Interview de Asma Kouki, membre du Parti Socialiste de Gauche Tunisien. Une Révolution qu’on n’attendait pas.
En Tunisie, quelques journées au parfum de jasmin ont ébranlé le monde. Inexorablement, un formidable mouvement de contestation a laminé une dictature implantée depuis des décennies avec la complaisance hypocrite des démocraties européennes, au premier rang desquelles la France, qui s’est piteusement illustrée à travers les discours du président Nicolas Sarkosy et de la ministre des Affaires étrangères, Madame Alliot-Marie. La France, terre des Lumières, d’habitude plus prompte à s’émouvoir des atteintes aux droit de l’homme, s’est égarée dans des prises de positions embarrassées. Contre toute attente, les Tunisiens, courageux et intransigeants, ont donné au monde une belle leçon de maturité politique et de détermination. Aujourd’hui, tout reste à faire et chacun s’y attelle. Asma Kouki, militante du PSGT, un parti d’opposition qui vient d’obtenir sa légalisation, nous livre ses impressions sur une révolution qu’on n’attendait pas.
1/ Vous êtes membre du parti socialiste de gauche, une des trois formations issue de ce qu’il est convenu d’appeler la mouvance communiste. Quelle est votre position face à la situation actuelle marquée par l’instabilité politique?
Brièvement, je veux présenter le PSGT : le parti socialiste de gauche tunisien(PSGT)est une des formations appartenant à la gauche tunisienne notamment au mouvement communiste, le plus ancien des mouvements socialistes dans le monde arabe. En premier, le parti communiste tunisien (PCT) s’est constitué en 1928 (actuellement ETTJDID), ensuite dans les années 60, l’organisation (perspectives – ouvriers tunisiens) a vu le jour au sein du mouvement étudiant et des élites résidant en France, donnant naissance à partir des années soixante dix par scission ou rupture, à plusieurs organisations et tendances marxistes léninistes maoïstes trotskistes et même nationalistes. Ce n’est qu’à partir de 1979 que les islamistes (Ittijah islami – Nahda actuellement) font leur entrée sur la scène politique tunisienne. Le PSGT est né d’une session du parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT) depuis les années quatre vingt sur une base de démocratie interne dans le PCOT mais surtout par rapport aux alliances stratégiques pour faire face à Ben Ali. En effet, c’est une période de bouillonnement et d’incertitude mais ce n’est qu’une étape de transition ou de passage d’une situation politique qui paraissait stable avec le dictateur Ben Ali à un changement inhabituel de la vie politique et sociale en Tunisie: Ce changement est le résultat d’une insurrection populaire qui a commencé par des revendications sociales et qui s’est donné un contenu politique pour l’égalité, la citoyenneté et la démocratie.Le PSGT ne voyait pas d’autre issue pour cette situation que le soutien prudent du gouvernement de technocrates et transitoire à condition qu’il chasse le reste des hommes de Ben Ali et de son parti RCD et surtout ceux qui étaient à ses côtés jusqu’à sa chute et ses serviteurs fidèles pour instaurer sa dictature. Voilà, c’est ce qui s’est passé le 27 janvier quand les hommes de Ben Ali sont partis et le gouvernement transitoire s’est formé de nouveau. Maintenant il doit se mettre au travail pour assurer avec le soutien des citoyens tunisiens, des intellectuels et des politiques, le passage vers la démocratie et prendre des mesures économiques et judiciaires immédiates. Les acquis dans le domaine de l’éducation et la forte présence de jeunes cultivés et diplômés( 50% de la jeunesse tunisienne) sont des garanties pour la révolution . Le parti socialiste de gauche (PSG) s’appuie sur cette certitude et considère que ce gouvernement, tel qu’il est ou bien modifié n’a qu’un rôle de gestion des affaires courantes et ne représente en aucun cas le peuple tunisien. Le travail le plus important pour nous, c’est le travail des différentes commissions pour garantir le changement démocratique afin de mettre les bases juridiques et constitutionnelles pour une république laïque, démocratique et sociale qui répond aux aspirations du peuple en termes de liberté et d’égalité sociale.
