Enjeux arabes et maghrébins : Ennahdha, un RCD-hallal ?

PAR ABDELATIF GHORBAL

Au lieu d’œuvrer à la réussite du processus démocratique, les ténors d’Ennahdha semblent avoir comme principal objectif leur maintien au pouvoir, par tous les moyens.À preuve, d’une part, leur refus de respecter le délai limite d’un an pour organiser les prochaines élections, et d’optersérieusement pour lanécessaire concorde afin d’élaborer une constitution neutre, équilibrée et tournée vers l’avenir. Et d’autre part, leur volonté d’accaparer tous les pouvoirs, et de soumettre la population par toutes sortes de peurs, notamment celle des salafistes. Sanscraindre le risque de finir un jour en simples continuateurs d’un système corrompu et dictatorial, tel celui façonné pendant 23 ans par le clan Ben Ali-Trabelsi et leurs acolytes.

Ennadha à l’école du RCD

Depuis quelques jours, les députés de ce qui reste du CPR s’activent au service de la stratégie nahdhaouis pour faire passer une loi interdisant de politique, pendant cinq ans, les anciens membres du RCD ayant occupé des responsabilités de quelque niveau que ce soit. Un conseiller à Carthage surenchérit dans les médias pour hausser le ton contre les juges et le ministre de la justice, leur reprochant leur respect tatillon de la loi, et leur absence de zèle pour engager une justice révolutionnaire contre les dignitaires de l’ancien régime. Celle-ci lui serait acceptable, même injuste selon ses propres mots, au motif que les lois en vigueur étaient taillées sur mesure pour les cercles du pouvoir renversé. En plus de leur caractère excessif, et au-delà des véritables motivations de leurs auteurs, ces initiatives manquent cruellement de clairvoyance et de cohérence. C’est, en creux, de la surenchère revancharde avec en ligne de mire une nouvelle lecture de l’histoire du pays depuis les années cinquante. On a du mal à voir leur initiative comme autre chose qu’un coup de main à leur grand allié, pour lui permettre de se débarrasser de ses principaux rivaux : les ex-RCD et les destouriens qui leur sont assimilés.Probablement parce qu’Ennahdha semble, contre toute logique, les craindre plus que tous les autres. Les considèrent-ils comme les seuls capables, même après la dissolution de leur parti et leur dispersion actuelle, de disputer au mouvement de M. RachedGhannouchi le pouvoir absolu ?Sans doute parce qu’ils possèdent la même conception du pouvoir et les mêmes techniques pour le garder. Malheureusement pour la Tunisie et leurs électeurs, le disciple Ennahda semble vouloir dépasser le maître RCD.

La mise en parallèle des méfaits du RCD et des agissements actuels d’Ennahdha montre de fortes similitudes entre l’État-RCD disparu et un État Ennahdha en devenir.Il n’est pas question pour nous de condamner les Nahdhaouispour ce qu’ils sont, ou pour des faits non encore commis. Ce qui est en cause principalement, c’est le système politique lui-même, beaucoup plus que les hommes qui se mettent à son service, hier comme aujourd’hui. Le RCD a été vaincu, mais le système est malheureusement intact.

Les mêmes méthodes pour arriver au pouvoir

Ennahdha, dans sa conduite des affaires, s’inspire étrangement et sans complexes des méthodes et des pratiques employées précédemment par Ben Ali et ses partisans. D’abord, comparons leursarrivées au pouvoir. Dans les deux cas, elles furent sans violence ; dans les deux cas, elles soulevèrent beaucoup d’espérances ; et dans les deux cas, elles furent basées sur des mensonges. Ben Ali avait promis de rompre avec la dictature de Bourguiba, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression ; de même,Ennadha a promis d’en finir avec le système du parti-État, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression. En fin de compte, à partir de 1987, rien n’a changé : Ben Ali a tout simplement remplacé Bourguiba, sans démocratie, et en réprimant ses opposants. Depuis le 23 octobre, pas une ligne de la constitution n’a été écrite, pas un emploi n’a été créé, et la répression contre l’opposition a repris de plus belle, avec les mêmes mots (des zéros, qui ne représenteraient personne) et les mêmes arguments (ils complotent !) que du temps de Ben Ali. Par contre, l’État Ennadha semble bien parti pour remplacer l’État-RCD.

Similitudes ensuite dans la gestion des affaires politiques, avec usage d’un discours policé mais spécieux, se référant toujours au respect des institutions et de l’État de droit. Alors que dans la pratique, il est davantage question de contraintes, de faits accomplis, de favoritisme, de népotisme,et de concentration de pouvoir.Ben Ali avait ses partis opposants, des alibis démocratiques, faisant décor car sans réelle influence sur les événements. Aujourd’hui, à voir la place et le peu d’influence des deux partenaires d’Ennahdha sur les grandes décisions, le CPR et Ettakatol, on peut s’interroger sur leur futur statut si jamais Ennahdhaparvenait à remplacer complètement le RCD.

Les nominations partisanes récentes au sein du gouvernement, ou à la tête des gouvernorats, des délégations, et des grandes entreprises nationales, sont des illustrations immédiates du fait du prince, comme furent,hier,les promotions, prébendes et faveurs distribuées depuis Carthage aux proches les plus dévoués et les plus soumis.C’estaussi le cas, en ce moment,pour les conseils municipaux provisoires, en voie d’accaparement par les Nahdhaouispour leur servir, le moment venu, de relais locaux en prévision des prochainescampagnes électorales.Les manœuvres constatées ici ou là pour inonder la place avec de nouvelles associations de la société civile, d’obédience nahdhaoui ou salafiste, constituent une violation des règles démocratiques élémentaires et une mise en danger du processus démocratique actuel.Issues de nulle part, celles-ci ne serviraient qu’à tenter de peser, par la force du pouvoir, sur la confection des nouveaux conseils municipaux provisoires partisans. C’est comme du temps où le RCD faisait infiltrer les associations de la société civile par ses sbires, pour les soumettre ou les faire éclater. Il y avait une fausse société civile RCD, il y a maintenant une fausse société civile Ennadha.

Naguère, du temps de Ben Ali, l’idée de l’existence d’une ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections), était inconcevable. Les élections étaient organisées et contrôlées par le ministère de l’intérieur, rendant possibles toutes les falsifications. Mais la révolution a donné à la Tunisie une ISIE, indépendante, qui a organisé avec succès les élections de la Constituante. Pourtant Ennahdha ne semble pas bien s’accommoder de cette structure bizarre, car indépendante, et qui n’existait pas du temps de Ben Ali. Tout récemment, au palais des congrès, rien n’est venu pour réellement rassurer les citoyens quant au degré d’indépendance d’une nouvelle instance issue de la Constituante, qui risquerait fort d’être estampillée « made in Ennahdha ».Une sorte d’instrument pour le pouvoir en place pour bien « contrôler » le déroulement des prochaines élections.Auquel cas il ne resterait plus qu’à craindre,comme par le passé,les falsifications futures des élections, et l’arrêt du processus démocratique actuel.

Les mêmes politiques pour rester au pouvoir

Les similitudes sont encore plus frappantes dans le type de rapports établis par les deux machines RCD et nahdhaoui avec les citoyens tunisiens. Dans les deux cas, on cherche toujours, par tous les moyens, àgagner leur totale adhésion, voire leur soumission inconditionnelle. Pour trouver des solutions à leurs besoins et préoccupations quotidiennes (un emploi, une promotion, un logement, une bourse d’étude, un permis de construire, une licence de café ou de taxi,…), les gens comprennent très vite qu’il leur serait plus facile d’obtenir satisfaction en acceptant de passer par la cellule du RCD (hier), et par la permanence nahdhaoui locale (demain). Pour les autres, il leur resterait la voie du bakchich et de la corruption. Ce fut le cas du temps de Ben Ali, et c’est connu de tous. Un avant-goût nous a été donné par Ennahdha lors des dernières élections, avec la distribution de moutons et d’argent et autres faveurs à des populations dans le besoin, pour en faire ses obligés. Attendons-nousdevoir apparaître les milicesnahdhaouisau grand jour et sévir contre les insoumis, comme par le passé, malgré les dénégations de M. Dilou.

