Algérie, une histoire de l’Apocalypse

Une transition révolutionnaire post-indépendance contre le règne du mal demeure la résultante inévitable pour aller vers le progrès. (Brahim Gater)

Cinq juillet 1962, l’Algérie arrache au prix du sacrifice ultime son indépendance. Ma grand-mère, offre ses boucles d’oreilles à son Algérie en réponse à l’appel de Ben Bella pour soutenir l’État parce que les caisses étaient vides, les fonds récoltés étaient destinés pour constituer la dote de notre jeune et belle Algérie, un budget pour un fonctionnement de départ. Au croisement de l’amour avec la patrie, la femme algérienne constitue cette dote à partir de ces bijoux pour donner les moyens de construire une république des devoirs et des droits. 

Ces boucles d’oreilles ont une valeur inestimable pour ma grand mère, un héritage de famille qui viennent de son arrière et arrière grand mère, un monument historique du 17e siècle, des pièces qui parlent de notre histoire millénaire et qui se conservent jalousement de mère à fille et de génération en génération. C’était un cadeau de sa mère à l’occasion de son mariage, des boucles qu’elle n’avait jamais porté à l’exception des jours de fête ou de cérémonies religieuses par peur de les abimer ou de les perdre. 

Ce fameux Sendouk Tadhamoun a délesté nos mamans de leur bien sacré du mariage, un vol organisé à la dimension d’acte de cambriolage. Avec son discours populiste au ton de zaim, mariné dans le nassérisme et la mouloukhia , Ben Bella récolta des centaines de tonne d’Or et d’argent une partie de ce butin, des sacs de bijoux étaient empilés et cachés à la villa Jolie, le reste étaient déposées au niveau de la caserne Ali Khodja et du trésor public par le suite et qui étaient pris sur des destinations inconnues à ce jour. Une première dans l’histoire de l’humanité, un premier acte de vandalisme d’état avec prise de température pour tester la naïveté du peuple algerien en vue de le soumettre à l’exercice de la soumission.

D’une opération d’escroquerie qui a dépouillé nos grands-mères à la chasse aux hommes sincères, propres et intègres. Ben Bella annonça sans scrupule que : « C’est moi la révolution », « Je vais dégraisser la bourgeoisie », le reste est du vent pour semer une tempête de quinze années de prison ferme. Un acteur qui succomba à une surconsommation d’Earar du pouvoir et qui se voit dans les corps de Nehru, Tito et Fidel Castro, un idéalisme au sommet de l’ignorance. 

Secondé par Boumediene qui arriva avec sa caravane de l’Ouest en compagnie de ses acolytes pour libérer notre Algérie de ses nationalistes, entre dans la capitale pour mettre fin à la fête, arrêta la music et poussa chaque citoyen a rejoindre son gourbi dans l’attente de finir avec les révolutionnaires et la révolution. Son nom est étranger à notre peuple et à la patrie, choisit Ben Bella comme une mouche sur l’hameçon pour avoir le gros poisson : le peuple. 

Durant une période insignifiante de sa gestion, Ben Bella réouvrit les centres de torture, aiguise les instruments et peuple les prisons en mettant en place sa politique du barbouze en vue de pourchasser les dirigeants de la révolution et les opposants à sa politique de (El djazair tekfina oua takfikoum), l’egyptiannisation de l’Algérie allait commencer. L’épuration par la liquidation physique des enfants de la patrie par une bête féroce au pouvoir a commencé.

– Assassinat de Mohamed Khemisti le 11 avril 1963. Ben Bella déclara par la suite que cet assassinat est un acte isolé. 

– Assassinat du colonel Chaabani, jugé par une cour martiale à la joie de Ben chérif et ses camarades de classe le 4 septembre 1964 et l’exécution a eu lieu le même jour.

– Emprisonnement de tous les acteurs de la révolution : Mohamed Boudiaf, Hocine Ait Ahmed, Taleb El-Ibrahimi, Rabah Bitat, etc.

