L’armée égyptienne agira par décret pour organiser la transition politique en Égypte en cas d’échec du référendum sur la réforme de la Constitution prévu samedi, a déclaré, mardi, le chef de l’instance de supervision de ce vote. Si les modifications constitutionnelles « sont rejetées, nous serons face à un vide législatif, qui sera comblé par un décret du Conseil suprême des forces armées (CSFA) », a déclaré à la presse le président de la haute commission judiciaire pour le référendum, Mohamed Atteya.
Ce décret devrait prendre la forme d’une « déclaration constitutionnelle limitée » destinée à déterminer la marche à suivre durant une « période de transition menant à une nouvelle autorité et un État moderne et civil », a-t-il ajouté. Il n’a pas donné plus de détails sur le contenu de cette « déclaration », se bornant à indiquer qu’elle fixerait la « teneur des étapes suivantes ».
Les Frères musulmans, seule force favorable
Le CSFA est dépositaire du pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak, qui a démissionné sous la pression de la rue le 11 février dernier. Les militaires ont promis d’organiser des élections libres en vue d’un retour à un pouvoir civil démocratique sous quelques mois. Le référendum prévoit d’amender la Constitution pour, notamment, limiter toute présidence à deux mandats de quatre ans – contre un nombre illimité de mandats de six ans actuellement – et assouplir les conditions de candidature.
De nombreux partis et mouvements politiques ont jugé que ces amendements n’allaient pas assez loin et que le référendum, quelques semaines après le départ d’Hosni Moubarak, était organisé trop rapidement. Pratiquement seul le mouvement des Frères musulmans, la force la mieux organisée du pays, s’y est déclaré favorable.
AFP