Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil a limogé son exécutif pour manque de réactivité dans la crise née de l’assassinat du général Younès. Cette décision traduit la cacophonie qui règne au sein de l’organe représentatif des rebelles depuis l’assassinat de son chef militaire. Le Premier ministre de la rébellion doit former une nouvelle équipe.
Les 14 membres du comité exécutif du Conseil national de transition (CNT) ont été donc limogés. Le Premier ministre Mahmoud Djibril a été chargé de former un nouveau gouvernement. Cette décision est liée à « l’insuffisance de la performance de certains membres (…) dans la gestion de la crise » liée à l’assassinat d’Abdel Fattah Younès. « Ils ont tous été limogés. Il y a eu des erreurs administratives pour lesquelles ils ont été tenu responsables », a précisé le responsable presse du CNT, Chamsiddine Abdoulmolah.
Dernières nouvelles du front libyen
L’Otan a lancé mardi matin les raids aériens « les plus violents » sur la capitale libyenne depuis que l’alliance militaire a lancé l’opération en Libye en mars, a constaté un correspondant de Xinhua su place. On pouvait entendre des explosions presque partout et les habitants ont dû s’enfuir, a rapporté le correspondant. Le journaliste a aussi vu des ambulances et des pompiers se rendre en toute hâte à un endroit situé à moins de 20 km du centre-ville de Tripoli, qui avait été déjà bombardé par l’Otan il y a quelques jours. La télévision d’Etat libyenne a rapporté que l’Otan avait bombardé plusieurs installations militaires et civiles à Tripoli. Les sources locales ont révélé à l’agence Xinhua que l’Otan avait bombardé un navire libyen amarré dans le port de Tripoli, mais on ne sait pas pour l’instant s’il s’agit d’un navire à usage militaire ou civil.
La dernière offensive en direction de Brega, un port pétrolier sur le golfe de Syrte (est de la Libye) se fait avec prudence dans la crainte des champs de mines installés par les soldats de Mouammar Kadhafi aux abords de la ville. « Il y a un grand mouvement sur tous les fronts autour de Brega, nous attaquons de trois côtés », a expliqué samedi Mohammad Zaouaoui, un porte-parole des rebelles. Selon lui, les forces rebelles sont en mesure de prendre la ville. « On pourrait l’occuper très rapidement mais on ne veut pas avoir de pertes, alors on avance lentement mais sûrement », a-t-il ajouté.
Combats à Bir Ghanam
Dans l’ouest du pays, Bir Ghanam, près de Zentane, serait repassée dimanche sous contrôle des forces loyales à Mouammar Kadhafi, selon Tripoli. Samedi, les insurgés avaient annoncé en avoir pris le contrôle après une offensive. Bir Ghanam est un verrou stratégique à 80 km au sud de la capitale, alors que des combats se poursuivaient dans différentes villes du pays.
La rébellion avance aussi vers le Nord
Parallèlement, plusieurs centaines de combattants rebelles ont continué à avancer vers le nord en direction de Sorman, une ville située près de la côte méditerranéenne, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de la capitale. La plupart des rebelles avançant sur cette route portent l’insigne du « bataillon Tripoli », composé principalement de volontaires venus de la capitale et d’autres villes côtières pour s’entraîner dans les montagnes berbères du Djebel Nefoussa, au sud-ouest de Tripoli, afin de combattre à leur tour.
Un avion qatari à la rescousse
A Misrata, à 200 km à l’est de la capitale libyenne, un avion qatari a fait une brève escale samedi pour livrer des munitions aux insurgés. « L’avion a débarqué six camionnettes bourrées de munitions et a redécollé quelques minutes plus tard », a dit un témoin qui a requis l’anonymat. Les responsables de l’aéroport de Misrata ont simplement confirmé qu’un appareil qatari s’était posé, sans donner d’autres précisions. Le Qatar est le seul pays a avoir apporté son soutien aux insurgés libyens qui se sont soulevés en février dernier contre le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans.
Avec Agences



