Lettre ouverte aux candidats au djihad

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, elle est une rescapée de la tuerie du 7 janvier 2015
Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, elle est une rescapée de la tuerie du 7 janvier 2015

Avant ton grand départ, je voulais t’écrire comme on jette une bouteille à la mer, car je sais que tu ne lis pas. Je ne te connais pas, mais je sais beaucoup de choses sur toi. Je sais par exemple que tu n’es pas allé t’attabler ce matin avec ton Figaro Magazine sous le bras pour prendre ton café et saluer ceux de ton quartier. Tu me liras probablement en tapant djihad sur ton clavier, car c’est ainsi que tu procèdes. Ton moteur de recherche te proposera peut-être ma lettre parmi la longue liste de sites qui t’ont appris que le crime de masse était ton identité, que pour aimer ton Dieu, il fallait haïr les hommes.

Par Zineb El Rhazoui (*)

Ton identité supposée, celle que tu penses avoir perdue et qui t’a fait entreprendre cette quête, c’est aussi la mienne. Lorsque nous étions enfants, puisque nous avons le même âge, je m’étonnais que tu m’appelles "cousine" quand je venais du bled pour passer mes vacances en France. Je trouvais alors que tu avais beaucoup de chance de vivre ici. Tu avais des droits que je n’avais pas, tu allais à l’école républicaine pendant que je vomissais les cours de religion obligatoires. Tu faisais du sport, alors que le terrain de handball de mon collège était un vaste champ de boue, et que la moitié de mes camarades de classe avaient renoncé aux cours d’éducation physique parce qu’ils ne possédaient qu’une paire de sandales en plastique. Toi, tu venais frimer en été avec tes baskets dernier cri, tu te soignais gratuitement dans des hôpitaux équipés, alors que seuls les plus nantis parmi nous pouvaient se payer des médicaments. Aujourd’hui, tu prônes la médecine mahométane dans des conférences en France, pays de l’hôpital public, tu conseilles de se soigner au Coran, au miel et à l’urine de chameau. Demande à tes cousins du bled, ils ont déjà essayé, ça ne marche pas.

Pourtant, tu te sentais exclu. Tu disais que tu n’avais pas eu les mêmes chances que les autres, et tu as oublié que nous, ceux du bled, n’avions jamais eu les mêmes chances que toi. Tu nous as donné beaucoup d’espérance, lorsque enfants, nous t’avons vu t’élever contre le racisme, revendiquer ton droit à l’égalité et à l’intégration. L’antiracisme est devenu un étendard d’espoir, nous avions alors cru à des lendemains républicains meilleurs, à une France qui serait enfin fière de sa diversité. Certains de tes "cousins" ont saisi l’air du temps, ils sont devenus fonctionnaires, enseignants, ministres, avocats ou policiers.

Lorsque tu as sombré dans la petite criminalité, ils t’ont trouvé des excuses pour mieux s’attirer le vote de tes pères. Pas moi.

Et toi, regarde-toi. Tu as fait de l’antiracisme non pas un combat pour l’universalité des droits, pour gommer les différences entre les citoyens d’un même pays, mais une petite lutte pour faire valoir ta portion congrue. A ta décharge, je reconnais que tu n’y serais jamais arrivé sans l’aide de certains politiques, pour qui l’antiracisme n’était qu’un slogan électoral. Ils ont fait de toi leur chasse-gardée, leur fonds de commerce. Ils t’ont expliqué que toi, né en France, tu étais différent et que tu le serais toujours, car c’est ainsi qu’ils te voient, pas moi. Moi qui fus ta cousine, je sais que tu n’es pas exclu ipso facto, mais que tu te complais dans cette posture pour mieux haïr. Ils t’ont appris que ce n’était pas la peine d’apprendre à l’école, car tu ne trouverais jamais de travail. Pendant ce temps, chaque jour, de nouveaux arrivants en France s’élevaient par le savoir. Ils t’ont ôté toute notion de mérite en te consacrant des quotas, convaincus que c’était le seul moyen pour toi d’intégrer les grandes écoles. Lorsque tu as sombré dans la petite criminalité, ils t’ont trouvé des excuses pour mieux s’attirer le vote de tes pères. Pas moi. Car je sais que si tous les hommes sont égaux en droits, ils le sont aussi en devoirs. Les politiques de ce pays t’ont expliqué que ta religion prônait la paix et l’amour, alors que ton imam t’expliquait qu’il fallait battre ta femme. Que dis-je? Tes femmes! Lorsque tu as arboré un accoutrement afghan pour revendiquer ton identité de Nord-Africain, ces mêmes politiques t’ont expliqué que tu avais le droit de te ridiculiser dans l’espace public, car il s’agissait de ta "culture". Moi, je sais que ce n’est pas l’habit qui fait l’Arabo-Berbère, l’Amazigh, qui dans la langue de Jugurtha, veut dire l’homme libre.

Tes droits, tu les as toujours obtenus en français, et pourtant, tu hais cette patrie.

