Soumis à une pression croissante pour expliquer la stratégie américaine en Libye, le président américain s’est exprimé samedi.
Le président américain Barack Obama a déclaré samedi que la mission internationale en Libye était « claire, ciblée et en train de réussir », et que chaque Américain pouvait « être fier des vies sauvées ». « Ne vous y trompez pas: parce que nous avons agi rapidement, une catastrophe humanitaire a été évitée et les vies d’innombrables civils innocents, hommes, femmes et enfants, ont été sauvées », a déclaré lors de son intervention hebdomadaire à la radio et sur l’internet le président Obama, soumis à une pression croissante pour expliquer la stratégie américaine en Libye.
Lorsque des innocents sont brutalisés par un dirigeant comme Mouammar Khadafi qui menaçait d’un « bain de sang » et quand des pays sont prêts à réagir, « il est de notre intérêt national d’agir », a soutenu Barack Obama. « C’est notre responsabilité (…) », a déclaré Barack Obama. « Chaque Américain peut être fier des vies que nous avons sauvées en Libye », a-t-il lancé. « Notre mission en Libye est clair et ciblée », a ajouté le président américain, rappelant que le conseil de sécurité de l’ONU avait décidé d’imposer une zone d’exclusion aérienne pour protéger les Libyens contre « davantage d’atrocités ». « Nous sommes en train de réussir notre mission. Nous avons anéanti les défenses anti-aériennes de la Libye. Les forces de Kadhafi ne progressent plus en Libye », a-t-il dit. « A certains endroits comme Benghazi, une ville d’environ 700.000 habitants où Khadafi menaçait d’être impitoyable, ses forces ont été repoussées », a ajouté Barack Obama.
Khadafi a « perdu la confiance de son peuple »
A l’adresse des Américains inquiets de voir leur pays s’engager dans une nouvelle aventure militaire étrangère, il a souligné les objectifs limités de l’opération et dont la responsabilité sera transférée. « Les Etats-Unis ne doivent ni ne peuvent intervenir chaque fois qu’il y a une crise quelque part dans le monde », a déclaré Barack Obama, en répétant qu’il ne souhaitait pas déployer de forces américaines sur le sol libyen.
Le régime du colonel Kadhafi est confronté depuis le 15 février à une révolte qui a fait des centaines de morts. Une intervention extérieure a été autorisée le 17 mars par le Conseil de sécurité de l’ONU pour protéger les civils de la répression. Elle a été lancée le week-end dernier. Le commandement de cette campagne, menée par une coalition de pays volontaires y compris arabes autour des Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, doit en principe être transféré dimanche à l’OTAN.
Barack Obama s’est notamment félicité de la participation du Qatar et des Emirats arabes unis. « C’est comme ça que la communauté internationale doit travailler: il faut davantage de pays, et pas seulement les Etats-Unis, pour porter la responsabilité et le coût du maintien de la paix et de la sécurité », a-t-il dit. S’adressant au colonel Khadafi, il a répété que « les attaques contre les civils devaient cesser », appelé ses forces à « se retirer » et réclamé que « l’aide humanitaire puisse atteindre ceux qui en ont besoin ». « Les responsables des violences devront en répondre », a-t-il ajouté, en réaffirmant que le leader libyen avait « perdu la confiance de son peuple et toute légitimité pour rester au pouvoir ». Barack Obama doit prononcer lundi une allocution sur la Libye. Vendredi, il a consulté au téléphone les principaux responsables du Congrès sur cette intervention contestée.
AFP



