Cervantès le temple discret où l’on apprit la colère puis la désobéissance puis la témérité ? C’était dans le quartier de Cervantès, quartier du docteur Belouizdad, d’Ahmed Bouda, d’Aïssat Idir, de Mahsas, de Rebbah, que s’est planifiée l’insurrection et qu’est née l’UGTA. À quelques mètres de la grotte de Cervantès, parmi les lentisques, la broussaille et les oliviers, sous les auréoles d’une vieille crânerie magnifique et toujours exaspérante qu’on appelle donquichottisme. Cervantès était alors le champ de bataille entre deux obsessions inconciliables : le peuple indigène qui voulait enfin vivre ; les chefs qui voulaient enfin régner ! Il l’est resté. Oui, comment échapper à Cervantès, fantôme bienfaisant, faubourg miséreux et trop proche de nos rédactions, éternel champ de bataille entre deux obsessions décidément inconciliables : le peuple indigène qui attend toujours de vivre ; les chefs qui persistent à vouloir régner ?

Tordre le cou à Don Quichotte

Comment alors ne pas saluer l’heureux retour du donquichottisme en journalisme et remercier nos trois confrères d’avoir remué quelques mottes de jeunesse ?

Mais que ce sera dur, dur de se battre contre les moulins, dans Alger sans bistrots, dominée par les faux dévots et la même bonne société qui brûle de faire le procès de nos égarements et de tordre le cou à Don Quichotte !

C’est que la tentation de soigner la presse algérienne de ses dévergondages est aussi vieille que celle de plaire aux souverains. Le débat eut lieu en son temps, avec Saïd Sadi et sa «Lettre à mes amis de la presse» qui reste le modèle de l’admonestation sournoise au service des puissants. Rappelons-nous : la semaine même où Bouteflika, excédé par les révélations sur Al-Shorafa, se fendait d’un discours violent à l’encontre de la presse algérienne, Saïd Sadi le relayait pour noter chez cette même presse, «la tentation grandissante d’un arbitrage narcissique, étouffant l’observation, (et qui) témoigne d’une évolution préoccupante». C’était, il est vrai, l’époque où le RCD se plaisait dans le gouvernement de Bouteflika, car « séduit par le discours moderniste du président concernant l’école, la femme et la francophonie», comme l’a écrit El Watan. L’époque où «soutenir Bouteflika n’était ni une maladie, ni un tabou». L’époque où l’on s’accommodait d’un président rédacteur en chef de l’APS, où la télévision s’était spécialisée dans les clips de Bouteflika ; l’époque où la kleptocratie volait, les coquins s’acoquinaient, le wali Bouricha vendait la Mitidja, Orascom et Sawiris s’emparaient de pans entiers de l’économie, Abdelghani Bouteflika s’achetait un appartement parisien avec l’argent de Khalifa… À cette époque-là, Saïd Sadi regrettait non pas le silence des gros médias autour de ces prévarications mais les «outrances» de la presse privée, «les certitudes et les excès», l’accusant de vouloir «préférer l’hostilité à la recherche de la vérité», dénonçant «l’outrance qui tient lieu d’autorité», «le raccourci et la caricature qui dispensent de l’investigation» et «le jugement qui remplace l’analyse». La presse algérienne diffame ? Mais bien sûr, messieurs, bien sûr ! On parle, bien sûr, de l’autre presse, pas celle qui voyage avec le président, mais l’autre, celle qui paie ses factures d’imprimerie, l’autre qui se fait suspendre, traîner devant les juges, convoquer par les commissaires, cette presse immature et provocatrice qui se fait confisquer ses passeports et jeter en prison, ces gazettes à ce point ignares du journalisme professionnel qu’ils se font harceler par le fisc, harceler par les imprimeries, harceler par les policiers, les magistrats, les flics de Zerhouni, puis par leurs collègues érudits en déontologie et indignés par tant d’impiété envers les religions bouteflikiennes !

C’est vrai : rien ne marchait plus alors entre le RCD, soutenant la démarche de «concorde civile» du président Bouteflika et appelant à un «oui» au référendum du 16 septembre 1999, et la presse privée pas dupe de la prétendue «convergence républicaine consensuelle» et qui avait dénoncé la proximité de la démarche du président Bouteflika et de la plate-forme de Rome (le «Contrat national »). Mais c’est dire où vont se nicher les ennemis de Cervantès !