2/ La « révolution de jasmin » a bouleversé en quelques jours le paysage politique de la Tunisie et est en passe d’ébranler le monde arabe caractérisé par des pouvoirs autoritaires: comment expliquez-vous la puissance de la détermination des Tunisiens et leur maturité, saluée par tous les observateurs?
Je n’aime pas trop le terme « révolution du jasmin », par respect et fidélité aux Tunisiens qui ont payé de leur sang et de leurs vies. C’est grâce à leur détermination qu’aujourd’hui la révolution tunisienne encourage les autres peuples arabes à défier et en finir avec leurs gouvernements autoritaires.Bien que la révolution et la fuite de Ben Ali aient été surprise, il y a eu tout de même des prémisses de rébellion et désobéissance pendant ses dernières années et notamment les évènement de Redyef en 2008, la résistance dans le mouvement étudiant de l’Union Générale des Etudiants Tunisiens (U.G.E.T.) en plus de plusieurs tentatives de radicalisation des actions et de scissions syndicales de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT). En apparence la révolution du peuple est spontanée et non encadrée mais en réalité toutes les forces démocratiques, politiques et associatives ont joué un rôle dans l’encadrement pendant des années. Ce qu’il est important de souligner, ce sont les traditions de solidarité réelle et la rapidité d’organisation que les jeunes et les citoyens ont montrées dans les unités de protection de leurs quartiers et établissements. C’est vraiment une fierté pour nous et un signe très fort de civisme.
3/ Le régime de Ben Ali se targuait d’être le meilleur rempart contre l’islamisme. Quelle est la réalité de ce mouvement en Tunisie?
Il faut pas oublier que les mouvements islamistes en tant que mouvements politiques ont vu le jour avec la tentative de Bourguiba de les utiliser pour contrer la gauche progressiste, et tous les Tunisiens se rappellent que leurs journaux étaient publiés par l’imprimerie du parti de Bourguiba… La relation entre le pouvoir de Ben Ali et les islamistes oscillait entre « lune de miel » et conflit: Dans les années 90, ce conflit se caractérisait, de part et d’autre, par une violence intense (cocktails Molotov, flacon d’acide, arrestations massives, tortures, agressions et assassinats) qu’on n’oubliera jamais.Mais ce dont on se souvient maintenant c’est malheureusement qu’il y a des milliers de personnes en prison ou exilées, un pays ravagé par la volonté d’éradication des islamistes perçus par les Tunisiens comme anti-islam . Les tentatives du pouvoir pour faire face à ce sentiment, ont été vaines.Nous socialistes de gauches , nous considérons que le régime de Ben Ali et le projet islamiste de ‘Nahda’ sont deux faces d’une même pièce .C’est vrai que les mouvements islamistes ont été écartés de la scène politique par des solutions sécuritaires inacceptables mais sur le terrain les démocrates et les militants de notre parti ont fait face à leur popularité et ont combattu leur projet sociétal et politique antidémocratique. Bref, dans un climat de crise économique, absence de liberté, une presse muselée, et un flux de médias religieux par le satellite qui s’ajoute au sentiment antireligieux qu’on a décrit auparavant, tous ces éléments laissent la possibilité de récupération des islamistes du fruit de la révolution fort probable.Il est vrai que le régime de Ben Ali a essayé de lutter contre l’islamisme mais cette lutte a été menée de la pire des façons. La preuve c’est que l’islamisme reste un vrai danger qui menace la Tunisie . Le régime de Ben Ali n’a pas mené une lutte culturelle contre l’intégrisme, il n’a pas encouragé les débats et le rationalisme . Tout ce qu’il a fait c’est mettre les islamistes en prison et commettre des meurtres et des tortures. Il a privé beaucoup de militants islamistes de leur travail et les a obligés parfois à quitter le pays. Il a diffusé un Islam d’Etat en essayant de marginaliser l’islamisme . Mais les médias du Moyen Orient sont au service des islamistes qui se présentent comme des victimes de la tyrannie de Ben Ali. L’Etat n’a pas défendu une liberté d’expression pour mener un vrai débat sur ce sujet et la laïcité n’est pas encore instaurée en Tunisie , c’est pourquoi le mouvement islamiste reste une des réalité du paysage politique tunisien . Mais n’oublions pas que quelques forces qui se prétendaient démocratiques et même de gauche ont joué un rôle pour la renaissance des islamistes en créant des alliances avec eux et en les présentant comme des démocrates modérés.Nous pensons que le peuple tunisien qui est généralement tolérant et cultivé sera vigilant face à leurs manœuvres politiques. Nous sommes pour une république laïque où le culte est libre et individuel et l’Etat représentatif de tous les Tunisiens.
