Un homme affaibli par la maladie : Les Algériens «découvrent» leur Président

C’est un homme visiblement très fatigué qui s’est présenté devant les Algériens. Le geste lent, la voix inaudible par moments et les yeux rivés sur ses feuilles, Bouteflika paraissait dans une posture inconfortable d’un président forcé à s’acquitter d’une «corvée». On était loin de l’homme énergique qui tapait du poing sur le pupitre et martelait ses certitudes par trois fois, dans des discours aux accents comminatoires.

Les 22 minutes durent être une véritable épreuve pour lui. Cela sautait aux yeux. Sa main droite était tellement lourde… De l’autre, il soulevait laborieusement les feuilles noircies de quelques lignes en gros caractères. Tout au long de son discours, le Président n’a pratiquement pas levé la tête pour «regarder» ses concitoyens qu’il savait très nombreux à être suspendus à ses lèvres. Ironie du sort pour un homme qui ordonnait à ses compatriotes de «lever la tête» (Erfâa Rassek Aba !) quand sa voix portait et que son poing tapait fort. Mais le pouvait-il ?

«Erfâa Rassek Aba !»

Au-delà du contenu très discutable de ses promesses aux contours flous, on perçoit une hésitation et un manque de conviction de la part d’un homme ombrageux qui ne cède pas à la pression, fut-elle du peuple. L’impression est que Abdelaziz Bouteflika a été forcé à subir cette épreuve du grand oral pour sauver la face d’un régime qui cherche déjà son successeur. Pour les téléspectateurs, c’est un Bouteflika «has been» qui est venu «rassurer» sur l’Algérie de demain telle qu’elle est conçue et envisagée dans les laboratoires du régime. On sentait le détachement du Président quand il évoquait l’association de tous les partis politiques à la réflexion sur la nouvelle architecture constitutionnelle annoncée. On prenait aussi la mesure de son désarroi en annonçant la dépénalisation du délit de presse qu’il avait lui-même fait voter.

Abdelaziz Bouteflika n’est pas homme à reconnaître ses torts. Même diminué physiquement, il n’a pas jugé utile d’évoquer le retour à la limitation des mandats présidentiels qui aurait pu donner un sens à la révision constitutionnelle annoncée. Mais il était visiblement difficile pour lui de se déjuger devant le peuple. Il a préféré empaqueter le projet – farci de cette exigence politique ? – et le remettre à une commission, histoire de sauver sa fierté d’avoir profité personnellement de cette largesse.

Mais pour le reste, Bouteflika s’est contenté de lire une feuille de route qu’il ne semble pas maîtriser. De par certaines de ses incohérences et le ton monocorde du Président, on serait tenté de mettre un «à suivre», au bas de son discours. Il y a certaines images, en effet, qui parlent plus que des kilomètres de littérature. Et hier, les Algériens ont fixé surtout l’image d’un Président, le moins que l’on puisse dire, diminué.

Hassan Moali
El Watan

Rédaction
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13 commentaires

  1. Je ne pense pas me tromper, les choses se passeront pour une réelle rupture, ici chez nous, sous la pression d'événements qu'il sera difficile de contenir pour un régime atteint d'une cécité politique absolue. Que cherche t-on par cet autisme devant tant de contestations exprimées de manière quotidiennes et qui touchent tous les secteurs de la société. Allons nous vers les schémas tunisien, égyptien ou yéménite ? N'a t-on pas eu suffisamment de drames, de larmes et de sang, pour adopter une posture aussi indifférente aux soubresauts d'une société qui n'en peut plus d'attendre que les autres décident pour elle. La balle est assurément chez elle. Un défi à relever pour l'avenir d'une nation et de son avenir.

