Des chefs de clan de la tribu des Warfala ont assuré mardi qu’ils tentaient de convaincre des forces encores fidèles à Mouammar Kadhafi d’abandonner sans combattre la ville de Bani Walid (140km au sud-est de Tripoli), tandis que le raïs déchu – toujours introuvable – a de nouveau fait savoir qu’il entendait se battre jusqu’au bout.
Ces quatre anciens ont rencontré des représentants de l’insurrection qui a conquis la totalité du pays dans une petite mosquée située à 60km de Bani Walid. « Les révolutionnaires ne sont pas venus pour humilier qui que ce soit. On est tous là pour s’écouter« , a lancé en début de rencontre Abdallah Kenchil, principal négociateur des insurgés. A l’adresse des loyalistes assiégés, il a promis la clémence: « On n’est pas comme l’ancien régime. Chez nous, il n’y aura ni revanche ni rancoeur« .
L’un des chefs de clan, Moftah el-Roubassi, a affirmé que cette ville de 100.000 habitants était coupée en deux. « Une première moitié, majoritaire, veut la paix. L’autre est composée de gens impliqués (dans le régime Kadhafi), que ce soit par le sang ou l’argent. Ce sont des lâches« , a-t-il lâché. Selon lui, rétablir l’eau et l’électricité dont Bani Walid est privée depuis des jours restaurerait la confiance de la population envers les rebelles. Ces derniers ont promis de s’y atteler dès que possible.
Les spéculations sur le sort de Kadhafi ont par ailleurs été relancées après l’entrée lundi soir au Niger d’un important convoi militaire en provenance de Libye, dans lequel se trouve son ancien chef de la sécurité Mansour Dao. Mais le « Guide » ne se trouve pas dans ce convoi, assurent les autorités de Niamey. Il se trouverait même toujours en Libye et il est déterminé à poursuivre le combat, a affirmé son porte-parole Moussa Ibrahim.
Kadhafi « est en excellente santé. Il prépare et organise la défense de la Libye », a-t-il assuré à la chaîne syrienne Al-Raï. « Nous nous battons et nous résistons pour la Libye et tous les Arabes. Nous sommes toujours forts et capables de renverser la situation« .
Le Conseil national de transition (CNT) contrôle désormais la majeure partie du territoire libyen mais dit ne pas pouvoir déclarer une victoire totale tant que Mouammar Kadhafi, en fuite depuis fin août, n’a pas été capturé et que les derniers bastions loyalistes que sont notamment Bani Walid, Syrte et Sabha (sud) ne sont pas tombés. Faute de Kadhafi, les insurgés ont dit se réjouir de l’arrestation lundi à Tripoli de Khaled Kaïm, ancien vice-ministre des Affaires étrangères.
Un représentant du CNT à Syrte, Hassan Droua, a cité pour sa part des habitants disant avoir vu un convoi d’environ véhicules dans lequel se trouverait l’un des fils Kadhafi, Moatassim, prend la direction du Niger, non sans avoir pillé des devises et de l’or dans la branche locale de la Banque centrale. Un chef militaire des insurgés à Benghazi, Fadl-Allah Haroun, a cité le chiffre d’environ 250 véhicules. M. Droua a ajouté que les négociations pour la reddition complète de la ville se poursuivaient avec les tribus locales.
AP