4/ Il semble acquis pour un certain nombre de gens que la Tunisie, contrairement à ses voisins, offrait aux femmes un cadre juridique moderne qui garantissait la reconnaissance de leurs droits. Qu’en est-il exactement?
C’est vrai que le statut de la femme en Tunisie est meilleur que celui des pays arabes et musulmans voisins : ce statut n’a pas été acquis par magie mais grâce à des luttes qui ont débuté depuis le 19ème siècle (Tahar Haddad) et qui continuent encore aujourd’hui. Il convient de citer Bourguiba lorsqu’il a dit : « laissez la femme aller travailler elle va se libérer de son « Sefsari » ( étoffe tunisienne traditionnelle) toute seule. Son destin est entre ses mains » (je cite de mémoire).
Pour cela, et parce qu’ il n’y aura jamais de démocratie réelle en Tunisie sans égalité totale des femmes et des hommes, le PSGT continue la lutte avec tous les démocrates et les progressistes pour l’émancipation de la femme tunisienne qui a montré encore une fois un courage et une combativité exemplaires dans le combat des Tunisiens pour la liberté et la dignité.
5/ Qu’est-ce qui peut garantir la protection de cette révolution contre les tentatives de la détourner?
La démocratie dans n’importe quel pays doit se protéger par une constitution démocratique et des lois qui garantissent la séparation des pouvoirs, une liberté d’expression et d’organisation. C’est pour cela que le gouvernement de transition n’a qu’un rôle bien déterminé, celui de la gestion des affaires courantes et nous estimons que la bataille essentielle se déroule seulement dans la rue grâce à la vigilance du peuple mais aussi et surtout dans les 3 commissions (de la constitution, contre la corruption, et celle qui devra déterminer les responsabilités des massacres). Les responsabilités dans un gouvernement de transition ne nous intéressent pas dans le sens où l’important est de préparer l’avenir et d’être vigilant face au risque de dérives islamistes ou autre qui nuirait à une république démocratique et sociale.Nous avons appelé à un front de démocrates et de gauche pour bâtir le chemin vers cette république en étant réaliste avec le rapport de force actuel et pour que la révolution et les sacrifices ne se volatilisent pas.
6/ Quel rôle votre parti compte-t-il jouer dans l’avenir de la Tunisie?
Il faut souligner que le PSGT ne constitue point un simple ajout à l’échiquier politique local pouvant accentuer la division au sein de la mouvance de gauche tunisienne. Bien au contraire, le PSGT est porteur d’opinions, de principes théoriques et procède d’une démarche politique propre aux militants du PSG; sans que ces traits distinctifs ne constituent des entraves vis-à-vis des forces démocratiques et de la gauche tunisienne.Ainsi, le PSG se considère comme une partie constituante de la classe ouvrière en Tunisie et dans le monde et une des composantes de son mouvement socialiste international. Localement, il œuvre à l’union de la Gauche, qui, elle seulement, par son unité, peut être le véritable représentant politique de la classe ouvrière et du peuple travailleur, et qui peut l’aider réellement à entrer sur la scène politique en tant que classe. Le PSGT appelle à l’union des forces démocratiques et progressistes contre les tendances rétrogrades et obscurantistes pour une Tunisie démocrate et laïque.
