L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie estime que nos dirigeants oublient vite “la cohérence”. Et, paradoxalement, les dirigeants successifs de l’Algérie ont fait de même, jusqu’à aujourd’hui.
Le pétrole est-il une bénédiction ou une malédiction ? À cette question classique, Abderahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, auteur de La Martingale algérienne, réflexions sur une crise, tente de répondre à partir de son expérience. Une réponse, “une réflexion et une vision personnelles”, dit-il lors de la rencontre, jeudi soir, aux “Mille et une news” du quotidien Algérie News.
Conjugué à l’absence de vision des dirigeants du pays, le pétrole constitue un frein au développement, a-t-il déclaré en substance. Il a expliqué comment la planification a été sacrifiée à chaque fois que les prix du baril de pétrole connaissent un boom. « Avant, nous avions les moyens, les compétences pour dépasser de dix ans les pays de l’Est, mais dès que les prix du pétrole se raffermissent, les plans, triennal, quadriennal…, 1973, 1986… » Le premier, a-t-il considéré, « est un chef-d’œuvre de la pensée sur le moyen et le long terme », on a dévié des objectifs. « Nous avions de bons objectifs jusqu’en 1973, on a basculé lorsque les prix du pétrole ont augmenté », dit-il.
“La rente qui a tué l’organisation et la capacité d’accumulation”
Les dirigeants du moment, comme il aime à désigner les détenteurs du pouvoir réel, oublient vite “la cohérence”. Et, paradoxalement, les dirigeants successifs de l’Algérie ont fait de même, jusqu’à aujourd’hui. Et toutes les réformes préconisées ont été enterrées dans l’option pour “la rente qui a tué l’organisation et la capacité d’accumulation”.
Ainsi donc, selon l’expert, c’est la rente qui vient à chaque fois perturber la mise en œuvre des éléments de réflexion qui produit une grande rigueur. D’où sa sentence : « La rente a fait qu’on est devenu des compradors ». Face à cet échec recommencé demeure cependant, estime Hadj Nacer, un espoir sur lequel se fondent son essai et ses motivations. Car, a expliqué l’ancien gouverneur de la BA, le contexte actuel offre les éléments, ce qu’il désigne par “un cycle positif”, pour se relancer. Il ne s’agit plus, selon lui, de revenir à la base et recommencer par la réforme des systèmes, notamment l’éducation, qui demande du temps. Le temps ne s’achetant pas. Des ressources, de la terre et de la compétence, les trois éléments fondamentaux pour le développement.
Les réserves de change ne rapportent rien
Sur l’actualité économico-financière et les choix des responsables algériens, le constat de Hadj Nacer est sans appel. Il s’agit notamment des placements des réserves de changes, 170 milliards de dollars, aux États-Unis. Non seulement cette somme ne rapporte rien mais pèse aussi sur elle le risque de perte. Le bon sens voudrait que cette réserve soit utilisée pour l’achat d’actifs réels. Il citera d’ailleurs un exemple frappant pour illustrer les mauvais choix des responsables algériens. L’Algérie négocie avec le constructeur Renault pour une usine d’emboutissage, l’Algérie paraissant dans une posture de demandeur, alors que Volvo était en vente. L’acquisition d’actifs à l’étranger permet de gagner du temps, acquérir la technologie. « Nous avons 170 milliards de dollars, il faut que ça nous serve », dit-il.
La crise mondiale actuelle est fabriquée
Quant au risque de perte de cette réserve placée, il renvoie au “chef de la décision” qui est ailleurs et qui peut utiliser la pression ou alors jouer, comme c’est le cas aujourd’hui, sur une inflation fabriquée pour “pomper” plus d’argent. Partant de son expérience, il donnera l’exemple sur la tentative algérienne de placer de l’or en Europe à la place de celui placé au États-Unis pour sortir de la crise. À peine a-t-il quitté ses fonctions, le projet a été bloqué par et sur injonction, paraît-il, du FMI. Idem pour le marché de la devise dont le projet a été maturé, et qui a subi le même sort. Et qui dit FMI voit derrière évidemment les États-Unis. Abondant dans le même sens, il évoquera la crise actuelle qui n’est, selon lui, ni économique ni financière, mais fabriquée. Il explique que c’est le déséquilibre entre les trois principaux pouvoirs, pétrolier, militaro-industriel et financier (des pouvoirs légalement inexistants), le pouvoir réel ou apparent n’étant qu’un arbitre, donne la crise. On crée l’hyperinflation “pour continuer à voler l’argent”, dit-il. Pour preuve, la décision du gouvernement US de ramener le crédit à taux 0 sur trois ans. Il ne s’agit ni plus ni moins, selon Hadj Nacer, que d’une inflation programmée.