– Organisation des gangs de rue à partir de la casbah pour mater la rébellion et faire peur a ses opposants. 

Pour sortir de cette branche sans âme de la révolution de novembre, je lance un trait d’union pour parler du fondateur de l’assassinat politique en Algérie dans la personne d’Abdelhafid Boussouf, un sanguinaire sans foi et sans loi, inaugura son école de tueur à gage dans l’assassinat de Abane Ramdane et impliqué aussi dans la mort du colonnel Amirouche et Si El Houes et finalement dans l’assassinat de Krim Belkacem, de cette école sont promus Houari Boumedienne et Kasdi Merbah.

Pour illustrer l’acte sauvage et anti-révolutionnaire commis par Boussouf dans l’assassinat de Abane Ramdane, permettez-moi de vous présenter ce récit douloureux et très émouvant. Des crimes ont été commis contre de paisibles citoyens et qui restent impunis. Ces criminels ont bénéficié des priorités et des largesses que leur a accorde le pouvoir et ont laissé à leurs ayants droit des richesses inestimables, certains sont en Amérique du Nord et vivent dans des manoirs et d’autres en Europe dans des pays sûrs.

Le récit :

A l’aérodrome, raconte donc Krim, Boussouf nous accueillit avec quelques-uns de ses hommes et tout aussitôt me prit par le bras pour m’entrainer à part un bref instant. A brûle-pourpoint, il me dit : « Il n’y a pas de prison assez sûre pour garder Abane. J’ai décidé sa liquidation physique. »

Indigne, je refusai, répliquant que ce serait un crime auquel je ne m’associerai jamais. Puis, sur l’aérodrome même, j’informai Mahmoud Cherif qui, bouleversé, eut la même réaction que moi. Boussouf, selon Krim, était terriblement surexcité. Il avait les yeux hagards et ses mains tremblaient : nous ne pouvons plus parler ici, dit-il, nous reprendrons cette discussion plus tard. Tous s’engouffrèrent dans les voitures qui les attendaient. Celles-ci roulèrent assez longuement, avant de pénétrer dans la cour d’une ferme isolée. Abane, Boussouf, Krim, Mahmoud Cherif et leurs compagnons descendirent, pénétrèrent dans le bâtiment.

Arrivés dans la première pièce, un groupe d’hommes les attendait. Sitôt Abane entré, ils se jettent sur lui à six ou sept et le ceinturent. L’un d’eux lui presse de son poignet la pomme d Adam, dans une prise souvent baptisée « coup dur ». Ils l’entrainent dans une seconde pièce dont la porte est aussitôt refermée.

Voyant cela, assure Krim, j’eus un mouvement pour aller au secours d’Abane. Mais Mahmoud Cherif m’arrêta et me prit par le bras en disant à voix basse : « Si tu bouges, nous y passerons tous. « Krim n’avait pas d’arme. Mahmoud Cherif non plus. Mais celui-ci mit la main dans la poche de son veston, pour donner le change aux autres hommes de Boussouf présents dans la pièce. De la pièce voisine montaient les râles d’Abane, qu’on étranglait. Puis le silence se fit. Boussouf revint brusquement et, raconte toujours Krim; il avait à ce moment-la la tête d’un monstre ». Il se mit a proférer des injures et des menaces indirectes contre tous ceux qui voudraient agir un jour comme l’avait fait Abane. Il allait et venait d’un pas rapide, saccade, et Krim eut la certitude qu’il se demandait s’il n’allait pas les liquider eux aussi sur-le-champ. Au bout d’un moment, néanmoins, Boussouf se calma un peu et donna l’ordre de repartir. Tous reprirent place dans les voitures, qui partirent en direction de Tetouan. Mais elles ne tardèrent pas à s’arrêter prés d’une autre villa du FLN, déserte, comme si, à la dernière minute, Boussouf hésitait encore sur le sort à réserver à Krim et à Mahmoud Cherif. A l’intérieur, toujours fébrile, il se remit à arpenter la pièce en grognant des menaces. Et chaque fois qu’il arrivait devant Krim, il le regardait longuement avant de reprendre sa marche. Finalement, le cortège des voitures repartit à nouveau pour retourner, cette fois, à l’aérodrome, où l’avion était prêt au décollage. Avant d’embarquer, assure Krim, lui-même et Mahmoud Cherif condamnèrent à nouveau le crime de Boussouf, lui disant qu’il en porterait seul la responsabilité. Des leur arrivée à Tunis, les deux hommes informèrent Ben Tobbal, qui cria, lui aussi, son indignation. 