7/ Au moment où nous parlons, la situation dans les pays arabes est en train d’évoluer. L’Égypte tout particulièrement connait un soulèvement sans précédent pour demander le départ du président. Moubarak. La révolution tunisienne est-elle en train de s’étendre dans le monde arabe?
Oui, après le soulèvement des Tunisiens couronné le 14 janvier par la chute de la dictature de Ben Ali, les Egyptiens prennent le flambeau et avancent courageusement sur le chemin de la liberté. En effet depuis le 25 janvier le peuple égyptien est sorti massivement dans la rue pour demander d’une seule voix et avec une volonté en acier le départ du président.La révolution tunisienne et la résistance égyptienne sont un modèle pour les autres peuples arabes en lutte contre leur dictature, l’humiliation et la marginalisation subies pendant des décennies. C’est enfin le le réveil et la vrai renaissance tant attendue. Le PSGT est complètement solidaire avec le peuple égyptien. Il dénonce fermement la violence employée contre les manifestants sur la place Tahrir et soutient tous les peuples arabes dans leur quête de liberté et de dignité. Et je finis en citant les paroles de notre hymne national qui décrit parfaitement cette situation « Si le peuple veut la Vie, le destin se pliera forcement à sa volonté ».
Propos recueillis par Keltoum Staali




Je continue à penser que le modèle qui nous est adapté ne peut être que nord-africain, africain ou méditerranéen. La révolution tunisienne, dans ce sens, représente pour nous un exemple à suivre. D’autre part, je continue à penser que l’exemple égyptien ou moyen oriental est une voie sans issue pour nous. Que ce soit avant Moubarek, sous l’ère Moubarek, ou dans l’après Moubarek qui se profile déjà par une récupération des barbus de la révolte (les islamistes sont déjà entrain de négocier avec le vice-président égyptien) au nez et à la barbe des jeunes égyptiens épris de liberté; ceux-la même qui ont initié le mouvement et dont certains d’entre eux ont payé de leurs vies. L’exemple égyptien, en guerre comme en temps de paix, représente pour nous ce qu’il ne faut pas faire. Toute expérience humaine individuelle ou collective est donc digne d’être méditée. Les expériences de l’Egypte contemporaine ne nous ont enseigné que ce qu’il faut éviter, ce qu’il ne faut absolument pas faire. Dans les leçons de l’histoire, il y a donc tout autant de bons exemples qu’il y en a de mauvais. Le destin Nord-africain n’est pas un vain mot. Le fait que la Tunisie soit la bonne voie pour nous n’est pas étranger à ce destin. L’exemple tunisien nous convient parfaitement du fait que nous sommes de la même souches, que nous avons la même histoire et la même sensibilité. Le caractère nord-africain d’un Bouazizi est diamétralement opposé au caractère fataliste dompté par le despotisme oriental des orientaux. Il nous convient parce que nous avons également les mêmes contraintes. Dès lors, autant l’exemple tunisien n’est pas facilement transposable à Egypte (deux sociétés différentes), autant il représente une parfaite source d’inspiration pour les peuples nord-africaines. Ce n’est donc pas à la ligue arabe de tracer le destin nord africain; c’est aux peuples de cette région d’affirmer leur identité, de jeter les bases d’un avenir en phase avec les peuples qui y vivent, imprégnés par le voisinage méditerranéen et africain, forgés par l’histoire propre à cette région d’Afrique.
Keltoum Staali@
Pourquoi aucune question sur le cas de l’Algérie?
Seule une république laïque peut répondre à l’aspiration des algériens..