Dans le domaine de la gestion économique et sociale du pays, les convergences sont encore plus frappantes. Le type de développement proposé par Ennahdha pourrait être la fidèle et pâle copie de celui de l’ère Ben Ali. Les grandes lignes des choix économiques et sociaux sont dans le droit fil des recommandations, ou plus concrètement des diktats des instances bancaires internationales (FMI, Banque mondiale…), qui sont prioritairement au service du capitalisme sans frontières, de la finance mondialisée, et des néo-libéraux sans foi ni loi, lesquelsse préoccupent davantage des mécanismes de financiarisation et de retour sur investissement, que de leurs conséquences, injustes et inhumaines, sur les populations à travers le monde, particulièrement dans les pays en développement. En bons élèves, les nouveaux suivront, comme les anciens l’ont fait, le principe du « moins d’État », alors que la situation présente exige, au contraire, plus d’État. On ne peut laisser le développement du pays et l’avenir de notre jeunesse à la merci du bon vouloir des financiers privés, ou autres bailleurs de fonds, qu’ils soient d’occident ou des déserts du Golfe. Les Ex-RCD et leurs disciples nahdhaouis, se révèlent bien imprégnés par l’idéologie libérale. Ils placent leurs espoirs sur les promesses de mégaprojets, présentés par des bailleurs privés, contre des avantages fonciers et fiscaux scandaleusement élevés. La liste des 100 projets promis par le gouvernement actuel dans son programme d’urgence ressemble étrangement à ce que récitait, dans ses discours creux, l’ex-président Ben Ali. On n’y trouve nulle part les grands projets d’infrastructure, dont le pays et ses chômeurs, de plus en plus nombreux, ont le plus grand besoin : désenclavement des régions de l’intérieur, développement des régions à fort potentiel économique, construction de routes, autoroutes, et ports, modernisation des lignes ferroviaires, investissements privés et publics dans les activités créatrices d’emplois, formation professionnelle dans tous les secteurs, particulièrement ceux à forte valeur ajoutée. Sans idées novatrices et sans programme audacieux tourné vers l’avenir, et intégré dans notre environnement naturel (Maghreb, espace euro méditerranéen…), les gouvernants actuels ne feront que reproduire les erreurs de l’ex-RCD.

Ennadha et le RCD connaitront-ils le même destin ?

Mais à l’inverse du RCD, qui a réussi à donner le change à ses détracteurset donner l’illusion de mouvement, qui lui a permis de tenir 23 ans, Ennahdhadépourvue des atouts de Ben Ali, échouera beaucoup plus vite que « l’artisan du changement ». De la même façon que Ben Ali a été un Bourguiba en pire, Ennadha semble se transformer en RCD en pire, avec tous ses défauts sans aucune de ses qualités. Par exemple, Ben Ali a bénéficié d’un long état de grâce de plusieurs années. En revanche, les insurgés d’aujourd’hui et les insoumis de demain ne laisseront aucun répit à un nouveau RCD, et réagiront dès la confirmation qu’Ennadha ne propose rien au pays, si ce n’est de remplacer le RCD. Rappelez-vous bien que Ben Ali a hérité d’un pays en état de marche, de cadres militants et expérimentés, d’une jeunesse engagée, enthousiaste et motivée. Ben Ali les a trompés, en leur proposant ce qu’ils voulaient entendre. Tous étaient abreuvés de promesses, qu’il n’a jamais tenues. Il a utilisé les compétences du pays, et leur a donné, durant les premières années, l’illusion que le pays était sur la bonne voie. De fait, la Tunisie a connu une éclaircie de quelques années, surtout comparé au chaos déclenché par les islamistes du FIS en Algérie. Puis des nuages gris, puis noirs, se mirent à couvrir le pays, semant incertitude, désordre, inquiétude, et désespoir parmi l’ensemble des couches sociales, jusqu’à la délivrance du 14 janvier 2011. Cela a pris, quand même, de nombreuses années.

Ennahdha, au lieu de s’inspirer positivement de l’expérience précédente, par exemple en refusant la tentation de remplacer le RCD, s’est mise d’elle même dans l’impasse, en dressant contre elle l’essentiel des forces vives du pays, les unes après les autres : les intellectuels et les médias, les artistes et les créateurs, les universitaires et les enseignants, les bourgeois et les professions libérales, les syndicalistes et les étudiants. Pire, elle continue de les insulter, jour après jour. Il faut ajouter à cela les femmes qui craignent pour leurs droits et acquis de l’ère bourguibienne, les investisseurs et entrepreneurs qui sont tétanisés par le climat social, et l’ensemble du peuple, y compris les électeurs d’Ennadha,stupéfait par l’insécurité généralisée, et la clémence du pouvoir envers les milices salafistes. Cela fait beaucoup de monde,en si peu de temps, et sans la confiance de ces personnes, on imagine mal comment la Tunisie pourra de nouveau connaître une croissance économique, même faible.

Ennahdhapréfère jouer la carte de l’identité et de la religion. Ce fut aussi la politique de Ben Ali, quand il a compris qu’il n’avait plus rien d’autre à proposer aux Tunisiens. C’est un terrain glissant. Lâcher les salafistes contre la société émancipée de Tunisie, en plus d’être mesquin, est dangereux et criminel vis-à-vis de la Tunisie millénaire. À moins que ce soit précisément l’objectif, ce que je ne peux pas croire. Pour garder le pouvoir, Ben Ali a joué avec Ennadha comme Ennadha est en train de jouer avec les salafistes. En échange de leur soumission, Ben Ali leur avait abandonné l’espace religieux, leur offrant en prime, la radio Zitouna. Il a perdu, et les mosquées, et le pouvoir. Les Nahdhaouis offrent le tapis kairouanais aux salafistes. Ils les reverront aussitôt à l’assaut de tout ce qui respire et pense dans le pays. À l’assaut d’Ennahdha dès qu’ils s’en sentiront la force. Qu’attendre de constructif de leurs démonstrations de force ridicules, qui suintent l’obscurantisme et la « sacralisation de l’ignorance et de la régression » ! Si Ennadha veut garder le pouvoir, elle doit faire l’inverse de ce qu’a fait Ben Ali. Ce ne sont pas les fanatiques et les pays du Golfe qu’il faut séduire, mais l’élite et les pays voisins qu’il faut rassurer, et le peuple qu’il faut nourrir. Arrêtez ce jeu. Il n’est pas encore trop tard.

Répéter les erreurs de Ben Ali est absurde. Perpétuer un système qui a échoué est le plus sûr moyen de le voir échouer de nouveau. Mais l’État Ennahda qui se dessine n’aura pas 23 années de répit comme a pu avoir l’État RCD. Le peuple ne s’est pas soulevé contre le RCD, mais contre le système de l’État-RCD. Prochainement, Ennadha tiendra son congrès. Ses membresauront à trancher, en interne, les questions qui nous préoccupent tous. Qu’ilsreviennent dans l’espace politique démocratique avec une ligne cohérente et constructive. Qu’ils se débarrassent de leurs boulets réactionnaires. Et qu’ils abandonnent l’idée de remplacer l’État-RCD par un État-Ennadha. La Tunisie ne l’acceptera jamais.

Abdellatif Ghorbal

Au lieu d’œuvrer à la réussite du processus démocratique, les ténors d’Ennahdhasemblent avoircomme principal objectif leur maintien au pouvoir, par tous les moyens.À preuve, d’une part, leur refus de respecter le délai limite d’un an pour organiser les prochaines élections, et d’optersérieusement pour lanécessaire concorde afin d’élaborer une constitution neutre, équilibrée et tournée vers l’avenir. Et d’autre part, leur volonté d’accaparer tous les pouvoirs, et de soumettre la population par toutes sortes de peurs, notamment celle des salafistes. Sanscraindre le risque de finir un jour en simples continuateurs d’un système corrompu et dictatorial, tel celui façonné pendant 23 ans par le clan Ben Ali-Trabelsi et leurs acolytes.

