Avril 80, ce printemps béni

Ce printemps béni m’a appris à devenir Algérien, national, citoyen.

Il y a trente-deux ans, des étudiants pas si innocents que cela chantaient de lendemains incertains. Il fallait être très anxieux de l’avenir du pays pour oser, au printemps 1980, braver un Etat totalitaire, dictatorial, fondé sur les crocs-en-jambe meurtriers, la traîtrise et le mensonge, au risque de la peine de mort. En ce temps là, pour un oui pour un non, on vous habillait d’une tunique blanche – un linceul – avant de vous emmener au Caroubier servir de cible à des snipers en herbe. C’est à ce moment-là que l’idiotie érigée en philosophie nationale s’est mise en tête, sous la forme d’un arrêté préfectoral, jamais formalisé ni officialisé, pour autant, de faire barrage à la poésie populaire.

On interdit à Mouloud Mammeri, aujourd’hui défunt, l’un des pères de la littérature algérienne, finaliste du « Goncourt » et de tous les combats pour l’instauration de la liberté de pensée, l’entrée de Tizi-Ouzou. On annule une conférence qu’il devait dispenser devant les étudiants de l’Université de Tizi sur « la poésie kabyle ancienne ». Comme on avait mis fin, quelques années auparavant, à l’enseignement de tamazight qu’il donnait à la fac de lettres d’Alger. Dans les deux cas, cela ressemblait bien à des autodafés. Brûler un homme qui écrit c’est brûler des livres. Des idées. L’Algérie qui tétait alors et encore, aujourd’hui, aux têtes des puits de Hassi-Messaoud ou R’mel n’en avait que faire de la poésie. Encore moins des hommes ou femmes qui la faisaient. Du coup, une émeute née de la frustration d’un comité de cité – Hasnaoua – s’est subitement propagé, devant un tsunami coléreux, qui,vite a atteint les usines et les institutions telles que les hôpitaux de Kabylie avant – la colère est très contagieuse – de s’inviter à Alger. Pour la première fois, face à un pouvoir recroquevillé sur son assurance, sa police, ses gendarmes, son armée et ses supplétifs, s’est mis à douter.

Pour vite chasser ses angoisses, il tape. Tout à son honneur de bon fasciste, il faut dire qu’il n’a pas tiré. En ce temps. Par la suite, il s’est mis à le faire sans sourciller, sans hésiter. Il ne tire donc pas, il ne tue pas. Mais il estropie les algériens par centaines, il en emprisonne par dizaines. Il en torture par grosses poignées. Et devant le monde, témoin, sans honte, il accuse l’étranger de manipuler quelques groupuscules de brebis égarées…

Je faisais partie de ces brebis, quelquefois égarées. Quelquefois retrouvées. Jamais soumises. Mon interpellation le 23 mai 1981 et mon internement aux « 4 Hectares d’El Harrach » m’ont servi, au détriment de la mission de redressement à laquelle je devais être soumis, à découvrir la cuisine algérienne, meilleure brûlante, sans sel et avec tous les parasites qui fréquentent les lieux insalubres. Notamment ceux qui voisinent Oued El Harrach. Six mois de prison en Algérie m’ont permis d’apprendre que les gouvernants enfermaient dans les mêmes lieux, en isolement, les fous, les pédés et les innocents. Et qu’ils les violentaient à longueur de journée. « Midnight Express » c’est du pipi de chat à côté de ce que faisait subir les matons algériens à leurs otages. Pardon, à leurs prisonniers.

Avril 1980. Ce printemps béni m’a appris à devenir Algérien, national, citoyen. Tout simplement humain. Cela le pouvoir qui a inventé Belhadj, Madani ou Belkhadem, ne le sait pas. Nous reviendrons !

