Yasmina Khadra : "Benchicou est mon ami". L'interview intégrale.

Le Financier: Il y a quelques mois, vous déploriez, dans les colonnes du quotidien d’Oran, le manque d’intérêt que vous témoignaient les autorités algériennes en tant qu’écrivain à succès, notamment vis-à-vis de votre dernier roman «L’attentat» qui a séduit jusqu’à Hollywood. Aujourd’hui vous êtes nommé à la tête du CCA à Paris. Est-ce que c’est ce genre de reconnaissance que vous cherchiez?

Yasmina Khadra: Pas le manque d’intérêt du Pouvoir, mais des médias algériens qui, par moments, passent à côté de ces événements susceptibles de nous redonner confiance en nous. Quand je vois de quelle manière les occidentaux se battent pour leur élite, allant parfois jusqu’à leur bâtir des stèles abracadabrantesques, je reste songeur devant les hostilités qui mobilisent certains d’entre nous autour d’un succès algérien. Je suppose qu’il s’agit là d’une nature propre aux nations qui régressent. Tirer vers le bas tout ce qui est susceptible de les aider à sortir la tête de la fange. Les choses sont parfaitement claires. Il suffit de tendre l’oreille pour être fixé sur cette infamie qui caractérise beaucoup d’entre nous, et je ne tiens pas à remettre sur le tapis ces horreurs répugnantes qui nous pourrissent l’existence. Quant à ma nomination à la tête du CCA, je ne l’ai pas provoquée. C’est vrai, à une époque, je passais par des moments difficiles et je me serais volontiers agrippé à une perche providentielle pour ne pas couler. Plus maintenant. Je suis très bien ancré dans mes convictions, maître absolu de mes moyens. Il y a à peine deux semaines, j’occupais le plus beau des postes, le plus beau des trônes, celui de ma liberté. Je n’ai nul besoin de promotion, le succès de mes livres et le cercle de mon lectorat me suffisent. Mais il s’agit là d’une première dans la jeune histoire de notre pays. C’est la première fois qu’un Président de la république charge un écrivain, qui n’est pas du sérail et qui a été particulièrement virulent à l’encontre du Système, d’une mission aussi importante : rendre la Culture algérienne à ses enfants, la délivrer des prédateurs et de l’obscurantisme. Je l’ai accepté au nom de tous les artistes et intellectuels qui étaient inscrits aux abonnés absents des manifestations culturelles qu’organisait ce Centre, ayant été moimême persona non grata. J’ai toujours crié sur les toits ma peine de voir notre élite marginalisée. Pour une fois que j’ai l’occasion de lui tendre la main, je ne vais pas me débiner.

Comment expliquez-vous le choix du président Bouteflika qui jette son dévolu sur «quelqu’un qui n’est pas du sérail» et y a-t-il eu des consignes qui ont conditionné votre nomination au CCA à Paris?

Il faut poser la question au Président. Pour ma part, je reste convaincu qu’il sait que je ne suis pas dans le besoin, ce que ça me coûte de renoncer à mes privilèges et mes libertés pour m’investir au profit des AUTRES. Il serait ridicule de penser une seconde que le poste de directeur me flatte ou m’élève dans l’estime des gens. Je vaux beaucoup plus que ça. Mais il ne s’agit pas de moi, il s’agit de notre culture, de notre pays, des espoirs que je nourrissais personnellement pour notre élite.. Mon intégrité y est pour l’essentiel. J’ai fini par convaincre que je ne suis pas un pou bor borgne, que je me venge pas, que je ne renie rien, que ma colère est saine et qu’elle est celle d’un Algérien qui souffre de voir sa patrie bailler aux corneilles à l’heure où la mondialisation frénétique menace de nous bouffer crus. Quant aux consignes, je n’en ai reçues aucune. Là encore, le Président sait que je n’en ai pas besoin. Il sait le respect que j’ai pour l’élite algérienne, sans distinction de moeurs ou d’humeurs. J’espère seulement remettre la culture au bon endroit et rassembler nos créateurs et penseurs autour d’un même idéal : sauver notre pays du marasme culturel dans lequel il se dilue. Ce n’est pas gagné d’avance ni chose aisée, et la bonne volonté ne suffit pas. Mais je reste confiant. Déjà de grands noms de nos Arts et lettres m’ont appelé pour me dire qu’ils sont à mes côtés.

Votre nomination a étonné plus d’un dans le milieu intellectuel algérien. D’ailleurs des voix dans l’opposition à l’instar des journalistes, Leila Aslaoui et Larbi Chalabi (1), se sont exprimées à ce sujet et ne disent pas moins que le Yasmina Khadra auteur d’un article réquisitoire contre le gouvernement en place dans le quotidien espagnol El Pais le 1 juin 2007, n’est pas le même écrivain qui accepte aujourd’hui de servir une institution qui représente ce même gouvernement. En d’autres termes on vous reproche de privilégier votre carrière à votre indépendance intellectuelle. Que leur répondez-vous?