En fait, le leader du RCD revendiquait tout haut, pour l’Algérie, un journalisme qu’une société de collusion, courtisane, avec ses intellectuels avisés, ses entrepreneurs introduits et ses fonctionnaires acolytes, souhaitait tout bas : un journalisme d’ornement, rassurant par ses demi-vérités, complice par ses demi-mensonges et qui se prendrait à l’heure des cocktails pour accompagner les mondanités. Un journalisme d’élite bien-pensante qui souhaite tout savoir du superflu et surtout rien de l’essentiel, rien de ce qui pourrait briser des amitiés de sérail, rien de ce qui pourrait compromettre les ambitions. Un journalisme «responsable», tenu de n’informer que sur les futilités indispensables pour les dîners en ville ; un métier pédant où l’on passerait la moitié de sa vie à parler de ce qu’on ne connaît pas et l’autre moitié à taire ce que l’on sait.

Il faut savoir passer devant Cervantès sans rien voir, sans rien soupçonner de ses haillons cachés ni de ses territoires pouilleux, nids sombres de la déchéance humaine planant misérablement au-dessus de la cité.

La morale de l’histoire ? Elle est de Don Quichotte, bien sûr : «Fais gloire, Sancho, de l’humilité de ton lignage ; quand on verra que tu n’en as pas honte, nul ne songera à t’en faire rougir.»

Mohamed Benchicou

25 commentaires

  1. Elle est amère, mais c’est une vérité cristalline.A bon entendeurs

  2. " Un peuple qui est prêt à renoncer à sa LIBERTE pour se sentir en SECURITE ne mérite ni l’une, ni l’autre ." Thomas JEFFERSON

  3. Monsieur Benchicou, la presse n’est pas la seule victime du clan au pourvoir en Algérie depuis 1999. L’écrasante majorité des Algériens et des Algériennes en a souffert et continue d’en souffrir considérabelement mais,
    grâce à Dieu et à la persévérance des hommes et des femmes de bien que notre pays compte encore au sein de toutes ses catégories sociales et dans tous les secteurs d’activité, le clan des prédateurs, communément appelé « clan d’Oujda » ou « clan de Tlemcen », imposé au pays en 1999, 2004 et 2009, est en train de vivre ses derniers mois au pouvoir.

    Le mal qu’il a occasionné au pays, dans tous les domaines, est considérable et profond et est à la mesure de la cupidité maladive de ses principaux membres, issus majoritairement d’une même région et de mêmes familles.

    Ses abus, méfaits et forfaits répétés, restés pour l’instant impunis, ont cependant obligé d’autres sphères du pouvoir, qui n’ont pas encore été noyautées ou gangrenées par ce que Chakib Khelil, le Ministre de l’Energie qui fait tant parler de lui ces derniers temps, en mal bien sûr, a appelé « le clan présidentiel », à réagir vite et fermement afin d’éviter que le cancer de la corruption et les autres fléaux ne se généralisent et d’éviter ainsi le pire au pays.

    Nous ne devons pas permettre à cette poignée d’aventuriers, à la solde des intérêts étrangers et d’un président gravement malade, fou avéré du pouvoir, de mener à la ruine physique et morale la nation algérienne, dont l’unité, la cohésion et la sécurité ont été fragilisées par deux décennies de terrorisme barbare et une gouvernance approximative.

    Nous ne pouvons plus les laisser mettre le feu à la baraque vermoulue qu’est devenue l’Algérie d’aujourd’hui, qu’ils vont bientôt abandonner.

    Nos enfants, nos parents encore vivants auront honte de nous et nous en voudront éternellement pour notre indifférence, lâcheté ou complicité criminelles.

    Il y va donc de notre dignité, de notre honneur et de la crédibilité de notre pays humilié et traîné dans la boue par un clan sans foi ni loi.

    Pour avoir une idée concise du bilan désastreux de plus d’une décennie de « bouteflikisme », je vous recommande, entre autres, les liens suivants :

    -http://contreleclandoujda.centerblog.net

    -http://cestleclandoujdaquimatuer.centerblog.net

  4. L’excès de fierté nous perd dans d’infinies rancunes ressassées. L’on perd toujours du temps, quitte à sacrifier un projet commun, dans une insoutenable douleur réprimée, refoulée, à attendre de son ami fauté le premier geste pour un pardon qui ne viendra jamais en ses termes attendues. Sachez que les sempiternels reproches faits à un frère ayant fauté ont, sans doute, depuis bien longtemps déjà, suscité en lui la honte de ses erreurs passées sans qu’il ne soit amené à les exprimer( et c’est compréhensif) dans un mea culpa public trop gênant pour une réputation qui serait malmenée. Algérien, trop Algérien! Mais, trop de rappels incessants pour la reconnaissance de fautes passées peuvent, également, avoir le contraire de l’effet souhaité: la perte définitive de l’ami! Alors, pourquoi ne pas faire l’effort de tourner la page maintenant que l’ami a rejoint, timidement hier, mais, sûrement aujourd’hui, les justes dans les quartiers de Don quichotte. Said Saadi et Mohamed Ben Chicou, deux "amis" à susceptibilité bien de chez nous, jouant aux fâcheries enfantines théâtrales et aux provocations par intermittence trop répétitives pour n’être, en fin du compte, que des appels de coeurs fraternels peinés, ne supportant plus une longue séparation inutile. Des retrouvailles toujours possibles et très utiles pour concrétiser l’idéal de Cervantès maintenant que l’ennemi commun, à l’origine de la querelle fraternelle, est dialectiquement et irréversiblement identifié. Tous mes souhaits!