L’Algérie tout comme la Tunise et le maroc et même la lybie dans le futur doivent avoir des régimes laïques et démocratiques poseuls à même de garantir toutes les liberté et voir se constituer un jour La grande TAMAZGHA UGAFA!!
je vous dis sincèrement que je suis
jaloux des tunisiens j’ai suivi hier
l’intervention des étudiants devant
le ministre de l’Éducation sur la chaine 7 j’ai beaucoup admiré leur intelligence et leur civisme mais bravo islamiste, laïque ou hâté
tout le monde se respecte c’est ce qui nous manque à nous les algériens
on ne se respecte pas entre nous
et le pouvoir nous a divisé en mille morceaux
Notre révolution à nous algériens a commencé dans les années 1980, ce ne sont pas les tunisiens ni les égyptiens qui nous diront quoi faire, cessez d’occulter le fait que les algériens sont les pionniers dans le domaine des soulèvements populaires et révolutions. Cependant, je salue les tunisiens et les Egyptiens de nous avoir fouetter nos consciences bien qu’éveillées depuis toujours, mais peut-être pas prêtes à renverser le pouvoir, suite à la terreur des années 1990 qui ont marqué le peuple au fer rouge, ces deux peuples en révoltes nous pousseront à anticiper le départ du pouvoir qui usent et abusent de manoeuvres machiavéliques politiciennes, pour se maintenir au pouvoir, ce pouvoir est prêt à mettre le pays à feu et à sang pour se maintenir au pouvoir par le force, ce régime est le pire au monde, n’oublions qu’il dirige encore notre pays sur le cadavre de centaines de milliers d’algériens (de la décennie noire et avant)ces criminels s’imaginent que le peuple algérien ne rééditera jamais les années 1980, il est très sûr de lui, c’est évident, mais des surprises, venant d’un peuple même traumatisé par des années de terreurs, peuvent surgirent d’un jour à l’autre, elles seront fatales pour ce pouvoir. Nous devons tout simplement achever notre révolution entamée dans les années 1980, sans la présence des islamistes alliés du pouvoir qu’ils ont renforcé.
Je continue à penser que le modèle qui nous est adapté ne peut être que nord-africain, africain ou méditerranéen. La révolution tunisienne, dans ce sens, représente pour nous un exemple à suivre. D’autre part, je continue à penser que l’exemple égyptien ou moyen oriental est une voie sans issue pour nous. Que ce soit avant Moubarek, sous l’ère Moubarek, ou dans l’après Moubarek qui se profile déjà par une récupération des barbus de la révolte (les islamistes sont déjà entrain de négocier avec le vice-président égyptien) au nez et à la barbe des jeunes égyptiens épris de liberté; ceux-la même qui ont initié le mouvement et dont certains d’entre eux ont payé de leurs vies. L’exemple égyptien, en guerre comme en temps de paix, représente pour nous ce qu’il ne faut pas faire. Toute expérience humaine individuelle ou collective est donc digne d’être méditée. Les expériences de l’Egypte contemporaine ne nous ont enseigné que ce qu’il faut éviter, ce qu’il ne faut absolument pas faire. Dans les leçons de l’histoire, il y a donc tout autant de bons exemples qu’il y en a de mauvais. Le destin Nord-africain n’est pas un vain mot. Le fait que la Tunisie soit la bonne voie pour nous n’est pas étranger à ce destin. L’exemple tunisien nous convient parfaitement du fait que nous sommes de la même souches, que nous avons la même histoire et la même sensibilité. Le caractère nord-africain d’un Bouazizi est diamétralement opposé au caractère fataliste dompté par le despotisme oriental des orientaux. Il nous convient parce que nous avons également les mêmes contraintes. Dès lors, autant l’exemple tunisien n’est pas facilement transposable à Egypte (deux sociétés différentes), autant il représente une parfaite source d’inspiration pour les peuples nord-africaines. Ce n’est donc pas à la ligue arabe de tracer le destin nord africain; c’est aux peuples de cette région d’affirmer leur identité, de jeter les bases d’un avenir en phase avec les peuples qui y vivent, imprégnés par le voisinage méditerranéen et africain, forgés par l’histoire propre à cette région d’Afrique.
