Abdelmalek Sellal, le juge de paix

Doucement, sans trop de précipitation, le décor pour la prochaine présidentielle se met en place.

Un juge de paix (un metteur en scène délégué ?) vient d’être désigné en la personne de M. Abdelmalek Sellal, un personnage consensuel, discipliné, compétent, peu retors, pas trop impopulaire, pas trop ambitieux aussi et proche de tous les cercles du pouvoir et bénéficiant de leur confiance. Un des rares hommes de pouvoir qui a commencé petit, qui est monté à la force de ses bras (pas uniquement je le concède), qui a fait ses preuves, dans le pays profond : chef de cabinet par intérim dans la nouvelle wilaya de Guelma en 1976, ensuite chef de daïra à Tamanrasset jusqu’au poste de Premier ministre.

Le casting aussi se met en place. Les acteurs de premier plan, les stars prennent leurs quartiers. Ils se préparent pour la future bataille : Belkhadem, Ouyahia, le dernier venu Ghoul. Le kaléidoscope de la pilosité faciale. Dans l’ordre, un ex-imberbe devenu barbu (après un passage par la barbiche), un moustachu (petite moustache devenue grosse) et un ex-barbu changé en imberbe.

Quelques seconds couteaux ont récemment émergé pour faire partie du gouvernement : Mohamedi Saïd du PLJ, Amara Benyounès du MPA, Belkacem Sahli de l’ANR, pour quelle mission ? Doublures, cascadeurs, équilibristes, bouffons. Nous le saura le moment venu. Le rôle de la femme sera à coup sûr attribué à l’éternelle Hannoune, enfin celui des mauvais garçons ne sera certainement pas refusé par le revenant et très pileux Djaballah ou son frère ennemi Soltani.

Et à Ould Kablia de s’occuper activement de la sélection des figurants.

La cavalerie, parce qu’il y aura aussi des cavaliers (les familles révolutionnaires, l’UGTA, les scouts, les troupes de fantasia), restera à l’écart. Elle ne sera lancée qu’à la dernière minute, pour faire pencher la balance.

Abdelhak Hamidi

Rédaction
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3 commentaires

  1. Quand on est dans le giron d'un club sportif , toutes les fonctions quoique concourant à la bonne marche de ce club et à sa stabilité ne sont pas les mêmes : Depuis le président qui doit avoir des qualités – bonnes ou mauvaises il faut qu'il en soit la particularité – , en passant par le secrétaire général , le président d'une section sportive , le trésorier général, les adhérents , les membres d'honneur , tous autant que l'entraineur peuvent discuter d'un match joué ou pas encore , gagné ou perdu , chacun y avance son point de vue . Mais la fonction d'entraineur , ses interventions depuis qu'il prend en charge l'équipe ne sont pas de tout repos . Et lui seul connait la pression parfois terrible qui le saisit par peur du résultat final , l'installation du doute , lorsque son équipe est menée , quand elle égalise et qui se fait reprendre le dessus . Lui seul est connecté à la bulle qui enveloppe le stade , le cri des supporters , le va et vient du président, la caméra de l'entv , autant de faits qui lui compressent la poitrine , assèche sa bouche , le faisant redevenir humain . Il sait pertinemment que dominer n'est pas gagner , qu'on ne doit pas changer une équipe qui gagne , et qu'il suffit d'un petit coup de pouce du "hasard" pour qu'il soit hissé vers les nues ou englouti dans des trous noirs où les pretextes ou causes de la défaite se pressent au portillon frontal avant d'être déballés par sa langue devant les contestataires , membres du club . Mr Sellal a été membre de club , il en a assumé quelques fonctions plus ou moins accablantes , il est aujourd'hui Entraineur en chef . Tout le monde le guette . Il a sûrement pris la décision périlleuse de prendre l'équipe en marche , ce qui est , et – beaucoup d’entraîneurs vous le diront – un coup à double tranchant et il va en subir l'amère conséquence . Pourquoi , un entraîneur qui ne réussit pas dans une équipe est-il recruté dans une autre ? De division inférieure de surcroit . Certains prétextent et souhaitent le fameux déclic . Mais l’entraîneur lui, sachant que ce sont les bons joueurs qui font les bons entraîneurs , ne s'engagera que lorsque les possibilités de réussite sont avantageuses . Dans le cas contraire , ce n'est qu'une illusion du "moi" qui le pousse au suicide . Celui qui se suicide est arrivé à un stade où le raisonnement ne "résonne" plus dans sa tête que par sa vanité .
    Le coup d'envoi a été donné , généralement , c'est la fameux round d'observation . Wait and see ?
    Mais le chronomètre malheureusement a été aussi enclenché , celui du match comme celui de l'horaire du match qui se joue généralement en fin d'après midi pour ne pas faire allusion à la fin …de journée .

  2. Et puis il y a les vieux muppet-show de la figuration et porteurs de chandelle pour nous faire rire sous cape comme jamais auparavant : les responsables participationnistes et tire -au -flanc du FFS .

  3. Sellal a une légérété humouristique qui frise ,parfois,le je m'en foutisme.Une dilettante toute en consensus moux qui va dans le sens du poil et qui lui donne parfois des attitudes à la bendjedid.
    wali d'adrar il aimait répondre avec son humour populaire,lorsqu'on lui demandait de ses nouvelles dans cette contrée désertique
    " Rekda outmangi"!!

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