Brahim Chergui, l'ancien chef de la Zone autonome d'Alger, est décédé

Brahim Chergui, lors de son arrestation par les paras français en 1957.
Brahim Chergui, lors de son arrestation par les paras français en 1957.

Le moudjahid Brahim Chergui est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'hôpital militaire d'Aïn Naâdja (Alger), à l'âge de 94 ans, a-t-on appris jeudi auprès du ministère des Moudjahidine.

Un autre grand homme de la Révolution algérienne vient de s'éteindre. Après Hocine Aït Ahmed, Brahim Chergui, l'un des plus importants responsables de la zone autonome d'Alger est parti. Né en 1922 à Aïn El Khadra dans la wilaya de M'sila, Brahim Chergui a adhéré, dès son jeune âge, au mouvement national, notamment dans l'Organisation spéciale (OS) dont il était responsable dans le Nord constantinois et l'Oranie.

Connu sous le pseudonyme de "H'mida", le défunt a été désigné par le Congrès de la Soummam responsable politique de la Zone autonome d'Alger. Il était également agent de liaison au Comité de coordination et d'exécution (CCE) et a assumé des responsabilités militaires au sein de l'Armée de libération nationale (ALN).

Arrêté en 1957 par les forces coloniales françaises, il fut torturé puis incarcéré dans la prison de Serkadji (Alger) avant d'être libéré à l'indépendance nationale en 1962. Dans une longue interview accordée au Soir d'Algérie, dans son édition du 6 novembre 2005, Brahim Chergui raconte les circonstances de son arrestations et les conditions de démantèlement des cellules à Alger. "J’ai été dénoncé sinon jamais je n’aurais été arrêté. Les parachutistes m’ont emmené dans une villa du quartier la Scala près d’El-Biar. Dès mon arrivée, les tortures ont commencé." Et s'est insurgé sur ceux qui l'ont accusé d'avoir trahi : "Mes calomniateurs allèguent depuis 1957 que j’ai donné aux parachutistes de Bigeard l’adresse du refuge de Larbi Ben M’hidi. C’est faux, Ben M’hidi a été arrêté avant moi le 23 février 1957 et moi le lendemain le 24 février 1957. Par conséquent, je ne pouvais ni le dénoncer ni donner son adresse", avait-il précisé.

Sur la mort de Larbi Ben M'hidi, il a ajouté dans le même entretien : "Jamais je n’admettrais que Ben M’hidi a été pendu. De même je refute toute allégation selon laquelle Ben M’hidi a été scalpé, torturé, étranglé ou pendu. Ben M’hidi est un homme de la révolution qui a connu les honneurs des armes présentés par Bigeard. C’était l’homme de la révolution qui aurait pu se trouver à la table de négociations." H'mida rejoindra sans doute ses nombreux anciens compagnons de lutte morts pendant la guerre d'Indépendance. Dans un autre entretien avec le journaliste Youssef Zerarka, paru dans le Jeune indépendant, il évoque le rôle du CRUA mais pas que : Le fait d'armes du CRUA n'occulte pas le fait que c'est grâce aux cadres de l'organisation paramilitaire et aux permanents du MTLD que la révolution a pris corps. Il n'occulte, surtout pas, l'apport décisif du peuple qui, en définitive, a été le grand héros." Sur Abane et Ben M'hidi, il avait confié dans le même entretien : "La révolution a beaucoup gagné de leur esprit d'organisation et, surtout, de leur attachement à l'unité du peuple algérien et de son combat. Leur complémentarité a beaucoup joué dans le succès du congrès de la Soummam. Sans la contribution de l'un, le rôle de l'autre n'aurait pas été effectif à cent pour cent. Et vice-versa. Abane était plus intellectuel et, à ce titre, pourvoyeur de la révolution en idées et initiatives programmatiques. Ben M'hidi avait un sens remarquable de l'organisation. Dans son cheminement de militant, il était très en avance par rapport au déclenchement de la révolution. L'un et l'autre se sont beaucoup investis."

Avec Brahim Chergui c'est une immense mémoire de la lutte pour l'indépendance qui part. L'homme, le militant a cependant semé ses souvenirs et laissé une empreinte indélébile de son combat et celui de ses compagnons pour que l'Algérie vive libre et indépendante. Reposez en paix.

Synthèse Hamid A.

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Commentaires (3) | Réagir ?

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mucc uccu

monsieur ariouat. maitrisez d'abord l'utilisation des modes de conjugaison pour vous attaquer à quelque chose qui vous dépasse.

A bon entendeur salam

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Atala Atlale

Que Dieu ait pitié de son âme.

Si l'on pouvait disposer et réunir tous les écrits de ces valeureux combattants de la liberté on aurait accès à des pans très intéressants de la grande révolution de novembre 54.

Ces hommes illustres disparaissent un à un et laissent les usurpateurs falsifier en toute quiétude l'histoire millénaires de notre pays !

Il est temps d'interroger ceux encore en vie et prendre soin de leurs témoignages qui devraient être être à leur tour comparés avec d'autres sur les mêmes événements afin de ne pas tromper les générations futures sur leur Histoire.

Le présent n'est pas ce dont nos martyrs rêvaient. Non assurément non ! Nos institutions et ceux qui sont censés défendre la nation trompent le peuple ! Il est temps de revenir aux principes qui ont guidé notre révolution. Le défunt Ait Ahmed aurait pu sauver ce pays. Mais d'autres hommes de sa trempe peuvent encore éviter à L'Algérie le syndrome syrien.

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Si, dieu existe il ne tolérerai pas, ce qui se passait et ce qui se passe actuellement sur la terre qui parait-il il aurait créée.

Quand, à celui à qui vous faites allusion dans votre croyance en religion, il faut croire, qu'il est comme tous les humains, il cherche sa gloire et surtout la fortune, quitte même à empoisonner ses concitoyens sans scrupule il a toujours été, il mourra sans scrupule, en ayant ruiné le pays avec ses amis.