  2. Je l'ai vu tout à l'heure sur Itélé. Il a vachement vieilli et il fait très très malade. J'espère que l'Algérie saura rencontrer la démocratie

  3. Tout le regime repose sur ce veillard. Une fois que dieu aura accompli sa volonte, tout le systeme se desintegrera. Les rapaces qui vegetent autour de ce president en fin de vie le savent tres bien, et c'est pour cela qu'ils essaient tant bien que mal de le maintenir a son fauteuil. C'est une question de temps, patience.

  4. Après avoir vu la préstation de notre cher président, surtout son état de santé, je crois qu'il est temps de tirer la sonnette d'alarme. Un président qui a du arreter son discours télévisé à maintes reprises non pas pour corriger certains passages, mais surtout pour avoir un moment de répit, car ce petit discours a été une corvée, un effort titanesque, pour lire quelques pages. Mais pour faire le lien avec les sorties télévisées du personnel politique de service, que nous avons vu à maintes reprises en train de "boulitiquer" sur l'unique, et de multiplier les rencontres entres les chefs des partis de "l'alliance?", je pense que ça devient sérieux, et que tout ce beau monde ou plutot ces charognards de service ont déjà préparé (au brouillon) le discours d'adieu au président et s'entredéchirent pour préparer l'après Boutef. Quant aux mesures de réformes annoncées, on peut toujours attendre. Ce sera le changement dans la continuité, car notre président sait pertinemment que ces mesures n'arriveront pas à terme de son vivant. On continuera toujours à puiser des quelques économies de la rente pour parer aux séries de revendications, et gagner quelques instants de répit, jusqu'à ce que Dieu fasse son oeuvre. Par expérience, et dans tous les pays arabes, nous avons appris que les systèmes en place ne pourront jamais se réformer, on a beau philosopher sur les "révolutions" dans les pays arabes, mais la réalité est là, on ne peut pas être diffèrents du Yemen, de l'Irak ni de la libye ou de la syrie, car toute tentative de réforme de fond de ces systèmes, signifie la fin d'un régne hégémonique de l'idéologie nationaliste héritée du baathisme, ou plutot la fin des légitimités des houkam qui sont encore en service. Donc la fin du règne de Belkadem et ses compères du FLN. Ce sera dure de les déloger, mais la génération facebook y arrivera. Supposons maintenant qu'un juge Algerien ait à traiter des cas de dépassement du parti FLN et qu'il est appelé à se prononcer sur la dissolution de ce parti? Ce n'est qu'une supposition, comme ça s'est passé en Egypte, je vous laisse imaginer la suite. Et la révolution continue…

  5. "Ils" ont osé l'exhiber ainsi Ya bourrab !

    Au delà d'un contenu de fond creux, apathique et stéréotypé, auquel nous sommes habitués depuis 50 ans, la forme du discours de Boutéflika relève d'une attitude hautement immorale et indigne de la part de ceux qui l'ont forcé à s'exprimer dans un tel état de déliquescence, de déchéance, de décadence physique et mentale qui a crevé tous nos écrans hier soir. Cela prouve encore une fois que ces malades ne reculeront devant rien pour garder les commandes et le pétrole qui va avec.

    De la torture pure et simple pratiquée sur le premier magistrat du pays, en direct sur toutes les télés du monde ! Après tout, après avoir assassiné Boudiaf, une petite torture sur Boutéflika ne représente guère qu'une simple piqûre de rappel…… à l'ordre ! Oui mon général !

    Quelle humiliation ! Quelle opération de communication pitoyable ! Des mots débités avec une vitesse supersonique, pour en finir au plus vite avec ce discours aux allures de supplice insupportable. Sans parler du langage nucléaire utilisé, et que le commun des Algériens ne comprend pas. Quand on s'adresse à son peuple dans un Arabe classique aussi radioactif que les ruines de la centrale de Fukushima quel est vraiment le but sinon celui d'irradier les cerveaux de l'écrasante majorité des sujets que nous sommes pour nous empêcher de décoder les contours d'un message sensé nous être adressé ?

