Par Boubakeur Hamidechi [email protected]
Ainterpréter comme il se doit ses propos, la ministre n’aurait finalement agi de la sorte que pour éviter à Benchicou une seconde incarcération. Au nom de la liberté d’expression, qu’elle encense d’ailleurs chaleureusement, elle se serait juste acquittée d’une tâche de salubrité publique menacée par un brûlot malveillant. Jamais, avaitelle dit en substance, il a été question d’attenter au droit à la critique encore moins à la fable politique, même quand celle-ci emprunte aux agissements de la vie publique quelques faits et des traits, à peine retouchés de personnages en chair et en os.
Se gardant bien de parler de censure, elle ne manqua pas, cependant, de rappeler qu’il n’y a pas de place dans les librairies pour les livres qui malmènent les hommes publics ! Voilà un plaidoyer bâti sur une contre-vérité. Un pur sophisme. Car l’erreur centrale qui charpente son raisonnement est qu’elle s’était appropriée, grâce à l’autorité de ses fonctions, le droit d’étalonner le degré de nuisance d’un ouvrage. Autant lui rappeler, par conséquent, que sa démarche ou son «initiative» (comme elle le voudra) est bien plus qu’une substitution dans les prérogatives. Elle est une usurpation des missions dévolues aux tribunaux qui se seraient fait un réel plaisir d’instruire toutes les plaintes en diffamation qui se peuvent imaginer. Encore fallait-il pour cela que la chose imprimée arrive à ses destinataires. Nous avons nommé : les lecteurs. C’est, dorénavant, de cela qu’il s’agira. Comment éviter à une publication de devenir un samizdat qui existerait dans les faits mais n’aura pas de notoriété légale ? Autrement dit, comment sauver de la peste des autodafés des manuscrits dont on empêcherait l’impression et la diffusion ? Face à ce dilemme interpellant les éditeurs, peut-on rêver d’une riposte qui aille au-delà du «K» Benchicou tout en le prenant pour prétexte emblématique afin que cesse cette immixtion des pouvoirs politiques dans un domaine qui relèverait, au pire, de l’espace judiciaire ? Le droit d’écrire et de publier est concomitant à toutes les autres libertés garanties par la Constitution. Il ne peut en aucune manière être assujetti à l’appréciation des ecclésiastes qui gouvernent, fussent-ils de haute moralité. L’imprimatur qui conditionne la réalisation d’un projet est du strict domaine des procédures administratives. Celles qui garantissent la propriété intellectuelle sans préjudice des jugements de valeur. Ces derniers étant par définition acquis aux seuls lecteurs. Comme on le suppose, ni M. Toumi ni les éditeurs n’ignorent ce principe intangible. Ils ne peuvent aujourd’hui récuser les accusations de l’auteur ou bien faire comme si le livre de celui-ci n’est pas un test-modèle pour se sonder réciproquement les reins. En effet, si les éditeurs continuent à faire passer par pertes et profits le harcèlement subi par ce journalisteécrivain, alors ils auront accordé un blanc-seing pour la ré-institution d’une sorte d’éthique de l’Etat derrière laquelle agira inévitablement le fantôme des imprimeries. Mais si par contre, ils se solidarisaient contre cette pratique infâme, ils auront alors conquis leur véritable autonomie et auront fait reculer le chantage par la subvention ou à l’accès aux marchés captifs rémunérateurs. A plus d’un titre (sans jeu de mots déplacé), il y a matière à s’inquiéter du retour de la brutalité du contrôle sur l’écrit et des forfaitures qui en découlent. Même lorsque celles-ci s’accomplissent sous le sceau de la «bonne intention» (ah ! cette générosité d’âme à l’égard de l’auteur — «je lui ai évité la prison» — ), elles n’en demeurent pas moins comme des outrances insupportables. Il est vrai que ce journaliste- écrivain est, depuis bientôt 10 années, dans l’œil du cyclone du régime. Plume aiguisée d’un homme de conviction, il est l’objet d’une surveillance étroite de ses écrits qui va au-delà de ce qui ne serait pas permis sous autres latitudes. Abcès de fixation en haut lieu depuis son fameux pamphlet de l’hiver 2004, sa production intellectuelle est, depuis, décryptée à la moindre virgule. Avant la parution de ses livres, ne s’était-il pas fait connaître par la vigueur et la justesse de ses éditoriaux qui, chaque fois, sonnaient comme un tocsin au sein de l’establishment ? L’indiscutable notoriété qu’il a acquise dans l’opinion ne lui a-t-elle pas valu tous les mauvais traitements qui lui sont à ce jour infligés ? Après l’embastillement et l’interdiction faite à son éditeur d’exposer au Sila un de ses livres en 2007, l’on ne trouvera pas mieux, cette fois, que d’envoyer en mission commandée la ministre de «l’intelligence» pour «lire» et confisquer son dernier opus. Procédés d’une autre époque qui sont les prémices d’une offensive d’une autre ampleur. A ce stade des enjeux primordiaux, il faudra, en effet, s’attendre à ce que la censure n’épargne à l’avenir aucun des vecteurs de la communication. L’appareil d’Etat, détenteur comme on le sait de l’incontrôlable «légitimité de la violence », n’aura aucune peine à frapper où il le faut et comme il le souhaite, si, par lassitude, les éditeurs «oublient» de réagir face au signal fort qui vient de faire d’un livre un exutoire de référence. Dans un passage de «l’immortalité », un roman de Kundera, celui-ci insiste avec pertinence sur ce droit dévolu au journaliste et par prolongement à l’écrivain. «Ceux-là, écrit-il, n’ont pas seulement raison de poser toutes les questions, mais le droit également d’exiger des réponses.» C’est dans cette aptitude intellectuelle que s’est, en permanence, inscrit le journaliste Benchicou. Et c’est ce qui lui est cycliquement reproché. En n’hésitant pas, au péril de sa liberté, à lever le voile sur les turpitudes des dirigeants, il se voit chaque fois interdit de parution ou bien traîné devant les tribunaux. Or, ce combat qu’il mène en solitaire ne doit pas rester le sien. Le livre comme les journaux ont aujourd’hui un besoin pressant de résister à l’érosion politique. Les louvoiements du passé récent n’ont-ils pas fait trop de ravages ? C’est parce que l’on ne soupçonne jamais assez que les tractations d’arrière- garde sont par nature des retraités mortels, que l’on verra, plus souvent que de coutume, des censeurs en jupon débarquer dans les imprimeries.