J’ai toujours étonné plus d’un dans le milieu intellectuel algérien. Agréablement, par endroits ; effroyablement par moments. C’est tout à fait logique. Mais pourquoi voulez-vous que je redoute les amalgames quand je SAIS qui je suis. John Steinbeck disait «L’insulte ne demeure telle que lorsqu’elle s’adresse à quelqu’un peu sûr de sa valeur». Je ne connais pas Larbi Chalabi. Je n’ai jamais entendu parler de lui et ignore la teneur de ses propos. Quant à Mme Aslaoui, je suis triste pour elle. C’est une dame que j’ai toujours respectée, et aimée. J’ai même coupé court avec mes éditeurs espagnols qui avaient refusé de traduire ses oeuvres que moi-même leur avais proposées. Je crois qu’elle aurait du, au nom de notre amitié, me passer un coup de fil pour comprendre de quoi il retourne au lieu de se baser sur une méprise de journaliste qui, le lendemain, avait eu l’honnêteté de la rectifier. Cependant, je suis stupéfait par la méchanceté de son texte. Comment a-t-elle pu m’associer à ces coureurs de «koursi» moi qui avais renoncé à ma carrière d’officier pour m’aventurer nu et sans repères dans le monde interlope des Lettres? Comment peut-elle manquer de tant de discernement pour croire que la fonction de directeur de CCA est plus importante, plus prestigieuse et plus convoitée que celle de l’écrivain que je suis? C’est mon nom qui va donner une crédibilité et une vocation au CCA, et non le contraire. Par ailleurs, si le hasard a voulu que je sois cet écrivain qui réconcilierait le Pouvoir avec son élite, eh bien, pourquoi pas? C’était mon rêve d’amener nos dirigeants à cesser de nous considérer comme une menace et une subversion. Ne doutent de la sincérité de mes engagements que ceux qui se sont fossilisés dans la haine expéditive et le rejet péremptoire de toute conscience et présence d’esprit. Ces gens-là n’ont qu’à jeter un oeil sur toutes les belles choses auxquelles j’ai renoncées pour mesurer combien j’aime mon pays. Parce que l’Algérie ne m’appartient pas ; elle appartient à nos enfants et que notre devoir absolu est de ne pas en abuser

Vous avez déclaré dans la presse que «si vous consacrer à d’autres auteurs est plus important qu’écrire, vous le feriez». Dans ce cas quels sont les auteurs que vous voudriez mettre en évidence?

il ne faut pas exagérer. J’ai dit que nos auteurs mériteraient bien quelques sacrifices, de là à renoncer à écrire, c’est trop me demander. Je me vois mal bouder mes feuilles blanches sans mourir un peu. J’essaierais de faire de mon mieux pour donner au Centre une contenance et une vocation ambitieuse, mais je ne laisserais pas mes personnages languir de moi. La littérature est plus qu’une passion, elle est ma vraie nature.

Mohamed Benchicou vient de publier un livre, «Les geôles d’Alger», dans lequel il raconte ses conditions de détention en prison, soutenu entre autres par l’écrivain Boualem Sansal. Tous deux dénoncent la censure dont leurs livres font objets. Auront-ils dorénavant le droit de cité au CCA de Paris?

Mohamed Benchicou est mon ami. Il a été l’un des rares journalistes algériens à m’avoir défendu du temps où tout le monde se liguait contre moi en France. Par reconnaissance et amitié, j’ai accepté d’écrire pour son journal alors que j’avais refusé des propositions assez alléchantes en Europe. Personnellement, je préfère qu’on lave notre linge en famille plutôt que d’aller se torcher devant des étrangers. Mais je sais qu’il ne me demandera pas de se produire au CCA pour débattre des «Geôles d’Alger». Pas avant que je me sois installé et aie fixé l’orientation que je souhaiterais donner au Centre. Je ferais tout mon possible pour que les Algériens puissent intervenir librement au CCA.

D’aucuns s’accordent à dire que le CCA de Paris est moribond. Quelles sont vos ambitions pour le tirer de ce marasme et avec quelles moyens?

Il est très facile de casser du sucre sur le dos des absents ou de faire porter le chapeau au directeur sortant. Je préfère ne pas m’attarder sur les dysfonctionnements de ce centre. Je dirais simplement qu’il souffrait d’un manque d’effectifs hallucinant et qu’il a besoin du budget consistant pour forcer le respect.

La journaliste Leila Aslaoui, encore elle, vous reproche déjà le contenu de votre prochain roman sur «la réconciliation nationale entre Algériens». Dans la presse on parle en revanche de «réconciliation entre Algériens et Français». Deux sujets politiques qui intéressent Bouteflika. Votre position diffère-t-elle de celle du président ?

Etrangement, lors de mon installation officielle et la petite collation organisée à cette occasion, la dame du Soir d’Algérie n’a pas apprécié ma méfiance quant aux maladresses de notre presse. Pourtant elle me prouve encore une fois que je n’avais pas tort. Elle m’a fait dire ce que je n’ai pas dit. Je parlais de mon prochain roman sur l’Algérie des années 30, 40 et 60. Donc de l’Algérie colonisée. Et j’ai parlé de réconciliation entre Algériens et Français. Comme rapportés justement dans l’Expression et dans d’autres organes de presse. Mme Aslaoui a réagi en fonction de ce malentendu. Je la comprends, mais je ne l’approuve pas. Ce n’est pas bien d’essayer de descendre en flammes quelqu’un à partir d’une méprise qui incombe à un autre. Elle sait pourtant que je ne suis ni à vendre ni à louer. Quand on a une notoriété comme comme la mienne, une crédibilité comme la mienne, une audience comme la mienne, on ne peut pas saliver devant un morceau de sucre comme un joli toutou. Mais pour cela, il faudrait d’abord comprendre ce que dignité veut véritablement signifier. Les gens sincères savent que je le suis aussi. Cependant, je voudrais ajouter ceci : qui sont-ils pour nous juger? Que représentent-ils pour nous accabler? Qui les autorise à faire nos procès et au nom de quelle justice? De quel chef d’accusation? Quel est donc ce crime qui consiste à servir son pays? Je crois qu’il est grand temps, pour certains, d’apprendre à mettre un peu d’eau dans leur vin. Ce n’est pas parce qu’on a un espace dans un journal que l’on s’arroge le droit d’y déverser son fiel et son dépit sur n’importe qui et à propos de n’importe quoi. Et puis, ce rappel à l’ordre : Avant de juger les gens, il faut d’abord mériter de le regarder dans les yeux.

