A parcourir sur fond de musique de la série « les envahisseurs » – ces êtres venus d’ailleurs; leur destination Alger ! leur but : en faire un enfer – Mon cher frère, moi je ne parle pas de ce qui a été détruit ou construit, je parle ou parlerai de l’existant qui n’existe plus car ratatiné, carbonisé, galvanisé, lyophilisé, stérilisé, martyrisé : nos cinémas – les Variétés, Plazza, Lynx, Suffren, la Perle, le Majestic, le Casino, le Paris, le Français,le Marignan, l’ABC, le Versailles, Le Régent, Midi-Minuit…..et le clou : notre opéra une œuvre architecturale unique construite par Chassériau et Poussard et remanié par Dumas et Bullot, incendiée en 1881, elle fut rebâtit sur les plans d’Oudot, architecte de la Ville, belle, majestueuse qui avait vu évoluer sur ses planches nombre de nos artistes, Bachtarzi, Rouiched, Kelthoum, Meryem Abed, Sissani………., l’orchestre philarmonique d’Algérie, le ballet de danses traditionnelles et nombre d’artiste venus d’ailleurs….., le square Nelson et ses colonnes grandioses lui aussi labouré ! pour devenir ………..marché de fruits et légumes, nos jardins et du moins ce qu’il en reste : il paraît qu’au jardin Marengo dans le bassin central où évoluaient des poissons rouges à moustaches (car vieillissants), ces gens venus d’ailleurs ont péché ces poissons pour en faire leur plat de résistance, La Nymphe ou Tombeau de la reine construit en 1848 dans le même jardin à la mémoire de la reine Amélie, femme de Louis-Philippe, fut détruit et réduit en miettes, la crèche et les balançoires dans ce même jardin, ont été broyés privant ainsi nos bambins de quelques jeux apaisant, la flore du jardin botanique fut labourée et l’on y sema des…….patates à l’insu du gardien et ami notre très regretté Gougherara père de Loulou, le tramway électrique qui allait de Bab-El-Oued jusqu’à ……Kouba oui je dis bien jusqu’a Kouba, l’ascenseur situé en face du square Bresson, qui fut peut après l’indépendance ratatiné lui aussi – en réalité et à l’origine il en existait deux : le premier à côté des escaliers mentant à pêcherie crée en 1920 puis démantelé et le second au square Bresson, Le monuments aux morts, de tous les morts, de la Grande Guerre fut l’œuvre de Maurice Gras et Edouard Monestes; les sculpteurs Landowski et Bigonet, la statut du Docteur Maillot à qui l’on devait dès 1834 le traitement par la quinine du paludisme ! disparue elle aussi, les petits cabanons implantés au bord de la mer et où étaient implantés des établissement de dégustation dénommés parfois « parc aux huitres » On y accédait par des petits escaliers en bois. Là sur la terrasse, face à la mer et devant une assiette de coquillages, c’était un moment de plaisir, un instant de bonheur simple ! aujourd’hui carbonisés réduits à l’état d’épaves !!! le Jardin d’Essai; une merveille ! toutes les plantes d’Europe, d’Afrique et d’Asie y poussaient en liberté. C’est une merveille architecturale et picturale que l’on venait voir et visiter d’outre Atlantique. Et vous vous promenez dans l’allée des palmiers, dans l’allée des bambous et dans l’allée des yuccas sans savoir entre les trois et sans décider laquelle vous aimeriez le mieux pour vous y reposer. Et puis cette faune du monde entier aujourd’hui presque totalement disparue dévoré par une démographie galopante qui n’avait plus rien à se mettre sous la dent. Ne parlant pas des ces villas dans le quartier dit « Mustapha supérieur » Verdoyant, les Anglais amoureux du climat d’Alger se faisaient construire de délicieuses villas de style mauresque ou plus inattendu ! aujourd’hui écroulées parce que jamais entretenues, et à proximité de ce quartier une élégante église anglicane de la Sainte-Trinité qui était la preuve de la forte présence britannique en cet endroit. Je n’oublie pas aussi, coincé entre le chemin de Telemly et le haut de la rue Michelet, le jardin du Musée qui deviendra plus tard le parc de Galland avec sa grande horloge centrale aujourd’hui disparue miraculeusement ! Et notre cimetière, celui d’El-Kettar où non aïeux y ont trouvé refuges pour échapper au dépeçage et au massacre de notre ville; jadis bien entretenu, surveillé, bichonné, devenue aujourd’hui un…..dortoir, un dépôt astronomique de bouteille de plastique dans une végétation tellement dense qu’il devient presque impossible d’accéder aux sépultures. Enfin, le Palais Consulaire avec sa masse imposante face à la mer, aujourd’hui en restauration depuis maintenant……..15 ans !!! Il fait face à l’Amirauté aujourd’hui ce qu’était avant – Bordj El Fnar – (le château du phare) qui servit de logement au Captan Raïs , maître du port et à l’Oukil el Hardj , ministre la marine sour l’empire turc, puisque c’était le Penon l’emplacement du port de la marine – la darse – devenue par la suite l’Amirtauté, et plus loin dans le bassin de l’Agha, le môle Al-Djafna qui était à son époque et à son apogée une escale sur la route des Indes. Je ne peux terminer ce récit sans évoquer quelques témoignages d’illustres personnages contemporains sur Alger : – Ernest Feydeau : » Ce cri arraché aux rêveurs