Le carnage de Ghaza vu par l’Israélien Michel Warschawski

Michel Warschawski est le président du mouvement israélien Centre d’information alternative. Anti-sioniste, il souhaite le remplacement d’Israël par un État dit bi-national. Son article.

Il faut le dire et le repeter : ce n’est pas une guerre qui se deroule dans la Bande de Gaza, mais un carnage realise par la troisieme force aerienne du monde contre une population civile sans defense.

Il faut le dire et le repeter : le carnage de Gaza n’est pas une reaction « disproportionnee » aux roquettes que tirent les militants du Jihad Islamiste et autres groupuscules palestiniens sur les localites israeliennes proches de la Bande de Gaza, mais une action premeditee et preparee de longue date, ce que reconnaissent d’ailleurs la plupart des commentateurs israeliens.

Il faut le dire et le repeter : ces tirs de roquettes ne sont pas, comme veulent nous le faire croire certains diplomates europeens, des « provocations que rien ne peut expliquer », mais des ripostes, assez derisoires il faut le reconnaitre, a un embargo sauvage impose par Israel, depuis un an et demie, au million et demie de residents de la Bande de Gaza, femmes, enfants, vieillards compris, avec la collaboration criminelle des Etats-Unis mais aussi de l’Europe.

Il faut le dire et le repeter : il ne s’agit pas, comme on essaie de l’expliquer a tous ceux qui ont la mémoire courte ou selective, un acte d’auto-defense, longtemps retarde, face a une agression palestinienne que rien ne justifiait. Ehoud Barak l’avoue sans probleme, cela fait des mois que l’armee israelienne se preparait a frapper l’ »entite terroriste » denommee Gaza. Comme l’expliquait avec pertinence Richard Falk, rapporteur special de l’ONU sur les droits de l’homme dans les territoires occupes, quand on definit comme « entite terroriste » une zone peuplee par un million et demie d’etres humains, on entre dans la logique du genocide.

Tout comme l’attaque du Liban en 2006, l’agression israelienne s’inscrit dans la guerre globale permanente et preventive des strateges neo-conservateurs en place a Tel Aviv, et pour quelques mois encore, a la Maison Blanche. Comme son nom l’indique, cette strategie est preventive, et n’a nul besoin de pretextes immediats et tangibles : l’occident democratique serait menace par un ennemi global que l’on a d’abord identifie comme « le terrrorisme international » puis comme « terrorisme islamiste » pour devenir finalement l’Islam tout court. Le « choc des civilisations » de Huntington n’est pas une description de la realite politique internationale, mais le cadre ideologique de la strategie offensive des neo-conservateurs americains et israeliens, telle qu’elle a été elaboree en commun des la seconde moitie des annees quatre-vingt. Dans cette strategie de guerre, la menace islamiste est venue remplacer ce qu’avait été le danger communiste pendant la guerre froide : un ennemi global qui justifie une guerre globale.

Si le bombardement criminel de Gaza jouit en Israel d’un soutien consensuel, si la gauche institutionnelle, et en particulier le parti Meretz, a joint son petit piccolo a l’orchestre guerrier dirige par Ehoud Barak, c’est precisement parce qu’elle partage cette vision du monde qui fait de l’Islam une menace existentielle qu’il faut imperativement neutraliser avant qu’il ne soit trop tard.

A l’horreur du crime, il faut ajouter l’abject des motivations immediates : dans moins de deux mois se derouleront en Israel des elections generales, et les victimes palestiniennes sont aussi des arguments electoraux. Les martyrs de l’attaque israelienne sur Gaza sont l’objet d’une concurrence mediatique entre Ehoud Barak, Tsipi Livni et Ehoud Olmert, a qui sera le plus determine dans la brutalite. Le crimminel de guerre qui dirige le Parti Travailliste, ou plutôt ce qu’il en reste, se vente ce matin d’avoir gagne quatre points dans les sondages. Au dela du cynisme sans limite qui marchande 350 victimes palestiniennes innocentes contre quelques dizaines de milliers de voix, Barak demontre, une fois de plus, sa myopie politicienne : dans la surenchere de bestialite, et malgre tous ses efforts, il ne parviendra jamais a depasser Benjamin Netanyahou, les electeurs preferant toujours l’original a la copie. D’autant plus que le chef de guerre se trouve aujourd’hui confronte au meme probleme que celui qui a transforme la guerre du Liban en fiasco israelien, un probleme bien connu de tous ceux qui ont initie des guerres coloniales : comment la terminer ? « On n’arretera que quand nous aurons fini le travail » annonce-t-il avec toute l’arrogance des petits chefs. Mais quand est-ce que « le travail » sera acheve ? Quand la population de Gaza et de Cisjordanie acceptera de capituler devant les reves coloniaux des dirigeants israeliens et de limiter leurs aspirations nationales a un « Etat Palestinien » reduit a une douzaine de reserves isolees les unes des autres et encerclees par un mur ? Si tel est le « travail » que Barak espere pouvoir realiser, le peuple israelien doit alors etre pret a une guerre qui ne sera pas seulement extremement longue mais sans fin. Et si l’Etat Juif est bien arme pour les guerres-eclair (blitz krieg, en allemand), surtout quand elles sont menees par l’aviation, il entre rapidement en crise des lors qu’il s’agit d’une course d’endurance dans laquelle les Palestiniens, comme tous les autres peuples victimes de l’oppression coloniale, sont passes maitres.