Quels conseils donnerez-vous aux jeunes auteurs algériens et quel apport le CCA à Paris pourrait leur fournir?

Un seul conseil : ne jamais renoncer. Ecrire relève d’un chemin de croix. C’est une véritable expédition contre ses propres fléchissements, ses doutes et ses déceptions.

Il faut que nos jeunes auteurs s’attendent à l’indifférence, à l’ostracisme et au dédain des crétins. Quand on a choisi l’excellence, il est évident d’en être digne.

Il faut savoir se battre jusqu’au bout, jusqu’à la dernière cartouche de son imprimante. Ce n’est qu’à ce prix qu’on a une chance de survivre à la médiocrité et à l’ignominie des vandales et des obscurantistes. Combien gagne aujourd’hui un écrivain algérien, peut-il vivre de sa plume? Pas grand-chose, je le crains. Ils sont rares ceux qui peuvent espérer vivre de leur plume. Dans un pays où les best-sellers n’excèdent pas les 3000 exemplaires, il ne faut pas rêver. Même en France, les écrivains vivant de leur littérature se comptent sur le bout des doigts. Et puis, c’est tellement aléatoire. Vous pouvez passer de 100 000 exemplaires à 10000 en moins d’une saison. Avoir un vrai travail, une fonction serait un sage recours. Certes, je vis largement de mes livres. J’en ai vendus partout dans le monde. Certains sont portés au cinéma. Morituri (Franco-algérien), L’Attentat (Hollywood), Les Hirondelles de Kaboul (France), d’autres adaptés au théâtre : Cousine K (France), Les Sirènes de Bagdad (France), L’Attentat

(Hollande-Afrique noire). Mais l’enthousiasme pourrait nous poser un lapin et il serait raisonnable de ne pas prendre pour argent comptant ce qui n’est jamais acquis d’avance. Quels rôles incombent aux maisons d’éditions et les médias dans la promotion des oeuvres algériennes, en Algérie et à l’étranger? Le rôle le plus important.

L’éditeur se doit de s’impliquer pleinement dans la promotion d’une oeuvre, et sans les médias le livre est au bord du gouffre. Ils sont la survivance d’une oeuvre, et sa longévité par moments. Il arrive, parfois, que le bouche à oreille sauve un ouvrage de la décomposi-

Interview réalisée
par Fayçal Anseur

19 réflexions au sujet de “Yasmina Khadra : "Benchicou est mon ami". L'interview intégrale.”

  1. Cette interview est un magma d’admonestations et de suffisance avérée. Yasmina Khadra apparait sous un jour peu reluisant: vindicatif, vaniteux, incapable de saisir que le pouvoir lui a tendu un piège dont il ne sortira pas indemne. Bouteflika doit se dire, et je le comprends, ils peuvent ruer dans les brancards ces intellectuels de salon, ils peuvent se déchirer la chemise pour dénoncer la tyrannie du régime que je représente, ils finiront toujours par entendre raison car ils ont tous un prix!
    Je suis d’accord que la réputation de Yasmina Khadra vaut plus qu’une direction au CCA. Malheureusement à la bourse du régime, c’est la valeur proposée et c’est la valeur acceptée
    Quant à moi, Yasmina Khadra a raison de dire qu’il ne me connait pas. Par contre, moi je sais maintenant qui il est.

  2. un grand écart entre khadra l’écrivain et khadra en tant que personne. malheureusement, cette dernière a un peu terni l’image de l’auteur.
    j’étais fasciné par cette étoile montante que j’ai découverte, hélas, tardivement. je commençais à lire ses livres l’un après l’autre avec une certaine ferveur. khadra m’est devenu un repère parmi les écrivains.
    un jours, j’ai eu l’occasion d’assister dans une librairie ( kleber) à strasbourg, à une vente-dédicace ( je crois ) de son livre  » les sirènes de bagdad ».
    au cours de la présentation, je découvre un écrivain qui essaie de plaire aux occidentaux, qui ne parle qu’à la première personne, qui fait sa propre critique : je suis un écrivain qui à bien réussi sa carrière, traduit dans toutes les grandes langues du monde, je suis le premier à oser, ouvertement et plus clairement, traiter des sujets aussi cruciaux qu’on trouve dans mes livres.
    ma plus grande déception fût quand un des auditeurs lui posa une question. khadra, comme réponse, lui demanda d’abord s’il était algérien, puis il lui fît un geste méprisant et humiliant; tout en regardant de l’autre coté de la salle, pour éviter de lui répondre. bref, un geste qui n’est pas digne d’un intellectuel. je n’étais pas le seul à être choqué, nous étions nombreux.
    à présent, il a troqué sa pseudo-réputation par un poste proposé par ceux qu’il n’arrêtait pas de critiquer auparavant.

    comme BENCHICOU qui sort son dérnier livre  » les géoles d’alger », JE pourrais proposer à KHADRA un titre pour son dérnier livre :  » Les sérails d’alger ».
    le pouvoir, à travers cette nomination, essaie de sauver sa face, après s’être acharné sur des intellectuels algériens, qui vivent parmi les algériens et luttent aux cotés des algériens et qui nourrissent leurs espoirs comme M. BENCHICOU.

