La naturalisation française : des critères mieux définis

La circulaire n° NORINTK1207286C présente la procédure d’accès à la nationalité française. Elle clarifie « plusieurs des critères pris en compte dans l’examen des demandes d’accès à la nationalité française, portant en particulier sur l’insertion professionnelle et sur la régularité du séjour du postulant. Elle apporte des précisions sur la façon de mesurer la connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises ».

La circulaire n° NORINTV1234497C précise « les modalités d’application des dispositions de la loi n°2011-672 du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité en ce qu’elles concernent la signature et la remise de la charte des droits et devoirs du citoyen français ».

Elles établissent de nouveaux critères pour l’attribution de la nationalité française qui doivent être « plus transparents et justes ». L’objectif visé dans ce nouveau texte est d’éviter de léser des « personnes méritantes » à l’acquisition de la nationalité française. Ces deux circulaires ambitionnent de rouvrir plus largement l’accès à la nationalité française. Il s’agit pour le gouvernement de revenir sur « la très forte inflexion du nombre de naturalisations qui avait été mise en ½uvre par l’ancienne majorité depuis 2010: de 30% à 45% de moins ». Pour les travailleurs, à cette fin, l’appréciation de l’insertion professionnelle a été corrigée. La nouvelle circulaire revoit les critères liés au travail, responsables d’environ 40% des refus de naturalisation.

La circulaire NORINTK1207286C stipule que « si l’insertion professionnelle constitue une condition essentielle de l’assimilation, elle ne saurait, dans un contexte de crise économique et sociale qui frappe un grand nombre de citoyens, écarter systématiquement de la naturalisation des personnes victimes d’une situation de l’emploi difficile, d’une période de non-emploi ou d’un défaut de formation préalable ». La nature du contrat de travail (CDD, contrat d’intérim) ne devrait plus constituer un motif en soi pour ajourner ou rejeter la demande de naturalisation, «dès lors que l’activité permet de disposer de ressources suffisantes et stables». L’administration doit apprécier l’ensemble du parcours professionnel du candidat.

Pour les étudiants, la circulaire demande aussi aux préfets de se montrer plus souples sur les dossiers des étudiants étrangers, systématiquement retoqués pour « manque de ressources « . La circulaire affirme qu’ »il ne doit plus être considéré que la nature du titre de séjour étudiant conduit automatiquement à une décision défavorable ».

Pour les jeunes de moins de 25 ans qui demandent la naturalisation, dans l’examen des demandes d’acquisition de la nationalité française, la circulaire intègre la notion de la « présomption d’assimilation au bénéfice des jeunes de moins de 25 ans ». Deux conditions sont exigées pour l’appréciation de ce principe: résidence en France depuis au moins dix ans et y avait suivi une scolarité continue d’au moins cinq ans. La circulaire incite les préfets à une meilleure prise en compte des potentiels des jeunes diplômés, des étudiants et professionnels de haut niveau et des titulaires d’un diplôme de médecine étranger.

Elle dispense les personnes de plus de 65 ans de la production d’une attestation de maîtrise de la langue française délivrée par un organisme certificateur ou un organisme de formation labellisé « français langue d’intégration ». Le niveau de connaissance de la langue française sera apprécié lors de l’entretien d’assimilation.

Par contre, elle prévoit une évaluation de la connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises et de l’adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République française.

Enfin, la circulaire NORINTV1234497C entrevoit la nécessité de faire « signer la charte des droits et des devoirs » aux nouveaux Français. Ce nouveau cap reste provisoire puisque le ministre de l’Intérieur envisage une troisième circulaire sur l’acquisition de la nationalité française.

Fayçal Megherbi

Avocat au Barreau de Paris

6 réflexions au sujet de “La naturalisation française : des critères mieux définis”

  1. C'est ahurissant …. tant de tracas pour prétendre aux statut de l'INDIGENE …

  2. On nous explique les conditions et la procédure pour la naturalisation française ..
    Rélexion !!! La misère nous a fait quitter l'Algérie pour France en 1951 avec des "cartes d'identité française" mon père paix à son âme ancien combattant prisonnier de guerre 1939/45 lui est arrivé en France en 1936 .Fier d'être ALGERIEN à " l'INDEPENDANCE DE L'ALGERIE " en 1963 nous avons restitués nos cartes d'identité nationale française aux Consulats Algériens pour avoir des documents Algériens nous sommes devenus de vrais étrangers à part entière j'ai tout perdu de mes chances de travailler dans l'administration française ou d'évoluer plus positivement, cela au nom de la dignité au nom de mon peuple Algérien de Kabylie .qui a payé un lourd tribu pour l'honneur pour la liberté nous pensions que nous avions de colonisés esclaves passés à hommes libres
    De nos jours on fait la démarche même pour les arrivants algériens de se faire naturalisé français comme une lettre à la poste. Au nom de quoi ???

  3. En demandant la naturalisation en 1996, la préfecture m'a répondu que pour mon cas (né en 1950 en algerie) ce sera la réintégration à la nationalité française et non pas la naturalisation. Le traitement de mon dossier avait été très rapide (quelques semaines). Aujourd'hui je suis à la retraite, je touche une toute petite pension (c'est normal, vu mon parcours et le nombre d'années travaillées ici), j'ai travaillé sans aucun problème, j'ai payé mes impots comme n'importe quel citoyen de ce pays, je suis propriétaire de ma maison dans la campagne normande, je vote comme n'importe quel citoyen, j'ai accès à tous les services publics (santé, etc..) et je n'ai JAMAIS senti que j'ai été traité comme un citoyen de seconde zone. Je tiens à témoigner de mon expérience, de mon vécu. Quitte à énerver certains (j'en suis désolé) je dirais que le statut d'indigène est dans la tete et non pas dans la réalité.

  4. Nos indigènes aussi à l'époque se sentaient plus enfants de FAFA que ces propres enfants … ce sont les autres qui les ont rejetés pendant plus de 130 ans !!! les regards et les comportements des autres sont un signal difficile à ignorer mais ne trompe jamais !!!

  5. Et tu as gardé ta nationalité d'Algérienne, comment demain tu vas affronter les 1.5 morts pour ta patrie! avec des gens comme vous, on est pas encore sorti de l'INDIGEANAT!

    Si demain je vais opté pour une autre nationalité, je doit laisser tomber l'ancienne, pour faire mieux, explique Yarham babak et Waldik comment tu peux être bien ta peau en tant Français et Arabe dans ta peau de basané!

    Il se trouve que tes aïeux ont été torturé par le Général YUCUF le Turc ou le général Schneider alors toi tu te sent bien chez toi en France, Akhi "HARKI 2.0" Akhi!!!!

    RMII

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