  5. tout le monde est conscient de la piteuse situation dans laquelle se trouve notre pays depuis 1999.isole du reste du monde diplomatie des beggarras par exemple certains cadres sont cooptes d`autres designes par relations et sur la base tribale et rgionalistes.meme les les joueurs de football selectionnes pour le mondial ont ete imposes a saadane a l`instar dr gedioura dont le pere travaille d`apres certains dans un consulat dans la region parisienne .ou va l`algerie

  6. on voudrait bien savoir ce que pense ce monsieur oussedik en tant que kabyle de la kabylie et de son projet d’avenir l’autonomie, seule alternative pour sauver notre chère kabylie.
    Il parle toujours d’algerie, de l’union, mais ne fait jamais référence à sa kabylie et à sa kabylité.
    kabyles, où que vous soyez, unissez-vous et mettez-vous au service de votre kabylie car l’histoire vous jugera.

  7. M. Benchicou, nous apprécions votre belle plume, mais votre obsession à  »descendre » Sadi à tout bout de champs, à toutes les occasions, fut-elles un peu forcées, votre obsession donc, est inquiétante. Honnêtement, nous pensons que vous vous trompez de cible…

  8. Le commentaire de Madih est pertinent et plein de bon sens. Je le partage, en rajoutant uniquement que le pays a besoin maintenant et tout de suite de toutes les forces saines, que les rancoeurs soient remisées au placard, enfermées et jeter la clé dans le caniveau. faire renaître justement cette "folie de l’honneur" et ne point laisser Ceux qui "prennent l’étiolement de leurs âmes pour de l’humanisme et de… l’intégrité.." faire chavirer ce qui reste encore à sauver!! Bien à vou.

  9. Comme Halima G., Je me sens totalement en phase avec le commentaire pertinent, sage et mature de notre ami Madih. Je ne comprendrais jamais ces enfantillages et ces rancunes
    entre nos démocrates. Ceux là même qui incarnent le plus l’espoir. La "lettre à mes amis de la presse", au delà de son contenu, a au moins le mérite de contenir le
    mot "ami", impliquant de ce fait une volonté de débat amical avec la presse. Ya si Benchicou, tout le monde vous admire et vous confère un statut de journaliste digne, tout le monde sait ce que le pouvoir vous a fait enduré,
    mais pourquoi diable, dans certains de vos écrits, avec une récurrence déroutante, vous acharnez vous à écorcher le combat de Saïd Saadi? Boutef, à l’époque, nous a tous mis de la poudre aux yeux. Nous y
    avons vu du Boudiaf bis. Nous nous sommes trompés ! Saadi aussi ! Mais, devons nous tous trainer ces erreurs de jugements et que vous les teniez constamment responsables de la faillite
    du combat démocrate ? Ya si Benchicou, Boutef a pardonné aux assassins, vous le savez bien ! Ya si Benchicou, Boutef continue son œuvre d’aliénation du peuple sans relâche, vous le savez bien aussi ! Et au milieu de cette œuvre diabolique, vous, vous ne trouvez
    aucune autre cible à votre arc que ce démocrate, laïc, dont la stature d’homme politique n’a rien à envier à celle d’OBAMA (toutes proportions gardées). Si seulement, on le laissait faire !
    Dans la tumulte d’un débat sur Saïd Saadi, un ami lui reprochait un certain autoritarisme dans le cercle de son parti. Mais soyons sérieux ! Peut on réellement concevoir
    l’idée d’un chef d’état en Algérie qui ne fasse pas preuve d’un certain autoritarisme ? En remplacement de cette dictature doublée d’une démocratie débridée depuis 1962, un chef de parti qui