إذا الشعب أراد الحياة، يستجيب القدر
l’évolution du monde, l’émergence de de système en réseau à l’échelle planétaire font que nos tartarins affublés de noms de ZAÏMS, qui "gouvernent" les états arabes ont complètement zappé cette donne.L’histoire les rattrape et l’oncle SAM naguère bienveillant est obligé de céder face à ceci: إذا الشعب يوما أراد الحياة فلا بد أن يستجيب القدر
«Les révolutions ne se copient pas»
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A maintes occasions, la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) a tiré la sonnette d’alarme sur la menace d’explosion sociale et politique en Algérie. Dans cet entretien, le président de la Ligue revient sur l’actualité et les initiatives de l’opposition.
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– Dans la déclaration de la ligue, au sujet des émeutes qui viennent de secouer l’Algérie, vous dites que les jeunes ont exprimé non seulement des revendications sociales, mais aussi un marasme politique profond…_______________
Un vent d’émeutes souffle sur notre pays depuis des années, et la série d’immolations des citoyens dans plusieurs villes indique, comme un ensemble de témoins rouges, l’échec de la politique du développement menée par le gouvernement. Mais le pouvoir s’est contenté de se murer dans un profond mutisme et gérer l’équilibre en son sein au lieu de se préoccuper d’une situation qui menace de provoquer une série de ruptures qui pourraient s’avérer irrattrapables. L’arbitraire a fini par désabuser la population à l’égard des lois. Les citoyens se sentent complètement délaissés, et expriment de plus en plus violemment leur désespoir._____________
L’état de délabrement moral et politique de notre pays est porteur de tous les dangers d’implosion, surtout avec la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires. Cette hausse a donné l’occasion aux jeunes chômeurs de manifester leur ras-le-bol d’une vie qu’ils qualifient d’insupportable et qui va de mal en pis.
Malheureusement, notre gouvernement a livré l’économie et le commerce aux barons de l’informel qui imposent leur loi sur le marché, se jouant des prix, y compris ceux des produits de large consommation. Il a encouragé un secteur privé constitué de prête-noms, acolytes avec les organismes de l’Etat et complices dans des affaires de corruption.
En Algérie, la fracture est très nette entre l’opinion publique et l’action publique. Cette fracture est l’une des raisons d’une peur qu’on ne peut prendre à la légère__________________________
– Vous avez écrit aussi que ces émeutes étaient la conséquence directe de l’interdiction des réunions publiques, des marches et manifestations politiques…
Dans une société démocratique, l’exercice de la citoyenneté se réalise par l’adhésion des citoyens dans des partis politiques, des syndicats, ou bien dans le cadre d’une association. Ces formes d’organisation sont les cadres légaux pour toute action citoyenne et les espaces privilégiés à l’éducation à la démocratie.
L’interdiction de ces formes d’expression est un acte contraire aux principes démocratiques. C’est la fermeture pure et simple du champ politique et la dépolitisation de toute la société.
Des manifestations sans encadrement et sans but précis, sans slogans clairs, préalablement définis, et un service d’ordre capable de maîtriser les participants et de bloquer les agitateurs engendrent généralement des situations déplorables, surtout avec la hausse vertigineuse de la criminalité à tous les échelons de la société. D’ailleurs, la LADH a enregistré avec beaucoup de peine que les émeutes qui ont secoué plusieurs villes ont causé d’importants dégâts matériels et physiques.
Cette situation, dont le pouvoir est entièrement responsable, est la conséquence directe de l’interdiction des réunions publiques, des marches et manifestations politiques envisagées et encadrées par les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile.___________________________
– Des partis de l’opposition et des organisations de la société civile animent des initiatives pour revendiquer le changement. Adhérez- vous à cette démarche ?