B. H.




bonjour, je ne suis pas un juriste et, encore moins, aucune connaissance dans le métier. mais, une chose est évidente à mon sens. puis-que madame le ministre a violé les principes de la république en interdisant ce livre de benchiccou. et, elle n’a pas respecter la loi en vigueur pour passer par le justice. elle a usé de son pouvoir, seulement de celui-ci pour le faire. donc, c’est à la société civil de la rappeler à l’ordre. en commençant par les éditeurs qui doivent impérativement être solidaire et la désobéir en imprimant le livre en question puis quela loi est de leur cotés.leur devoir est de defendre la république par conséquant, leurs métier cordialement,
Bayouna ou Kaci Tizi Ouzou n’auraient pas trouvé meilleur prétexte.Heureusement qu’on vous connaît Khalida.Décidément, il y a des huiles qui tournent et d’autres qui se bonifient avec l’âge.Dommage que vous ayez choisi d’être des premières.L’effet Bouteflika a fait des ravages au RCD et ailleurs.
Mr salam, je suis entièrement d’accord avec vous. Les éditeurs doivent impérativement se solidariser avec Mr Benchicou pour ne pas laisser passer cette injustice. Ils doivent arrêter les rotatives et crier leur désaccord. Il y va de leur crédibilté, si toutefois ils leur restent une…
Non, Mr Benchicou ne doit pas être seul car la liberté d’expression concerne tout le monde.Non, Mr Benchicou ne doit pas rester seul contre ce pouvoir dégradant car la liberté d’expression est l’affaire de tous. Certains trouveraient prétexte qu’ils sont contre le livre de Mr Benchicou, ou mal écrit ceci est une autre histoire car le principe pour tout le monde est « ne touchez pas à la liberté d’expression, faites une action en diffamation si les dires sont faux ou trop personnels (il y a doit y avoir des lois) mais ne touchez pas à la liberté d’expression » qui est une avancée chèrement payée ?! Où sont les vrais démocrates ?? Est-ce qu’ils doivent se terrer dans un salon pour préparer leur réunion pour préparer leur con férence et parler d’une chose qui doit pas fâcher le gouvernement en place, qui risque de leur enlever leur subsides ? Est-ce que leur vrai travail est de détourner les regards du TPI qui risque de juger certains actes et délits de crime contre l’humanité comme la tuerie de BAB ELOUED et de KABYLIE. NON, MR BENCHICOU ne doit pas rester seul à combattre les dépassements et les abus de Boutef qui doit regretter les sociétés du Moyen-Orient où les rois ont droit de vie et de mort sur leurs sujets sans que cela n’émeuve les responsables des sociétés occidentales dont le silence est payé par des barils de pétrole ou par des pétrodollars. Non l’Algérie mérite mieux que ces incompétents et ces incultes qui ont ramenés le pays et la société en arrière. Les Algériens ont le droit de penser, d’écrire et de dire ce qu’ils veulent pour peu que cela ne tombe pas dans la diffamation, c’est u n droit auquel leur ainés ont payés un lourd tribu et dont des rigolos incultes, imbéciles et limités, s’appuyant sur des idées rétrogrades, obscurantistes, relevant d’un autre âge ont pris le peuple algérien en otage en faisant planer une chape de bigoterie, de religiosité maladives sur la société algérienne. Mr Benchicou est l’un des rares Algérien à vouloir faire bouger les choses sans que le pouvoir en place ne lui envoie un proxénète ou un (ir)responsable du Ministère des Affaires Etrangères ou quelqu’un du Ministère de l’intérieur l’assassiner comme Maître Ali Mecili.
BOUDIAF N’A JAMAIS PENSE UN INSTANT REMETTRE EN QUESTION LA LIBERTE D’EXPRESSION (VOIR EL MENCHAR ??!!)
benchicou est le seul journaliste qui sache écrire les vérités alors messieurs libérez sa plume et laissez nous nous délecter de son encre !
si elle avait agi de la sorte par amitie, elle aurait bien fait de consulter m Benchicou, avant de prendre une telle décision qui a révélé sa vraie personnalité. c’est honteux de se qualifier de démocrate et de travailler contre la démocratie. Sa conception de la démocratie est fausse et elle le sait, comment elle ose se regarder dans le miroir et se dire je suis moi, or que son vrai visage est défiguré par le faux. et je tourne ma veste toujours du bon coté.
De quel combat vous parlez monsieur est ce celui de traiter tous les autres d’imcompétents et de traitres et de dire que je suis le seul qui détient la vérité sur le pouvoir en place. Je ne croit pas car cet homme n’hisite pas a diaboliser tous ceux qui ne partagent pas sont point de vue. Moi je le dis franchement je suis entierement d’accord avec Madame la ministre.