C’est ce qui explique que moins d’une semaine apres qu’elle ait debute, et malgre les declarations triomphalistes des politiques et des militaires, l’ambiance en Israel est dors et déjà en train de tourner. Samedi dernier, quelques heures apres le bombardement de Gaza, nous etions un peu plus de mille personnes a manifester, spontanement, notre rage et notre honte, nous serons beaucoup plus ce samedi soir a exiger des sanctions internationales contre Israel et la traduction d’Ehoud Barak et cie. Devant une cour de justice internationale. J’en suis certain.

Michel Warschawski

Michel Warschawski est le président du mouvement israélien Centre d’information alternative. Anti-sioniste, il souhaite le remplacement d’Israël par un État dit bi-national

Fils du grand-rabbin Max Warschawski, Michel Warschawski passe ses premières années à Strasbourg. Il décide à 16 ans de partir pour Jérusalem où il entreprend des études talmudiques. En 1967, il adhère au mouvement trotskiste antisioniste Matzpen aujourd’hui disparu. Il crée en 1984 le Centre d’information alternative (AIC), qui rassemble plusieurs mouvements pacifistes israéliens et organisations palestiniennes. En 1989, il est condamné à vingt mois de prison ferme pour « prestations de services à organisations illégales », pour avoir imprimé des tracts relatifs à l’organisation palestinienne Front populaire de libération de la Palestine de Georges Habache qualifiée de terroriste par Israël. Depuis lors, il continue son activité au sein de l’AIC. Il donne, entre 2003 et 2005, une série de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans une vingtaine de grandes villes françaises et leurs banlieues (centres associatifs, écoles) avec Dominique Vidal du Monde diplomatique et Leïla Chahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne. La présence de ces intervenants au sein d’établissements publics crée une polémique, notamment à travers des tribunes dans Le Figaro ou France-Israël et les réunions sont interdites dans les établissements scolaires.

Depuis septembre 2008, il participe en tant que chroniqueur, au nouveau journal satirique Siné Hebdo.

14 commentaires

  1. Mr Michel Warchawski, permettez-moi de saluer votre courage, votre sens de la responsabilité et votre engagement pour la paix. Il est rafraichissant de voir qu’en face des bruits de bottes et des tambours de la guerre qui se font écho sous le ciel de Gaza et de la Palestine en général, il y a des voix de paix qui tentent de se faire entendre même faiblement. Puissent-elles un jour grandir et étouffer à jamais ce vacarme de feu et de fer. Bien de de nos compatriotes, supporters éhontés d’Israel doivent se sentir petits devant la grandeur de ce texte qui ne vient pas d’un militant du Hamas.

  2. Aux intellectuels Palestiniens il y a lieu de partager le travail fourni par les anti-sionistes Israëliens. Il faut créer un Etat laïc où les juifs, les musulmans et les chrétiens y vivent en communion. Dieu nous a créés pour que nous soyons heureux. Donc pourquoi cette haine de l’autre.

  3. Après une immigration au pays conquis, une éducation juive orthodoxe des plus fermées et quelques services dans le kibboutz, il découvre l’autre, le Palestinien, un être humain comme lui. Il se rallie au camp de la paix et au rapprochement avec les Palestiniens. C’est en effet paradoxalement un espoir dans ce vacarme de violence. On voit bien que c’est le contraire de la doctrine enseignée par notre pays (que tous les Israéliens sont à proscrire) et que certains de nos compatriotes irascibles et obtus ne cessent de véhiculer.

  4. salut
    j’ai bien lu l’article et malheureusemnt là est le probleme et chez le juifs ainsique chez les paléstiniens il ya de ces voix qui nous interpelent quinous disent on assez de la guerre et onveut que tout celà cesse mais ces voix n’ont pas de place dan sl’echiquier mediatique ca ceus qui alimentent cette guerre et avec des slogans haineux et religieux surtout de par et autre se sont eux qui possedent ces chaines de tv fox tv, cnn, eldjazeera elarabiya ..et se sont qui ont des interets directement ou indirectement

  5. Le sionisme est à combattre au même titre que l’islamisme aveugle. Tous les deux ne génèrent que des combats sanglants. Heureusement qu’il y a des penseurs engagés aussi bien chez les musulmans que les juifs ou les chrétiens. Je souhaite de tout coeur que la raison l’emporte malgré ce vacarme d’armes médiatisé. Le peuple palestinien sait faire la différence entre un juif et un sioniste car plusieurs confessions coexistent depuis la nuit des temps dans cette région. Chers compatriotes cet écrit illustre bien la sagesse et nous donne un bel exemple de résistance contre les régimes dictateurs. Ne perdons pas espoir.

