Elle sera présidente d’honneur du colloque international sur Messali Hadj, son père, qui se tiendra les 17 et 18 septembre à l’auditorium de la faculté de médecine de Tlemcen. Pour Djanina Benkalfat-Messali, la reconnaissance du fondateur du PPA ne suffit pas. Elle demande à ce que la société se rapproprie son histoire.
L’aéroport de Tlemcen porte désormais le nom de votre père, les rencontres pour parler de lui sont autorisées. Vous-même avez été invitée aux côtés du président Bouteflika en avril dernier pour visiter Tlemcen… Que vous inspire cette réhabilitation de Messali Hadj ?
« Réhabilitation » ? Ce mot me contrarie. Nous ne sommes pas en train de parler d’une fâcherie ni d’un problème à arranger avec des reconnaissances. Il s’agit d’un problème de politique, d’histoire qui a été camouflée. Aujourd’hui, je pense qu’il est grand temps que la société se rapproprie son histoire avant de passer à des réformes fondamentales, comme je l’apprends dans la presse depuis mon arrivée ici. Il est fondamental que cette société se rapproprie son histoire. Il faut devenir sérieux et parler de choses vraies. Ma foi, les confrontations sont toujours enrichissantes…
On sent toujours une amertume dans vos propos. Comment avez-vous vécu ces longues années de marginalisation ? Comment ressentiez-vous cette mise à l’écart de la famille Messali, de ses militants ?
Nous n’avons pas été uniquement marginalisés ! Des générations entières de militants, des familles de nationalistes ont été mises au ban de la société. Leur engagement pionnier n’a jamais été reconnu et ils ont été accusés de toutes les trahisons. Si nous n’avions été que marginalisés, minoritaires dans la classe politique, cela n’aurait pas été grave. Ceci étant dit, il n’y a jamais eu de démocratie politique. Nous attendons tous les réformes avec beaucoup d’espoir. Nous aspirons tous à une société où les citoyens vivent en harmonie, avec un respect mutuel. Donc, il ne s’agit pas seulement de réinsérer Messali Hadj, le symbole. Tous les gens qui se sont engagés derrière lui doivent être reconnus. Il faut aussi savoir comment et pourquoi le 1er Novembre 1954 a eu lieu. Sortir ce qui est caché dans les placards. Qu’on dise aux Algériens pourquoi il y a eu 10 000 morts parmi les militants du PPA ? C’est une question politique qu’il faut débattre et personne ne nous a expliqué cela…
A qui faites-vous allusion ?
Je ne fais allusion à personne. Je parle, entre autres, de ce que, vous, vous appelez la classe politique, et qui, à mes yeux, n’existe pas. A quelques exceptions près… J’ai beaucoup d’estime pour Louisa Hanoune, une femme de talent. Je ne suis pas toujours d’accord avec elle mais je l’apprécie. Quand il y a des femmes comme elles, il faut en parler.
Des militants du Parti du peuple algérien (PPA) ont annoncé qu’ils allaient revenir à l’activité politique en déposant un dossier d’agrément. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
C’est une bonne chose. Que représente le PPA ? L’âge d’or du nationalisme algérien, et ce n’est pas rien ! Je suis née avec et j’ai grandi dedans. Ce sigle a coûté beaucoup aux gens qui le défendaient. Ces trois lettres vous envoyaient en prison. C’est le sigle le plus glorieux de l’histoire de l’Algérie contemporaine. C’était synonyme d’indépendance ! Les nouveaux militants du PPA doivent entrer dans l’histoire avant de se positionner sur la place publique.
Vous seriez donc prête à rejoindre ce parti qui renaît de ses cendres ?
Moi, je suis née dans ce parti, dans ses entrailles. Les gens dont vous parlez sont présomptueux : je n’ai pas de leçon à recevoir d’eux, je ne sais pas quel projet de société ils proposent. On n’est pas en 1937. Nous sommes en pleine mondialisation, Obama préside les Etats-Unis ! Qui aurait pensé au moment de la création du PPA qu’un Noir serait élu président des Etats-Unis ? Nous vivons dans un monde nouveau. Les valeurs du PPA restent importantes et nobles et elles appartiennent à tous les Algériens. C’est une affaire de vision, d’envergure. Qui aujourd’hui a une vision sur le Maghreb ? A ces gens, j’ai envie de dire : qu’ils laissent le PPA au peuple algérien. Et puis je ne veux pas qu’ils chaussent les chaussures de Messali. Elles sont trop grandes pour eux…
La reconnaissance de votre père, vous la devez au président Bouteflika…
Je me pose la question… Doit-on la reconnaissance de mon père à l’intelligence et la clairvoyance d’un citoyen algérien qui est le président de la République ? Une chose est sûre, on ne la doit pas aux partis politiques qui n’ont jamais eu l’intention de revisiter l’histoire. Ni aux associations des droits de l’homme ? A mon avis, il y en a trop pour qu’elles soient honnêtes.
Vous avez de l’espoir quant à l’avenir du pays ?
Beaucoup d’espoir dans ce pays de richesses, naturelles et humaines.