Meziane Ourad

7 commentaires

  1. Avril 80; ce printemps béni comme vous le dites doit inciter les incrédules; les plus universels d’entre nous; les sages; les plus éclairés; les humbles; les athées; les femmes et les enfants à œuvrer pour le resserrement des rangs en Kabylie. Il ne s’agit pas de pratiquer la politique du contre l’autre à base de la haine collective comme l’ont faite les arabes de Oujda! Non. Dans le cas Kabyle, il s’agit de légitime défense : Abane Ramdane, n’a pas réussi à mettre en pratique la plate forme de la Soummam! Il a été assassiné par les arabes porteurs de l’embryon de l’Islam. Des colonels Kabyles aient été complices me diriez vous? Oui, mais il s’agit d’un linge pourri à laver en famille; les berbères n’ont pas besoin d’interlocuteurs du DRS pour pouvoir résoudre les questions internes. Sadi Saïd, qui était l’héritier légitime de la politique initié par Abane n’a malheureusement pas pu mener à bon port un tel projet de société; politiquement, juridiquement et spirituellement défendable. Les projecteurs sont désormais dirigés vers Ferhat M’henni : Est-il en mesure de réunir les marabouts du FFS, les rigides du RCD et les universitaires du MDS autour d’un seul mot d’ordre : Autonomie de la Kabylie? Selon moi, le chemin est encore long, se retirer du joug de l’Islam est un préalable. Je n'ai jamais aimé l'attachement de mon pére dont, l'enterrement avait eu lieu loin de moi, à la religion de Mohamet… Chrétiennement votre.

  2. Vous déclarez que vous faisiez partie de "ces brebis, quelquefois égarées. Quelquefois retrouvées. Jamais soumises". On vous a mis en prison pour "six mois de prison en Algérie(qui vous) ont permis d'apprendre que les gouvernants enfermaient dans les mêmes lieux, en isolement, les fous, les pédés et les innocents. Une question cependant, vous vous situez où parmi ces trois catégories, Fou, pédé ou innocent? Parce que vous avez tandance à parler dans le raisonnement de vos bourreaux, c'est-à-dire que les fous et la "saloperie" des pédés ne sont pas innocents.

  3. En ce printemps maudit de 1980, j'avais 22 ans et je venais de découvrir que je n'étais pas algérien et que je ne le serai jamais selon l'esprit et la lettre de la constitution du pays.
    Je demeure un rénégat kabyle. Un vestige témoin de l'echec du projet assimilationniste de feu Benbella et de feu Boumédiéne. Ces deux-là m'ont montré qui je suis. Un non citoyen, non concerné, non homologué, non admis, exclu, banni, vomis. Comme tous les kabyles qui n'ont pas encore mis genou à terre.
    Un énerguméne qui se déméne pour garder son identité culturelle, apprendre à lire et écrire sa langue, raconter ses ancétres, transmettre sa langue à ses descendants, leur remémorer le terroir, rehausser leur estime de soi, les rassurer que leur culture en vaut autant que n'importe laquelle, que leur langue n'est pas une lahdja et surtout les dissuader d'adopter une position de dominés. Je n'ai pas de pays pour faire cette job, alors je m'improvise institution. Je suis, selon les circonstances, président, ministre, député, diplomate, professeur, historien, linguiste, conteur, écrivain, géographe, poéte. un vrai caméléon!
    C'est un travail à temps plein, que d'être kabyle. Ça me laisse pas beaucoup de temps pour être algérien, jurer chaque jour que n'ai rien contre les arabes (sauf peut être Oqba Ibnou je-ne-sais-plus-qui) et trouver tout le monde beau, tout le monde gentil sauf les gendarmes et les voleurs.
    Il me faut de la disponibilité pour aimer mon pays qui ne veut pas de kabyles non assimilés et croire qu'Ali Benhadj, Abassi Madani et toute la faune qui gravite (encore) autour des 2 compéres sont des purs produits de la culture algérienne.
    De vrais fils du peuple, portés aux nues par le peuple. Peuple qui les a lachés comme il lacherait des vulgaires voleurs de poules. Ben quoi? y a bien des peuples qui font des conneries et qui se ravisent parfois.

    Faut quand même pas surestimer le régime! C'est pas parce qu'il est sans scrupules qu'il aurait des compétences pour fabriquer de toutes piéces des monstres sans foi ni loi, à son image.
    Il faut plusieurs millions de personnes et un génie populaire pour fabriquer un Ali Benhadj. C'est que c'est trés sophistiqué, cette machine là!
    Il parait qu'elle cherche encore à rouler, même avec un réservoir à sec..

    Mais comment fait Mr Ourad pour dire ses bêtises?