Extrait de Vérités sur la Révolution algérienne, paru en 1986 aux Editions Gallimard

La mort de Abane comme un premier assassinat politique me renvois à la première exécution coloniale du feu Ahmed Zabana. Permettez-moi de vous présenter sa dernière volonté avant son exécution. 

Lettre d’Ahmed Zabana à ses parents.

Mes chers parents, ma chère mère,

Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n’a pas de fin, et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir. Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l’être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi. Enfin, recevez les salutations d’un fils et d’un frère qui vous a toujours aimés et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu’à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheïra, Salah, Dinya et à toi, mon cher frère Abdelkader ainsi qu’à tous ceux qui partageront votre peine. Allah est Le Plus-Grand et Il est seul à être équitable.

Votre fils et frère qui vous aime de tout son cœur.

Hmida*

Abane Ramdane et Ahmed Zabana, deux martyrs pour un même combat avec un ennemi commun, l’un exécuté par ses siens et par confiance pour raison de prise de pouvoir et l’autre par l’armé francaise pour raison de refus de céder le pouvoir. Feu Abane Ramdane n’avait pas le privilège de laisser une lettre de dernière volonté.

Coup d’Etat du 19 juin 1965, Ben Bella se retrouva dans une retraite méritée à l’intérieure d’une résidence surveillée. Boumediene, l’homme fort de la situation assisté par son maitre Boussouf et Kasdi Merbah mettent en place une stratégie de poursuite et d’assassinats politiques d’envergure internationale. Ils poussèrent les nationalistes à suivre les pas des pieds-noirs. Des dizaines d’assassinats et de disparitions nocturnes, nos mamans continuent a vivre dans la peur et l’incertitude. 

La politique de la privation et de la censure est légale, le peuple est soumis à l’autorisation de sortie, privé de ses droits et plonge dans l’assistanat. La peur s’installe dans la ville et le peuple est conditionné dans des crèches à partir de sa naissance à sa retraite. 

La révolution agraire tue l’orange et la mandarine de la Metidja, la pomme de terre de Mascara, la deglet Nour de Biskra et de Oum-Tior, les oliviers et les cerisiers de la Kabylie ont été arabisées, la mouskat de Cherchel et de Tipaza volatilisée, le rosier de Blida et le jasmin d’Alger ont été remplacés par des barricades à l’image de la ligne Morice Le grenier de l’Europe se vide et dépose le bilan de la faillite pendant que notre Rabah Driassa chante : « Khoud el meftah ya khouya khoud elmemftah ». Le peuple attend avec impatience la visite estivale de nos immigrés pour gouter à la pomme et à la banane. 

La révolution industrielle vide le rural pour un salaire insignifiant. Un salaire socialiste avec des primes de rendement individuelle et collective (PRI et PRC) dans un monde improductif. La création de l’emploi et la politique du social avec l’ensemble des structures de gestion, de contrôle et d’observation à la solde du pouvoir central était la raison d’un égocentrisme et de l’ignorance du pouvoir. Une aberration humaine pour justifier la réussite d’un système à l’image de la pénétration du corps de l’éléphant dans celui d’une mouche. Des milliards de dollars ont été investis et une partie importante de cet argent est détournée avec la bénédiction de l’article 120. La culture de la corruption est née, fonctionne avec des lois et des hommes. 