  3. Personnellement, je n’ai pas à juger Mr Yasmina Khadra qui, comme écrivain, nous a impressionné et que nous concidérons comme l’une des plumes libres de l’algérie d’aujourd’hui. Néaumoins, cela ne nous empèche pas de nous étonner de voir l’émminent écrivain accepter cette nomination piège que je peux qualifier de gifle à toute les âmes libres qui ont cru en lui. Accepter de travailler sous ce système me semble faire le pacte avec le diable. Pour moi, j’aimerais bien si à la tête du CCA, accepterait-il un jour d’inviter l’écrivain de "les géôles d’Alger’ à un débat sur les droits de l’hommùe et la liberté d’expression?"
    Bonne chance Mr Khadra

  4. Mon inquiétude était que Yasmina Khadra ne puisse pas écrire une fois installé à la tête du C.C.
    Il affirme qu’il pourra écrire.
    LE reste tout le reste relève de sa vie "privé" et si quélqu’un veut
    régenter sa vie il est normal de se poser la question :qui êtes-vous? Yasmina Khadra est un écrivain et on ne peut le juger que sur ses écrits.

  5. Accordons-lui, quand meme, le benefice du doute ! Attendons qu’il fasse les preuves de ses bonnes intentions et puis on verra.
    "C’est devant l’obstacle que se mesure l’homme."

  6. Que c’est triste! S’attaquer lâchement à ce que l’Algérie a produit de plus GRAND et de plus NOBLE. C’est répugnant. On parle de « khobziste » a un écrivain qui a vendu des millions de livres dans le monde, dont les oeuvres sont portés au cinéma ( Hollywood, SVP, la première oeuvre arabe qui entre à Hollywood après les Mille et une nuit. J’ai envie de me pendre tant j’ai honte de voir des minables aboyer devant LE ROI DE L’ALGERIE. Vous appelez ça DEMOCRATES. Un écrivain de renom uinternational qui accepte de tourner le dos à ses PRIVILEGES pour se mettre au service des ALGERIENS. C’est HONTEUX! Monsieur Khadra, pardonnez nos offenses.
    Un Algérien qui CROIT en VOUS. Merci pour votre courage et votre SACRIFICE

  7. "Un écrivain de renom uinternational qui accepte de tourner le dos à ses PRIVILEGES pour se mettre au service des ALGERIENS." Ha! Ha! Ha! Ha!
    Merci de nous avoir fait rire.. o)Mais la meilleure de toutes est: " Monsieur Khadra, pardonnez nos offenses" Ha! Ha! Ha! Ha!

  8. Mr Moulessehoul veut"réconcilier les hautes sphéres avec les intellectuels".
    Il faut juste qu’il se réconcilie avec lui même.

  9. Je vais vous étonner, je n’ai pas lu ne serait-ce qu’ un petit livre de Yasmina Khadra, ni encore moins acheté le moindre de ses " best sellers" et je ne le ferai jamais d’ailleurs. Certes il apparaît comme un écrivain prolixe – une dizaine ou une vingtaine de romans, je ne sais plus, qui au demeurant parlent tous ou presque de la même chose, des attentats, du terrorisme ou plutôt de leurs justificatifs, de l’Irak, de l’Afghanistan…mais jamais il n’y propose une véritable analyse de la réalité Algérienne, ou une ébauche pour trouver des solutions à nos maux, des écrits sur la mal vie, sur les harragas, sur l’islamisme et ses méfaits, sur les vraies causes de notre retard, jamais une véritable réflexion pour essayer de comprendre pourquoi nous sommes comme ça, pourquoi nous sommes à la traine, pourquoi nous ne savons pas construire, nous ne savons plus ni parler ni réfléchir…Je n’ai pas lu ses livres mais je suis sûr qu’on n’y trouvera pas la moindre trace de ces questions. Il est trop centré sur lui même pour écrire des vrais livres utiles, très imbu de sa petite personne, vindicactif, et peut être tout simplement moins intellectuel et moins intelligent qu’il ne le prétend. J’ai toujours pensé que pour que l’Algérie s’en sorte, qu’elle s’accroche au train de la modernité et rejoigne les pays civilisés, il lui faut au préalable des gens comme Bazaljet, des Rousseau, des Pascal, des Nietchze, des Galilée et des Giordano Bruno… de véritables penseurs qui ont revolutionné la vie et l’esprit de leurs contemporains. Yasmina Khadra, je l’ai suivi ces derniers jours avec l’episode du CCA, j’ai lu sa derniere lettre, ses justifications…et je garde surtout en mémoire dans l’emission de Laurent Ruquier, son incapacité à répondre à Eric Zemour de manière claire, intelligente, rationnelle, et surtout honnête…Ainsi lorsqu’on évoque le sous-développement de son pays, il sort aussitôt de sa boîte à arguments l’idée bateau de la maffia financière qui dirige le monde! Même Pierre Lellouche, qui n’est pas ce qu’on peut appeler un intellectuel, a su réagir en lui demandant qui a élu cette maffia à la tête de l’Algerie… c’était à mourir de rire ou plutôt de honte. Un vrai intellectuel à mon sens s’interdit les réponses toutes faites, prend de la hauteur par rapport à la question, s’autorise toutes les pistes et cherche les moindres indices, en ne restant jamais à la surface des interprétations. Mais je suis sûr qu’en Algérie nous avons beaucoup de vrais intellectuels, malheureusement marginalisés car trop honnêtes. Yasmina Khadra, quitte à décevoir encore ceux qu’ils a déjà bernés, n’appartient pas à cette race là, il n’a d’ailleurs aucun courage intellectuel – pour preuve sa réponse d’anguille déja soulignée dans ce forum concernant Benchicou et son dernier livre: " Mais je sais qu’il ne me demandera pas de se produire au CCA pour débattre des Gêoles d’Alger " – Quelle bravoure Monsieur le directeur du CCA! Il y a ici dans ce forum quelqu’un que j’admire beaucoup et que je viens aussi de découvrir à travers ses écrits et son francais stylé c’est Larbi Chelabi qui, à défaut de notoriété (comme Yasmina Khadra), fait preuve de plus de jugeotte. Voila un gars intelligent qui écrit bien, qui sait toucher du doigt les véritables problèmes de son pays, et auquel j’accorde une attention toute particulière. Il a d’ailleurs posé une bonne question à Yasmina Khadra qui résume tout:
    "Quelles sont ces lumières vertes QU’IL AURAIT VUES 6 mois après la publication dans El Pais du brûlot anti-régime et qui lui donnent à penser que le régime a changé de fusil d’épaule, qu’il mise davantage sur l’intelligence et qu’il est devenu ainsi fréquentable? " ….Et comme lui j’attends avec beaucoup de curiosité la réponse de notre nouveau Directeur du CCA!