Ennadha à l’école du RCD

Depuis quelques jours, les députés de ce qui reste du CPR s’activent au service de la stratégie nahdhaouis pour faire passer une loi interdisant de politique, pendant cinq ans, les anciens membres du RCD ayant occupé des responsabilités de quelque niveau que ce soit. Un conseiller à Carthage surenchérit dans les médias pour hausser le ton contre les juges et le ministre de la justice, leur reprochant leur respect tatillon de la loi, et leur absence de zèle pour engager une justice révolutionnaire contre les dignitaires de l’ancien régime. Celle-ci lui serait acceptable, même injuste selon ses propres mots, au motif que les lois en vigueur étaient taillées sur mesure pour les cercles du pouvoir renversé. En plus de leur caractère excessif, et au-delà des véritables motivations de leurs auteurs, ces initiatives manquent cruellement de clairvoyance et de cohérence. C’est, en creux, de la surenchère revancharde avec en ligne de mire une nouvelle lecture de l’histoire du pays depuis les années cinquante. On a du mal à voir leur initiative comme autre chose qu’un coup de main à leur grand allié, pour lui permettre de se débarrasser de ses principaux rivaux : les ex-RCD et les destouriens qui leur sont assimilés.Probablement parce qu’Ennahdha semble, contre toute logique, les craindre plus que tous les autres. Les considèrent-ils comme les seuls capables, même après la dissolution de leur parti et leur dispersion actuelle, de disputer au mouvement de M. RachedGhannouchi le pouvoir absolu ?Sans doute parce qu’ils possèdent la même conception du pouvoir et les mêmes techniques pour le garder. Malheureusement pour la Tunisie et leurs électeurs, le disciple Ennahda semble vouloir dépasser le maître RCD.

La mise en parallèle des méfaits du RCD et des agissements actuels d’Ennahdha montre de fortes similitudes entre l’État-RCD disparu et un État Ennahdha en devenir.Il n’est pas question pour nous de condamner les Nahdhaouispour ce qu’ils sont, ou pour des faits non encore commis. Ce qui est en cause principalement, c’est le système politique lui-même, beaucoup plus que les hommes qui se mettent à son service, hier comme aujourd’hui. Le RCD a été vaincu, mais le système est malheureusement intact.

Les mêmes méthodes pour arriver au pouvoir

Ennahdha, dans sa conduite des affaires, s’inspire étrangement et sans complexes des méthodes et des pratiques employées précédemment par Ben Ali et ses partisans. D’abord, comparons leursarrivées au pouvoir. Dans les deux cas, elles furent sans violence ; dans les deux cas, elles soulevèrent beaucoup d’espérances ; et dans les deux cas, elles furent basées sur des mensonges. Ben Ali avait promis de rompre avec la dictature de Bourguiba, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression ; de même,Ennadha a promis d’en finir avec le système du parti-État, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression. En fin de compte, à partir de 1987, rien n’a changé : Ben Ali a tout simplement remplacé Bourguiba, sans démocratie, et en réprimant ses opposants. Depuis le 23 octobre, pas une ligne de la constitution n’a été écrite, pas un emploi n’a été créé, et la répression contre l’opposition a repris de plus belle, avec les mêmes mots (des zéros, qui ne représenteraient personne) et les mêmes arguments (ils complotent !) que du temps de Ben Ali. Par contre, l’État Ennadha semble bien parti pour remplacer l’État-RCD.

Similitudes ensuite dans la gestion des affaires politiques, avec usage d’un discours policé mais spécieux, se référant toujours au respect des institutions et de l’État de droit. Alors que dans la pratique, il est davantage question de contraintes, de faits accomplis, de favoritisme, de népotisme,et de concentration de pouvoir.Ben Ali avait ses partis opposants, des alibis démocratiques, faisant décor car sans réelle influence sur les événements. Aujourd’hui, à voir la place et le peu d’influence des deux partenaires d’Ennahdha sur les grandes décisions, le CPR et Ettakatol, on peut s’interroger sur leur futur statut si jamais Ennahdhaparvenait à remplacer complètement le RCD.

Les nominations partisanes récentes au sein du gouvernement, ou à la tête des gouvernorats, des délégations, et des grandes entreprises nationales, sont des illustrations immédiates du fait du prince, comme furent,hier,les promotions, prébendes et faveurs distribuées depuis Carthage aux proches les plus dévoués et les plus soumis.C’estaussi le cas, en ce moment,pour les conseils municipaux provisoires, en voie d’accaparement par les Nahdhaouispour leur servir, le moment venu, de relais locaux en prévision des prochainescampagnes électorales.Les manœuvres constatées ici ou là pour inonder la place avec de nouvelles associations de la société civile, d’obédience nahdhaoui ou salafiste, constituent une violation des règles démocratiques élémentaires et une mise en danger du processus démocratique actuel.Issues de nulle part, celles-ci ne serviraient qu’à tenter de peser, par la force du pouvoir, sur la confection des nouveaux conseils municipaux provisoires partisans. C’est comme du temps où le RCD faisait infiltrer les associations de la société civile par ses sbires, pour les soumettre ou les faire éclater. Il y avait une fausse société civile RCD, il y a maintenant une fausse société civile Ennadha.

Naguère, du temps de Ben Ali, l’idée de l’existence d’une ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections), était inconcevable. Les élections étaient organisées et contrôlées par le ministère de l’intérieur, rendant possibles toutes les falsifications. Mais la révolution a donné à la Tunisie une ISIE, indépendante, qui a organisé avec succès les élections de la Constituante. Pourtant Ennahdha ne semble pas bien s’accommoder de cette structure bizarre, car indépendante, et qui n’existait pas du temps de Ben Ali. Tout récemment, au palais des congrès, rien n’est venu pour réellement rassurer les citoyens quant au degré d’indépendance d’une nouvelle instance issue de la Constituante, qui risquerait fort d’être estampillée « made in Ennahdha ».Une sorte d’instrument pour le pouvoir en place pour bien « contrôler » le déroulement des prochaines élections.Auquel cas il ne resterait plus qu’à craindre,comme par le passé,les falsifications futures des élections, et l’arrêt du processus démocratique actuel.

Les mêmes politiques pour rester au pouvoir

Les similitudes sont encore plus frappantes dans le type de rapports établis par les deux machines RCD et nahdhaoui avec les citoyens tunisiens. Dans les deux cas, on cherche toujours, par tous les moyens, àgagner leur totale adhésion, voire leur soumission inconditionnelle. Pour trouver des solutions à leurs besoins et préoccupations quotidiennes (un emploi, une promotion, un logement, une bourse d’étude, un permis de construire, une licence de café ou de taxi,…), les gens comprennent très vite qu’il leur serait plus facile d’obtenir satisfaction en acceptant de passer par la cellule du RCD (hier), et par la permanence nahdhaoui locale (demain). Pour les autres, il leur resterait la voie du bakchich et de la corruption. Ce fut le cas du temps de Ben Ali, et c’est connu de tous. Un avant-goût nous a été donné par Ennahdha lors des dernières élections, avec la distribution de moutons et d’argent et autres faveurs à des populations dans le besoin, pour en faire ses obligés. Attendons-nousdevoir apparaître les milicesnahdhaouisau grand jour et sévir contre les insoumis, comme par le passé, malgré les dénégations de M. Dilou.