L’arabisation, un mécanisme pacifique pour tuer l’intelligence, écarter les cadres francophones et seller définitivement la langue berbère. Le français est un acquis pour évoluer vers les hautes techniques de gestion et la maitrise,l’acquisition des technologies nouvelles. Nous nous pourrions être des super Arabes que les Arabes du Golfe et pourtant ils fonctionnent tous en anglais. Le panarabisme de Ben bella et de Boumediene a fait reculer notre Algérie a la position de l’irréparable. Les langue arabe et berbère demeurent une fierté nationale, le français et l’anglais restent des langues de science et de technologie. 

Aujourd’hui, le peuple ne parle aucune langue, est muet à jamais. Ma grande mère a perdue ses boucles d’oreilles et décédée sourde et muette.

L’ensemble des reformes de Boumedienne n’avaient aucun sens et ne peuvent être productif dans un ensemble de rapports sans démocratie. Boumedienne signe sa condamnation à mort avec : « El hisabat fi esbinate », ce dernier discours devant la jeunesse. 

Chadli arrive et la fête de règlement de comptes ouvre son bal avec tambour et trempette. Le peuple goute à la liberté de partir ailleurs, au fromage, à la banane et aux pommes roquette rouge. Ouvre le champ politique pour connaitre l’ensemble des partenaires halal et non halal. La situation noire se solde avec des centaines de milliers de morts et une dette de dizaines de milliards de dollars. Le peuple découvre le piège et pleure ses morts, ces meilleurs enfants de notre Algérie. 

Je termine mon bref réquisitoire avec la citation du feu Larbi Ben-M’hidi :

« Je voudrais être soumis à ces tortures, pour être sûr que cette chair misérable ne me trahisse pas. J’ai la hantise de voir se réaliser mon plus cher désir, car lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles. On oubliera toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer des places ; ce sera la lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà, des clans se forment. A Tunis, tout ne va pas pour le mieux ; oui, j’aimerais mourir au combat avant la fin » (fin de citation). Restituez-moi les boucles oreilles de ma grande mère et je vous laisse la Sonatrach. 

Démos

14 commentaires

  1. Il y a une chose qu'il faut corriger,comme l'a dit Boubnider,la France nous a donné l'indépendance…
    Cette indépendance que nous payons à prix fort jusqu'a nos jours..
    Des milliards de dollards sont détournés chaque années….
    De nombreux citoyens rejoingnent les prisons"politiques"…
    Il y a beaucoup de faits qui ,s'ils venaient à être révélés,ce sera l'Apocalypse.
    Parmis ces faits,Le PLUS EXTRA ORDINAIRE c'est le renversement de Benbella,qui n'a été possible qu"avec l'accord de De GAULE…Bouteflika fut envoyé en France pour cela…..
    Chadli a d'abord écouté Miterrand pendant des heures pour ouvrir le champ démocratique et legaliser le FIS.
    Sellal et Gaid sont allés en France demander à François Hollande quand il faudra remplacer Bouteflika,…
    La France commande toujours chez nous,ses soldats qui sont devenus nos généraux sont aux commandes…