Le Parti du peuple algérien veut revenir sur la scène politique
Ali Agouni est l’un des proches compagnons de Messali Hadj et un des responsables importants du Parti du peuple algérien. A la veille de la tenue du colloque international sur le père du nationalisme algérien – rencontre à laquelle participeront déminents historiens, à l’image de Benjamin Stora, Mohamed Harbi – il a tenu à rappeler que les anciens dirigeants du PPA ont déposé leur dossier pour l’obtention de leur agrément. Ils entendent ainsi reprendre leur activité « à la faveur de la nouvelle loi sur les partis« . Il souligne : « Nous avons lancé un appel au président de la République pour lui expliquer qu’un tel agrément nous permettrait de participer librement et légalement en Algérie à la vie politique et syndicale en défendant son programme. Autrement dit, la fin du système, le libre exercice de toutes les libertés d’expression, la liberté syndicale, la parole au peuple et l’élection d’une assemblée constituante, la désignation d’un gouvernement responsable devant l’Assemblée constituante qui remettra l’Algérie dans la voie de la liberté d’expression dans la véritable justice et qui mettra fin à la corruption, la bureaucratie, la dilapidation des biens du peuple et la préparation des élections libres et transparentes au suffrage universel« .





Ha bon !, je croyais que Messali ne portait que gandoura et savates !. En tout cas je vois bien que l'aile présidentielle plaît énormément, quand à l'histoire, il faut attendre le prochain colloque sponsorisé par le FLN de Belkhadem pour la connaître !!!!!. On n'est pas sorti de l'auberge !!.
Le PPA dont faisait parti des milliers de patriote indépendantiste algerien authentique dont mon grand-père etait le fer de lance et le poitraille du nationalisme et du patriotisme et Messali fut un héros, un symbole et un des pères du nationalisme algérien mais n'oublions pas que c'est lui qui donna les membres de l'OS au colonialisme francais et c'est lui encore qui pour maintenir sa position de leader du mouvement national créa le MNA – un parti traître et allié de la France coloniale- et qui versa le sang de milliers d'Algériens dont beaucoup d'entre eux furent retrouvés dans des sacs dans la Seine… Messali est un traitre connu et reconnu mais qu'il faudrai bien un jour réhabiliter pour panser les blessures et souder la nation si nation il y a encore dans l'esprit de tous les Algériens. Il faut oublier la savate madame, parlant plutot des actes historiques. fraternellement
C'est tout à l'honneur de Madame Benkalfat-Messali de défendre la mémoire de sa famille, de son père. Cependant, nous en tant que peuples, nous avons avoir une approche forcémment différente.
L'ostracisme dont est victime cette grande figure du combat algérien a néanmoins des racines qui remontent bien au dela de 1962, bien avant 1954. Rappelons-nous des purges des militants berbères que Massali Hadj a opéré au sein du PPA en 1949. Rappelons-nous de son discours à l'ONU (1948) ou il a méticuleusement enterré la partie la plus fertile de notre histoire; tout en niant l'identité de plus de la moitié des algériens. Rappelons nous comment il a censuré même les intellectuels du PPA, Mabrouk Belhocine en exempe, chargés de définir l'identité agérienne qui avaient l'outrecuidance d'avoir une vision réélle de la diversité des identités en Algérie. Il a censuré même ceux qui lui sont les plus proches intellectuellement (Tufik Madani), etc, etc.
Ce produit culturel, l'ostracisme, dans cette nation créee aux XIX e siècle de l'annexion de plusieurs peuples, a été semé par Messali Hadj lui même.
Aujourd'hui, il est vrai, amputer l'histoire algérienne moderne de cette figure nationaliste, revient à priver les algériens d'une part, d'une grande contribution à la lutte pour l'émancipation; de l'autre, d'un éclairage précieux sur l'origine du négationnisme que pratiquent avec un cynisme consommé, l'Algérie d'aujourd'hui. Révolution de tout un peuple ???, voila la formule creuse consacrée. Une seule identité algérienne, voila une autre énormité dont les racines intellectuelles sont bien redevables à Massali Hadj.
Qaunt aux guignols qui veulent reconstituer le PPA, rappelons leur l'anecdote qu'on rapporte d'un roi numide : recevant des habitants qui voulaient se plaigner des dégats occasionnés dans leurs cultures par un éléphant de l'armée, ils ne voulaient pas, par crainte, le dire clairement. Ils ont alors rapporté à l'Aguellid que son éléphant se sent trop seul, pensant qu'il allait le mettre avec d'autres bêtes, ailleurs. Et l'Aguellid de déclarer : "puisqu'il est seul, nous allons vous ramener un autre éléphant pour qu'il lui tienne compagnie". Voila, 'isthuhesh lFLN, rnan ased lPPA"
Une question que me gratte les meninges : quel est le lien entre le clan d'Oujda et les messalistes ? Sont ils les infiltrés des messalistes au sein du FLN historique, celui des combattants pour l'indépendance ou ils sont les infiltrés du général De Gaulle ou les deux a la fois ? Les historiens sérieux doivent répondre a ces questions importantes.
On appelle ça de l'arrogance Madame, pour notre part, nous n'avons pas oublié les milliers de morts dus à l'opposition armée au FLN conduite par le MNA.