Opération de démolition de 19 constructions illicites à Oran

C’est avec l’appui d’un important dispositif sécuritaire de la section anti-émeute que l’opération de démolition a été menée mardi. Un habitant a tenté de s’immoler pendant l’opération de « délogeage ».

Le wali d’Oran Abdelmalek Boudiaf déclare la guerre aux pauvres, des milliers d’occupants des bidonvilles de la wilaya d’Oran. Selon les estimations de la commission d’enquête, il existe plus de 44 bidonvilles recensés dans les quatre importantes communes d’Oran notamment Oran, Aïn El Turck, Arzew, Es-Sénia et Bir El Djir. Tous sont concernés par cette opération de démolition lancée tambours battants. Les centaines de pères de famille sont cependant déterminés à s’opposer à une telle décision de démolition qui touche paradoxalement que les démunis.

A contrario, tout le monde à Oran sait que bon nombre de nababs ont érigé des villas de fortune sur des terres agricoles qu’ils ont détournés de leur vocation initiale. Notamment dans les communes balnéaires de Aïn El Turc, Bousfer, les Andalouses. Cette opération d’accaparement de terres agricoles est menée avec la complicité des coopératives immobilières relevant de la commune de Bir El Djir et Es Sénia. Cette alliance d’affairistes du béton a détourné plusieurs exploitations agricoles collectives. L’une des plus emblématiques agences ayant eu la main sur l’affaire, il y a la coopérative immobilière de l’ex-P/APW Boucena. Et les nouveaux acquéreurs ont payé le prix fort pour  ériger des villas de fortune avec la complicité des hauts responsables du parti du RND. Ceux-là ne sont évidemment pas touchés par cette opération de démolition. 

Abdelmalek Boudiaf a déclaré devant les membres de l’APW, mardi dernier, lors du déroulement du vote du nouveau P/APW d’Oran qu’il allait procéder à l’éradication de toutes les constructions illicites. Mais ira-t-il jusqu’à démolir les villas de fortunes de l’EAC de Bir El Djir dont le président l’ex-P/APW Boucenna du parti RND et de biens d’autres affairistes de la région… ?  A voir.

L’opération de démolition des constructions illicites effectuée mardi dans les deux quartiers populeux de Mimosa et Torro relevant du secteur de Haï El Badr à Oran a provoqué un mouvement de panique des habitants. Nombreux étaient les voisins qui  sont venus soutenir les familles sorties de leurs bicoques sous la surveillance menaçant d’un important dispositif sécuritaire. La présence des forces de l’ordre a d’ailleurs tourné un temps à l’émeute provoquée par les occupants des maisons de fortune ayant des attestations provisoires d’installation et d’occupation des lieux dûment signées et délivrées par les services de la commune d’Oran. Selon certaines sources ces attestations ont été établies avec la complicité de quelques élus indélicats.

Ainsi, dix-neuf constructions illicites situées à Kouchet El-Djir et jouxtant la pénétrante de Ras El-Aïn ont été rasées ce jour-là par les services concernés de la commune d’Oran, qui a dépêché d’importants moyens matériels. L’opération, débutée tôt le matin, a été émaillée de mouvements de résistance des occupants ainsi que d’autres personnes venus d’ailleurs qui se sont solidarisées avec les protestataires. Il a d’ailleurs fallu recourir à l’usage de grenades lacrymogènes pour dissuader les protestataires qui voulaient à tout prix empêcher les engins de procéder à la démolition des bâtisses ciblées. Au cours de l’affrontement un des propriétaires a tenté de s’immoler de désespoir. Toutefois, une source policière nous apprend que les protestataires se sont dispersés. Mais les forces de sécurité sont restées sur le site, tout en bouclant le périmètre à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

On apprend auprès des riverains que la plus vieille bâtisse a été réalisée il y a 4 ans, alors que la plus récente date d’une semaine. Ces taudis sont situés sur une zone très accidentée avec une pente relativement raide. Une femme concernée nous apprend qu’elle a recouru à cette occupation illégale après s’être enregistrée au cours d’un recensement effectué il y a 4 ans. Mais le « récépissé » en sa possession, présenté comme étant des services de la wilaya, ne comporte aucun cachet de service. Approché sur ce cas précis, le maire d’Oran, qui supervisait l’opération, était étonné de la source même de ce document, en précisant qu’en 2008, aucun recensement n’a été effectué. Les occupants de ces masures ont été mis en demeure plusieurs fois, mais ils n’ont jamais accepté d’évacuer les lieux, nous apprend une source communale. 