  2. Lorsque l’hégémonie militaire s’imposa à la volonté du gouvernement provisoire, l’illustre et feu BENYOUCEF BENKHEDDA augura parfaitement les voix où était précipitée la patrie. Il dit sur cette conjoncture; « Il se pose ici, le problème de l’intégration de l’ALN, et plus particulièrement de celle des frontières. Cette question délicate qui constitue l’un des points essentiels de la reconversion, ne pouvait et ne peut être tranchée que par la création de l’armée nationale Algérienne. C’est seulement dans ce cadre et sous l’égide de l’autorité centrale, que ce peut s’opérer la fusion de l’ALN des frontières et celle de l’intérieur. Or, certains officiers qui ont vécu à l’extérieur, n’ont pas connu la guerre révolutionnaire comme épreuve de leurs frères du maquis, guerre basée essentiellement sur le peuple dont l’ALN n’a été que le fer de lance. Le peuple a été l’artisan principal de l’indépendance, ces officiers qui sont restés pendant la guerre aux frontières Tunisiennes et Marocaines, ont souvent tendance à ne compter que sur la force des armes. Cette conception dangereuse, conduit à sous-estimer le rôle du peuple, voir à le mépriser et crée le danger de voir naître une féodalité ou une caste militariste, telle qu’il en existe dans certains pays sous-développés, notamment en Amérique latine. Là, se retrouve la maladie de l’exil. La révolution n’est pas l’œuvre d’une fraction du peuple, mais elle est basée sur la mobilisation de tous les Algériens ; la cheville ouvrière, le gardien vigilant de la révolution, c’est le militant avec ou sans uniforme, qu’il soit dans le FLN, l’ALN, les syndicats ou toute autre organisation nationale. L’armée est au service de la nation, c’est-à-dire, qu’elle est sous l’autorité directe et absolue, du gouvernement qui exprime la souveraineté nationale. Elle n’est pas la source du pouvoir selon l’idée simpliste qui confond force armée et origine du droit et du pouvoir. Cette origine ne peut être que le peuple, c’est là un principe de base de notre révolution et de toute démocratie.». Inopportunément, la puissance n’était pas du côté de cet illustre qui avait bien saisi que l’asservissement du peuple qu’il venait de libérer du colonialisme étranger, était venu avec les chars qui écrasaient la démocratie. Mes recherches pour pénétrer avec le maximum d’authenticité les événements qui avaient accompagné la proclamation des accords d’Evian en 1962 et qui avaient failli précipiter toute la patrie dans une guerre fratricide, alors que cet illustre Monsieur, était le chef du gouvernement provisoire qui, non seulement avait tenté de raisonner tous ses concurrents, hélas, ses aspirations justes et honnêtes de construire un État de droit et de partage du pouvoir s’étaient heurtées à la macabre trame d’une cabale qui avait son propre projet, celui de soumettre le peuple à leur servitude, pour leur abandonner la partie et la sauver de cette guerre insensée. Honnêtement, ce discoure devrait non seulement frémir le moins inspiré par la politique nationale, plutôt même montrer combien ce Monsieur avait vu juste quant à cette caste militaire qui continue jusqu’à ce jour de nous soumettre à son joug au nom de la sauvegarde de la nation, alors qu’elle ne veille qu’à ses intérêts et à ceux de cette caste de fortunés chargés de la régence de la patrie. Incontestablement, si de tels sages ne naissent qu’une fois, je le jure que la patrie a été abandonnée au diable depuis ces temps-là. Combien, il est regrettable de dire que depuis, la disparition de tels magnanimes, il ne demeurait dans la patrie que des dissimulés à mille simagrées. Les témoignages apportés par le mémorable Ferhat Abbas, dans ses mémoires qu’il nomma -l’indépendance confisquée- sur cette période sont sans nul doute les plus remémorant des événements qui avaient enlaidi ces premiers pas de l’Algérie indépendante; sans parti pris, sans aucune duplicité ou sournoiserie, il narra toutes les vérités dans un style direct y compris le mensonge que la coterie avait employé pour l’appâter. Cet opuscule, doit être lu par chaque Algérien et Algérienne se considérant patriotique, attachant quelques intérêts à apprendre la vraie histoire de sa patrie, surtout celle de ces deux premières décennies, qui formèrent la base des mœurs de gestion de la république, et qui furent à l’origine de la macabre léthargie, dont souffre depuis toute la patrie.