Dans le domaine de la gestion économique et sociale du pays, les convergences sont encore plus frappantes. Le type de développement proposé par Ennahdha pourrait être la fidèle et pâle copie de celui de l’ère Ben Ali. Les grandes lignes des choix économiques et sociaux sont dans le droit fil des recommandations, ou plus concrètement des diktats des instances bancaires internationales (FMI, Banque mondiale…), qui sont prioritairement au service du capitalisme sans frontières, de la finance mondialisée, et des néo-libéraux sans foi ni loi, lesquelsse préoccupent davantage des mécanismes de financiarisation et de retour sur investissement, que de leurs conséquences, injustes et inhumaines, sur les populations à travers le monde, particulièrement dans les pays en développement. En bons élèves, les nouveaux suivront, comme les anciens l’ont fait, le principe du «moins d’État», alors que la situation présente exige, au contraire, plus d’État. On ne peut laisser le développement du pays et l’avenir de notre jeunesse à la merci du bon vouloir des financiers privés, ou autres bailleurs de fonds, qu’ils soient d’occident ou des déserts du Golfe. Les Ex-RCD et leurs disciples nahdhaouis, se révèlent bien imprégnés par l’idéologie libérale. Ils placent leurs espoirs sur les promesses de mégaprojets, présentés par des bailleurs privés, contre des avantages fonciers et fiscaux scandaleusement élevés. La liste des 100 projets promis par le gouvernement actuel dans son programme d’urgence ressemble étrangement à ce que récitait, dans ses discours creux, l’ex-président Ben Ali. On n’y trouve nulle part les grands projets d’infrastructure, dont le pays et ses chômeurs, de plus en plus nombreux, ont le plus grand besoin : désenclavement des régions de l’intérieur, développement des régions à fort potentiel économique, construction de routes, autoroutes, et ports, modernisation des lignes ferroviaires, investissements privés et publics dans les activités créatrices d’emplois, formation professionnelle dans tous les secteurs, particulièrement ceux à forte valeur ajoutée. Sans idées novatrices et sans programme audacieux tourné vers l’avenir, et intégré dans notre environnement naturel (Maghreb, espace euro méditerranéen…), les gouvernants actuels ne feront que reproduire les erreurs de l’ex-RCD.

Ennadha et le RCD connaitront-ils le même destin ?

Mais à l’inverse du RCD, qui a réussi à donner le change à ses détracteurset donner l’illusion de mouvement, qui lui a permis de tenir 23 ans, Ennahdhadépourvue des atouts de Ben Ali, échouera beaucoup plus vite que « l’artisan du changement ». De la même façon que Ben Ali a été un Bourguiba en pire, Ennadha semble se transformer en RCD en pire, avec tous ses défauts sans aucune de ses qualités. Par exemple, Ben Ali a bénéficié d’un long état de grâce de plusieurs années. En revanche, les insurgés d’aujourd’hui et les insoumis de demain ne laisseront aucun répit à un nouveau RCD, et réagiront dès la confirmation qu’Ennadha ne propose rien au pays, si ce n’est de remplacer le RCD. Rappelez-vous bien que Ben Ali a hérité d’un pays en état de marche, de cadres militants et expérimentés, d’une jeunesse engagée, enthousiaste et motivée. Ben Ali les a trompés, en leur proposant ce qu’ils voulaient entendre. Tous étaient abreuvés de promesses, qu’il n’a jamais tenues. Il a utilisé les compétences du pays, et leur a donné, durant les premières années, l’illusion que le pays était sur la bonne voie. De fait, la Tunisie a connu une éclaircie de quelques années, surtout comparé au chaos déclenché par les islamistes du FIS en Algérie. Puis des nuages gris, puis noirs, se mirent à couvrir le pays, semant incertitude, désordre, inquiétude, et désespoir parmi l’ensemble des couches sociales, jusqu’à la délivrance du 14 janvier 2011. Cela a pris, quand même, de nombreuses années.

Ennahdha, au lieu de s’inspirer positivement de l’expérience précédente, par exemple en refusant la tentation de remplacer le RCD, s’est mise d’elle même dans l’impasse, en dressant contre elle l’essentiel des forces vives du pays, les unes après les autres : les intellectuels et les médias, les artistes et les créateurs, les universitaires et les enseignants, les bourgeois et les professions libérales, les syndicalistes et les étudiants. Pire, elle continue de les insulter, jour après jour. Il faut ajouter à cela les femmes qui craignent pour leurs droits et acquis de l’ère bourguibienne, les investisseurs et entrepreneurs qui sont tétanisés par le climat social, et l’ensemble du peuple, y compris les électeurs d’Ennadha,stupéfait par l’insécurité généralisée, et la clémence du pouvoir envers les milices salafistes. Cela fait beaucoup de monde,en si peu de temps, et sans la confiance de ces personnes, on imagine mal comment la Tunisie pourra de nouveau connaître une croissance économique, même faible.

Ennahdhapréfère jouer la carte de l’identité et de la religion. Ce fut aussi la politique de Ben Ali, quand il a compris qu’il n’avait plus rien d’autre à proposer aux Tunisiens. C’est un terrain glissant. Lâcher les salafistes contre la société émancipée de Tunisie, en plus d’être mesquin, est dangereux et criminel vis-à-vis de la Tunisie millénaire. À moins que ce soit précisément l’objectif, ce que je ne peux pas croire. Pour garder le pouvoir, Ben Ali a joué avec Ennadha comme Ennadha est en train de jouer avec les salafistes. En échange de leur soumission, Ben Ali leur avait abandonné l’espace religieux, leur offrant en prime, la radio Zitouna. Il a perdu, et les mosquées, et le pouvoir. Les Nahdhaouis offrent le tapis kairouanais aux salafistes. Ils les reverront aussitôt à l’assaut de tout ce qui respire et pense dans le pays. À l’assaut d’Ennahdha dès qu’ils s’en sentiront la force. Qu’attendre de constructif de leurs démonstrations de force ridicules, qui suintent l’obscurantisme et la « sacralisation de l’ignorance et de la régression » ! Si Ennadha veut garder le pouvoir, elle doit faire l’inverse de ce qu’a fait Ben Ali. Ce ne sont pas les fanatiques et les pays du Golfe qu’il faut séduire, mais l’élite et les pays voisins qu’il faut rassurer, et le peuple qu’il faut nourrir. Arrêtez ce jeu. Il n’est pas encore trop tard.

Répéter les erreurs de Ben Ali est absurde. Perpétuer un système qui a échoué est le plus sûr moyen de le voir échouer de nouveau. Mais l’État Ennahda qui se dessine n’aura pas 23 années de répit comme a pu avoir l’État RCD. Le peuple ne s’est pas soulevé contre le RCD, mais contre le système de l’État-RCD. Prochainement, Ennadha tiendra son congrès. Ses membresauront à trancher, en interne, les questions qui nous préoccupent tous. Qu’ilsreviennent dans l’espace politique démocratique avec une ligne cohérente et constructive. Qu’ils se débarrassent de leurs boulets réactionnaires. Et qu’ils abandonnent l’idée de remplacer l’État-RCD par un État-Ennadha. La Tunisie ne l’acceptera jamais.

Abdellatif Ghorbal

Au lieu d’œuvrer à la réussite du processus démocratique, les ténors d’Ennahdhasemblent avoircomme principal objectif leur maintien au pouvoir, par tous les moyens.À preuve, d’une part, leur refus de respecter le délai limite d’un an pour organiser les prochaines élections, et d’optersérieusement pour lanécessaire concorde afin d’élaborer une constitution neutre, équilibrée et tournée vers l’avenir. Et d’autre part, leur volonté d’accaparer tous les pouvoirs, et de soumettre la population par toutes sortes de peurs, notamment celle des salafistes. Sanscraindre le risque de finir un jour en simples continuateurs d’un système corrompu et dictatorial, tel celui façonné pendant 23 ans par le clan Ben Ali-Trabelsi et leurs acolytes.