  10. Je suis un admirateur de l’écrivain yasmina kadra mais aujourd’hui je suis vraiment peiné qu’il ne prenne aucune position en tant que président du cca vis à vis de l’interdiction des geôles d’Alger de l’auteur mohamed BEN CHICOU q’il qualifie de son ami; En fait cette nomination de Yasmina Khadra par le président en personne me rappelle une invitation personnelle( en réalité une caution) de ce même président du chanteur AIT MENGUELLAT à un meeting à tizi ouzou alors que la kabylie traverse une terrible crise politique.Tout le monde se souvient du tort que cela à apporté à la carrière du chanteur qui depuis comme on dit a pris du plomb dans l’aile.A l’époque aucune autre personnalité ne pouvait mieux cautionner les dires du président et même sa présence en Kabylie; pareil aujourd’hui aucune autre personnalité ne peux mieux accréditer les soit disant orientations démocratiques et reconnaissances de l’intellectuel algérien. Je reste sidéré par la capacité de manipulation du pouvoir algérien.

  11. c’est un pouvoir malade il commance méme a perde des plumes.ateint d’un verus qui est démocratie et verité ils essayent d’utiliser yasmina khadra "foug aacha" comme anti-biotique

  12. Je ne comprends plus, messieurs vous êtes sûr que vous aimez votre pays ? Vous préférez laisser des incapables corrompus gérer nos instituts ? C?est ce que vous voulez sous prétexte que le gouvernement est corrompu on doit donc tout boycotter !! Est ce ça un esprit d?intellectuels, on râle parce que on n?a pas les bonnes personnes à la bonne place et maintenant qu?il y en a un on râle aussi ! Un peu de sagesse messieurs laissez le agir avant de juger ! Encourager le, guider le donnez lui vos conseils constructifs chers lecteurs intellectuels ? je remercie rachid rachid par rapport à ses constatations et de ses découvertes concernant la propagande dans la bibliothèque du CCA, je m?y rendrai au centre et j?insisterai à mettre au courant le directeur de cela ensuite si je vois qu?il n?y pas de réponse je relancerai et je relancerai et si je ne vois pas de changement là je changerai mon opinion sur yasmina khadra.
    Ça c?est un message pour Mr LARBI chalabi
    Une réponse à ?Nos lecteurs ont la parole : ??Ecoutons Yasmina Khadra ?.???
    Larbi Chelabi écrit:
    15 juin, 2007 at 23:58
    Je partage l’analyse de Zorbaalgérien. Il y a des récriminations portées à l’encontre des éléments les plus brillants de la société civile algérienne qui frisent l’indécence, sinon la déraison. Il est difficile de ne pas aimer Yasmina Khadra. Ce militaire courageux converti à la littérature et quelle litttératue! a le grand mérite d?appartenir à cette élite rare qui fait de l’intelligence le moteur de l’histoire et de la dissidence le moyen le plus sûr pour échapper aux tentations de la cupidité. Réfractaire aux chants des sirènes parce que foncièrement honnête, il a été de tous les combats, fusil en bandoulière et neurones alertes. Certains lui reprochent de se ?pavaner? dans les studios de télévision ou de se faire éditer en plusieurs langues et non des moindres ou qu?il se fasse aprocher par Hollywood pour une adapatation cinématographique d?un de ses romans. So what! J?ai personnellement vu sa prestation sur le plateau de Laurent Ruquier alors qu?il essuyait les foudres mesquines d?un Éric Zemmour toujours enflammé par la haine de l’arabe et du musulman. Je l’ai vu sur le plateau de Tout le monde en parle version canadienne avec Guy A Lepage. Je l’ai vu parler avec ses tripes d?algérien et une tête bien sur ses épaules. Et c?est pour cela qu?il devrait mériter, qu?il mérite notre respect et notre gratitude. Pour ceux et celles qui, pour des raisons obscures, lui trouvent un talent de traître qu?il n?a pas, ils/elles n?ont qu?à changer de lunettes. Yasmina Khadra est un monsieur qui vous fait sentir qu?un algérien cela peut être bon et cela peut être intelligent et cela peut être fier car la plupart du temps, nos compatriotes moisissent dans les miasmes nauséabondes de l’incompétence et de la jalousie. Et de ceux là et de celles-là, l’histoire n?en parlera jamais. De Yasmina Khadra SI!
    C?est tes propos concernant ton adorable écrivain, tu dois le juger en tant que tel, le fait qu?il devient directeur de CCA ne change rien en lui en tant qu?écrivain tant qu?il maintien toujours ces principes et même s?il est sous un régime corrompu normalement on doit se réjouir en voyant un tel changement pour le bien de notre pays ! Si vous l’aimez bien sur ce pays Mr chalabi. Apparemment il n?y a pas que yasmina khadra qui soit disant selon vous change d?opinion.