    se donne comme objectif la prise de pouvoir se doit d’être doté d’une main de fer pour imposer la justesse de son combat afin de mettre un tant soi peu d’ordre
    dans ce chaos tumultueux qui règne chez nous. En ce qui me concerne, je l’ai déjà écrit, le chemin de l’espoir ne pourrait se façonner sans une réconciliation entre
    ces deux statures du combat démocratique que représentent ( à mes yeux s’entend) Mohamed Benchicou et Saïd Sâadi ! N’oubliez pas que de l’autre côté, les imposteurs du "message" sont aussi aux aguets. Nous ne serons jamais assez nombreux pour les combattre, surtout que pour défendre leurs crédos, ils sont formatés pour consentir à tous les sacrifices, y compris la mort……Méditez bien cela Monsieur Benchicou avant de vous en prendre à nouveau à ceux qui sont du même bord que vous. Sachez que si j’avais une baguette magique, Saïd Saadi serait Président de
    l’Algérie aujourd’hui même. Il représente, à mes yeux, le symbole du gâchis de l’intelligence du terroir, mise à l’écart depuis 1962. Dommage pour moi (et certainement pour beaucoup) et tant mieux pour les autres, je n’ai pas de baguette magique ! Juste une anecdote pour terminer, souvenez vous de ces malheureuses "laissées pour mortes" de Hassi Messaoud en 2003, la presse, avec des titres qui les associait à des prostituées, n’est -elle pas responsable d’une désinformation caractérisée qui a contribué à amplifier leurs cauchemars et détruire leurs vies à jamais ? Eh oui, nos amis de la presse, vous non plus ne pouvez vous targuer d’une infaillibilité absolue ! N’est-il pas temps de débroussailler tout ça entre amis afin que le politique et le journaliste puissent constituer des forces de construction d’un véritable état de droit, certainement laïc, pour évacuer tous ces charlatans du pouvoir "irreligieusement" religieux et illégitimement légitime ?

  10. Il y a plus sérieux ya Mohamed Ben! Saad Garboussi vient d’être élu par ses "pairs" à la Chambre de commerce de Tebessa en souvenir de son crime crapuleux contre Beliardouh en ce jour souvenir de la liberté de la presse. La corporation devrait se déplacer à Tebessa pour un sit-in et laisser Said Sadi faire exploser le subconscient des parrains de Garboussi. Faire déterrer deux chahids de la terre qu’ils ont arrosé de leur sang deux colonels de wilayate historiques tombés au champ d’honneur face à une armada d’une puissance mondiale pour les mettre dans les caves à archives d’une institution républicaine pendant 20 ans est un appel à tous les TPI de l’Humanité.

  11. Cher Mohamed. En ces temps de crise marqués par le doute et le reniement pernicieusement entretenus par les charlatans de la politique, je ne fais que réaffirmer haut et fort notre chance d’appartenir à ce beau et immense pays, qu’est l’Algérie.

    Ils nous en veulent, peut être pour ça ?

    Je suis personnellement foncièrement convaincu que notre algérianité ne sera entière qu’avec la berbérité, l’arabité, l’islamité, la chrétienté, la judaïté, l’africanité, la méditerranéité et l’universalité de la grande majorité et de la minorité d’entre nous. Sinon, elle sera injustement mutilée.

    Pour ma part, pour rien au monde je ne voudrais réduire cet héritage multimillénaire à seulement l’une ou l’autre de ses dimensions.

    S’agissant de la question du pouvoir, que vous soulevez judicieusement dans votre commentaire, je suis totalement d’accord avec vous sur l’idée de permettre, enfin, à un des nombreux hommes d’Etat que compte la Kabylie, qui a, autant sinon plus que les autres régions du pays, payé un lourd tribut pour l’indépendance de l’Algérie et sa démocratisation douloureuse, hélas sournoisement remise en cause, depuis 1999, par les nostalgiques du parti unique, qui ont inscrit notre pays dans un processus de régression politique et sociale très dangereuse pour l’unité, la stabilité et la sécurité nationales.

    Je ne suis pas d’accord avec les frères et sœurs, qui préconisent l’indépendance de la Kabylie car en agissant de la sorte, ils font le jeu de ceux qui ont toujours étouffé la culture berbère et qui voulaient et veulent encore mettre les Kabyles au ban de la société algérienne et exclure la Kabylie fière et rebelle de l’ensemble algérien.

    Avec ses spécificités linguistique, culturelle, culinaire etc…la Kabylie fait partie intégrante de l’Algérie.

    Une régionalisation intelligente pourrait largement prendre en charge ces spécificités et faire éviter au pays un éclatement aux conséquences dramatiques d’autant plus que d’autres régions du pays pourraient s’en inspirer.

    Barakat du népotisme et du régionalisme suicidaires du clan d’Oujda !

    Barakat des dénis et frustrations gratuits !

    Barakat des monopoles, des exclusions, des automutilations et des autoflagellations morbides, qui plongent le pays dans la spirale infernale des manifestations légitimes-répressions violentes et dans l’instabilité permanente, qui isole dangereusement notre pays, fui par ses propres enfants et évité par les étrangers, comme un pestiféré

  12. Je trouve que Said Sadi est trop ambitieux pour s’encombrer de l’amitié de la presse, une ambition aveugle qui peut vous abandonner à tout moment sur le bord du chemin ; une ambition folle qui s’accomoderait de bien de lâchetés et de reniements.Il veut gagner même quand il sait que le jeu est truqué. Il ne s’oppose pas au système, il participe au système tout en veillant à tirer son épingle du jeu sans trop de bruit.Il n’a jamais manifesté de position tranchée en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’expression et de conscience en Algérie sachant que ce sont là des principes fondamentaux de la démocratie. Il est plutôt adepte de la démocratie selective et responsable, un ersatz de démocratie si cher au pouvoir en place.