Ennadha à l’école du RCD

Depuis quelques jours, les députés de ce qui reste du CPR s’activent au service de la stratégie nahdhaouis pour faire passer une loi interdisant de politique, pendant cinq ans, les anciens membres du RCD ayant occupé des responsabilités de quelque niveau que ce soit. Un conseiller à Carthage surenchérit dans les médias pour hausser le ton contre les juges et le ministre de la justice, leur reprochant leur respect tatillon de la loi, et leur absence de zèle pour engager une justice révolutionnaire contre les dignitaires de l’ancien régime. Celle-ci lui serait acceptable, même injuste selon ses propres mots, au motif que les lois en vigueur étaient taillées sur mesure pour les cercles du pouvoir renversé. En plus de leur caractère excessif, et au-delà des véritables motivations de leurs auteurs, ces initiatives manquent cruellement de clairvoyance et de cohérence. C’est, en creux, de la surenchère revancharde avec en ligne de mire une nouvelle lecture de l’histoire du pays depuis les années cinquante. On a du mal à voir leur initiative comme autre chose qu’un coup de main à leur grand allié, pour lui permettre de se débarrasser de ses principaux rivaux : les ex-RCD et les destouriens qui leur sont assimilés.Probablement parce qu’Ennahdha semble, contre toute logique, les craindre plus que tous les autres. Les considèrent-ils comme les seuls capables, même après la dissolution de leur parti et leur dispersion actuelle, de disputer au mouvement de M. RachedGhannouchi le pouvoir absolu ?Sans doute parce qu’ils possèdent la même conception du pouvoir et les mêmes techniques pour le garder. Malheureusement pour la Tunisie et leurs électeurs, le disciple Ennahda semble vouloir dépasser le maître RCD.

La mise en parallèle des méfaits du RCD et des agissements actuels d’Ennahdha montre de fortes similitudes entre l’État-RCD disparu et un État Ennahdha en devenir.Il n’est pas question pour nous de condamner les Nahdhaouispour ce qu’ils sont, ou pour des faits non encore commis. Ce qui est en cause principalement, c’est le système politique lui-même, beaucoup plus que les hommes qui se mettent à son service, hier comme aujourd’hui. Le RCD a été vaincu, mais le système est malheureusement intact.

Les mêmes méthodes pour arriver au pouvoir

Ennahdha, dans sa conduite des affaires, s’inspire étrangement et sans complexes des méthodes et des pratiques employées précédemment par Ben Ali et ses partisans. D’abord, comparons leursarrivées au pouvoir. Dans les deux cas, elles furent sans violence ; dans les deux cas, elles soulevèrent beaucoup d’espérances ; et dans les deux cas, elles furent basées sur des mensonges. Ben Ali avait promis de rompre avec la dictature de Bourguiba, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression ; de même,Ennadha a promis d’en finir avec le système du parti-État, d’instaurer la démocratie, et d’en finir avec la répression. En fin de compte, à partir de 1987, rien n’a changé : Ben Ali a tout simplement remplacé Bourguiba, sans démocratie, et en réprimant ses opposants. Depuis le 23 octobre, pas une ligne de la constitution n’a été écrite, pas un emploi n’a été créé, et la répression contre l’opposition a repris de plus belle, avec les mêmes mots (des zéros, qui ne représenteraient personne) et les mêmes arguments (ils complotent !) que du temps de Ben Ali. Par contre, l’État Ennadha semble bien parti pour remplacer l’État-RCD.

Similitudes ensuite dans la gestion des affaires politiques, avec usage d’un discours policé mais spécieux, se référant toujours au respect des institutions et de l’État de droit. Alors que dans la pratique, il est davantage question de contraintes, de faits accomplis, de favoritisme, de népotisme,et de concentration de pouvoir.Ben Ali avait ses partis opposants, des alibis démocratiques, faisant décor car sans réelle influence sur les événements. Aujourd’hui, à voir la place et le peu d’influence des deux partenaires d’Ennahdha sur les grandes décisions, le CPR et Ettakatol, on peut s’interroger sur leur futur statut si jamais Ennahdhaparvenait à remplacer complètement le RCD.

Les nominations partisanes récentes au sein du gouvernement, ou à la tête des gouvernorats, des délégations, et des grandes entreprises nationales, sont des illustrations immédiates du fait du prince, comme furent,hier,les promotions, prébendes et faveurs distribuées depuis Carthage aux proches les plus dévoués et les plus soumis.C’estaussi le cas, en ce moment,pour les conseils municipaux provisoires, en voie d’accaparement par les Nahdhaouispour leur servir, le moment venu, de relais locaux en prévision des prochainescampagnes électorales.Les manœuvres constatées ici ou là pour inonder la place avec de nouvelles associations de la société civile, d’obédience nahdhaoui ou salafiste, constituent une violation des règles démocratiques élémentaires et une mise en danger du processus démocratique actuel.Issues de nulle part, celles-ci ne serviraient qu’à tenter de peser, par la force du pouvoir, sur la confection des nouveaux conseils municipaux provisoires partisans. C’est comme du temps où le RCD faisait infiltrer les associations de la société civile par ses sbires, pour les soumettre ou les faire éclater. Il y avait une fausse société civile RCD, il y a maintenant une fausse société civile Ennadha.

Naguère, du temps de Ben Ali, l’idée de l’existence d’une ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections), était inconcevable. Les élections étaient organisées et contrôlées par le ministère de l’intérieur, rendant possibles toutes les falsifications. Mais la révolution a donné à la Tunisie une ISIE, indépendante, qui a organisé avec succès les élections de la Constituante. Pourtant Ennahdha ne semble pas bien s’accommoder de cette structure bizarre, car indépendante, et qui n’existait pas du temps de Ben Ali. Tout récemment, au palais des congrès, rien n’est venu pour réellement rassurer les citoyens quant au degré d’indépendance d’une nouvelle instance issue de la Constituante, qui risquerait fort d’être estampillée « made in Ennahdha ».Une sorte d’instrument pour le pouvoir en place pour bien « contrôler » le déroulement des prochaines élections.Auquel cas il ne resterait plus qu’à craindre,comme par le passé,les falsifications futures des élections, et l’arrêt du processus démocratique actuel.

Les mêmes politiques pour rester au pouvoir

Les similitudes sont encore plus frappantes dans le type de rapports établis par les deux machines RCD et nahdhaoui avec les citoyens tunisiens. Dans les deux cas, on cherche toujours, par tous les moyens, àgagner leur totale adhésion, voire leur soumission inconditionnelle. Pour trouver des solutions à leurs besoins et préoccupations quotidiennes (un emploi, une promotion, un logement, une bourse d’étude, un permis de construire, une licence de café ou de taxi,…), les gens comprennent très vite qu’il leur serait plus facile d’obtenir satisfaction en acceptant de passer par la cellule du RCD (hier), et par la permanence nahdhaoui locale (demain). Pour les autres, il leur resterait la voie du bakchich et de la corruption. Ce fut le cas du temps de Ben Ali, et c’est connu de tous. Un avant-goût nous a été donné par Ennahdha lors des dernières élections, avec la distribution de moutons et d’argent et autres faveurs à des populations dans le besoin, pour en faire ses obligés. Attendons-nousdevoir apparaître les milicesnahdhaouisau grand jour et sévir contre les insoumis, comme par le passé, malgré les dénégations de M. Dilou.