  13. bon je vais hasarder un comentaire succint et hasardeux: je trouve yasmina khadra dénué de talent, j’ai lu sa trilogie orientale et à quoi revent le loup, je comprend maintenant pourquoi il n’as pas eu le goncourt derriere lequel il court et surlaquel il fait allusion dans lesz sirenes de baghdad.rassurez vous les amateurs de khadra, mon "ridicule" ne vous tuera pas.

  14. Madame Sonia, si vous lisez correctement le passage que vous citez, vous verrez que je reste fidèle à l’appréciation que j’en fais de Yasmina Khadra. Je ne me suis en aucun cas déjugé somme vous l’insinuez. Dans le texte, il est dit, entre autres  »…Ce militaire courageux converti à la littérature et quelle littérature! a le grand mérite d?appartenir à cette élite rare qui fait de l’intelligence le moteur de l’histoire et de la dissidence le moyen le plus sûr pour échapper aux tentations de la cupidité. ». Ce texte décrivait un Yasmina Khadra qui faisait  »…de la dissidence le moyen le plus sûr pour échapper aux tentations de la cupidité ». Ce Yasmina Khadra que je portais aux nues était celui qui commit cette fameuse chronique parue dans El Pais condamnant irrémédiablement le système maffieux et délétère algérien. Le Yasmina Khadra qui me pose problème aujourd’hui, c’est celui qui trahit ces démocrates orphelins d’une élite engagée, capable de tirer le peuple vers le haut, de le sortir des chemins de traverse, de lui donner le goût de se ressaisir et de reconquérir sa place parmi la communauté des nations éclairées. Le Yasmina Khadra qui m’écoeure, c’est celui qui a trahi ses engagements pour un strapontin indigne de l’écrivain qu’il est. C’est celui qui donne une vitrine démocratique à un régime qu’il a vomi pendant longtemps et qui emprisonna son ami Benchicou pendant deux longues années pour délit d’opinion(personnellement, je me passerai bien de cette amitié). C’est celui qui, en plus du malaise qu’il a créé dans la communauté (enfin une certaine communauté), continue à défendre mordicus l’indéfendable, c’est à dire sa position honteuse dans cette histoire d’horreur. C’est ce monsieur à l’égo enflé qui parle à la première personne avec une arrogance inégalée comme s’il avait déjà atteint les hauteurs d’un Gabriel Garcia Marquez ou d’un Jean-Paul Sartre. Ce yasmina Khadra que je n’aime pas, c, est celui qui combine à merveille le cynisme à la perfidie. Il a voulu simplifier le problème qu’il a posé en le réduisant à un sentiment bas: jalousie. Il mit un point d’honneur à descendre en flammes, Mme Leila Aslaoui à qui il reprocha son manque de reconnaissance car enfin comment peut elle oublier qu’il soit intervenu auprès de son éditeur espagnol pour la faire publier même si ladite requête fut rejetée ? Si vous lisez entre les lignes vous comprendrez qu’il voulait lui faire sentir qu’elle n’avait pas l’étoffe d’un écrivain, de l’écrivain qu’il est. Personnellement ce Yasmina Khadra me fait fait hair la nature des hommes. Je l’ai admiré autant que je le vomis aujourd’hui. Quant à vous Mme Sonia, vous pouvez continuer à l’admirer, c’est votre droit. Vous pouvez pensez que c’est une bonne chose qu’il ait accepté la direction du CCA, c’est encore votre droit. Vous pouvez même penser que nous sommes des jaloux invétérés. La chose que vous ne pouvez faire, c’est de me citer à tort car me semble t-il, je reste conséquent avec ce que j’ai écrit antérieurement et postérieurement à cette polémique. Que Dieu vous le garde! comme disait Mouloud Feraoun