  6. lorsqu’il était encore premier ministre, Ehud Bark avait déclaré qu’il avait "décidé de mettre fin au processus de paix" je croois que ce sont ses termes exacts
    la préméditation du massacre date donc de loin

  7. Bel exemple d’humanisme et d’homme de paix !Bravo Mr.Michel Warshawski

  8. Ce qu’il faut s’avoir que le sionisme et l’imperialisme mondial ont reussis a crrer un conflit entre les régimes arrabes et les freres musulments autour du pouvoir dans le monde arrabe.Pendant ce temps les freres ennmis ce déchire politiquement et le sionnisme est entrain d’exrerminner le maximum du peuple palestinien.

  9. Cher internaute Larbi Chelabi, il n’y a pas que Mr Michel Warchawski qu’il faut saluer pour son courage car l’APN (assemblée nationale populaire algérienne) a « condamné l’agression israélienne et a appelé à l’arrêt de l’agression et à la levée du blocus sur Ghaza ». Waouh !!! Cela me rappelle un communiqué de la section FLN de Oued Amizour (un petit village de Kabylie) à l’époque où le FLN régnait sans partage sur l’ensemble du territoire, qui a publié un communiqué condamnant l’impérialisme américain en exigeant de lui le retrait de l’armée américaine de tous les territoires occupés. Je sais que plusieurs sections FLN d’autres régions du pays ont fait la même chose, mais celle de Oued Amizour je l’ai lue dans El Moudjahid de l’époque. Ourak ya el FLN. Tu n’as pas changé d’un iota depuis l’indépendance. Que dis-je ? Si tu as changé car tu as appris à trahir tes idéaux et ce, dès l’aube de l’indépendance. Aujourd’hui même, tu ne t’exprime que derrière un pupitre d’une assemblée formée d’un conglomérat d’individu sans aucune conviction politique, comme toi d’ailleurs, et tu ne jouis qu’à l’incantation d’un troisième mandat. Pauvre FLN !!!

  10. Bonjour, et voila la meilleure réponse au journaliste Rabah qui a écris sur la Hamas en disant que ce carnage est de sa faute….d’autres leçons Monsieur Rabah?