Sais-tu au moins ce que le mot djihad veut dire avant d’y aller ? Toi qui baragouines l’arabe depuis que tu appliques à la lettre la foi de Mahomet ? Je gagerais que non. Ton arabe, celui que j’ai tété du sein de ma mère, ce dialecte que parlent tes parents et que tu n’as jamais appris, ne connaît pas ce mot. Tu n’as jamais eu à défendre tes droits en arabe. Tu n’as jamais eu à répondre à ton agresseur parce que tu es une femme, tu n’as pas eu à corrompre un fonctionnaire pour te délivrer ton acte de naissance, ni à expliquer à un policier ce que tu fais avec ta petite amie, ni à chanter les louanges d’un dictateur, ni à supplier à l’entrée d’un dispensaire pour que l’on daigne te soigner. Tes droits, tu les as toujours obtenus en français, et pourtant, tu hais cette patrie. Djihad veut dire effort, mais quel effort as-tu déjà fait avant de te résoudre à faire celui de la guerre? Ton islam à toi, celui que tu penses être ton identité retrouvée, n’est qu’une maladie mentale, une nécrose de la raison, une défaite de ton humanité.

Lorsque tu cesseras de te faire passer pour une victime alors que tu es ton propre persécuteur, lorsque tu accepteras d’être enfin ton seul maître, et non le mercenaire et l’esclave d’une idéologie qui te méprise tout autant que ces politiques qui ont fait de toi le parent pauvre de la République, je pourrais te dire, moi ta lointaine "cousine" du bled, comment faire pour t’intégrer en France tout en retrouvant enfin ton identité. Pour l’y avoir étudiée, je pourrai te démontrer que ta langue, l’arabe, est remarquablement enseignée dans notre pays. Je t’apprendrai que Paris est la capitale de la culture arabe, celle qui n’a pas droit de cité sous les cieux de nos dictatures. Je t’emmènerai voir des spectacles d’artistes arabes qui ne peuvent plus se produire dans leur pays à cause de tes idéologues. Je te montrerai que la France est aussi la Mecque de ceux parmi nous qui défendent les droits humains dans des pays qui les violent allègrement. Si tu es encore parmi nous, tu verras qu’il est possible de renouer avec ton identité perdue, tout en étant plus français que jamais.

Z.E.R.

(*) Zineb El Rhazoui est journaliste à Charlie Hebdo. Rescapée de la tuerie du 7 janvier 2015, Zineb El Rhazoui est l’une des femmes les plus protégées de France et vit depuis 2009 sous protection policière en raison de ses propos sur l’islam. Née à Casablanca, au Maroc, en 1982, elle est diplômée de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et titulaire d’une maîtrise en sociologie des religions.

Source : Le Figaro du 25 juillet 2016.

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Commentaires (4) | Réagir ?

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Youcef Nabil BOUARFA

La mission doit être le boss :

Toute fausse identité qui commette un coup bas au nom de l'islam, ne fait pas d'elle une musulmane et ce n'est pas l'islam qui sera perdant dans ces manœuvres vicieuses mais les individus qui deviendront délabrés à souffrir.

Par justice, je demande à Dieu dans mes prières, de compléter à ma place toute négligence de ma part et de me pardonner pour toute négligence envers lui car on ne fait pas le poids devant lui !!!!

Dieu fait cuisiner les individus alors il y a ceux qui sont mieux lotis que d'autres dans ce monde et dans l'autre monde mais par justice, Dieu responsabilise le mieux lotis sur le moins lotis et celui qui comprend mieux Dieu doit prévenir les autres sinon les échecs des autres seront comptabilisés sur lui.

De la croisade au sionisme:

La France a laissé derrière elle, des pays sans universités alors que l’Angleterre a laissé derrière elle des pays en voie de développement. La France coloniale avait retardé les pays colonisés des siècles et des siècles puis elle a commencé à recueillir tout ce qui fait grandir sa dominance sur le monde. Les musulmans ne sont pas exemplaires comme le veut l'Islam mais vaut mieux boiter sur le bon chemin que d'aller en courant dans le mauvais chemin. L'Islam apprend à l'homme le salut, il l'invite à la mesure de la pesée, à lutter d'abord pour sauver les gens de l'enfer de l'autre monde avant de les sauver de l'enfer de ce bas monde.

Il n' y a que les dupes qui sont confiants face aux imprévues du futur et Dieu suffit de laisser les individus se casser comme des œufs pour les faire du mal et n'a nullement besoin de créer l'Islam pour les faire souffrir : (certes les femmes ont le droit de jouir de la nature généreuse offerte par le créateur mais cette jouissance due à la nature, est le fruit d'une maîtrise supérieure à la philosophie de tout homme. Dieu a créé la décontraction et la contraction, il suffit d'adhérer au mécanisme pour son bien être.

Le Prophète (paix et salut sur lui) dit :

« Si tu entends un homme dire : ‘les gens ont péri’ (disant cela par mépris et orgueil), c’est lui qui en est le plus pire d’eux»

Hadîth rapporté par Muslim dans son Sahîh : chapitre : Al-birru wa As-sila : (139

l'islam n'était globalement bien pratiqué qu'au premier temps lors du vivant du Messager Mohamed et les musulmans ne pouvaient gagner sans les prophéties du Messager comme ils allaient être dés-islamisés comme ses prophéties révélaient et Dieu fera souffrir les individus par leurs péchés et non par l'islam. Les musulmans pouvaient éradiquer les premières religions monothéistes si le coran ordonnait de contraindre les non musulmans à se convertir à l'islam lorsque ces trompés étaient à la merci d'Allah sous dictât musulman alors que les musulmans pouvaient faire comme les croisés qui faisaient des ravages à toute échelle.

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moh arwal

ils n'aspirent pas seulement à nous terroriser ils veulent carerement nous exterminer.

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