devant certains sites » on voudrait mourir ici ! » je l’ai poussé vingt fois à Mustapha et il ne me déplairait pas de savoir que je pourrirai ici sous un olivier au bord de cette route ombreuse qui côtoie la Méditerranée. Si j’avais la liberté de désigner un coin de terre pour y passer en paix le reste de mes jours, je choisirais le coteau de Mustapha et je bâtirais une maison au dessus du palais du gouvernement » – Jean Pommier : » Alger, jamais je ne t’ai vu si belle, si parée, si harmonieuse, à la fois si sultane et si reine de la mer, que cette loggia vertigineusement ouverte sur tes devals, tes retours et tes courbes » – Louis Bertrand : » Il faut bien avouer qu’Alger, pour quiconque y a tant soit peu vécu, est incomparable. Pour moi, en dépit des années, je ne m’en lasse point. Aujourd’hui, comme il y a trente ou trente cinq ans, c’est toujours la grande ville joyeuse, vivante, épanouie dans sa fécondité et sa lumière où il suffit, le matin de pousser sa persienne devant un grand ciel invraisemblablement pur et splendide pour se sentir l’âme en jubilation ! » – Jean Mélia : « La place du gouvernement n’a rien perdu de son premier aspect. Le cœur de la ville s’est, depuis bien déplacé. Mais comme autrefois, la place du gouvernement demeure le carrefour où se coudoient tous les types du bassin méditerranéen, où se distingue le cosmopolitisme le plus intense » – mon commentaire : plus rien ne subsiste aujourd’hui : la place livrée à elle même à la fois muette et si triste, sale et irrespirable ! elle qui illuminait nos visages par ses joueurs de tambourins, par ses conteurs, ses photographes, ses arracheurs de dents et autres avaleurs de serpents et vendeurs d’herbes médicinales et puis soudain à l’appel de la prière venue de la mosquée toute proche de Djamâa El Kebir presque tout s’arrête l’instant d’un moment pour reprendre ensuite de plus belle le cours de sa vie et de sa transe à la fois magique et perpétuelle ! qu’elle était belle Alger notre ville.H.TCHEKIKEN. – René Lespés : » visiter Alger, le voir sous ses aspects variés, chercher à le comprendre et à en saisir la grandeur et les destinées, c’est se préparer à l’aimer et à y reconnaître en toute justice une des surprenantes et des plus séduisantes créations du génie latin » – Professeur Soualah : » avec ses larges boulevards, ses immeubles modernes, son université célèbre dans le monde entier, ses grands magasins (dont il ne reste plus rien aujourd’hui – le bon Marché et Galeries « Algériennes » ex-de France) Alger s’est européanisée ou, plus exactement elle s’est si complètement francisée que dépouillé de son aspect original, elle est devenue une véritable capitale plus occidentale qu’africaine. » Aujourd’hui carrefour du bazar international en tout genre made in China and Co. (ma pomme) – Guy de Maupassant : » Féérie inespérée et qui ravit l’esprit ! Alger a passé mes attentes. Qu’elle est jolie la ville de neige sous l’éblouissante lumière ! Une immense terrasse longe le port, soutenue par des arcades élégantes. Au-dessus s’élèvent de grands hôtels européens et le quartier français, au dessus encore s’échelonne la ville arabe – la Casbah – amoncellement de petites maisons blanches superbement entretenues, bizarres, enchevêtrées les unes dans les autres, séparées par des rues qui ressemblent à des souterrains clairs ». – Charles Hanin : » Au pied du Penon séculaire, la darse de l’Amirauté exquise à toute heure en son apparent abandon, retirée hors de la fièvre du grand port pourtant si proche, et qui a su garder un de son aspect d’autrefois, un peu de reflet des choses barbaresques et l’ultime souvenir des vieux maîtres espagnols » – Henry de Montherlant : « Chaque matin, éveillé avant le soleil de mon lit, j’assiste à son assomption sur la mer, le port, la ville. A peine a-t-il émergé, déjà il éblouit les deux môles, les vapeurs à l’ancre, les barcasses surchargées de dockers noirs, semblables à des barques de Styx, les petits bateaux pilotes affairés et importants comme des roquets, se détachent en grisaille confuse sur la surface moitante et comme martelée de l’eau parcourue de courants incompréhensibles. Ainsi vus de haut, à six cents mètres, j’aime ce port aux lents mouvements, si clame, si vivant pourtant de la plus forte vie, mais atténuée et ralentie par la distance, et cette mer humaine ». – Joe Ceurvorst : » Alger la Blanche nous apparait aux premières lueurs de l’aube baignée de lumière, grimpant en gradins à l’assaut des collines. Elle se découpe immaculée sur le bleu lumineux d’une ciel céruléen. Alger c’est encore un peu l’Europe et c’est déjà l’Afrique ! » – Victor Burrucand : « Ce sont des horizons de golfe, des espaces prenants comme l’amour et comme le sommeil. Et puis voici la ville au millier de terrasses, tel un grand escalier où monte le soleil. » Ma conclusion : Il y a tellement de chose à raconter sur notre ville – Alger – d’histoire. Tout cela n’est qu’une dose d’émotion, de recherche, de nostalgie, du vécu pour laisser place à des regrets, à une sensation de mal à l’aise.