    Incontestablement, les événements imposés échappaient à tous les protagonistes, sauf à celui qui tirait toutes les ficèles. Tandis que, leur évolution se mutait, d’un état d’escarmouche entre belligérants à celui d’une guerre civile, le groupe drapé par la fausse légitimité n’avait attaché aucune importance aux macabres contingences qu’il hasardait, plutôt seulement s’accaparer du pouvoir comptait pour lui. Il était écrit dans les cieux depuis ces temps-là, que le pouvoir ne peut être légitime dans cette Patrie, que son peuple vivrait éternellement sous l’hégémonie des fanatiques imposés par le fusil et la baïonnette à sa lucidité depuis ces années-là. Combien, se trompait mon maître Ferhat Abbas, dans la conjugaison de ces événements, en rapportant la légitimité du pouvoir à la garantie populaire. Le peuple de cette nation abandonna définitivement son sort à ceux qui voulurent imposer leurs arbitraires sur lui, ainsi le soumettre au joug de leur servitude, en foulant à leurs pieds sans honte et sans vergogne, les ambitions pour lesquelles un million et demi de martyres se sont sacrifiés. Hélas, le peuple n’avait pas discerné le collet qui lui était ourdi, il se laissa captiver par les artifices de ses maîtres, pour égarer à jamais la souveraineté qu’il avait arrachée avec d’inénarrables sacrifices à cet ennemi étranger. Il me semble que mes concitoyens de ces temps-là, tellement qu’ils étaient effrayés par la guerre contre l’ennemi étranger, ils n’avaient pas accordé à la légitimité tous les sens qu’elle méritait. Devant le péril, ses ambitions passées étaient devenues caduques, se suffisant même de n’aspirer qu’à la paix et la quiétude, pour nous liguer ce fameux slogan « Sebaâ snine, barakat ! Sept ans, ça suffit ». Par cette bévue, le peuple sans le savoir avait prêté une main forte à l'établissement du despotisme. Quoique, ce comportement populaire de ces moments-là, trouva quelques motifs qui le justifiaient, hélas, par ce regard rétroactif, on se rend compte que le peuple ne se laissa pas seulement enchaîner, plutôt, en refusant d’imposer par lui-même la démocratie, de défendre sa liberté, il presta de lui-même la tête à l’attelage avec qui, depuis on ne cesse d’enchainer même sa progéniture. En république, il n’existe qu’un seul sauveur, il est le peuple lui-même ; c’est celui qui se sauve ou s’égare, ceci est une loi invariable pour tous les peuples. Il semble même que ce soit son inévitable destin, que de passer par toutes ses tribulations: partout durant ces temps-là, les gouverneurs marchaient au despotisme et les peuples à la servitude. Ce sont d’étranges aventures auxquelles s’étaient livrées les nations durant ces années de liberté. Avec ce regard rétrospectif, on y voit, d'un côté, les témérités imposées par d’indignes intrigues, et les artifices secrets qui étaient employés pour établir ces injustes républiques ; de l’autre, on y voit, des peuples qui s’étaient sacrifiés comme on ne le fit jamais, pour se laisser naturellement circonvenir par des brigues incroyables que lui tramaient des satrapes et finir avec le temps, par ployer, peu à peu, leurs têtes sous le joug des nouvelles tyrannies. N’est-ce pas ce qui arriva à notre nation ? Elle accepta depuis l’aube de l’indépendance de se soumettre aux manigances d’une cabale de controuvés ! Regardons les mesures arbitraires et despotiques dont elle usa pour la maintenir sous son attelage à ce jour. L’artifice premier dont on usa était de pousser la nation jusqu’aux périls les plus invraisemblables, montrer les menaces de contingences apocalyptiques pour la nation, stimuler en conciliabules certains risques insoutenables, notamment celui de l’atomisation de la nation, pour aggraver la panique générale, orienter tous les regards sur cette guerre civile qui commençait à fumer et puis s’imposer comme consensus adopté. Les magouilles avaient atteint des niveaux scandaleux, comme témoigné par Ferhat Abbas ; « les appétits se multipliaient et se déchainaient. L’Algérie était comme un animal blessé entouré d’une meute de loups, aiguisant leurs crocs. Chacun voulait en arracher un morceau. L’absence d’une autorité légale, forte et reconnue, avait fait naître une multitude d’ambitions, toutes plus ou moins contestables. Cette situation dura jusqu’à l’entrée des troupes des frontières à Alger. Semant des cadavres sur leurs routes, Boumediene faisait la conquête de l’Algérie. C’était la seule guerre qu’il fit.». Voici, le paragraphe qui m’avait inspiré le titre de cet opuscule. Évidemment, cet état de goinfrerie de cette meute de loups, m’inspira à donner à mon opuscule le titre ; « le temps des hyènes », sacrement légitime, comparée aux avidités relatées. En contemplant les rires désagréables et odieux des hyènes devant leur charogne, et en se méditant sur les rires de ces autres devant l’imposture adoptée, on saura le péché par qui cette patrie est née. Ainsi, étaient les fondements sur lesquels, est construit l’avenir de celle-ci; illicite, tortueux et plein de déloyautés, pour n’être bien qu’à ceux qui l’avaient tramé, pour ne servir que leurs intérêts et leurs artifices. Aujourd’hui, cinquante ans après, le peuple de cette nation se consume toujours sous le poids de ces ourdissages passés.
    Atheras Amsoune "Le temps des hyènes Roman en écriture"