  13. Tu as oublié Yamaha, Benchicou, les frères Yamaha, comme ceux que tu as cités, eux aussi sont de fiers enfants de Belcourt. Ils n’étaient pas politisés. La maladie du football qui les habitaient, les liesses populaires d’après match qui se déversaient sur Alger, guidés par les jumeaux Yamaha, ont finit par contaminer tout le peuple Algérien. Rappelle toi, les Yamaha que beaucoup de gens disaient, marginaux, délinquants, qui n’avaient que le foot pour exprimer leurs joies de simplets, ont été mis sur la même liste que Boucebci et Djaout. Ali benhadj a certainement lu Cervantès.

  14. Il y a deux sortes d’hommes : ceux qui supportent le lactose et les autres, en Algérie il y a deux sortes d’opposants : ceux qui pensent que la crise est une crise de projet de société et ceux qui pensent que c’est une crise de gouvernance.Saïd Sadi est de ces derniers contrairemanr à L’Hachmi Cherif qui pensait que la crise est une crise de projet de société et qu’en conséquence il avait prôné le boycott à toute les élections du système en place ; alors que le Saïd Sadi non seulement il a été aux élections avec son parti, un ministre au gouvernement et des députés au parlement.Celà dit Saïd Sadi et L’Hachmi ne pouvaient être que des amis

  15. A l’homme de Cervantès !

    « Fais gloire, Sancho, de l’humilité de ton lignage ; quand on verra que tu n’en as pas honte, nul ne songera à t’en faire rougir.»

    J’ai eu l’immense honneur et la chance de lire une chronique qui se convertie en ouvrage éloquent en évoquant, au-delà de : « La Presse Cinq siècles après Cervantès et Dix ans après le lettre d’un ami »

    Vous avez tout dis Grand Monsieur du Don Quichotisme, jusqu’à ne rien nous laisser, même une miette de pensée ni d’expression.
    Mais j’ai surtout su aujourd’hui que vous êtes un Cervantèssien, ce qui fait de moi votre ex voisin, étant moi-même un ex Maurice Barrèssien. Ma mémoire défaillante et défectueuse me rappelle votre nom inscrit à l’entrée de l’usine BENCHICOU, en plein centre de l’ancien Belcourt, en face de « Làakiba ». Ce qui fait de vous un témoin sinon un acteur du 11.12.1960. Moi-même, j’étais un petit figurant de cette héroïque révolte populaire.
    Par ailleurs et pour revenir à l’esprit de la Presse, je vous avoue que c’est la seul sentiment qui exprime aujourd’hui ma fierté et mon algérianité. Sans vouloir offenser nos voisins maghrébins et notre communauté arabo-musulmane, je suis persuadé que c’est tout ce qui nous reste pour rempart idéologique, nationaliste et surtout facteur reprensentant la seule et l’unique opposition à un pouvoir corrompu et fallacieux.
    Des soubresauts hypocrites dont soulèvent les fanions nos corrompus, une fois par an. On n’en a que faire, parce que faussement brandis. Ces mêmes personnes qui se rappellent des crimes de guerre, se font soigner pour une petite diarrhée chez ce « Colonisateur criminel ».
    De notre presse, se relève mon courage de vivre dans un pays ou la corruption fait débat entre copins, dans les cafés, dans les discussions, sans honte aucune. Elle s’est même adjugé la place qu’est la plus grande « digue » d’algérie. Nous qui voulions « l’endiguer ».
    Nous avons des hommes et des femmes dont j’en fais le principe, Monsieur, de votre trempe qui font en même temps leur devoir de communiquer, de débusquer mais, surtout de remplacer les places vidées par nos partis achetés au dinar symbolique, à l’ère très lointaine de Don Quichotte, de Cervantès et de Maurice AUDIN et nos vaillants combattants pour la liberté de vivre. Nous avons perdu cette liberté que nos parents ont payé de leur sang, laissant derrière eux des orphelins, qui sont devenus les victimes de la réconciliation, de l’expression faussement libre, pour faire place à l’unique fanion et principe qu’est la corruption des esprits et de la matière.
    J’ai eu l’honneur de vous lire Grand Monsieur, par devers lequel je ressent la présence d’une communication opposée à la dictature. Vous êtes, donc nous pouvons encore exister, survivre !
    Bachira BOUZIDI