  11. La guerre israélienne est financée par l’Arabie saoudite
    par Thierry Meyssan*
    L’attaque israélienne contre Gaza, est une option préparée de longue date. La décision de l’activer a été prise en réponse aux nominations de l’administration Obama. Les changements stratégiques à Washington sont défavorables aux visées expansionnistes de Tel-Aviv. Israël a donc cherché à forcer la main de la nouvelle présidence états-unienne en la plaçant devant le fait accompli. Mais pour organiser son opération militaire, Israël a dû s’appuyer sur de nouveaux partenaires militaires, l’Arabie saoudite et l’Égype, qui constituent désormais un paradoxal axe sioniste musulman. Riyad finance les opérations, révèle Thierry Meyssan, tandis que Le Caire organise des paramilitaires.
    Depuis le samedi 27 décembre 2008, à 11h30 (heure locale), les forces armées israéliennes ont lancé une offensive contre la bande de Gaza, d’abord aérienne, puis aussi terrestre à partir du 3 janvier 2009, 18h30 (heure locale).
    Les autorités israéliennes déclarent viser exclusivement des sites du Hamas et prendre le maximum de précautions pour épargner les vies des civils. Dans la pratique, viser « des sites du Hamas » signifie détruire non pas seulement les sites de ce parti politique, mais aussi les logements de ses cadres et, surtout, tous les bâtiments officiels. En d’autres termes, l’opération actuelle vise à anéantir toute forme d’administration dans la bande de Gaza. Le général Dan Harel, chef d’état-major adjoint, a précisé : « Cette opération est différente des précédentes. Nous avons mis la barre très haut et nous allons dans cette direction. Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais aussi l’ensemble du gouvernement du Hamas. Nous visons des édifices officiels, les forces de sécurité, et nous faisons porter la responsabilité de tout ce qui se passe sur le Hamas et ne faisons aucune distinction entre ses différentes ramifications. »
    Par ailleurs, « faire son possible pour épargner les vies des civils » ressort de la pure rhétorique et n’a aucune concrétisation possible : avec environ 3 900 habitants au kilomètre carré [1], la bande de Gaza est un des territoires à plus forte densité de population au monde. Il est matériellement impossible d’atteindre les cibles choisies sans détruire en même temps les habitations voisines.
    Les autorités israéliennes affirment agir en légitime défense. Selon elles, des tirs de roquette ont repris contre l’État juif depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par le Hamas, le 19 décembre 2008.
    Or, le Hamas n’a pas rompu de trêve. Une trêve de six mois avait été conclue entre Israël et le Hamas par l’intermédiaire de l’Égypte. Israël s’était engagé à interrompre le blocus de la bande de Gaza ; l’Égypte s’était engagée à rouvrir le point de passage de Rafah ; et le Hamas s’était engagé à stopper les tirs de roquette contre Israël. Cependant, Israël et l’Égypte ne remplirent jamais leurs engagements. Le Hamas interrompit les tirs de roquettes durant des mois. Il les reprit en novembre à la suite d’une incursion israélienne meurtrière. Tirant le bilan de la duplicité de ses interlocuteurs, le Hamas a jugé inutile de renouveler un accord à sens unique.
    Des tirs de roquette ont lieu depuis 2001 contre Israël. Prés de 2 500 tirs ont été recensés en 7 ans. Ils ont tué au total 14 Israéliens jusqu’au lancement de l’offensive. Ils n’ont fait aucune victime entre la fin de la trêve et la dernière attaque israélienne.
    Or, la notion de légitime défense suppose une proportionnalité des moyens, ce qui n’est évidemment pas le cas. Tsahal a activé une soixantaine de bombardiers et au moins 20 000 hommes suréquipés face à des résistants armés de roquettes rudimentaires et d’adolescents munis de pierres.
    Il est impossible d’estimer actuellement les dégâts matériels et humains. Au dixième jour de bombardements, les hôpitaux et services d’urgence ont dénombré 530 morts. Ce chiffre ne tient pas compte des victimes décédées avant l’arrivée des secours, dont les corps sont directement récupérés par les familles sans transiter par les services de santé. Les blessés se comptent par milliers. Faute de médicaments, ils ne pourront pas recevoir les soins nécessaires et seront pour la plupart handicapés à vie. Les destructions matérielles, quand à elles, sont considérables.
    L’opération a été lancée au cours de la fête d’Hanoukka, un jour de shabbat. Elle a été dénommée « Plomb durci » par référence à une chanson d’Haïm Nahman Bialik que l’on entonne durant les huits jours d’Hanoukka. De la sorte, Israël, qui s’affirme comme « l’État juif », élève cette opération au rang de cause nationale et religieuse.
    Hanoukka commémore le miracle de l’huile : pour rendre grâce à Dieu, les juifs qui avaient repoussé les Grecs, allumèrent une lampe à huile dans le temple sans prendre le temps de se purifier ; mais alors que la lampe ne contenait de l’huile que pour une journée, elle brûla durant huit jours. En liant l’opération militaire actuelle au miracle de l’huile, les autorités israéliennes indiquent à leur population qu’il n’est pas impur de tuer des Palestinens.
    La guerre israélienne a suscité des protestations dans le monde entier. Les manifestations les plus importantes ont eu lieu en Turquie, où elles ont rassemblé 700 000 personnes.
    Le National Information Directorate, nouvel organe de propagande rattaché aux services du Premier ministre, a alors appelé les divers leaders israéliens à développer un autre argument. L’opération « Plomb durci » serait une bataille dans la « guerre mondiale au terrorisme » déclarée par les États-Unis et soutenue par le monde occidental. En effet, le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, même s’il ne l’est pas formellement par l’Union européenne. Le gouvernement israélien tente de relancer la thématique du « choc des civilisations » chère à l’administration Bush, alors que l’administration Obama qui entrera en fonction le 20 janvier a clairement annoncé qu’il l’abandonnerait.
    Ce glissement rhétorique laisse entrevoir les motivations réelles de l’opération. Celles-ci sont à la fois à rechercher dans la nature de l’affrontement et dans la particularité de l’actuelle opération.
    La logique du mouvement sioniste est de s’approprier cette terre en la nettoyant ethniquement ou, à défaut, d’y imposer un système d’apartheid. Les Palestiniens sont alors parqués dans des réserves, sur le modèle des bantoustans sud-africains ; actuellement la Cisjordanie d’une part, la bande de Gaza d’autre part. Tous les 5 à 10 ans, une importante opération militaire doit être déployée pour casser les velléités de résistance de cette population. De ce point de vue, l’opération « Plomb durci » n’est qu’un massacre de plus, perpétré par un État qui jouit d’une immunité totale depuis soixante ans.
    Ainsi que l’a révélé Haaretz, le ministre de la Défense Ehud Barack n’a accepté la trêve de six mois que pour pousser les combattants du Hamas à sortir de l’ombre. Il a mis a profit cette période pour les cartographier dans le but de les anéantir dés que l’occasion se présenterait [2].
    Le flou de la nouvelle administration US
    Reste que cette opération prend place durant la période de transition de la présidence états-unienne. Depuis septembre 2008, les observateurs avisés prévoyaient que Barack Obama accèderait à la Maison-Blanche grâce au soutien d’une coalition hétéroclite comprenant le complexe écolo-financier, le mouvement sioniste, les généraux en révolte et les partisans de la Commission Baker-Hamilton. Pour ma part, j’avais annoncé ce résultat dès le mois de mai.