Revenant à l’Algérie, il a dressé, comme dans son livre La Martingale????? algérienne…, un tableau noir de ce qui a été fait ou ce qu’il y a de bon et défait depuis 1963. Il remontera même loin dans l’histoire, la sociologie et l’anthropologie de la société algérienne pour mettre à jour les ratages, les lacunes et les “fausses pistes” qui ont amené le pays à son actuelle situation. Il remarquera que tout a été détruit, à commencer par les médersiens, terreau de l’élite, les institutions et bien avant « l’assassinat symbolique du père » ; Messali El-Hadj et dans une certaine limite, a-t-il ajouté, « Ferhat Abbas ».
Deux modèles, le M’zab et la Kabylie, malheureusement marginalisés
Aucune des structures séculaires n’a été laissée. Seule l’institution militaire est restée debout et est devenue la colonne vertébrale parce qu’elle est une armée populaire. Pire, à l’indépendance, on a hérité d’un modèle culturel concocté par l’ancienne puissance coloniale, la France et l’Égypte. Un modèle étranger qui fonctionne par le reniement du “capital” accumulé pendant des siècles. Le système éducatif avec son contenu a produit des tares, selon un programme voulu, l’exclusion, la stigmatisation et le rejet de l’autre. Il citera deux exemples éloquents. Beni M’zab et son modèle social et la Kabylie. Deux cas qui font encore l’objet d’isolement, de marginalisation et de stigmatisation, alors qu’ils représentent des modèles “civilisationnels” avec des référents à même de structurer la société. L’ancien gouverneur de la BA propose de revenir à cet ancien modèle non pas dans son ancienne forme, mais comme référence d’organisation et de stratification. Car, a-t-il estimé, la démocratie telle que présentée dans sa version occidentale est « une idéologie ».
Wahhabisme, drogue et évangilisme
Il met en garde, par ailleurs, sur les trois dangers qui guettent l’Algérie, à savoir le wahhabisme, la drogue et l’évangélisme. Avec son alliance au Royaume-Uni et aux États-Unis, le wahhabisme a donné Al-Qaïda. L’Algérie est devenue depuis un certain temps une zone de transit de la drogue. “Il n’y a qu’à se demander où vont les avions qui disparaissent au Mali”, dit-il. Et, bien entendu, les évangélistes. Tous les trois se rejoignent et remontent dans la même direction : « Le chef du moment qui organise la manipulation ». Et au sujet de la lutte contre le terrorisme, il a précisé que « nous nous battons contre des épiphénomènes alors que le combat est sur le fond ».” Il propose enfin de construire les institutions avec leur autorité et la discipline. Pour cela, il faut la démocratie, la formation pour l’accumulation et la connaissance de l’anthropologie. Pour le reste, nous avons les ressources, la terre et les hommes. “C’est ça la martingale.” Le débat, c’est d’ailleurs l’objectif de l’essai, est ouvert.
D. B.





Il est intéressant de constater que l'analyse de M. Hadj Nacer fasse références à une toute jeune Algérie indépendante lorsqu'il parle de ses pertinentes et intelligentes démarches à travers nos plans de développement au niveau socio-économique des années 1970. Il est loisible de déduire que des objectifs étaient bien tracées. La question est de savoir pourquoi notre pays, avec tous ses moyens, aujourd'hui, fait autant de fautes de gestion au niveau macro-économique. La question de nos réserves placées à l'étranger aux USA suscitent beaucoup de d'interrogations et surtout de suspicion ? Il me semble enfin que la rente pétrolière ne profite pas à l'État qui devrait avoir une vision nette et globale sur ce qui doit se faire ou pas en matière de développement, il y a pour ainsi dire déperdition au profit d'intérêts privés qui investissent que dans le court terme. Y a t-il une chambre de commerce et d'industrie digne de ce nom qui peut orienter les investisseurs vers des créneaux intéressants ? J'en doute, tout le monde se lance dans la fabrication de produits existants et saturés, d'où gaspillage de matières premières. Les statistiques devraient révéler les incohérences d'une telle démarche sur le plan économique.
Ceux qui ont pris en otage le pays depuis 1962, n'ont rien à voir avec le pays, ce sont des imposteurs, l’Algérie c'est le dernier de leurs soucis, ce qui les intéresse ce sont les richesses du pays, leurs rejetons formés dans les plus grandes écoles et universités occidentales, prendront la relève. Quant au petit peuple, on en fait des militants de l'islamisme et des thaoubites rétrogrades. L'école est sinistrée pour reprendre les déclarations de Si Tayeb Elwatani, elle forme des terroristes et des kamikazes. On ne peut prétendre combattre le terrorisme militairement et en parallèle faire sa promotion dans les écoles, médias officiels et les mosquées. Partout c'est la désolation, on fait tout pour cultiver l'ignorance, on uniformise les pensées, pas d'esprit critique, pas de réflexion. Notre économie est à 98 % tributaire des hydrocarbures, en cas de chute du prix de ces derniers ou d’embargo, il y aura une crise, voire une famine totale ; pour un pays à vocation agricole et touristique qui ne fait rien pour cesser cette dépendance à l'énergie fossile, on a l’impression que tout est prémédité, que tout est fait dans le sens de détruire le pays volontairement.Q u'attendent les Algériens les nationalistes pour arrêter cette descente aux enfers afin de sauver ce qui peut l’être ? Il est temps de faire barrage à ces mercenaires qui sont en train d'hypothéquer l’avenir des générations actuelles et futures.