La LADH est au cœur de la démarche, mais elle a des réserves sur la marche pour plusieurs raisons: primo, il n’est pas question pour nous, Algériens, d’importer des idées ou bien de faire du «copier coller» suivant le langage de la génération Internet. Les révolutions ne se copient pas, car chaque société a ses spécificités.
Deuxio, en Algérie, on parle toujours du pouvoir occulte. Je me demande comment les Algériens peuvent identifier ce pouvoir occulte et le chasser.
Il ne faut pas oublier aussi que notre pays est dominé par plusieurs mouvements : le mouvement islamiste, le mouvement national, le mouvement démocratique, le mouvement laïc, le mouvement amazigh. Les évolutions possibles sont tributaires de la capacité et de la volonté d’accepter l’autre et de travailler ensemble pour la construction d’une Algérie de tous les Algériens.
La bonne approche pour la LADH est le changement pacifique qui passe nécessairement par une préparation et une réunification des bonnes volontés sans calculs partisans.
– Le gouvernement continue à interdire les manifestations et insiste pour le maintien de l’état d’urgence…
Le pouvoir algérien, en plus du verrouillage du champ politique, fait subir à la société algérienne, depuis des années, un profond processus de dépolitisation. Il a chassé du terrain politique toutes les voix contraires et les acteurs de la société civile autonome.
En dépit du fait qu’on a pu relever, au cours des dernières années, l’abandon par les pouvoirs publics du recours à des mesures exceptionnelles entrant dans le cadre de l’application des textes de l’état d’urgence, le gouvernement insiste pour le maintien de l’état d’urgence. Pour nous, le maintien de cette disposition constitue une atteinte à la démocratie et aux droits de l’homme et une violation de la Constitution dans ses articles 91 et 92. En l’état actuel des choses, l’état d’urgence ne se justifie plus.——————–
– Des rumeurs persistantes annoncent un remaniement gouvernemental imminent, pensez-vous qu’une telle mesure saurait désamorcer l’explosion de la rue ?
Le problème en Algérie est plus profond car le gouvernement ne remplit pas ses fonctions. La prédominance de l’institution présidentielle dans le système politique algérien a fait que la marge de manœuvre des autres institutions du système soit limitée.
Les conseillers du Président et son cabinet constituent un gouvernement parallèle, agissant sans qu’il y ait une clarification de leurs compétences par rapport à l’institution gouvernementale. La création de la coalition présidentielle a constitué un autre facteur de dysfonctionnement du système politique et un blocage au processus de démocratisation dans notre pays.
La coalition présidentielle est la nouvelle version du parti unique. D’ailleurs, au sein du FLN avant le multipartisme, il y avait les tendances qui ressemblent au MSP et au RND, c’est la même famille idéologique. Pour nous, il faut libérer l’action politique du monopole de la coalition présidentielle.
Pour désamorcer l’explosion de la rue, il faut des actes pour la démocratisation de la société, des actes pour le respect des droits de l’homme et des programmes pour un développement humain durable.
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– Qu’est-ce que cela implique, selon vous ?
La situation en Algérie exige des réformes constitutionnelles et institutionnelles, des réformes économiques et un certain nombre de mesures de transparence s’impose en matière de projet de société, en matière de conduite des opérations de restructuration et de redéploiement économique et aussi en matière du rôle de l’Etat, du secteur privé et de la société civile.Une concertation et un consensus entre tous les acteurs politiques et de la société civile autonome sans exclusion sont nécessaires pour la rédaction d’une nouvelle Constitution dans laquelle, les pouvoirs du Premier ministre et du gouvernement et ses actions doivent être clarifiés. Il y a aussi des questions fondamentales à revoir. La question de l’identité algérienne avec tous ses éléments constitutifs doit être réglée définitivement dans notre Constitution. Ensuite, il faut mettre fin à l’ambiguïté de la relation entre la religion et la politique. L’histoire de notre pays met en relief la complexité et la profondeur de la relation entre l’Islam et la politique. Il s’agit de deux champs en étroite interaction dont l’influence sur l’évolution de la vie sociale et politique est indéniable. Le défi pour notre pays réside dans la gestion de la relation entre religion et politique, sans tomber dans la confrontation______________
– Pensez-vous que les conditions pour un scénario à la tunisienne sont réunies pour influer sur le cours des choses en Algérie ?