    Or, cette coalition n’a pas de position définie sur le Proche-Orient. Les généraux en révolte et les partisans de la Commission Baker-Hamilton considèrent avec leur maître à penser, le général Brent Scowcroft, que les États-Unis ont surdéployé leurs armées et doivent impérativement limiter leurs objectifs et reconstituer leurs forces. Ils se sont opposés à une guerre contre l’Iran et ont au contraire affirmé la nécessité d’obtenir l’aide de Téhéran pour éviter la débâcle en Irak. Ils déplorent les tentatives de remodelage du Grand Moyen-Orient (c’est-à-dire de modification des frontières) et appellent à une période de stabilité. Certains d’entre eux vont même jusqu’à préconiser de faire basculer la Syrie et l’Iran dans le camp atlantique en contraignant Israël à restituer le Golan et à résoudre partiellement la question palestinienne. Ils proposent d’indemniser les États qui naturaliseraient les déplacés palestiniens et d’investir massivement dans les Territoires pour les rendre économiquement viables. Cette perspective signifie la fin du rêve d’expansion sioniste tout autant que la fin de certains régimes arabes soutenus jusque-là à bout de bras par Washington.
    De leur côté, les sionistes états-uniens qui ont lancé Barack Obama en politique il y a seulement douze ans, auxquels se sont joints les Clinton, depuis qu’Hillary s’est convertie au sionisme chrétien et a adhéré à la Fellowhip Foundation, soutiennent la poursuite du projet d’apartheid. Dans la foulée de la lettre de George W. Bush à Ariel Sharon et de la conférence d’Annapolis, ils veulent achever la transformation des Territoires en bantoustans. Un ou deux États palestiniens seraient reconnus par les États-Unis et leurs alliés, mais ce ou ces États ne seraient pas souverains. Ils seraient privés d’armées, leur politique étrangère et leurs finances resteraient sous contrôle israélien. Si l’on parvenait à y éradiquer la Résistance, ils se fondraient à terme dans le paysage comme les réserves indiennes aux États-Unis.
    Inquiets pour leur avenir commun, des délégations égyptienne, israélienne et saoudienne se sont réunies en Égypte en septembre et octobre 2008. Selon une source de la Résistance, à l’issue de ces négociations, il a été convenu qu’en cas d’évolution défavorable à Washington, Israël lancerait une vaste opération militaire à Gaza, financée par l’Arabie saoudite, tandis que l’Égypte ferait entrer des paramilitaires à Gaza. Si de nombreuses fois par le passé des gouvernements arabes ont laissé le champ libre à Israël, c’est la première fois qu’ils participent à la planification d’une guerre israélienne, constituant ainsi un axe sioniste musulman.
    Informés en temps réel par le chef de cabinet Rahm Emanuel (double national israélo-US et officier de renseignement militaire israélien) des rapports de force au sein de l’équipe Obama, la troïka Israël-Égypte-Arabie saoudite a appris la répartition des fonctions.
    Les postes importants au secrétariat d’État seront confiés à des protégés de Madeleine Albright et d’Hillary Clinton. Les deux secrétaires d’État adjoints, James Steinberg et Jacob Lew sont des sionistes convaincus. Le premier avait été un des rédacteurs du discours d’Obama à l’AIPAC.
    Le Conseil national de sécurité échoit à des atlantistes inquiets que les provocations israéliennes débouchent sur une perturbation de l’approvisionnement énergétique de l’Occident, le général Jones et Tom Donilon. Jones, qui était chargé du suivi de la conférence d’Annapolis, a plusieurs fois exprimé son agacement face à la surenchère israélienne.
    Le secrétariat à la Défense reste aux mains de Robert Gates, un ex-adjoint de Scowcroft et un membre de la Commission Baker Hamilton. Il s’apprête à remercier les collaborateurs dont il a hérité de Donald Rusmfeld et qu’il n’avait pu virer plus tôt comme il l’a déjà fait avec deux maniaques anti-Iraniens, le secrétaire à l’Air Force Michael Wynne et son chef d’état-major le général T. Michael Moseley. En outre, Gates a réussi à imposer son ami Léon Panetta, comme lui membre de la Commission Baker-Hamilton, à la tête de la CIA.
    En résumé, la troïka peut toujours compter sur l’appui diplomatique des États-Unis, mais plus sur son aide militaire massive.
    L’Égypte, l’Arabie saoudite et 10 000 paramilitaires arabes avec Israël
    C’est là le point nouveau au Proche-Orient. Pour la première fois, une guerre israélienne n’est pas financée par les États-Unis, mais par l’Arabie saoudite. Riyad paye pour écraser le principal mouvement politique sunnite qu’il ne contrôle pas, le Hamas. La dynastie des Séoud sait qu’elle doit anéantir toute alternative sunnite au Proche-Orient pour se maintenir au pouvoir. C’est pourquoi elle a fait le choix du sionisme musulman. L’Égypte quand à elle craint une extension via les Frères musulmans de la révolte sociale.
    La stratégie militaire reste cependant états-unienne, comme lors de la guerre de 2006 contre le Liban. Les bombardements ne sont pas conçus pour éliminer les combattants, ce qui je l’ai indiqué plus haut n’a pas de sens en milieu urbain, mais de paralyser la société palestinienne dans son ensemble. C’est l’application de la théorie des cinq cercles de John A. Warden III.
    En définive, toujours selon Haaretz, Ehud Olmert, Ehud Barack et Tzipi Livni ont pris la décision de la guerre le 18 décembre, c’est-à-dire la veille de l’expiration de la trêve.
    Le National Information Directorate a organisé une simulation, le 22 décembre, pour mettre au point les mensonges qui serviraient à justifier le massacre.
    L’opération a débuté le 27 décembre de manière à éviter que la papauté puisse s’en mêler. Benoît XVI a néanmoins évoqué dans son message de Noël « un horizon qui semble redevenir sombre pour les Israéliens et les Palestiniens ».
    Revenons-en au théâtre d’opération. L’aviation israélienne a préparé le terrain à une pénétration terrestre, laquelle ouvre la voie à des paramilitaires arabes. Selon nos informations, environ 10 000 hommes sont actuellement massés prés de Rafah. Entraînés en Égypte et en Jordanie, ils sont placés sous le commandement de l’ex-conseiller national de sécurité de Mahmoud Abbas, le général Mohammed Dahlan (l’homme qui organisa l’empoisonnement de Yasser Arafat pour le compte des Israéliens, selon des documents rendus publics il y a deux ans). Ils sont appelés à jouer le rôle qui avait été dévolu à la milice d’Elie Hobeika à Beyrouth lorsque les troupes d’Ariel Sharon encerclèrent les camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
    Cependant, la troïka sioniste hésite à lancer ses « chiens de guerre » tant que la situation militaire à l’intérieur de la bande de Gaza reste incertaine. Depuis deux ans, de nombreux résistants palestiniens ont été formés aux techniques de guérilla du Hezbollah. Bien qu’ils soient en théorie dépourvus des armes nécessaires à ce type de combat, on ignore quelles sont leurs capacités exactes. Une défaite au sol serait une catastrophe politique pour Israël après la défaite de son armée de terre au Liban, en 2006, et de ses instructeurs en Géorgie, en 2008. Il est toujous possible de retirer rapidement ses blindés de Gaza, il n’en sera pas de même pour retirer des paramilitaires arabes.
    L’Union européenne a appelé à une trêve humanitaire. Israël a répondu que cela n’était pas nécessaire car il n’y avait pas de crise humanitaire nouvelle depuis le début des bombardements. Pour preuve de sa bonne foi, le soi-disant « État juif » a laissé pénétrer quelques centaines de camions d’aide alimentaire et médicale… pour 1 400 000 habitants.
    Dans chacune des guerres qu’Israël a conduit en violation du droit international, une avant-scène diplomatique a été organisée pour lui permettre de gagner du temps, tandis que les Etats-Unis bloquent toute résolution du Conseil de sécurité. En 2006, c’était Romano Prodi et la conférence de Rome. Cette fois, c’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui produit le divertissement. Il a annoncé qu’il consacrerait deux jours de son précieux temps pour régler un problème où les autres ont échoué depuis 60 ans. Ne laissant guère de doute sur sa partialité, M. Sarkozy a d’abord reçu à l’Élysée la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le leader sunnite saoudo-libanais Saad Hariri, et s’est entretenu par téléphone avec le président égyptien Hosni Moubarak, le président fantoche de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.
    Thierry Meyssan

    Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

  12. Discours de Barack Obama sur le conflit israélo-palestinien,

    En juin 2008, Barack Obama, alors candidat démocrate à la présidence, a prononcé un discours devant le American Israel Public Affairs Committee où il a décrit de façon très claire sa position sur le conflit israélo-palestinien.

    Traduction d’extraits du discours :

    Je suis devenu familier avec l’histoire d’Israël à l’âge de 11 ans. J’ai découvert le long parcours du peuple Juif et sa détermination farouche à préserver son identité par la foi, la famille et la culture. Année après année, siècle après siècle, les Juifs ont maintenu leurs traditions et leur rêve d’une patrie malgré des obstacles inimaginables.

    Leur histoire m’a profondément touché. J’ai grandi sans un sentiment d’avoir des racines. Mon père était noir, il était originaire du Kenya, et il nous a quittés quand j’avais deux. Ma mère était blanche, elle était du Kansas, et je suis déménagé en Indonésie puis de nouveau à Hawaii. À de nombreux égards, je ne savais pas d’où je venais. J’ai donc acquis la conviction que l’on peut cultiver une identité spirituelle, émotionnelle et culturelle. Et j’ai profondément compris l’idée sioniste – qu’il y a toujours une patrie au cœur de notre histoire.

    J’ai aussi appris l’horreur de l’Holocauste, et la terrible urgence d’un retour en Israël qui s’en est suivi. Pour la majeure partie de mon enfance, j’ai vécu avec mes grands-parents. Mon grand-père avait servi durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme mon grand-oncle. C’était un garçon du Kansas qui ne s’était probablement jamais attendu de voir l’Europe, sans parler de l’horreur qui l’attendait là-bas. Pendant des mois après son retour d’Allemagne il est resté dans un état de choc, seul, hanté par des souvenirs douloureux.

    Voyez-vous, mon grand-oncle faisait partie de la 89e Division d’infanterie – les premiers Américains à atteindre un camp de concentration nazi. Ils ont libéré Ohrdruf, qui faisait partie de Buchenwald, un jour d’avril en 1945. Les horreurs de ce camp dépassent l’imagination. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes de faim, de torture, de maladie, ou ont été tout simplement assassinées par la machine à exterminer nazie qui a tué 6 millions de personnes.