Sur place, des camions de l’APC d’Oran ont été mobilisés afin d’effectuer le transfert des biens des occupants sur la fourrière communale et aucune précision n’a été donnée quant au devenir de ces neuf familles. Dans quelques jours, une opération similaire sera menée au niveau du domaine Khemisti, alors qu’en juillet, des sites des Planteurs seront également concernés. Pour rappel, le wali d’Oran avait annoncé  mardi soir à l’hémicycle de la wilaya d’Oran qu’il se chargera personnellement pour le suivi des opérations de démolitions qui vont cibler les communes d’Arzew forêt d’Ahmed Zabana, les Plateaux, Guessibet Mohgoun et le Cap Carbon ; il a instruit le maire d’Arzew pour qu’il soit le premier sur les lieux pour éradiquer les bidonvilles. Dès sa prise de fonction, le wali avait confié que l’éradication des bidonvilles des trois importantes communes la wilaya, notamment Oran, Arzew et Ain El Turc, constituait l’une de ses priorités et qu’il comptait achever l’opération en 2012.

 H. Medjadji

6 commentaires

  1. Les bidonvilles; dénuement ou subterfuge?

    Je me permettrais ici un petit commentaire commençant par une anecdote.
    Il y a peu de temps, une jeune femme algérienne s'est présentée aux guichets de la préfecture (en normandie) pour dénoncer un abus ou un usage de faux par son mari. Ce fut l'occasion pour elle de soulager quelques unes de ses douleurs, et pour votre serviteur, de renforcer certaines convictions concernant une catégorie d'Algériens. Quel rapport avec les bidonvilles me diriez-vous? J'y viens!

    Eh bien l'on apprend l'histoire de ce couple d'Algériens âgés de la trentaine à peine et avec, certaines pratiques désormais rentrées dans les moeurs.

    Il se trouve que le mari est venu en France grâce à cette jeune femme dont l'un des arrières grands-parents auraient conservé la nationalité française, mais pas seulement! Cette jeune femme est originaire du Grand Algérois du côté de Boudouaou. On apprend donc que le mari ainsi que sa famille étaient originaires d'une bourgade de Sour El Ghozlane et ayant entendu parler d'une "astuce" par d'autres villageois l'ayant tentée avec succès, ils s'y sont mis à leur tour.
    C'est à dire prendre femmes et enfants, confier son mobilier à une connaissance ou à la famille plus large, prendre sa voiture et débarquer à la périphérie de Boudouaou, planter ses taulles et cartons …et les voilà dans leur bidonville à attendre leur relogement.
    Une fois relogés, on vend l'appartement, on re-plante son gourbi à la péréphérie d'une autre agglomération et ainsi de suite. Avec l'argent de l'un des appartements, notre néo-Boudouaoui s'installe en France, plaque sa femme pour une marocaine, monte une boite dans le bâtiment et l'affaire roule. Sonn frère suit exactement le même chemin au détail pré qui que son motif d'installation en France n'est autre qu'un faux mariage avec qui? Devinez!! Avec la marocaine qui partage le lit de son frère ainé.

    Ceci pour vous dire, autant les autorités algériennes peuvent et doivent subir nos foudres à longueur de journées sur la majorité des sujets et thèmes touchant à la prise en charge de la population, autant, sur ce point précis des bidonvilles, terreau d'islamisme radical, de prostitution et de beaucoup de deals, il ne faut pas hésiter à agir! J'irai même loin en proposant la pénalisation de l'érigation de ce genre de "3âr" !

  2. Le problème principal qui a causé le plus de dégâts sur le plan social, c'est bien la règle du 2 poids/2 mesures et elle est pratiquée à tous les niveaux . Ceux qui ne l'appliquent pas généralement n'en ont pas l'opportunité, c'est tout . Ceux qui la rejettent se trouvent plutôt au bas de l'échelle sociale .

  3. Vous ne croyez pas si bien dire Monsieur Ch. Baudelaire. La démission ou l'inconscience des pouvoirs publics rendront les choses très difficiles le jour ou l'on voudra tout simplement avoir une ville ou un village normal, c'est à dire construit ou établi selon les normes, tout comme le commerce informel qui prend réellement de l'ampleur et défigure totalement les sites. Ces bidonvilles se construisent également à la périphérie des petites ou grandes villes. Alger est en train de perdre son âme tellement elle se clochardise de jour en jour.
    Badjarah en est un exemple édifiant, l'informel à présent s'installe sur les trottoirs mais pas seulement, l'aire de stationnement est aussi squattée. les autorités ne sont aucunement inquiétées par ces baraques et tables de fortunes qui servent d'étalage. Les ordures et détritus qu'ils laissent en fin de journée sont ramassés par les services de la commune !! Mais pas toujours. Alger est de plus en plus enlaidie, sale et misérable. Les autorités locales ne peuvent pas intervenir de peur de déclencher une émeute. Que faut-il faire donc ? Laisser le pays s'abîmer ou prendre le taureau par les cornes et mettre un terme à cette anarchie. Ah qu'il est loin Alger la blanche, celle du jasmin. Une anecdote. Un automobiliste à Londres stationna son véhicule sur la trottoir, une dame avec sa poussette arrivée à ce niveau ne pouvait continuer son chemin (ou alors il lui fallait le faire sur la chaussée, dangereux quand même). Elle appela la police qui arriva immédiatement. L'automobiliste tout confondu, s'exécuta prestement devant la sévérité du policier paya une amende.
    Bien sûr il faudra agir intelligemment ce qui est des baraquements d'habitations. Proposer des solutions sensées aussi bien pour le bidonville que pour le commerce informel.
    Je ne comprends pas pourquoi ce problème persiste toujours, celui du logement. A t-on oui ou non les moyens de combler le déficit en logement ? Il y a à mon sens quelques incohérences à noter. Pourquoi a t-on vendu les cimenteries ? Comment et à quel prix les promoteurs acquièrent les terrains. La meilleure solution serait que l'État loue le logement ?