  16. • Il y a deux sortes d’hommes : ceux qui supportent le lactose et les autres;en Algérie il y a deux sortes d’opposants : ceux qui pensent que la crise est une crise de projet de société et ceux qui pensent que c’est une crise de gouvernance.Saïd Sadi est de ces derniers contrairemanr à L’Hachmi Cherif qui pensait que la crise est une crise de projet de société et en conséquence il avait prôné le boycott à toutes les élections sous l’égide du système en place ; alors que Saïd Sadi non seulement, il a été aux élections avec son parti (ministre au gouvernement et des députés au parlement).Celà dit Saïd Sadi et L’Hachmi ne pouvaient être que des amis

  17. Cher Monsieur Benchicou,
    Tout ce que dites concernant le RCD -n’est pas MDS qui veut- et Said Sadi est sans doute vrai mais la conjonture étant ce qu’elle est, ne trouvez vous pas que vous vous vous fourvoyez dans des combats douteux à l’heure où les gens de bonne volonté devraient s’unir au lieu de se tirer dans les pattes ?.. Sinon, tant qu’a décocher des flèches du Parthe, faisons bonne mesure en invitant au festin certain déserteur politique…

  18. La question qui mérite d’être posée et aussi bête soit t-elle est la suivante; Que reste t-il du pole démocratique en Algérie? Un point dans une position géostationnaire qui tourne autours de soi!cette phrase qui m’est devenue du point de vue spéculatif amère, me rappelle quelques années acides passées à Paris.
    Entre l’échec recommencé de Said Sadi, les geôles d’Alger de Benchicou, une chronique de Metref…et bien d’autres; j’aurais du mal à choisir le premier texte à lire.
    J’étais narcissique et dans mon obsession quasi-chronique, je ne voyais que la sainte Kabylie. Mes lectures parfois approfondies de l’évangile quadriformes, ma solitude et mon expérience sur le terrain m’ont renvoyé à la réalité tangible parfaitement résumée par Jean Sénac, Cette petite flûte de nos montagnes où la liberté s’engouffre s’unit au souffle de l’homme et chante! Tu ouvriras ton cœur à la patrie commune ou fuiras sur cette terre il n’y a pas de place pour les lâches…Cela dit Amazighité, l’arabité, la francité, l’islamité, le christianisme et le judaïsme ne peuvent être défendus en Algérie, que par ceux qui ont souffert!Que les querelles entre les héros cessent car, l’antagonisme politique au sein d’une même famille n’arrange que les desseins machiavéliques du DRS algérien et la DGSE française. Des fautes avaient été en effet commises et il y en aura d’autres…mais le pardon à ce stade est une mesure d’hygiène politique nécessaire. Chrétiennement votre.

  19. Said SADI est aujourd’hui, le seul homme politique sain de tous les maux qui ont contaminés nos hommes de la « politique », mais je trouve cette fois, qu’il s’est trompé de cap et d’outil, au moment ou le bateau Algérie est entrain de sombrer de manière très rapide. Il conviendrait que vous reveniez pour aider vos frères à sauver ce qui pourrait être sauvé. L’heure est grave. La corruption n’attend pas l’histoire, elle l’efface. Aussi, virez à bâbord, l’Algérie est entrain d’être dévorée. Le sujet que vous traité, pourrait attendre, puisque des deux hommes, aucun n’est vivant. Laissons les morts à la justice divine. Revenez-vous joindre aux vivants.

    En même temps que vous vous égaré, d’autres hypocrites, saisissent toutes les brèches que laissent apparaître des hommes comme vous. L’histoire s’écrira, mais l’heure ne convient pas.

    Je saluerai notre presse et n’en déplaise à celles qui ont fait référence à « l’erreur de notre presse, à écrire les malheurs des femmes, violées, déshonorées de Hassi Messaoud », regardez juste au tour de vous, vous y verrez que d’autres femmes sont déshonorées, au cas où vous-même ne le serez pas.

    Quand à moi, je me rassure, parce que j’entrevois des lueurs qui s’allument comme des bougies, à travers Mesdames et Messieurs de la Presse. Lorsque tout les patriotes les rejoindront, j’en suis plus que sûr.Le coup de départ sera donné par les petites gens, les jeunots, dont l’intellectuel suivra et en deviendra le guide. Revenez SADI, ne perdez pas de temps au temps. Le bateau coule et votre œuvre sera mouillée puis mangée par les petits poissons.

    Heureusement, qu’il reste cette presse qui comble tout les vides laissés par l’opposition. Si opposition il y a eu !
    Ah, que n’existerait-il une alliance entre nous tous. Inspirons sur l’alliance présidentielle, dont les secrétaires n’en sont que des pions dans un échiquier d’un homme, un seul.

    Bachira BOUZIDI

  20. Pourquoi M.Benchicou, grand démocrate, enfonce le clou par le rappel d’une lettre faite par un politicien( donc se justfiant quelque part) en l’occurence M. S.Saidi, grand démocrate aussi? Et juste maintenant, quand le gouvernement réveille tous ces plumitifs pour préparer l’échaffaud au livre de S.Saidi sur le colonel Amirouche. Je dois dire que tout cela me laisse perplexe venant du grand monsieur Benchicou.