Dans le domaine de la gestion économique et sociale du pays, les convergences sont encore plus frappantes. Le type de développement proposé par Ennahdha pourrait être la fidèle et pâle copie de celui de l’ère Ben Ali. Les grandes lignes des choix économiques et sociaux sont dans le droit fil des recommandations, ou plus concrètement des diktats des instances bancaires internationales (FMI, Banque mondiale…), qui sont prioritairement au service du capitalisme sans frontières, de la finance mondialisée, et des néo-libéraux sans foi ni loi, lesquelsse préoccupent davantage des mécanismes de financiarisation et de retour sur investissement, que de leurs conséquences, injustes et inhumaines, sur les populations à travers le monde, particulièrement dans les pays en développement. En bons élèves, les nouveaux suivront, comme les anciens l’ont fait, le principe du « moins d’État », alors que la situation présente exige, au contraire, plus d’État. On ne peut laisser le développement du pays et l’avenir de notre jeunesse à la merci du bon vouloir des financiers privés, ou autres bailleurs de fonds, qu’ils soient d’occident ou des déserts du Golfe. Les Ex-RCD et leurs disciples nahdhaouis, se révèlent bien imprégnés par l’idéologie libérale. Ils placent leurs espoirs sur les promesses de mégaprojets, présentés par des bailleurs privés, contre des avantages fonciers et fiscaux scandaleusement élevés. La liste des 100 projets promis par le gouvernement actuel dans son programme d’urgence ressemble étrangement à ce que récitait, dans ses discours creux, l’ex-président Ben Ali. On n’y trouve nulle part les grands projets d’infrastructure, dont le pays et ses chômeurs, de plus en plus nombreux, ont le plus grand besoin : désenclavement des régions de l’intérieur, développement des régions à fort potentiel économique, construction de routes, autoroutes, et ports, modernisation des lignes ferroviaires, investissements privés et publics dans les activités créatrices d’emplois, formation professionnelle dans tous les secteurs, particulièrement ceux à forte valeur ajoutée. Sans idées novatrices et sans programme audacieux tourné vers l’avenir, et intégré dans notre environnement naturel (Maghreb, espace euro méditerranéen…), les gouvernants actuels ne feront que reproduire les erreurs de l’ex-RCD.

Ennadha et le RCD connaitront-ils le même destin ?

Mais à l’inverse du RCD, qui a réussi à donner le change à ses détracteurset donner l’illusion de mouvement, qui lui a permis de tenir 23 ans, Ennahdhadépourvue des atouts de Ben Ali, échouera beaucoup plus vite que « l’artisan du changement ». De la même façon que Ben Ali a été un Bourguiba en pire, Ennadha semble se transformer en RCD en pire, avec tous ses défauts sans aucune de ses qualités. Par exemple, Ben Ali a bénéficié d’un long état de grâce de plusieurs années. En revanche, les insurgés d’aujourd’hui et les insoumis de demain ne laisseront aucun répit à un nouveau RCD, et réagiront dès la confirmation qu’Ennadha ne propose rien au pays, si ce n’est de remplacer le RCD. Rappelez-vous bien que Ben Ali a hérité d’un pays en état de marche, de cadres militants et expérimentés, d’une jeunesse engagée, enthousiaste et motivée. Ben Ali les a trompés, en leur proposant ce qu’ils voulaient entendre. Tous étaient abreuvés de promesses, qu’il n’a jamais tenues. Il a utilisé les compétences du pays, et leur a donné, durant les premières années, l’illusion que le pays était sur la bonne voie. De fait, la Tunisie a connu une éclaircie de quelques années, surtout comparé au chaos déclenché par les islamistes du FIS en Algérie. Puis des nuages gris, puis noirs, se mirent à couvrir le pays, semant incertitude, désordre, inquiétude, et désespoir parmi l’ensemble des couches sociales, jusqu’à la délivrance du 14 janvier 2011. Cela a pris, quand même, de nombreuses années.

Ennahdha, au lieu de s’inspirer positivement de l’expérience précédente, par exemple en refusant la tentation de remplacer le RCD, s’est mise d’elle même dans l’impasse, en dressant contre elle l’essentiel des forces vives du pays, les unes après les autres : les intellectuels et les médias, les artistes et les créateurs, les universitaires et les enseignants, les bourgeois et les professions libérales, les syndicalistes et les étudiants. Pire, elle continue de les insulter, jour après jour. Il faut ajouter à cela les femmes qui craignent pour leurs droits et acquis de l’ère bourguibienne, les investisseurs et entrepreneurs qui sont tétanisés par le climat social, et l’ensemble du peuple, y compris les électeurs d’Ennadha,stupéfait par l’insécurité généralisée, et la clémence du pouvoir envers les milices salafistes. Cela fait beaucoup de monde,en si peu de temps, et sans la confiance de ces personnes, on imagine mal comment la Tunisie pourra de nouveau connaître une croissance économique, même faible.

Ennahdhapréfère jouer la carte de l’identité et de la religion. Ce fut aussi la politique de Ben Ali, quand il a compris qu’il n’avait plus rien d’autre à proposer aux Tunisiens. C’est un terrain glissant. Lâcher les salafistes contre la société émancipée de Tunisie, en plus d’être mesquin, est dangereux et criminel vis-à-vis de la Tunisie millénaire. À moins que ce soit précisément l’objectif, ce que je ne peux pas croire. Pour garder le pouvoir, Ben Ali a joué avec Ennadha comme Ennadha est en train de jouer avec les salafistes. En échange de leur soumission, Ben Ali leur avait abandonné l’espace religieux, leur offrant en prime, la radio Zitouna. Il a perdu, et les mosquées, et le pouvoir. Les Nahdhaouis offrent le tapis kairouanais aux salafistes. Ils les reverront aussitôt à l’assaut de tout ce qui respire et pense dans le pays. À l’assaut d’Ennahdha dès qu’ils s’en sentiront la force. Qu’attendre de constructif de leurs démonstrations de force ridicules, qui suintent l’obscurantisme et la «sacralisation de l’ignorance et de la régression» ! Si Ennadha veut garder le pouvoir, elle doit faire l’inverse de ce qu’a fait Ben Ali. Ce ne sont pas les fanatiques et les pays du Golfe qu’il faut séduire, mais l’élite et les pays voisins qu’il faut rassurer, et le peuple qu’il faut nourrir. Arrêtez ce jeu. Il n’est pas encore trop tard.

Répéter les erreurs de Ben Ali est absurde. Perpétuer un système qui a échoué est le plus sûr moyen de le voir échouer de nouveau. Mais l’État Ennahda qui se dessine n’aura pas 23 années de répit comme a pu avoir l’État RCD. Le peuple ne s’est pas soulevé contre le RCD, mais contre le système de l’État-RCD. Prochainement, Ennadha tiendra son congrès. Ses membresauront à trancher, en interne, les questions qui nous préoccupent tous. Qu’ilsreviennent dans l’espace politique démocratique avec une ligne cohérente et constructive. Qu’ils se débarrassent de leurs boulets réactionnaires. Et qu’ils abandonnent l’idée de remplacer l’État-RCD par un État-Ennadha. La Tunisie ne l’acceptera jamais.

Abdellatif Ghorbal

18 commentaires

  1. " Le peuple ne s’est pas soulevé contre le RCD, mais contre le système de l’État-RCD", cest comme si l'on dit le peuple algérien ne se soulève pas contre le FLN mais contre le système de l'Etat-FLN ! Arrêz votre pavé indigeste, écrit de la même lengueur, densité et flou de la pire démagogie. De tout ce que vous dites, on n'écoute pas les paroles des populations, vous donnez l'impression de parler à leur place, avec les idées que vous avez dans la tête, que nous ne savons pas si ce sont les idées que les Tunisiens partagent. Là, vous nous bluffez, monsieur, vraiment, vous nous bluffez!

  2. Au même principe d'évolution de Darwin , les technologies progressent mais pas toujours dans le bon sens comme c'est le cas pour l'armement , nucléaire , chimique . Les "triomphes de la psychologie moderne" , les technologies de la communication ont forcé les politiques et autres animateurs sociaux à s'adapter où périr . Il en est de même de l'Islam qui peut être considéré comme une forme de contrat social – Divin quand même – qui a été au fil des ans et de ces changements "amendé" par les musulmans – comble de la honte : un ordinateur-robot "Colapsus" qui se révolte contre son Maitre Créateur – Les techniques donc de simulation, de mises en scène , ont modelé les profils et leurs classification jusqu’à"à nous faire tomber dans la naïveté séculaire et croire que lorsque quelqu'un dit "tab djenna nna" cela ne voudrait dire que son contraire . Et c'est pour cela que ça a réussi à tous les coups (bas) depuis 50 ans déjà .