  3. Allah yerham tous les martyrs de Novembre et d'octobre, Les martyrs du devoir, de la démocratie et de L'injustice.

  4. Azul fellawen,
    Votre texte est limpide et explicite sur la supercherie que vit le peuple Algérien depuis 1962.
    Un colonel factice dont les seuls faits d'armes sont les assassinats des révolutionnaires Algériens venu avec ses mercenaires les Algériens après le référendum.
    Un président de nationalité étrangère et pour couronner le tout, cette clique de brigands et d'assassins issue du maquis d'Oujda et plus précisément du bordel de madame Bouteflika.

    Vivement l'autonomie de la Kabylie.

  5. C'est là l'erreur impardonnable des pionniers de la révolution, se sacrifier pour cette bande de voyous, de maffieux et de colons de la pire espèce. La preuve, beaucoup de gens vont jusqu'à regretter la présence française.

  6. au fur et à mesure de la lecture de ce texte qui me remémore ce que nous savons tous au fond de nous, me mets dans un état de rage impuissante qui fait vraiment trop mal !!!!

    Rien que le mot "ssenduq ttadhamoun" me donne de l’urticaire !!! les nom de ben bella, de boumedienne me donne la nausée

    ils ont bien réussit leur coup !
    L’Algérie n'a jamais été indépendante et depuis toujours, elle tend des pièges aux meilleurs de ses enfants au profit des renégats et de leurs maîtres colons

    IGNOBLE

  7. Démos ne nous apprend rien de plus que ce que nous savons tous. Toutefois il est utile de réveiller les consciences qui dorment, et ou, qui oublient.
    Je ne cesserai pas de le redire encore et encore, le salut du pays ne viendra que par une mobilisation citoyenne massive. Planter les potences et de faire pendre tous les voyous qui ont dirigé le pays depuis 1962, sans omettre toutefois de faire de même pour tous les collaborateurs durant la guerre de libération, et ils sont connus! Sinon on aura rien compris.
    A tous les acteurs de la guerre de libération, votre silence devant le drame algérien s’apparente à de la complicité. Ne souillez pas le sang de ceux qui se sont sacrifiés pour que vive libre notre cher pays, parlez !
    Aux intellectuels silencieux, parlez, écrivez, l’histoire ne vous pardonnera jamais sinon.

  8. Si pour la Palestine ,Israel représente la catastrophe depuis 1948 pour l'Algérie ce sont ces deux personnages qui représentent la catastrophe qui perdure depuis 1962.