    Il y a quelque chose d'inhumain dans toute cette représentation théâtrale diffusée en mondovision hier soir. A le voir ainsi fournir des efforts surhumains pour relever ses pages et lire son discours, j'ai été envahi d'un sentiment de pitié impossible à refouler. Je me disais qu'à cet âge, dans cet état, s'il avait eu des enfants, ils n'auraient certainement pas accepté l'idée de laisser les hommes de l'ombre le malmener ainsi.

    Honte à toi Saïd de faire passer le rêve égoïste d'un destin politique personnel, et marcher dans la manigance d'une maffia sans foi ni loi, au lieu de faire preuve de bienveillance envers ton frère aîné et lui faire traverser les dernières années de sa vie loin de toute cette agitation qui le dépasse et le fatigue d'avantage, nous l'avons bien vu.

    Laissez le partir et rentrer chez lui pour se reposer et finir ses jours dignement, ya el Hadj Toufik et Saïd l'accessible ! Arrêtez ce rôle stupide et insensé que vous lui faîtes jouer, sous contrainte et obscénité ! Celui de l'épouvantail d'un pouvoir désuet, dans tous ses aspects politiques, sociaux et religieux !

    On torture jusqu'au premier magistrat du pays nom d'une pipe ! Ouellah âïb aâlikoum !

    Allez ça suffit comme ça !

    Toute comédie se doit d'avoir une fin !

    Il est temps de baisser le rideau sur cette tragédie insipide que vous faites subir au peuple avec votre incompétence caractérisée, de surcroît malsaine, pour ainsi vous réfugier derrière un vieillard déficient pour vous maintenir au pouvoir coûte que coûte !

    Anaâlbou le pouvoir qui transforme des hommes en viles créatures !

    Le comprendrez-vous un jour et vous casser nom de Dieu ?

  6. bonjour tous le monde,ces fameuse 22 minutes de labeur de de ce monsieur sont largement suffisante pour que toutes les ames souciante de l avenir de cette chere patrie et des generation future pour lever les doutes sur une transition avec des discours,les examples et l histoire nous crevent les yoeux ,depuis l empire othmane jusqua la batail de misrata en libya,la lumiere vient et viendra de la rue,c est la seule helas qui allumera l enssemble des prespectives des generation future dans une democratie juste,(helas puisque la casse est le sang sera le prix a payer meme si l encre de l homme d etude est egale en merite au sang des martires)vive l algerie et gloire a nos martyres..

  7. Le Président peut-il encore gouverner ? Son apparition lors de son dernier discours à la nation inspire de l'inquiétude quant à sa capacité de gérer un pays secoué de toutes parts. Se soucie t-il de sa santé ou de la gestion d'un pays en plein ébullition ? Son état de santé risque d'être exploité à des fins qui risquent de nuire aux intérêts de notre pays, à court et à moyen terme, voire même à long terme.
    J'espère que des hommes sincères y pensent, pour le bien d'un pays dont l'immensité et les richesses attirent des convoitises.

  8. Mais messieurs les décideurs, génial comme je suis et doublé d'un intellectuel (niveau primaire), pourrais je vous souffler, sous le sceau de la confidentialité, le modus opérandi pour sortir de la crise, en cas d'une mort subite?
    CLONER LE PERSONNAGE. pour couper l'herbe sous les pieds de BELKHADEM et OUYAHIA