Madjid





Arrêtez de pleurnicher sur un paradis qui appartenait aux autres. A ceux qui ont réduit le peuple algérien en esclavage par la force des armes. Savez vous que tout un quartier de la basse Casbah était en fait un grand lupanar qui faisait le bonheur de tous les marins du monde et des maquereaux de tous bords? Que les "bougnoules" étaient interdits de circuler dans la Rue D’Isly et la Rue Michelet au risque d’avoir de sérieux problèmes avec la police? Que les dockers devraient raser les murs et contourner les quartiers européens pour rejoindre les quais du port afin de trimer comme des forçats pour quelques sous? Que les "yaouled" au lieu d’user leurs culottes sur les bancs d’écoles deviennent pour les plus chanceux d’entre eux, cireurs ou portefaix? Que les pauvres femmes pour éviter le plus vieux métier connu, ne prétendaient qu’a devenir "une Fatma" chez les "Roumis" pour une bouchée de pain? Aussi la nostalgie dont parle l’article dégouline d’impudeur et parler d’un tel paradis alors que les gens vivaient en faits en plein enfer colonial est une insulte à l’Histoire et à la mémoire d’un peuple meurtrit et un pays exproprié.
Monsieur Madjid votre texte réveille nos blessures nos plaies, notre impuissance aussi. Qui fera refleurir ce pays, jadis éblouissant de sagesse.
L’herbe a poux est désignée comme une mauvaise herbe.nous avons laissé notre terre a cette racine nuisible venue d’ailleurs pour détruire nos rosiers, nos jasmins et polluée l’air pur de notre Algérie. Cette mauvaise herbe provoque l’asthme, une racine qui nous étouffe a la limite de l’inconscience. L’herbe a poux est un danger pour la santé politique de notre pays, cette racine nocive venue d’ailleurs est un risque indiscutable pour la sécurité de notre terre, de notre territoire, de nos enfants et de notre avenir. L’herbe a poux pousse et ravage en sous terre, reste complice avec l’herbe a puce. Deux partis politiques destructeurs qui rangent les racines de nos casbahs, de nos villes et de nos monuments. L’herbe a poux cède dans la limite de son usure de l’espace a l’herbe a puce qui lui un jour cédera des positions a l’herbe de la cocaïne.
de la politique de la confiscation avec l’herbe a poux a la politique de l’etouffement avec l’herbe a puce et peut être un jour nous irons vers une politique de H’chicha talba M’icha avec l’herbe de la cocaïne.
Quel gâchis ! Cette destruction systématique d’Alger est en fait un acte voulu, organisé, systématique. Il était vital de rompre avec tout ce qui rappelle la "culture", l’universalisme pour imposer une sous-culture régressive et réactionnaire, terrain nécessaire pour l’établissement d’un état féodal. Nous n’avons pas compris assez vite ces desseins funestes qu’ils nous préparaient. Maintenant il est bien tard et l’espoir s’amenuise de jour en jour…..
