Syrie : Al-Assad dit avoir "l'obligation" d'agir face aux "hors-la-loi"

Rien ne semble pouvoir arrêter Bachar Al Assad dans sa folie répressive. Ignorant toutes les critiques et contre toute logique, le président syrien attribue toujours les manifestations à des « bandes armées ».

C’est le monde à l’envers en Syrie. Dans sa paranoïa ordinaire, Bachar al-Assad a affirmé dimanche que son régime a « l’obligation » d’agir « face aux hors-la-loi » qu’il accuse de « terroriser la population« , selon l’agence officielle Sana. Al-Assad a d’autre part affirmé que la Syrie « avançait sur la voie des réformes d’un pas assuré« . Soumis à une pression internationale accrue, le régime de Bachar Al-Assad avait annoncé samedi la tenue d’élections législatives « libres et transparentes » avant la fin de l’année. Il y a deux jours, il avait également annoncé des réformes pour le multipartisme.

Les chars prennent d’assaut Deir Ezzor

Dans le même temps, l’armée poursuit son offensive contre la population. Des chars de l’armée ont pourtant pris d’assaut la ville de Deir Ezzor, à l’est de la Syrie.

Les chars ont pénétré dans plusieurs quartiers de la ville. Des bombardements ont été signalés dans au moins trois secteurs, rapporte Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) basé à Londres. Les Comités de coordination locaux (LCC), qui coordonnent les manifestations anti-gouvernementales en Syrie, ont pour leur part affirmé que l’armée a pénétré dans neuf quartiers de Deir Ezzor. Et que de « très fortes explosions » ont été entendues dans la ville. Le bilan humain de cette nouvelle opération militaire serait de « 27 civils tués et des dizaines de blessés« , selon le chef de la Ligue syrienne des droits de l’Homme.

Ban Ki-moon appelle Al-Assad

Cette attaque a été menée quelques heures seulement après une conversation téléphonique entre le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et le président syrien Bachar el-Assad. Le SG de l’ONU, dont c’était le premier contact avec le dirigeant syrien depuis avril, a exhorté al-Assad à cesser la campagne militaire contre les opposants, ainsi que les arrestations de masse. Pour sa défense, le président Assad a évoqué « un grand nombre » de membres des forces de sécurité syriennes tués au cours des manifestations.

Dans le même temps, les forces de sécurité syriennes ont cependant arrêté à son domicile Walid al-Bounni, l’un des opposants les plus en vue à Damas, ainsi que ses deux fils. C’est ce qu’a annoncé le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Médecin de formation, Xalid al-Bounni, 47 ans, avait été en 2000 l’un des animateurs du « printemps de Damas », juste après l’arrivée au pouvoir de Bachar el-Assad. Mais aussi l’un des signataires de la « Déclaration de Damas« , qui appelait à un « changement démocratique radical« . Ses activités lui avaient déjà souvent valu la prison.

Vendredi, 22 nouveaux manifestants avaient été tués. Des violences dénoncées par Washington, Paris et Berlin, mais aussi par les monarchies du Golfe.