  4. @Charles Baudelaire; Je n'ai pas lu l'article ci-haut; je m'adresse à toi.

    Tu as juré aux noms de tous les saints marabouts, les tiens, ‘boukabrine’ compris, tu n’allais plus écrire de commentaires dans les colonnes du matin! Un journal hautement surveillé et donc idéal pour les hommes engagés! L’Algérie est un bidonville politique pour sur et aucune argumentation n’est exclue y compris celles de certains éléments aussi nuisibles que toi et qui te considéraient comme étant une grosse perte pour l’Algérie! Pauvre Algérie, triste Algérie tu as perdu Charles Baudelaire ‘b’ada’? Par le plus grand des hasards j’ai lu ton commentaire sur l’interdiction éventuelle des bars en Algérie. Un commentaire destiné aux ouvriers qualifiés, reçus au Canada sur tombola, selon toi! As-tu reçu ces information de la DST, des RG, toi qui est capable d’écrire un article de presse entre deux appels téléphoniques; le premier émanant de ton commissaire superviseur et l’autre d’un de tes CON-citoyens comme tu l’aimais à le présenter! Ou simplement de la diaspora maraboutique, bassement hypocrite, installée à Montréal?
    Moi, l’ouvrier qualifié du Christ, je te propose un marché : Avec l’aide de ton préfet, Tu récupères, une lettre contenant une seule phrase que j’ai faite parvenir de New York au président en exercice Jack Chirac, lors de son premier mandat. Un éclaircissement envoyé d’Algérie au premier ministre Jospin, ensuite, je te donnerai le nom de la ministre française, très compétente de surcroit, qui m’invita à retourner en France. D’emblée, tu rassures le palais Bourbon et le cardinal de France que je n’ai pas couché avec elle. En guise de conclusion et pour te faire plaisir, si mon rêve arrive à se concrétiser, c'est-à-dire reprendre mon affaire auprès de la cour suprême de New York, réf 18610 /97 je ne manquerai pas de t’envoyer une bouteille de vin glacé pour exorciser ta culture arabo maraboutique à laquelle tu tiens si fièrement! Sinon, je te fais lire la phrase ci-après avec laquelle je débutai ma requête; celle-ci appartenait à un académicien français en l’occurrence Jean François Revel : Si les français et américains ont avoué un désaccord, il ne concerne que le commerce de la banane dont, comme chacun sait, dépend l’avenir de l’humanité La marmite était boullie au dela des limites humainement acceptables et par voie de conséquence la référence sus citée devient de fait ma raison d'être …Chrétiennement votre

  5. Que dire après cette dissertation en règle? Nous n'avons, nous lecteurs (marabouts, arabes, kabyles, chinois ou tibétains) rien à cirer de votre dévouement (suspect) au christ à miss t'mourth!
    Grand bien vous fasse de légitimer votre condition d'exilé par votre alibi préféré "le christ"!
    Tel que je vous le disais dans un précédent message, vous avez beau clamer votre amour de Aïssa, votre accent kabyle chantant, votre pif à la Massinissa feront de vous cet indigènes que vous avez toujours été pour "vos frère chrétiens occidentaux", Français, Américains ou Suédois.
    Vos commentaires transpirent et puent le complexe à plein nez à vou lahnak!
    A trop vouloir imiter la démarche du paon, on finit par ne plus se souvenir de celle de la poule (proverbe kabyle)! Ou, mieux encore, "avahloussik dhégou véllâ3, kétchni théttama3édh é della3"
    Quand j'irai en kabylie cet été si tout va bien, venez m'expliquez si je suis assez kabyle ou pas, on rira bien!

    Les marabouts vous chi…. dessus ainsi que sur vos complexes à rendre complexé Freud lui-même! Tel que le disait feu Matoub "… yahzéne el oued aïssi, mi d'yévdha iménghi …". Le Matin dz permet à certains spécimens de se réaliser à travers des commentaires à la "Ô miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis la plus belle!"

    N'était-ce le respect dû aux lecteurs, je vous aurais répondu avec des mots bien de chez nous, accessibles à une catégorie de kabytchous!
    Vous me faites penser à certains con-citoyens kabyles qui, pour se démarquer et se singulariser auprès des normands, disent en guise de bonjour, "moi ji ni soui po arabe, ji soui kabél …". J'ai honte !
    Invoquez votre Christ et implorez-le pour qu'il élève d'un cran votre estime de vous-même!
    "Crétain' ement vôtre", vous devriez signer désormais!

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