    Quand les Américains sont arrivés, ils ont découvert d’énormes piles de corps et des survivants affamés. Le général Eisenhower commanda aux Allemands des villages environnants de visiter le camp afin qu’ils puissent voir ce qui se faisait en leur nom. Il commanda aux troupes américaines de faire le tour du camp afin qu’ils puissent voir le mal contre lequel ils se battaient. Il invita des membres du Congrès et des journalistes à rendre témoignage. Et il ordonna que des photos et des films soient pris. Il a expliqué son geste en disant qu’il voulait documenter ces horreurs par « des preuves de première main, au cas où, dans l’avenir, quelqu’un affirmerait qu’il s’agit de simple propagande. »

    J’ai vu certaines de ces images à Yad Vashem, et elles ne vous quittent jamais. Et ces images ne font qu’évoquer l’histoire que les survivants de la Shoah portent en eux. Comme Eisenhower, chacun de nous témoigne à tous et chacun de ceux qui nient ces crimes innommables, ou parlent de les répéter. Nous devons être convaincus de ce que nous disons lorsque nous prononçons les mots : « plus jamais ».

    C’est quelques années à peine après la libération des camps que David Ben-Gourion a proclamé la fondation de l’État juif d’Israël. Nous savons que la création d’Israël était juste et nécessaire, enracinée dans des siècles de lutte et des décennies de patient labeur. Mais 60 ans plus tard, nous savons que nous ne pouvons pas baisser la garde, nous ne pouvons pas céder, et en tant que Président, je ne ferai jamais de compromis quand il s’agit de la sécurité d’Israël.

    Pas quand il y encore des voix pour nier l’Holocauste. Pas quand il y a des groupes terroristes et des dirigeants politiques voués à la destruction d’Israël. Pas quand il y a des cartes à travers le Moyen-Orient qui ne reconnaissent même pas l’existence d’Israël, et des manuels scolaires financés par l’État qui sont remplis de haine envers les Juifs. Pas quand il y a des roquettes qui pleuvent sur Sdérot, et que des enfants israéliens doivent prendre une profonde respiration et faire appel à un rare courage chaque fois qu’ils montent à bord d’un bus ou se rendent à pied à l’école.

    J’ai compris depuis longtemps la quête d’Israël pour la paix et son besoin de sécurité. Mais jamais autant que lors de mes voyages dans ce pays il y a deux ans. Depuis un hélicoptère de l’armée israélienne, j’ai vu une belle et étroite bande de terre située au bord de la Méditerranée. Sur le terrain, j’ai rencontré une famille dont la maison avait été détruite par une roquette Katioucha. J’ai parlé à des soldats israéliens qui font face à des menaces quotidiennes en maintenant la sécurité à proximité de la ligne bleue. J’ai parlé à des gens qui aspirent à un avenir sûr pour leurs enfants, un rêve simple mais hors de portée.

    J’ai été fier de faire partie d’un consensus fort, bipartisan, qui a soutenu Israël face à toutes les menaces. C’est un engagement que John McCain et moi-même partageons parce que le soutien à Israël dans ce pays transcende les partis. Mais une partie de notre engagement doit consister à prendre la parole lorsque la sécurité d’Israël est en jeu, et je ne crois pas que nous pouvons être satisfaits que la récente politique étrangère de l’Amérique ait contribué à renforcer la sécurité d’Israël.

    Le Hamas contrôle désormais la bande de Gaza. Le Hezbollah a renforcé son emprise sur le sud du Liban, et montre ses muscles à Beyrouth. En raison de la guerre en Irak, l’Iran – qui a toujours été une menace plus grande pour Israël que l’Irak – est enhardi et pose le plus grand défi stratégique pour les États-Unis et Israël au Moyen-Orient depuis une génération. L’Irak est instable, et Al-Qaida a intensifié son recrutement. La quête d’Israël pour la paix avec ses voisins est au point mort malgré le lourd fardeau porté par le peuple israélien. Et l’Amérique est plus isolée dans la région, réduisant notre force et compromettant la sécurité d’Israël.

    La question est de savoir comment aller de l’avant. Il y a ceux qui voudront continuer dans la même voie et renforcer le statu quo en méconnaissance des preuves accumulées au cours des derniers huit ans que notre politique étrangère est dangereusement erronée. Et puis il y a ceux qui voudront imputer tous les problèmes du Moyen-Orient à Israël et ses supporters, comme si le conflit israélo-palestinien était la cause de tous les problèmes dans la région. Ces voix blâment la seule démocratie au Moyen-Orient pour l’extrémisme dans la région. Elles brandissent la fausse promesse que l’abandon d’un allié fidèle est en quelque sorte une preuve de force. Ce n’est pas le cas, ça ne l’a jamais été et ne le sera jamais.

    Notre alliance est fondée sur des intérêts et des valeurs partagés. Ceux qui menacent Israël nous menacent. Israël a toujours dû faire face à ces menaces sur les lignes de front. Je vais amener à la Maison-Blanche un engagement inébranlable envers la sécurité d’Israël.