Décrire Alger du temps de la colonisation est une chose continuer à insinuer que le présent correspond aux idéaux pour lesquels sont morts Ali la pointe, de Benm’hidi, de Abane Ramdane, Taleb Abderrahmane ne trompe plus personne. Les martyrs ne sont pas tombés pour cette Algérie, d’aujourd’hui, Ferhat Abbas avait écrit à juste raison "l’indépendance confisquée", il est vrai que le Front de libération avait nettoyé la Casbas des fléaux qui la dégraidaient, mais les Yaouled, les cireurs sont remplacés un genre nouveau de yaouled, ces gamins sans travail qui guette chaque coin de rue pour racketter les automobilistes aux parkings, la Fatma travaille pour les nouvaux roumis, le chômage, la corruption, l’injustice, pourquoi les occultez vous. Cet article, je le soutiens car il dénonce l’incompétence de gérer le pays post-indépendance, êtes vous frappé de cécité ? vous êtes vous demandé pourquoi un pays aussi riche son peuple est si pauvre, allez voir la Mitidja, le béton a tout bouffé, c’est l’anarchie, désolé de vous contredire, l’Algérien aime son pays mais il n’est pas c.
on a l’impression d’entendre parler un nostalgique de l’algerie française ma parole! à l’époque alger était une ville qui n’était pas pour les algeriens mais pour les europeens seulement.les seuls algeriens qui y vivaient étaient les dockers, les cireurs, les fatmas, les epiciers, les cordonniers, etc… btrefs les tous petits metiers dont ne voulaient pas les europeens mais qui étaient quand meme indispensables pour faire marcher la ville. il y avait bien sur quelques algeriens grands bourgeois toleres par la france, on peut les compter sur le bout des doigts de la main et je n’en cite pas un seul par respect pour leurs familles .
La villa Susini, la prison Barberousse et sa guillotine, les quartiers, les plages et les écoles interdits aux indigènes, les ghettos arabes d’Alger, vous en parlez pas de cet enfer-là.C’est vrai qu’il y a un autre enfer qui vient se substituer doucement mais surement à celui-là et qui ne laisse aucune herbe repousser sur son passage ( des terrains et des résidences squattés, des villas R+4 et Garages immenses construites à la hâte et fermées à longueur d’années), un enfer qui vous fait dégoutter d’être venu à la vie et qui a un nom : l’intégrisme islamiste et ses promoteurs politiques au pouvoir.Un enfer qui " vous déforme chaque jour la courbe de votre sourire" et vous creuse d’avantage les rides sur votre front.La décolonisation pour aller comme on dit: de Charibde en Scilla .On est pas sorti d’enfer.
Merci Madjid, pour cette bouffée d’oxygène, n’en déplaise aux patriotards de la dernière heure. Ces gens-là ne pourront jamais comprendre la détresse de ceux qui ont connu ALGER dans sa splendeur. Notre ALGER, dans toute sa blancheur, la vraie. Monsieur Zino, avec tout mon respect, vous êtes complètement à côté de la plaque. Madjid n’a jamais glorifié le colonialisme, Madjid a aimé ALGER, telle que nous l’avons libérée. A l’indépendance. Par contre, il est malheureux de voir son ALGER 50ans après. ALGER est un joyau qui a été bâti par les plus grands Architectes de son temps, sans qu’elle ne leurs appartienne. Force est de constater, hélas, qu’elle a été avilie par ses enfants. Un joyau est un joyau, créé par Paul ou par Mohamed. Le plus valeureux des deux est celui qui saura lui garder son éclat. A bon entendeur, salut.
Entièrement d’accord, avec le commentaire de @zino, car les pieds noirs disaient, en parlant d’Alger, » ah que c’est beau, Alger sans les Arabes » .Notre capitale et méme tout l’Algérie, mérite mieux, que son état actuel, mais, faire l’eloge du système colonial des
plus abject, c’est une manière de
renier, le combat, mené par le peuple Algérien, pour se libérer
du joug colonial.
@zino, c´est vrai ce que vous dites, mais ici on ne pleurniche pas sur le roumi, on pleure sur ce que sont devenus Alger et ses quartiers. Je regrette mais alger est devenu un dortoir et un bazar pourri. Rien n´a été epargné: les parcs, les fassades, les plages, les mosquées (celles non barricadées)etc …Allez voir le marché ou la synagogue de bab el oued, padovani et les restos de la pecherie!Ce n´est pas uniquement le travail du roumi, des generations d´algeriens ont souffert pour cette ville et tant d´autres.
a tous les revenchards: sous-pretexte qu’il sagit d’un prestige colonial, les chemins de fer aussi doivent passer: il faudrait dynamiter toute la ligne oran-annaba. pour rappel, on n’a pas construit une seule ligne nouvelle quelque courte qu’elle soit en 50 ans du regne de ces marsouins!!!
Effectivement avec toute sa beauté, Alger était réservée au Français et cela est utopique de penser ou de croire qu’on y avait droit.Mais par Dieu quand on est resté seuls qu’avons nous fait de ces magnifiques et belles choses qui étaient pour nous et rien que pour nous.
A vrai dire je suis partagé entre l’idée de vous remercier pour ce magnifique texte et celle de vous en vouloir pour avoir réveillé des blessures. Encore une fois qu’est ce que cela nous auriez coûté si on avait préservé ces belles choses une fois restés entre nous? Mais pour le faire il faut aimer le beau chose qui n’est pas perçue par tous.