Hadj Nacer est à la mode. Actuellement, il est la "voix" qu'on nous impose pour dire le vrai. Mais, pour ne pas, juste avoir la mémoire courte et ne pas participer à cette amnésie paralysante et anesthésiante qui permet à une bande de "voyous claniques", à leurs têtes Bouteflika, qui a rendu exsangue l'Algérie, sous la bénédiction de son protecteur, donneur d'ordre, le DRS, nous aimerions qu'il nous dise, ce Monsieur Hadj Nacer nous parle, lorsque, placé gouverneur de la Banque centrale, des méandres des ayants droit, de ces pontes de généraux et des sbires et larbins du clan Bouteflika, Chekib Khelil qui sucent l'Algérie.
Prenez votre courage à deux mains, Hadj Nacer et dites ce que vous savez , car vous étiez au coeur de la gestion de la rente pétrolière.
Apres avoir remboursé la dette (35 millards $) à partir de 2005, Boutef et sa clique ont eu les mains libres pour dilapider les richesses du pays. des centaines de milliards de dollars depensés (jétés par les fenêtres) en quelques années. avec les restrictions du FMI (accord sur le reechelonnement) et le respect de certaines normes de gestion imposés par le FMI, l'Algérie se serait retrouvée avec des bases solides pour une économie viable.. Le but de la bande étant de s'éterniser sur le trône pour bien achever cette pauvre Algérie. Ils se sont débarrassés du FMI et après ils ont commencé à danser sur des milliards de dollards qu'ils distribuent à leur guise et selon leurs désirs. Les recrutements abusifs dans la fonction publique, le Cnac, l'Ansej sont les meilleurs moyens pour dillapider et détruire une économie algérienne. Les agissements criminels de Boutef et sa bande de ses dernieres années vont avoir des conséquences dramatiques sur l'Algérie et son peuple. Avec un pic de 50 milliards $ d'importation les intentions sont claires. Les dépenses inutiles et non rentables sont légion chez Boutef. Le pouvoir aurait pu économiser des centaines de milliards de dollars s il avait laissé les Algériens s'investir et investir dans les diverses possibilites qu'offre l'Algérie de tous les points de vues. L'Algérie pourrait être un pôle économique mondiale incontournable, mais pour cela il faudra que dieu nous debarrasse de Boutef et ses amis. Boutef a ouvert le marché algérien pour nuire aux Algériens et à l'Algérie. tant que cette bande est là l'Algérie soufrira le martyre.
Le drame pour notre nation, c'est que le pouvoir joue au poker avec l'argent du peuple ! En effet, le surplus de liquidité est placé dans les banques occidentales au lieu de le convertir en usines clé en mains. Nos milliers de jeunes chômeurs traversent la méditerranée sur des embarcations de fortune au risque de leur vie sans que le pouvoir ne s'en émeut.
Le pouvoir a volé la voix du peuple et demeure illégitime; maintenant il lui dilapide son destin en jouant avec son argent !
Que ceux qui aiment le poker; qu'ils jouent avec leur propre argent et pas avec l'argent du peuple !
L'imprévoyance, la fumisterie et l'autosatisfaction béate fondée sur du vide et des riens sont des stigmates indélébiles qui collent à la peau de ce système depuis toujours, des stigmates indélébiles qui trahissent son excès d'assurance et ses silences bizaroides lorsque tout s'emballe autour de lui et qu'il n'y a vu que du feu. Un système qui se soucie beaucoup plus du maintien des statuts et des carrières de la nomenklatura qui le compose et des biens mal acquis qu'il pourrait continuer d'engranger dans la banqueroute qui s'annonce. C'est le propre des systèmes bourgeois campradores qui sont en réalité des alliés précieux de l'impérialisme économique qui trouve là une brèche béante et disponible pour saborder les économies de pays qui comptent sur eux-mêmes ou qui veulent émerger de par leurs capacités humaines et leurs ressources naturelles. C'est une forme de "bleuite" économique qui a toutes les chances de réussir et de saper toutes les énergies patriotiques encore vivaces dans le pays si rien n'est fait.
Je suis forcé de faire un constat lamentable sur le degré de l'ignorance et de l'oubli. Juste un petit rappel pour savoir qui est Hadj Nacer, ex-gouverneur de la Banque d'Algérie, parachuté par l'ancien président Chadli Bendjedid sur avis de Ghazi Hidouci et le sanguinaire Larbi belkheir à l'époque. Il a été nommé a l'époque pour le transfert d'argent et des fonds de ces fameux personnages vers la Belgique. Dès que sa mission exécutée, il est parti en Belgique. Il a toujours été incompétent, il a participé à la ruine de l'Algérie et le système bancaire algérien.