  3. Il y a quelques années en arrière, un ami tunisien me vantait les actes positifs de Benali ! Soit ! Mais en dehors de ses actions positives pour le travail, l'école etc …, il a fini comme tous les présidents non élus arabes ou assimilés pour pourrir la situation avec pour résultats immédiat la confiscation de la liberté par lesislamistes salafistes khortistes en un mot d'autres escrocs dont le seul but est le pouvoir et ses avantages.

    Le jour, ou du coté sud de la Mediterrané, un président même non élu comprend qu'il faut de la liberté, donner de l'espoir et de la joie de vivre aux populations bien sûr il sera admis voire adulé. Il faudra qu'il comprenne que le fait de permettre à une société quelqu'elle soit de jouir de ses droits: travail, épanouissement etc , il comprendra qu'il n'est qu'un humain comme les autres et peut être fera -t-il de lui-même les démarches necessaires à l'instauration d'une démocratie avec alternace du pouvoir .

    Comme tous nos dirigeants sont vissés au siège magique du pouvoir, ils ne peuvent le quitter que contraint et forcé pour être remplacer par une catégorie pire puisqu'elle s'attribue de facto le rôle d'avocat divin. Pour ces apostats, l'Islam n'est qu'un moyen de s'accaparer du pouvoir , ils n'ont aucune connaissance réelle de la religion sinon que de la réciter comme des perroquets idiots.

    Ce sont les mêmes abrutis qui ont fait que la civilisation périclite et tombe dans l'oubli ! Le seul discours qu'ils connaissent c'est tchador pas tchador, avec qu'elle main se torcher etc …. mais pour acheter les belles voitures et toutes le gabégies venant de l'occident ou de la Chine, ils sont prêt a abrutir encore plus leur concitoyens! Que Dieu nous protège de cette Horde malsaine.

  4. Le grand bloffeur et le grand imposteur c'est bien toi le mekhzénien qui devrait balayer devant ta porte au lieu de se mêler de ce qui ne te regarde pas et imposer tes imbécilités sur ce site trop honorable pour les ignorants agressifs, impolis, imposteurs et j'en passe de ton acabit.

  5. Excellent article bravo à l'auteur, un article qui isiblement ne plait pas aux imposteurs qui s'infiltrent sur nos sites à l'image de ce Brahim Arbate, un agent sournoie mekhzénien qui refuse d'accepter la réalité tunisienne si bien décrite par l'auteur, c'est le cas de le dire les tunisiens se sont faits volés leur "révolution" par les islamistes d'enahda qui sont au service du Qatar, de l'Arabie Saoudite, des sionistes, des impérialistes. Les mekhzéniens et les sionistes s'infiltrent sur nos sites pour tenter de nous imposer leurs délires et leurs mensonges, afin de pousser les algériens à sombrer dans une autre guerre civile violente pour faire tomber le régime, oui pour un changement radical pacifique et non pour un changement violent en Algérie. Ces imposteurs siono mekhzèniens qui s'infiltrent insidieusement sur nos forums, insultent notre intelligence, nous croient naïfs pour avaler leurs balivernes, alors qu'en réalité ce sont des sujets esclaves soumis, de pauvre bougres baiseurs de mains et de babouche. Bravo monsieur votre article est révélateur de la triste réalité tunisienne, il jette un éclairage réaliste sur la situation de la Tunisie post-révolution. Il n'y a pas de révolution "arabe" ce sont des révolutions fabriquées à partir des Usa, d' Israël et financées par les valets roitelets islamistes de la péninsule arabique, pour remplacer les dictateurs par des obscurantistes relilgieux dociles envers les occidentaux, et veulent faire de ces pays dits en révolution des répliques des pays féodaux de la péninsule arabique et aussi comme le Maroc . Les algériens savent de quoi ils parlent quand ils évoquent le mot révolution, parce qu'ils savent qu'une vraie révolution ne se fait pas de manière improvisée en quelques mois comme c'est le cas de ces pays soit disant en révolution parce qu'une vraie révolution se prépare sur plusieurs années, elle se fait de manière réfléchie.

  6. @ Ali Mansouri

    Nous commémorons le douloureux vingtième anniversaire du lâche assassinat du Père de la Révolution Algérienne et le Maroc frère a été digne de lui offrir l'hospitalité, ce pays que jamais tu n'hésites à traîner dans la saleté dont tu semble t'y complaire avec beaucoup de zèle propre aux intervenant qui croient qu'en tirant sur n'importe quoi dans le site et qui croient ainsi plaire à Mohamed Benchicou, qui est un homme comme tout le monde qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, c'est tout. Ce n'est pas un prophète. Ce n'est pas Abassi Madani qui la foutu en taule et enlevé son journal mais les régime de Bouteflika. enfin tu dis "notre site", tête de con, si c'était le cas, je n'interviendrais désormais plus jamais. Heaureusement que dans ce site, tu es dilué parmi les gens qui parle avec leurs tripes de notre cher pays.

  7. Encore cette histoire de "sionisme et d'impérialisme!!!!!Mais purée ce n'est plus du formatage arabomuzz qui entartre vos cervelles par des couches sédimentaires déposées par l'araboislamisation mais c'est carrément des cervelles de mutants araboislamisées qui vous font voir des sionistes et des juifs partout comme cause de la déliquescence de vos pays arabomusulmans!!

    Vos malheurs n'ont qu'une seule cause l'araboislamisme.Ennemi du savoir,du développement et de la prospérité humaine .
    -Les pays qui n'ont jamais connu dans leur l'histoire une colonisation araboislamique sont les pays qui sont au top du développement:pays nordiques,allemagne,danemark,japon,usa,canada,israel…
    -Lespays qui ont été conquis par la colonisation mahométane et qui s'en étaient libérés pataugent encore des siécles aprés leur reconquista ET commencent à peine ,mais difficilement à se développer:espagne,gréce,portugal,inde,….
    Les pays qui sont encore sous la colonisation arabomusulmane sont parmi les moins développés et parmi les plus pauvres au monde:afghanistan,bengladesh,les pays de TAMAZGHA(afrique du nord) les pays arabes pétroliers qui ne représentent guére un exemple de développement mais ne vivent que grâce à la rente pétroliére.
    Alors de grâce oubliez dans votre paranoique entartage de vos cervelles israel et les juifs.Car ce peuple donne un exemple de gouvernance ,de développement humain et de reussite économique remarquables.

  8. Mr. EE j'ai grande admiration pour vos écrits et je vous supplie de ne pas tomber dans une polémique aussi inutile que stérile avec des gens qui sentent le système d'où je suis a qq 6000kms de là-bas. Le monde change et le monde arabo-amazigh avec.
    Ces gens-là ont fait mal et continuent de le faire même en faisant rien; ils nous ont divisés, envenimés et lancés les uns contre les autres. Je suis algérien et bientôt aurais passé plus des 3/4 de ma vie au Moyen-Orient, je retrouve en effet avec quelques variations sur le même thème toutes les tares qui font qu'on est tous à la traine dans le monde bien qu'ici, leur développement est du solide, bâti sur du solide avec néanmoins qq problèmes. Je suis horriblement navré de traiter ce monsieur de la sorte mais cette fois-ci il déborde. Non seulement il est totalement dans l’erreur mais il antagonise a la FLN, nos voisins et certains pays très respectables de la péninsule arabique. Peut-être qu’il n’est qu’un rejeton du système, auquel cas, il se doit de montrer un peu de respect envers tous les commentateurs.
    Amicalement.