  21. Le poète a toujours raison ! Déclaraient Ferrat et Aragon. Le tohu-bohu politique sans fin dans lequel l’Algérie se démêle est merveilleusement décrit par Aït-Menguellet (encore lui! A chacun son messie, après tout). Déjà en 1984, tous ces conflits et toutes ces petites gué-guerres entre les adeptes d’une position tranchée et inamovible par rapport à celle du frère (ou de l’ami) d’à côté sont merveilleusement contées par Lounis dans son œuvre intemporelle « Ayakvaïli ». Je rappelle juste pour ceux qui ont tendance à l’oublier que les seules élections libres jamais organisées en Algérie sont celles de 1995. Notre communauté émigrée de France avait alors voté majoritairement pour Saïd Saadi, devançant le candidat du pouvoir Liamine Zeroual, malgré le reproche (pour ne pas dire la tare) d’être Kabyle (de mes oreilles entendu à la radio ces propos d’une compatriote s’exprimant de Marseille: Oui Saâdi est bien ! Mais le problème c’est qu’il est Kabyle !). De tels propos montrent combien le chemin reste long et fastidieux pour faire reculer les mentalités tribales chez nous. Écoutez donc « Ayakvaïl » mes amis, vous serez sidérés par la justesse des prédictions de maître Lounis.

  22. Said SADI est aujourd’hui le seul homme politique sain de tous les maux qui ont contaminés nos hommes de la « politique », mais je trouve cette foi, qu’il s’est trompé de cap et d’outil, au moment ou le bateau Algérie est entrain de sombrer de manière très rapide. Revenez sauver ce qui pourrait être sauvé. L’heure est grave. La corruption n’attends pas l’histoire, elle l’efface. Aussi, changez de boussole, le sujet que vous traité, pourrait attendre, puisque des deux hommes, aucun n’est vivant. Laissons les morts à la justice divine. Revenez vous joindre aux vivants.

    En même temps que vous vous égaré, d’autres au sentiment hypocrites, saisissent toutes les brèches que laissent apparaître des hommes comme vous. L’histoire s’écrira, mais l’heure ne convient pas.

    Je saluerai notre presse et n’en déplaise à celles qui ont fais référence à « l’erreur de notre presse à écrire les malheurs des femmes, violées, déshonnorée de Hassi Messaoud », regardez juste au tour de vous, vous y verrez que d’autres femmes sont déshonorée.

    Heureusement, qu’il reste cette presse qui comble tout les vides laissés par l’opposition. Si opposition il y a !

    Bachira BOUZIDI

  23. Combattre la pénurie par les importations : une vieille recette que la bureaucratie algérienne maîtrise parfaitement. Et si ça ne suffit pas, il est toujours possible de sanctionner le consommateur.

    C’est promis: la pomme de terre et les oignons ne manqueront pas durant le prochain Ramadhan. Deux ministres algériens, celui de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, et celui du Commerce, Hachemi Djaaboub, en prennent l’engagement. Ils ont d’ores et déjà entamé les réunions et engagé les décisions nécessaires pour éviter les traditionnelles pénuries et les hausses de prix du Ramadhan.

    Les experts ont été consultés, les spécialistes ont été appelés à la rescousse, et les cadres des deux ministères ont été appelés à se mobiliser pour permettre aux Algériens de passer un mois d’août tranquille. Autant d’efforts ne peuvent que rassurer. Courgettes, tomates et concombre seront disponibles en abondance. Rien n’a été épargné pour garantir une stabilité du marché.

    Quant aux viandes, il est permis de dire, pour une fois, que le gouvernement a pris le taureau par les cornes. Une mesure salutaire est envisagée : importer la viande du Soudan. Car depuis le fameux match de Khartoum, l’Algérie à découvert que ce pays n’est pas seulement un immense réservoir potentiel de richesses, mais que c’est aussi un grand pays agricole, producteur de viande, et qui éprouve de grandes difficultés de l’écouler. Des missions algériennes sont d’ores et déjà sur place pour étudier la question, et mettre en place les réseaux nécessaires pour assurer l’acheminement de la viande soudanaise vers le marché algérien.

    Premier paradoxe : le Soudan subit une guerre civile au Darfour, une autre dans le Sud, qui menace sécession. Sa frontière Ouest connaît une déstabilisation chronique à cause de relations difficiles avec le Tchad ; une partie de la population soudanaise vit à la limite de la famine, et une autre subit une situation terrible depuis des années ; son président fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par un tribunal international ; enfin, c’est les seul pays au monde où une femme a été condamnée à une peine de prison pour avoir porté un pantalon. Et c’est dans ce pays que l’Algérie cherche une source d’approvisionnement en viande pour assurer la stabilité du marché pendant le Ramadhan !