    Il s’agit en premier lieu d’assurer à Israël un avantage militaire qualitatif. Je veillerai à ce que Israël puisse se défendre contre toute menace – de la bande de Gaza à Téhéran. La coopération entre les États-Unis et Israël est un modèle de réussite, et doit être approfondie. En tant que Président, je vais mettre en œuvre un protocole d’accord qui prévoit 30 milliards de dollars en aide à Israël au cours de la prochaine décennie – des investissements dans la sécurité d’Israël qui ne seront liés à aucune autre nation. Premièrement, nous devons approuver la demande d’aide étrangère pour 2009. Par après, nous pouvons renforcer notre coopération sur la défense antimissile. Nous devrions exporter du matériel militaire à notre allié Israël, sous les mêmes lignes directrices que l’OTAN. Et je vais toujours défendre, devant l’ONU et à travers le monde, le droit pour Israël de se défendre.

    Dans l’ensemble du spectre politique, les Israéliens comprennent que la vraie sécurité ne peut venir que par une paix durable. Et c’est pourquoi nous devons – en tant qu’amis d’Israël – nous engager à faire tout en notre pouvoir pour aider Israël et ses voisins à y parvenir. Parce qu’une paix durable, sûre, est dans l’intérêt national d’Israël. C’est dans l’intérêt national de l’Amérique. Et c’est dans l’intérêt du peuple palestinien et du monde arabe. En tant que Président, je vais œuvrer à aider Israël à atteindre l’objectif de deux États, un État juif d’Israël et un État palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Et je ne vais pas attendre aux derniers jours de ma présidence. Dès le début de mon administration, je vais assumer un rôle actif et m’engager personnellement à faire tout mon possible pour faire avancer la cause de la paix.

    Le long chemin vers la paix exige que les partenaires palestiniens s’engagent à faire le voyage. Nous devons isoler le Hamas jusqu’à ce qu’il renonce au terrorisme, reconnaisse le droit d’Israël à exister et respecte les accords passés. Il n’y a pas de place à la table des négociations pour les organisations terroristes. C’est la raison pour laquelle je me suis opposé à la tenue d’élections en 2006 avec le Hamas sur le bulletin de vote. À l’époque, les Israéliens et l’Autorité palestinienne nous avaient mis en garde contre la tenue de ces élections. Mais cette administration est allée de l’avant, et le résultat est une bande de Gaza contrôlée par le Hamas et des roquettes qui pleuvent sur Israël.

    Le peuple palestinien doit comprendre que le progrès ne viendra pas par les faux prophètes de l’extrémisme ou le détournement de l’aide étrangère. Les États-Unis et la communauté internationale doivent soutenir les Palestiniens qui sont engagés à réprimer le terrorisme et à porter l’étendard de la paix. J’exhorte les gouvernements arabes à prendre des mesures pour normaliser leurs relations avec Israël, assumer leur responsabilité de faire pression sur les extrémistes et fournir un appui réel au Président Abbas et au Premier ministre Fayyad. L’Égypte doit couper la contrebande d’armes vers Gaza. Israël peut aussi avancer la cause de la paix en prenant des mesures appropriées – en accord avec sa sécurité – pour faciliter la liberté de mouvement des Palestiniens, améliorer les conditions économiques en Cisjordanie, et s’abstenir de construire de nouvelles colonies – comme elle en a convenu avec l’administration Bush à Annapolis.

    Permettez-moi d’être clair. La sécurité d’Israël est sacro-sainte. Elle est non-négociable. Les Palestiniens ont besoin d’un État contigu et cohérent qui leur permette de prospérer -, mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l’identité d’Israël comme État juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d’Israël, et elle doit demeurer indivisible.

    Je n’ai aucune illusion que ce sera facile. Cela nécessitera des décisions difficiles des deux côtés. Mais Israël est suffisamment forte pour parvenir à la paix dans la mesure où elle a des partenaires qui sont engagés envers cet objectif. La plupart des Israéliens et des Palestiniens veulent la paix et nous devons les soutenir. Les États-Unis doivent être un partenaire fort et cohérent dans ce processus. Il ne doit pas forcer des concessions, mais aider les partenaires soucieux d’éviter l’impasse et le type de vacuum qui se remplit par la violence. C’est ce que je m’engage à faire en tant que Président des États-Unis.

    mercredi 7 janvier 2009,
    par Annie Lessard,

    Source: http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article817

  13. http://sionazime.over-blog.com/
    *********************************

    Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte.
    Je suis juif et j’entends ces bruits, ces bombes, ces souffrances qui hurlent. C’est l’histoire qui me revient pour m’éclater à la face. L’histoire que mes parents m’ont légué pour honnir la guerre honteuse. Je suis juif et je vois le sang, le sang qui coule sous les bombes comme à Guernica. Je suis juif et je sais la révolte désespérée contre l’étouffement et la famine du ghetto de Varsovie. Je sais l’indifférence absolue qui précédait, comme à Gaza.

    Je suis juif et je suis frère de racine et d’histoire de ces hommes d’Israël. Ces fils de victimes adossant aujourd’hui l’armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés n’engendrer de leur passé qu’un abomineux dédain pour l’âme humaine !
    Serge Grossvak 07/01/09
    http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=476

Les commentaires sont fermés.