  9. Je lisais les commentaire sur Echourrouq, tous les commentaires sont favorables a ce discours. Je lis le Matin, tout le monde reste sur sa faim. Un des deux journaux doit surement jouer de l'art de la censure. Moi, je dirais que cela valait mieux qu'il n y ait pas de discours. On s'est habitue a cela. Un discours vide. Rien de neuf. Des promesses qui reviennent. Un president mis a rude epreuve, pour lire le contenu de ce discours, et devoir retourner plus de cent feuilles, pour lire quelques phrases. Je ne vais pas tarder sur ce discours. Il ne merite meme pas ce cassement de tete. La realite des faits est que nous avons le president que nous meritons. Le changement, c'est le peuple qui l'amorce. Je ne vois pas cette volonte a changer. Notre peuple est pilote par son attachement a la mediocrite et par son ventre. La preuve, ce sont les derniers actes de vandalismes orchestres par les grossistes. Le second c'est la manipulation ideologique. La faiblesse intellectuelle de ce peuple a fait que l'integrisme et l'intolerance agissent comme des oeilleres de cheval. Le peuple craint le changement, rejette la difference. La quasi majorite des manifestations qui se deroulent au fil des jours sont toujours liees au ventre.Le retrait de l'etat d'urgence est juste issu d'un mouvement de panique des incompetents qui nous gouvernent et aussi une manoeuvre pour distituer cette revendication des democrates et la rendre comme revendication ligitime des voyous qui ont tout saccage lors des emeutes orchestrees par les grossistes. Ce meme peuple n'arrive meme pas a se rendre compte que l'etat est entrain de vider les caisses pour lui remplir le ventre. Il s'en fout, tant que le salaire est gonfle sans aucune contre partie en effort. Toutes ces mesures ne font que grossir l'inflation et donc rameneront la situation a la case de depart. Le seul changement que l'algerien souhaite c'est le chiffre dans sa fiche de paie. Meme le bon Dieu est avec Bouteflika. Le baril ne cesse de grimper. Il peut toujours assurer ce changement. Le gros coups, ce sont nos enfants qui l'encaisseront. Pauvre Algerie.

  10. Boutef veut changer la constitution et les lois. Boutef veut quoi? Boutef se contredit et dit la chose et son contraire. Boutef veut RIEN pour cette algerie et ses algeriens. le but pour lequel il est arrivé au pouvoir -lui comme benbella boumediene et chadli- est presque atteint. detruire l'algerie de l'espoire née de la revplte contre l'occupant la france. la mere patrie de tous les dirigeants et reponsables algeriens. que dieu benisse MOHAMED BOUDIAF et LIAMINE ZEROUAL qui ont montrés que l'algerie peut se relevée. mrs les destructeurs vous etes presque arriver a vos fins, jute un peu de (courage) continuer votre sale besogne pour vos maitres. ne vous arretez pas en si bon chemin. personne ne vous en empechera. les algériens savent ce que vous voulez et ce que vous valez vous voudriez bien qu'ils sortent dans les rues de l'algerie que que vous puissiez commettre vos derniers crimes contre eux. vous voudriez les voir tombés sous les balles perdues et celles de vos snipers. vous etes excités, vous voudriez bien satisfaire les instincts criminels des laches que vous etes. non les algeriens n'iront pas sur le bitume pour que vous puissiez les tués et faire de leurs enfants des orhelins et brisés le coeur de leurs meres. non vous n'etes que des laches. vous partiez en laches. vous commencez deja a baisser vos frocs, en offrant ce que vous avez toujours refusez aux algériens. vous etes les otages des algériens, vous vous offrez en spectacles avec vos sourires d'hypocrites que vous etes, vous avez la peur au ventre. les algériens leurs ne couleras pas pour faire plaisir. ils ont compris la lecon

  11. dzeus c'est un peu exageré quand meme! mettre zeroual a coté de boudiaf?????? decidement le mattraquage mediatique des années de feu fait long feu!!!!!!!

  12. Selon le proverbe " a force de tirer sur la corde , a la fin elle se casse" se maintenir au pouvoir par la ruse et le chantage , pour un 3éme mandat présidentiel , on finit toujours de cette façon , de 3/4 de
    président ,il ne reste qu'un 1/4 .C'est quant méme douloureux de le voir dans cet état , un homme
    fini , au bout du rouleau , mais qui tente de se sacrifier pour son clan, passant outre , l'article de la constitution , qui prévoit la destitution , en cas d' incapacité permanente , comme cela s'est produit
    en Tunisie , pour Habib Bourguiba.

  13. c'est le président de tous les algériens força alikoum

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