    Ce paradoxe n’est pas le seul. Il est aggravé par d’autres éléments, qui révèlent l’incroyable incurie du discours économique algérien. Il suffirait ainsi de relire les journaux de l’an dernier, ou d’il y a quinze ans, pour retrouver les mêmes promesses, formulées par les mêmes ministres, s’engageant à assurer l’approvisionnement régulier du marché algérien, sans jamais y parvenir. Et quand la crise s’installe, on recourt à des importations hâtives, sans concertation ni préparation.

    L’importation est d’ailleurs une donnée de base de la réflexion des hauts responsables. La pomme de terre manque ? On importe dans la précipitation, en supprimant les taxes douanières. Pénurie de ciment ? On charge les bureaucrates d’importer un million de tonnes, puis un autre million, pour rétablir l’équilibre du marché. Ultime consécration de cette démarche, l’Algérie a fini par importer une autoroute et, avec elle, un énorme scandale. Et c’est ainsi que les ministères se sont transformés en simples offices d’organisation des importations.

    Cette vision a définitivement consacré l’Algérien comme consommateur. Impossible, pour lui, de se transformer en producteur. Le marché algérien a beau absorbé 300.000 véhicules par an, les gouvernements qui se sont succédés ont été incapables de lancer le moindre projet susceptible d’assurer, à terme, la satisfaction d’une partie de cette demande.

    Cette préférence pour l’importation s’est imposée avec la rente pétrolière, et a été renforcée depuis que les prix du pétrole ont commencé à grimper, offrant à l’Algérie une relative aisance financière. Et plus les années passent, plus la tendance s’accentue. Même le Premier ministre Ahmed Ouyahia s’est aperçu de la gravité de la situation. Il a essayé de stopper brutalement les importations, oubliant que l’enjeu ne se limite pas à ce seul chapitre. En effet, il ne s’agit pas d’interdire l’importation, mais d’organiser l’économie du pays pour produire, et exporter autre chose que des hydrocarbures.

    L’échec est reconnu au plus haut sommet de l’Etat. Peut-on en conclure que les dirigeants algériens se sont trompés, ou qu’ils ont commis des erreurs? Il faut supposer que non, puisqu’ils sont toujours en place. Et si les dirigeants n’ont pas commis d’erreur, il doit bien y avoir un coupable. A en croire des déclarations publiées cette semaine dans la presse, le ministre de l’Agriculture semble avoir trouvé les fautifs. Pour lui, quand il y a pénurie de pomme de terre ou hausse du prix de la viande pendant le Ramadhan, la faute en incombe au citoyen. C’est le citoyen qui consomme à tort et à travers, qui achète n’importe quoi, provoquant une instabilité chronique du marché. Il faut donc sanctionner les citoyens qui, non seulement ne produisent pas, mais consomment beaucoup, et mal.

    Hélas, ces citoyens sont déjà suffisamment sanctionnés. Existe-t-il sanction plus lourde que le maintien de M. Hachemi Djaaboub au ministère du Commerce pendant une décennie?

  24. @Oussedik : le peuple algérien n’a-t-il pas vu son destin confié, à au moins deux reprises, à des gens venus d’ailleurs, qui rentreront "chez eux" une fois accomplie leur mission de division et de déstruction du pays. Les hommes d’Etat Kabyles dont tu parles feront certainement beaucoup mieux que cette bande de vauriens venue du Maroc pour piller l’Algérie.

    Vive l’Algérie !

  25. En m’informant qu’un certain Sieur Kafi dise ce qu’il a dit, soufflant le chaud et le froid, ; en lisant tous les "gros titres" de la presse ces derniers temps ( titres que moi personnellement je n’ y prête guerre attention car préférant, chacun ses lectures, ce qui passent en "filigrane" (clin d’oeil à qui de droit)… jouant le jeu des "ballons sondes" comme toujours (comprenne qui voudra) nous laissant nous, dindons de la farce, nous jeter à la face nos " amabilités"… Je ressens une tristesse qui n’a d’égale que l’immense gâchis qu’est devenu notre pays, sans que personne daigne y apporter une quelconque assistance!! Les "frères ennemis" se balançant à la face rancune et faute de part et d’autre, laissant les rapaces dépeçant et se "régaler" des restes….. A ce rythme, je pense que nous ne méritons même pas d’exister étant donné que nos oeuvrons à "polluer" et la Terre et l’Espace… Je cherche en vain mon " vaisseau spatiale" qui me ramènera vers ma "destination" initiale…Vu que ma destinée "d’Extra Terrestre" me colle à la peau… A quoi bon espérer si ce même espoir entre nos mains se trouve… rejeté! Alors je lance un dernier S.O.S. : Home, Home… Please!!

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