  9. Voilà comment on peut faire la mesure de "la fraternité marocaine" envers l'Algérie, lis donc ce lien toi le marocain imposteur qui distille des insultes grossières, l'agressivité psychotique, une arrogance insupportable sur un site destiné aux intellectuels et aux personnes de bonnes volontés pas à des esclaves soumis à un roitelet qui infestent les sites algériens pour diffuser toute honte bue, de la propagande marocaine nauséeuse, des signes qui caractérisent bien les mekhzéniens de ton acabit. Alors que le Maroc fait la guerre au peuple algérien avec ses tonnes de drogues et via le net par une invasion tout azimuts d'agents du mekhzéne sur les sites algériens, et cela les algériens en sont bien conscients, ils n'avaleront jamais vos balivernes mekhzéniens, nous savons à qui nous avons à faire, la traitrise marocaine est légendaire envers l'Algérie, et aucun mekhzénien ne peut occulter ce fait notoire.

    http://www.liberte-algerie.com/actualite/la-drogue-destinee-aux-algeriens-est-arrosee-aux-eaux-usees-les-narcotrafiquants-innovent-180957

  10. @elvez elbez
    Quelques mois avant son assassinat said mekbel avait bien dit, les chiens reconnaitront les siens.Il n'y a pas très longtemps, dans un café à bab el oued un type avec sa gandoura qui sentait le fauve, tout en vidant sa boîte de chema dans sa bouche, parler en même temps avec ses copains de ce qu'a dit rassoul et de reciter quelques mots du coran pour épater la galerie..

    Que reste il de cette religion quand vous voyez de telles scenes?

    Pendant qu'ils discutent de ce qui s'est passé il y a 14 siecles, au meme moment les occidentaux étudient et pensent ce que sera le monde de demain et préparer comment coloniser la planete mars quand la terre sera invivable.

    Arena nmardou fi erouah tina

    Puisqu'ils sont heureux à patauger dans leurs merde (hachak)
    khelihoum, ou khla dar babahoum.

  11. khelihoum irebèw lahia hata sebta a3tilhoum salat, a3tilhoum ta3am, a3tilhoum tomobilètes made in europa, ou tahia el djazair….

    Elvez elbez nous sommes la risée du monde entier pendant qu'ils passent leurs temps à hurler one tou trii viva l'algérie . Ils vivent dans leurs bulles.

    Lisez cette article:

    Un algérien humilié par un policier qui a craché sur son passeport

    IL S’EST RENDU EN UKRAINE POUR ASSISTER A LA COUPE D’EUROPE

    Un jeune algérien passionné de football désirant assister à la coupe d’Europe, a eu la désagréable surprise d’être vilipendé dès son arrivée à l’aéroport de Kiev par un policier Ukrainien. Le jeune Ahmed. B âgé de 25 ans ne s’attendais guère qu’un tel voyage vers ce pays pour voir une coupe de football qui a débuté le avant-hier vendredi allait lui couter aussi cher, en plus de l’argent dépensé 25 millions de centimes, l’atteinte à sa personne en tant qu’algérien venu d’un policier à l’aéroport sensé de vérifier son passeport.

    Le policier en tenue sans vergogne lui a craché sur son passeport en lui disant « les algériens sont tous des crasseux ». Ahmed résidant à Médéa a obtenu son visa en date du 26 ami par l’ambassade de l’Ukraine à Hydra Alger pour se rendre à ce pays en tant que spectateur, et après une escale à Rome, a pris la destination vers l’Ukraine. Et dès son arrivée à l’aéroport de Kiev, il a été humilié par un policier aux frontières, en lui crachant sur son passeport et en lui soliloquant en sourdine quelques mots en français » les algériens sont sales ».

    Touché dans son amour propre, Ahmed réplique et dit au policier de revenir à la raison. Alors le policier lança un sourire moqueur, se leva pour se déplacer puis revint comme si rien ne s’était passé et demanda à Ahmed de signer sur deux feuilles écrites en langue Ukraine, ce qu’Ahmed refusa de faire et demande ce que signifiait. Alors le policier lui répondit avec mépris, « après la signature tu sera reconduit vers ton pays » sans lui avancer la moindre justification tout en l’empêchant de contacter quiconque.

    Selon Ahmed, il a été reconduit sans raison apparente vers un autre aéroport ou il a été maintenu plusieurs heures à l’intérieur d’un bureau sans eau ni nourritures, à l’exception d’un verre de café qu’il avait acheté de sa poche après qu’il a commencé à avoir sommeil. Ahmed se sentant au bord du précipice, il a eu l’idée d’envoyer un SMS à son frère en Algérie pour qu’il intervienne auprès de l’ambassade d’Algérie, mais rien n’est venu soulager Ahmed jusqu’à son extradition vers l’Algérie avec son visa de retour les mains liés par la police. Après son retour en Algérie, Ahmed est allé directement vers l’ambassade d’Ukraine pour demander des explications, mais ces derniers lui ont répondu gentiment que leur mission s’arrête après l’octroi du visa.

    source: reflexion dz

  12. @Ali mansouri, Wallah tu es vraiment une insulte à l'intelligence algerienne. N'importe quel lecteur assidu de ce site a compris que tu es un petit, un tout petit agent payé pour dire du mal sur le Maroc, rien que sur le Maroc…tellement que tu es devenu la risée de ce site.
    NB: Le forum du Matin à ma connaissance est public ouvert sur le monde entier et Net est une création du genie occidental (heureusement), quant à nous, nous avons tant d'imbeciles qui veulent à chaque qu'une discussion est importante, detourner les lecteurs du sujet de l'article en chantant des refrains usés genre haine viscérale du Maroc, du sionisme et de l'imperialisme. ( Monsieur Ali, tes maîtres de Moscou traitent d'egal à egal avec les sionistes et avec les imperialistes si tu ne le sais pas) . Et puis qu'est ce que c'est ce "nos sites" "nos forum" pour dissuader tout participant (même Algerien) qui ne mouche pas le Nif plein de m. de Ali Mansouri. Pffffffffffffff

  13. Les rats qui se sont sentis visés par mon poste sont sortis de leur trou, comme on dit qui se sentent morveux se mouchent, j'ai bien visé.

  14. J'ai bien visé, les rats sortent de leur trou, qui se sent morveux se mouche.

  15. Si défendre son pays et son patriotisme contre les hordes d'imposteurs siono mekhzéniens qui infestent nos sites algériens, pour distiller de la haine envers l'Algérie et son peuple, un comportement sournois et malveillant propres à ces parasite lâches et arrogants qui s'affichent sous une fausse appartenance algérienne, est synonyme "d'être flniste et je ne sais quoi" surtout venant de de la part de lécheurs de babouche, je dis vous toz de la part d'un patriote algérien qui sait faire la distinction entre un vrai algérien même si je ne suis pas en accord avec ses idées et les lécheurs de babouche qui se permettent de s'immiscer dans les affaires internes algérienne qui ne les concernent pas, en vu de pervertir le débat et l'orienter. Cela est connu que des hordes de lécheurs de babouche envahissent nos sites pour insulter notre intelligence, eux les lécheurs de babouche.

  16. Franchement parlant je ne suis pas optimiste pour ce Pays frére et rien à dire de +

  17. Avant que ce policier ne crache sur ce passeport algérien,,benbella avait violé l'algérie algérienne.Boukharouba aliasboumédienne,l'avait martyrisée.Le mari de hlima bendjedid l'avait humiliée.Et enfin petit mario yeux bleus,le chef du clan présidentiel l'a anéantie.
    Et tout ce massacre de l'algérie algérienne s'est fait sous la bénédiction du fln ,de l'armée etde ses services secrets.
    Alors voyez vous,le policier ukrainien n' a pu se livrer à de pareils actes que parceque benbella,boukharouba ,bendjedid et le perfide bouteflika ont durant 50ans procédé à la destruction de l'algérie algérienne.et l'ont remplacée par une algérie mutante islamopanarabiste déliquescente tout azimut
    Le fils qui se plaint à son pére d'avoir été injustement traité.
    "Pére ils nous ont humiliés et frappés Avava wet negh
    Le pére au fils
    "Normal ,mon petit,ils nous ont reconnus.normal ay ami aâ kal negh

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