  15. Je ne sais par quoi commencer mon commentaire sur le réquisitoire que je viens de lire, et que j’associe à une réponse par insulte à une critique que je ne trouve point insultante encore moins méprisante. Ce sieur Khadra très gonflé par une soi-disant notoriété met trop en avant cet avantage avec une ignominie qui frôle la suffisance. Yasmina Khadra que j’ai eu l’occasion de connaître pour la première fois durant les année 95/96 après la sortie de son roman « De quoi rêvent les loups » dans les colonnes d?El Watan qui lui a consacré toute une page, mais qui n?a point trahi l’auteur en essayant de le démasquer, ce qui me fit croire découvrir une écrivaine algérienne ; et au fil des temps le commandant se découvre pour défendre la grande muette, peut-être sa propre peau, sur les plateaux des télévisions françaises et les algériens le découvrent sur les colonnes du journal « Le matin » qui avait l’hospitalité de lui ouvrir ses pages pour dire ce qu?il veut et c?est à travers ce journal que ses concitoyens commençaient à avoir de la sympathie pour lui, dont j?en suis un. N?est ce pas une grande honte de dire que j?ai accepté d?écrire dans ce journal même si j?avais des propositions plus alléchantes ailleurs, comme quoi ce chroniqueur en temps perdu écrit pour l’argent, comme quoi « Le matin » n? était pas à sa stature ; quelle burlesque bouffonnerie ! Comment déclarer que Benchicou est mon ami et on n?a pas lu un traître mot sur sa détention arbitraire de deux ans. Comment peut se targuer d?avoir un statut et une notoriété qui dépasse l’espace et le temps et on ne fait aucune déclaration pour dénoncer les atteintes quotidiennes aux libertés et surtout celle d?expression, hormis pour défendre son comparse probabiliste Anouar Benmalek après les foudres attirées par son roman « ô Maria », et se donner ainsi l’occasion de dégainer encore une fois son colt, mais cette fois-ci pas pour tirer sur les terroristes, mais sur les journalistes qu?il associa à ces derniers d?ailleurs et le journal EL Khabar qu?il a cité nommément pour marquer son premier passage sur la télévision algérienne auprès de laquelle il vient juste d?être en odeur de sainteté ; ce qui paraissait un prélude à une nouvelle mission future, que la nomination qui allait suivre confirma. Cette convergence de conception sur l’appréciation qu?on a sur la presse scella l’alliance entre lui et le pouvoir, ce pouvoir même qu?il vilipenda quelques mois auparavant sur les colonnes d?un journal étranger et maintenant le Directeur du CCA se découvre la sagesse de recommander aux gens de laver le linge en famille et cesser d?y aller se torcher ailleurs, quel culot ! Les grands esprits ne se mesurent pas au nombre de prouesses que leurs ?uvres apportent mais seulement aux bienfaits que celles-ci agissent sur leurs semblables. Comment doit-on comprendre que peu d?écrivains vivent de leurs livres et lui en soit l’un ou le rare, est ce de la tartarinade ou juste du vent en poupe. Madame Aslaoui, Monsieur le Directeur était une grande une grande dame, l’est encore et le restera toujours. Etre un grand écrivain ce n?est pas éternel, c?est conjoncturel ; mais être un grand homme on peut le demeurer tout le temps à l’instar des Abane, Ben M?hidi, Boubnider et la liste est longue. Les sirènes de Bagdad semblent faire oublier les plus stridentes d?Alger. J?aimerai rajouter une autre chose concernant la satisfaction du nouveau directeur du CCA concernant sa nomination unique dans les anales de l’Algérie indépendante, en tant qu?intellectuel « indépendant », par le pouvoir, en oubliant que feu Kateb Yacine occupait un poste dans le monde culturel pendant la période de Boumedienne, feu Mustapha Lacheraf aussi qui a eu à assumer des responsabilités ministérielles, et ce même ça parerait très minime par rapport à sa stature, sans oublier feu Mouloud Maameri qui était directeur du CRAP pendant longtemps, et tous le monde sait ce qu?il avait apporté comme plus à cette institution. Par contre votre nomination ne rajoutera rien de plus miraculeux par rapport à celui qu?aurait amené un simple administrateur intègre à ce CCA que vous sembliez glorifier plus qu?un poste d?ambassadeur, serait-il celui dont le fils vient d?être exténué de toute poursuite judiciaire par la justice algérienne, et que malheureusement votre statut d?écrivain « indépendant » ne pourra sûrement pas condamner. La compagne pour un troisième mandat semble partir. Pour terminer je vous souhaite Monsieur le Directeur une réussite dans vos nouvelles fonctions ô combien serviles.

  16. La nomination de l’écrivain Yasmina Khadra à la tête du centre culturel algérien à Paris a fait couler beaucoup d?encore. Il fallait s y attendre. L?écrivain à succès avait fini, depuis qu?il s?est investi dans une carrière littéraire foncièrement antiintégriste, par s?attirer la sympathie d?une frange importante du lectorat algérien, sans parler des milliers de lecteurs qu?il a réussi à charmer par ses romans universalistes. Il semble que, pour le commun des lecteurs, ne pas aimer les livres de Khadra couvrirait son bonhomme de ridicule. Notre écrivain y verrait sans doute quelques germes de jalousie devant le plus beau succès algérien.
    On ne peut, en effet, hasarder un commentaire dépréciatif sur un livre de Khadra sans risques, comme l’affirme avec justesse El Menfi. A plus forte mesure si, comme monsieur Hocine Mezghriche, on n?a jamais lu la moindre ?uvre du Prix des libraires 2006. Et pourtant, en ce qui nous concerne, nous persistons à voir dans la trilogie de Khadra une ?uvre de facture banale, tant sur le plan intellectuel que sur le plan, plus important pour un roman, strictement littéraire. De cette fameuse trilogie, seul L?attentat a été présélectionné pour le Goncourt .Yasmina Khadra s?offusquait qu?un écrivain de sa trempe ne soit pas récompensé dignement. On le sait déjà, notre écrivain guigne le Goncourt depuis belle lurette. C?est, somme toute, assez légitime pour un écrivain francophone que de vouloir obtenir une fois dans sa vie un Goncourt, consécration suprême que Céline lui même n?a pas eue. Rappelez-vous le personnage de l’écrivain Mohamed Seen dans les Sirènes de Bagdad. Rappelez-vous son échange avec son ami intellectuel le Dr Jallal ; tout y est, en effet, de l’amère déception que ressent l’ex commandant devant le mépris qu?affichent les Grands Prix à ses ?uvres, que lui même va parfois à qualifier, comme pour L?attentat, du plus beau roman jamais écrit.
    Aujourd?hui, et sans doute un peu tard, l’égotisme de notre best seller a été enfin mi à nu. Voilà un auteur qui lorsque on lui demande ce qu?il pense de la censure qui a frappé le dernier opus de Boualem Sansal, dérive la réponse pour la focaliser sur sa personne, ressassant pour la millième fois que trente six années de carrière militaire n?ont pas réussi à le briser. Mohemed Seen, c?est Yasmina Khadra : Le monde des intellectuels est partout le même, aussi interlope et fourbe que n?importe quel coupe-gorge. C?est une pègre à part entière, sans scrupules et sans code de l’honneur. Elle n?épargne ni les siens ni les autres?si ça peut te consoler, je suis plus contesté et haï par les miens que nulle part ailleurs. Cette tirade de l’écrivain personnage, extraite des Sirènes de Bagdad, traduit on ne peut mieux le sentiment de Yasmina Khadra. L?ingratitude des siens( parce qu?on ose porter un regard critique sur ses romans) qui côtoie le racisme intellectuel de l’occident( parce qu?on le prive injustement et sans cesse du Goncourt)
    Heureusement, notre écrivain reste une valeur sur dans le marché du livre. Traduit et vendu partout, cette reconnaissance le dédommagerait de cet abominable racisme intellectuel qui veut le briser. Car Yasmina voit partout des volontés de le briser. Et sans doute doit-il avoir des raisons solides de le croire.
    Cela dit, cette digression nous a éloigné du thème principal sur lequel daignent s?attarder des intervenants attentifs à avoir leur grain de sel dans le présent débat. Comment expliquer cette nomination à la tête du CCa ? Ou plutôt comment expliquer qu?un individu qui fustigeait avec une virulence martiale un système puisse accepter de le représenter quelques temps après ?
    Pas pour des causes matérielles assurément. Khadra est suffisamment noble pour tomber dans une telle bassesse. Alors, comment le justifier, ce revirement que d?aucuns ont qualifié de traîtrise ? Et puis, revirement, traîtrise, koursisme, n?est pas là des mots au vitriol pour un écrivain qui n?a plus rien à prouver ?
    Et Bouteflika dans toute cette histoire ? N?est-il pas la vraie raison, sinon l’unique raison qui a ramené notre grand écrivain à de meilleurs sentiments ? La haine peut être un écran qui voilerait toute approche lucide et objective. C?est pour cette raison, à notre sens, qu?on dit qu?elle est aveugle. On oublie souvent le charisme du président Bouteflika, sa rhétorique étonnement persuasive. On ne veut pas entendre les voix qui tout en envoyant le pouvoir à tous les diables excluent Bouteflika de leur ressentiment. Cela semble lèche-cul, mais ils sont beaucoup d?Algérien à aimer sincèrement Bouteflika. Yasmina Khadra aussi.