  9. Mr Demos , en conclusion vous leur laissez Sonatrach en échange de boucles d'oreilles ? Mais tant qu'il vous en prie ce qui vous est personnel , vous ne pouvez donner comme gage Sonatrach ! C'est juste s'il vous laisse téter quelques gouttes de la grande mamelle qu'elle est !
    Une certaine sagesse nous apprend que toutes les choses ne sont pas bonnes à dire , mais dans la situation actuelle si ce n'était le printemps arbe et cet incident providentiel qu'est l'AVC , nous en serions peut être au cérémonial de remise des clés de la cité Algérie de Abdelaziz à Said Bouteflika .
    Il faut quand se mettre dans la tête , quand cela est possible et parce que nous ne maîtrisons pas nos émotions à la perfection , que du principe de la cause à effets , tout ce que nous sommes en train de vivre n'est que le résultat de ces assassinats . Et quand on convient que la mort d'une personne est déterminée par un Decret Divin , nous concluons qu'il ne pouvait en être autrement .
    Seulement gare aux retours de manivelles : l'AVC du président pourrait en être l'un d'eux : Allah n'aime vraiment pas les injustes . Et d'injustes , il y en a qui reconnaissent leur iniquité envers eux mêmes , mais les concernés sont ceux qui abusent du peuple .

  10. depuis 1954 c'est un mal début. un algerien du FLN tue l'autre maivaise independance depuis 1954 et non seulement en 1962

  11. Pour rendre justice au peuple et à l'Histoire il y a lieu de juger ces deux escrocs même en post mortem et débaptiser alors tous les lieux qui porte le Nom de Boumediene le premier fasciste algérien que Frantz Fanon décrivait déjà comme un monstre assoiffé de pouvoir. Ben Bella quand à lui a été l'apporteur de la peste du moyen orient pour nous changer notre véritable identité. Il faut que justice soit rendue.

  12. ces deux personnages ont biaises l algerie et l algerien nes.l un est fidel au salo de nacer l'autre amis intime de DEGAUL qui la aider durant son coups d etat.mais CEST TOUJOUR MADAME LA FRANCE QUI EST AU COMMANDE A NOS JOURS.L EGYPTE DE NACER ET LA FRANCE ENNEMIS DES KABYLES.CES KABYLES QUI CROIENT SONT AIMES PAR LA FRANCE SE TREMPENT.PLEURE L ALGERIE PLEURE NOS MARTYRS ET SI TAYEV ELWATANI ASSASSINE DANS UN COUP PRIMIDITE.N EST CE PAS MADAME LA FRANCE ET CES SERVITEURS?DONC CES DEUX CONARDS ONT CAUSES LE GRAND MAL A L ALGERIEN NE ET L ALGERIE EN GENERAL.

  13. Nous sommes emprisonnés dans un tiers-mondisme d'esprit et dans un tiers-mondisme ravageur. La fragilité de l’Algérie est le fruit de cette secte du mal, constituée et entretenue par le clan de Oujda et que l’auteur du texte a su, admirablement, relater.
    Ces tueurs d’hier et d’aujourd’hui ont donné naissance à une léthargie et un populisme destructeurs et profonds.
    L’arabisation aveugle, doublée d’un renièment de soi, détruit le socle identitaire authentique de l’Algérie. La partie qui en tire profit est constituée de renégats, d’imbéciles et de lâches…Le culturel, le social et l’économique constituent alors la laideur de cette Algérie qui n’arrive point à se constituer en état. Les dilapidations, les népotismes, les régionalimes et d’autres formes inadaptées de gouvernance constituent le plat de tous les jours de cette république bananière.

    Cautionner tout ça relève de l'inhumain et ne pas le savoir nous obligerait normalement à une retenue et au silence.

    BOUSSOUF, BOUMEDIENNE, BENBELLA, BOUTEFLIKA et leurs supplétifs de troisième ordre devraient un jour ou l’autre passer devant le TPI. Le crime et le diktat subits par les algériens devant ces assassins n’ont pas d’égaux dans toute l’histoire de l’humanité. A bon entendeur, …

    Merci Mr GATER pour la clarté et la netteté du texte

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