Les forces de sécurité syriennes tuent six manifestants

Les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu sur des manifestants vendredi, faisant au moins six morts, alors que la journée a été marquée par de nouvelles manifestations dans le pays pour demander la fin du régime de Bachar el-Assad.

Selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, basé à Londres, six personnes ont été tuées dans le centre du pays à Hama, Homs, et dans la ville de Rastan, où des affrontements opposent l’armée à des déserteurs issus de ses rangs. Le militant des droits de l’homme Mustafa Osso, basé en Syrie, évoque de son côté un bilan de 11 morts.

Comme chaque vendredi depuis le début de la contestation contre le régime, de nombreux Syriens sont descendus dans la rue après la prière hebdomadaire. Des manifestations ont notamment eu lieu à Damas et dans sa banlieue, à Deraa (sud), à Hama et Homs (centre) et dans la province d’Idlib (nord-ouest). De nombreux manifestants ont exprimé leur solidarité avec la rébellion à Rastan, où les combats se poursuivaient vendredi.

Un responsable militaire syrien a déclaré vendredi que les affrontements à Rastan avaient en deux jours coûté la vie à sept soldats et policiers. Trente-deux soldats ont également été blessés dans l’opération menée jeudi et vendredi par les forces syriennes afin d’éliminer des « hommes armés » se cachant dans la ville, a précisé ce responsable non identifié, cité par l’agence officielle syrienne SANA.

Ces hommes armés auraient terrorisé des habitants, bloqué des routes, installé des barrages, posé des explosifs et seraient responsables des sept morts, selon la même source, qui précise que nombre de ces hommes armés ont été tués ou arrêtés.

Rastan est le théâtre de combats opposant l’armée à des centaines de déserteurs issus de ses rangs, selon des militants. La ville, d’où sont originaires de nombreuses recrues sunnites de l’armée, a enregistré un nombre important de défections de soldats. Selon un militant des droits de l’homme s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, environ 2.000 ex-soldats ayant fait défection se battent à Rastan et dans la ville voisine de Talbiseh, ainsi que dans la région de Jabal al-Zaouiyah, située dans la province d’Idlib (nord).

Les informations rapportées vendredi par SANA semblent confirmer la forte résistance et les combats en cours à Rastan, même si l’agence de presse syrienne, reprenant la terminologie officielle du régime, parle de « groupes terroristes armés » et non de déserteurs.

Selon les Nations unies, 2.700 civils ont été tués par les forces syriennes depuis le début du mouvement de contestation contre le régime de Bachar el-Assad à la mi-mars. Une répression dénoncée par les Américains et les Européens, qui ont adopté des sanctions contre Damas.

AP