Les choses, en Algérie sont différentes. La scène politique se caractérise par une crise de confiance qui se situe à plusieurs niveaux : entre l’institution présidentielle et les acteurs politiques, entre les acteurs politiques eux-mêmes, entre les citoyens et la classe politique et aussi entre les citoyens et les institutions telles que le Parlement, le gouvernement et la justice, largement discréditées. A cela, il faut ajouter le problème du «zaïmisme» qui reste maître dans les esprits et la prédisposition chez les élites à faire des concessions vis-à-vis de l’institution présidentielle, en plus d’une culture d’opportunisme qui caractérise de plus en plus leur comportement.
– Comment expliquer les appels de certains leaders de partis politiques qui siègent au Parlement, à l’organisation d’élections parlementaires anticipées, alors qu’ils peuvent tout simplement démissionner ?
Les Algériens de bonne volonté sont conscients, mais sont éparpillés. Il n’existe pas de cadre qui puisse canaliser et capitaliser les efforts et les sacrifices.
L’Algérie a connu déjà des années de violence, les sages dans notre pays préfèrent un changement pacifique.
Nouri Nesrouche El Watan
@mota:quelle laicite, de ben ali ou bien de sarko? -ET POURTANT LE COMMUNISME CA FAIT BELLE LURETTE QUI EST DEJA MORT.
Je dois reconnaitre que jusqu’à tout recemment j’avais du mépris our les tunisiens que je considérais comme des veules. Depuis, devant les faits et le courage ce peuple J’admire.
Pour autant nous algériens nous n’avons rien à envier aux autres, notre peuple a montré par le passé sa capacité à se dépasser.
Nous nous devons de penser à l’INTERÊT COLLECTIF, mettre de côté l’INTERÊT PARTICULIER, c’est ce qui mine nos actions lorsque nous voulons changer les choses.
Faisons le choix de nous aimer et de nous respecter quelque soient nos différences et nos convictions.
Nous sommes un seul et même peuple le peuple Algérien.
Vive l’Algérie, Libre et Démocratique
D’abord, je n’ai pas compris votre introduction qui traite de l’attitude de la france. On parle de la gauche tunisienne qui n’a rien vu venir. En plus vous allez vite en besogne en parlant de révolution démocratique. Attendons la suite. Je vous parie ce que vous voulez que ENNAHDA réalisera un raz de marée aux prochaines élections et que la TUNISIE, à l’instar de sa GRANDE soeur, l’égypte optera pour un état islamique.
Asma Kouki a raison d’encourager la révolution Egyptienne.La Tunisie et l’Egypte bénéficient aujourd’hui d’expériences comme « Révolution » Iranienne, la Révolte d’Octobre 1988 en Algérie, des 11 septembre…Si on peut dire que l’expérience de l’utilisation de l’islam en politique pour massacrer le peuple algérien est derrière nous, il me semble qu’elle ne peut être écartée définitivement que par la victoire des révolution en cours.La grande Finance Mondiale veut prendre le relais des dirigeants autochtones pour imposer l’islamisme politique surtout en Egypte, pour donner l’exemple et au mieux à l’instar de l’Etat d’Israel .Je partage cette revendication de ce parti de gauche qui consiste à séparer en premier le politique du religieux dans ce monde pour lui permettre de continuer à bouger .Le point commun est manifestement l’instauration de la démocratie et dans le champ public celle-ci ne peut s’accommoder du religieux.
A "Benboula"Vous avouez que vous êtes ou que vous êtiez raciste.En plus vous confondez peuple et système politique, l’ignorance mène au racisme