  17. Qui croire dans cette histoire? L’écrivain, éternel rêveur, ou le militaire rompu à la ruse? Difficile de dissocier les deux, mais une chose est sure: le pouvoir algérien excelle dans l’asservissement de ses élites. Il le prouve encore une fois avec cette nouvelle recrue. Quoique l’intéressée a déjà servi la mafia qui nous gouverne sous une autre casquette, celle d’un officier militaire qui, après sa retraite, a entrepris de légitimer le pouvoir en place en jurant sur toutes les tribunes que ce ne sont que les islamistes qui tuent en Algérie. Au fait, prend-ton vraiment sa retraite quand on est militaire? Il faut reconnaître à M. Messelhoul une certaine franchise quand il décrit son nouveau poste (directeur du CCA) comme une « mission ». La terminologie militaire est de rigueur et l’ancien officier ne croyait pas si bien dire. Il a pour mission de redorer le blason d’un pouvoir qui a toujours ignoré la chose culturelle, qui a clochardisé les artistes, qui a abandonné le cinéma et boudé la littérature. Un pouvoir qui a réprimé la culture et l’identité berbères, qui a tué des poètes et des chanteurs, comme Djaout et Matoub. Non, M. Messelhoul, les écrivains qui refusent de servir de bouffons au roi Ubu ne sont pas des lâches comme vous le dites. Ils ne veulent seulement pas servir d’alibi ou légitimer à un pouvoir pourri. Quant à votre message aux Algériens (Je leur dis réveillez-vous! Réveillez-vous! Vous avez un pays riche et vous vivez comme des pauvres. C’est la preuve qu’il y a un dysfonctionnement non pas dans la société, mais en vous, dans la terre; en nous, dans notre mentalité), j’ai failli tomber de ma chaise en vous lisant. Encore une fois on nous sert cette détestable litanie : c’est la faute au peuple! Non monsieur, le mal est dans la caste de généraux que vous connaissez bien et qui, pour se régénérer et garder ses privilèges, tue, emprisonne, ostracise, viole, torture, réprime … Malgré cela, le peuple a tenté de se « réveiller » et le dernier réveil en date fut en Kabylie, pendant que le reste du pays dormait sur ses deux oreilles. Et vous connaissez la réplique de ce pouvoir que vous servez avec la rectitude d’un militaire. Vous auriez pu vous-même tuer et casser du kabyle si vous étiez en service. Une dernière chose Yasmina Khadra : Essayez de faire preuve d’un peu plus de modestie quand vous parlez de vous-même et apprenez à parler, car vos prestations oratoires sur les plateaux de télés sont tout simplement affligeantes. Bon vent!

  18. mr khadra vous etes une grande plume.etre à la tete du cca est un grnd plus.j’ai un gros probleme: le petrole(il permet d’acheter les interesses par la distribution de la rente) et l’usage que fait le systeme de l’islam .au poste du cca vous ne pouvez rien faire sur le petrole.par contre sur l’islam, je suis seduit par la vision de MOHAMMED ARKOUN sur le sujet et vous pouvez à ce poste mettre en avant notre penseur MOHAMMED ARKOUN.

  19. j’estime beaucoup Yasmina Khadra comme ecrivain.J’en ai lu plusieurs de ses romans et de ses entretiens.Je pense qu’il a deja assz fait pour l’Algerie par le seul fait d’ecrire.Aujourd’hui, il a accépté un poste qui donne raison à la suspicion.Moi meme en tant que simple lecteur, je me sens floué.Le pouvoir algerien a été toujours ingrat et il l’est à ce jour.Khadra est mieux placé pour le confirmer.Peut-etre que s’il avait refusé ce posté :il aurait mieus servi l’Algerie!L’avenir nous le dira!!c’est mon avis.

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