  4. Salut, que reste de cet engouement pour l'affirmation de cette authenticité qui souffre le martyre de l'acharnement de ceux qui veulent nous forcer d'aller au paradis. On constate avec dépit que la Kabylie tend vers le sombre, ça s'islamise à un rythme des plus inquiétants. C'est le nivellement qui prend le dessus, toutes les contrées musulmanes virent vers la résignation aux médiocres et insignifiants prêches des imams. L'esprit critique est anéanti,alors la Kabylie ne jouit pas de l'exception, elle est victime elle aussi de cette vague et de ce brouillard qui rend la vision des plus sombres. Malheureusement, la Kabylie subit le viole du fait de son délaissement, elle est la proie de ceux qui veulent lui mettre le voile, qui veulent la rendre soumise et lui enlever cet esprit récalcitrant. Ça dérange, çà brouille les cartes, alors elle ne doit que suivre le bon chemin qui n'est autre que la voie qui mène vers le salut, à condition qu'elle se nie, qu'elle se refuse, qu'elle s'offre nue pour qu'elle soit violée. Oui, elle est offerte par ceux qui nous forcent de croire qu'ils la chérissent, qu'ils la couvent, qu'ils la louent, qu'ils la défendent. Ce n'est qu'illusion. La question Kabyle subit ce que subit l'Algérie de ceux qui se prétendent la libérée du colonisateur. Le monopole de la question Kabyle par quelques personnes la fait vider de sa sève, au point qu'elle refoule tous ceux qui veulent lui apporter un minimum de combat que tout un chacun digne d'être Kabyle doit le lui sacrifier. Comment peut-on mobiliser les Kabyles pour poursuivre le combat, alors que aucun artiste ni intellectuel ne sont restés au bled. Comment ces jeunes puissent être fier de ce qu'ils sont, alors quand ils regardent autour d'eux il n'y a que disert, la crème à fuit et persiste de fuir, qui va maintenant peut instruire la jeunesse de son drame? Devant l'absence quasi totale de repères, il ne faut pas s’étonner si demain que la jeunesse Kabylie revendique un état islamique, car les islamistes ont su saisir cette opportunité pour propager leur venin qui va à coup sûr réduire la Kabylie au voile et la barbe. Nous avons qu'à constater maintenant l'absence du poids de la Kabylie et de ses aspirations dans la joute électorale, le rapport de force est actuellement entre les islamistes et les arabo-bathéstes. La Kabylie n'a plus de rôle à jouer, il n'est plus tenu en compte, alors il faut s'attendre qu'un jour où les détenteurs du pouvoir céderont, sachant bien que l’Algérie se transformera en un état islamique, alors en ce moment la ne seront combien nous sommes des escrocs et des orgueilleux.

  5. Cessez de vous lamenter sur votre sort. On dirait que vous n'etes pas des algériens. on dirait que vous les seuls à souffrir dans cette Algérie. On a marre d'entendre le meme discours chaque jour!!

  6. Les kabyles se lamente non seulement sur leurs sort mais sur celui de l'algérie et des algériens toute l'algérie et tous les algériens.ceux qui considérent que les kabyles ne sont pas des algériens ce sont des gens comme vous. votre écrit montre votre haine aux kabyles (même si vous étes kabyle ou amazigh transformé en arabe). il suffit de lire quelque part un prénom ou un nom kabyle pour que la rage sort des haines plein de rancunes de haine et de mépris ce qui a pousser le systéme boutefien a instauré une liste de prénoms tolérés pour interdire les prénoms amazigh.(si c'est pas boutef il suffira qu'il ordonne cette liste des services des etats civil de toutes les APC d'algérie il en a le puvoir car il est locataire permanent du palais d'el mouradia et c'est la qu'il y a le centre du pouvoir).les kabyles et c'est une vérité souffrent pour leur pays car l'algérie c'est leur pays et ils ne disent pas venir d'un autre lieu comme le font certains.chaque jour, les kabyles ne réclament pas des logements des aides sociales de l'assistanat mais des droits humains l'égalité des chances la justice et l'applictaion des lois de l'etat, pour tous les algériens et sur tout le territoire algérien.ils réclament un enseignement digne, un partage équitables des richesses nationales et non pas leurs gaspillages, la dignité pour tout les algériens.Vous n'avez qu' a relire la proclamation de l'étoile nord africaine,l'appel du 1er novembre, les résolutions du congrés de la soummam, ou seulement les discours des politiques (kabyles) toutes tendances confondues et faire la comparaison avec les inépties que débitent les autres chaque jour depuis au moins cinquante années. vous avez marre d'entendre la vérité et les choses qui peuvent (si elles sont appliquées) faire de l'algérie un pays ou les algériens viveront dans la dignité. tout ce qui est kabyle vous géne.

  7. ils ont detruit la Kabylie comme ils ont detruit toute l'Algerie et nous on les combat en nous detruisons, humainement on est detruit, on a peur plus du voisin que de l'agent, hier en plein milieu de la rue deux mecs se battaient en arretant la circulation et les uniformes papotaient tranquille avec une nana en riant et le pire c'est que personne n'a osé les deranger

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