Le troisième ouvrage de Mohamed Benchicou vient de sortir à Alger, aux Editions Inas. Il s’agit d’un recueil de poèmes, tous écrits dans la prison d’El-Harrach entre juin 2005 et juin 2006, préfacé par l’écrivain et poète Anouar Benmalek et intitulé « Je pardonnerai ».
Ces poèmes, précise l’auteur, « ont tous l’odeur anxieuse et humaine, tourmentée et généreuse de la prison. »
Dans sa préface, Anouar Benmalek écrit : « J’ai commencé à lire le recueil de Benchicou d’abord avec curiosité, parce que je connaissais évidemment le journaliste talentueux à la plume féroce. Puis l’émotion s’est emparée de moi ; suivie par l’admiration devant le trait juste, le mot simple, intense, irisé de douleur et de bonheur, de compassion et de courage. La poésie de Benchicou n’est pas une poésie de circonstance ; elle est, à la fois, très « algérienne » et universelle. Elle montre un miracle : comment la prison, lieu de déchéance par excellence, peut, pour des hommes comme Benchicou, se révéler un lieu d’enrichissement de sa propre personnalité et de fraternité envers ceux que la vie a démolis. »
Pourquoi un poème de prison ? Ou plutôt, d’où vient que, pour reprendre la formule d’Aragon au sujet de Nazim Hikmet, «les prisons ont toujours été des séminaires de poésie » ?
L’auteur tente d’y répondre : « La poésie en prison se nourrit à la fois de votre propre souffrance et d’une exceptionnelle proximité de la souffrance humaine. Nulle part ailleurs qu’en prison vous n’êtes mis en contact si rapproché avec la déchéance terrestre, celle qui vous frappe comme celle qui frappe les hommes qui vous entourent et que vous êtes sans ménagement invités à partager. »
« Pour nous Algériens, le symbole du poème de prison reste Nazim Hikmet. Le calvaire que le poète turc endura en dix-sept années de détention et la poésie qu’il écrivit au pénitencier turc de Brousse entre 1938 et 1951, dont l’immortel Paysages humains de mon pays, en firent une des figures les plus attachantes du XXe siècle au point que des milliers de nos enfants – dont le mien – portent son nom. Et comment omettre les autres pères emblématiques du poème de prison : Mahmoud Darwich et son recueil Rameaux d’olivier, avec son célèbre Identité ( Inscris : Je suis arabe ), qui a vu le jour dans les cachots israéliens ; Robert Desnos qui acheva sa vie avec ses écrits déchirants dans les camps nazis de Flöha et de Térézin et dont on retient que « ce n’est pas la poésie qui doit être libre, c’est le poète » ; Primo Lévi déporté lui aussi et qui rédigea à Auschwitz cette poignante poésie qui traversa le siècle ; Miguel Hernandez, un des plus grands poètes et dramaturge espagnol du XXe siècle, condamné à mort par le pouvoir franquiste et dont des poèmes de prison ont été mis en musique par Paco Ibáñez et Joan Manuel Serrat…
Dans notre pays où les poèmes de prison font partie du quotidien carcéral mais sont rarement publiés, nous devons les plus bouleversants à deux célèbres torturés. Bachir Hadj Ali d’abord qui nous laisse Que ma joie demeure mais surtout les Chants pour les nuits de septembre, sortis en même temps que L’arbitraire, cri de l’homme torturé qui ne sait plus différencier le jour de la nuit et qui se termine pourtant, rappelons-nous, par ces vers inoubliables :
Je jure sur l’angoisse démultipliée des épouses
Que nous bannirons la torture
Et que les tortionnaires ne seront pas torturés.
Zhor Zerrari ensuite, la résistante éternelle, avec ses Poèmes de prison, saisissants vers sur l’adolescente du FLN qui raconte ses supplices du centre Sarrouy et ses longues nuits de Barberousse.
En quatrième de couverture vous lirez le poème « Je pardonnerai » qui a donné son titre au recueil :
Je pardonnerai à ceux qui ont douté
Je plaindrai les traîtres et ceux qui ont trahi,
Je prierai pour ceux qui ont déserté
Et je tomberai, assouvi, dans ton nid.
J’irai goûter, de ma terre abandonnée,
Le blé invulnérable des mains pauvres et dignes
Le sel violent de ma Méditerranée
Puis je dormirai, repu, contre ta poitrine.
Je m’enivrerai des serments à tenir
De l’arôme oublié de l’ancien jasmin
Qu’une nuit les hommes d’Alger ont laissé flétrir
Et je mourrai, saoul, dans le creux de tes seins.
Une séance de vente-dédicaces est prévue jeudi à 15 heures à la librairie des Beaux-Arts, rue Didouche Mourad, à Alger.
L.M.





Merçi pour cette poésie et à jeudi.
dommage je ne pourrai etre lá ce jeudi, mais j’irai l’acheter. pardonner… sans oublier, tourner la page sans la dechirer, regarder droit devant en lorgnant de temps a autre.. dans le retroviseur..
La poésie c’est exprimer tout son soul, c’est raconter sa peine et son chagrin c’est aussi savoir aimer, fraterniser, partager pour que notre existence ne soit pas un motif de desespérance et pour que la vie soit toujours plus belle. Le poète est comme le Sphinx qui souffre, qui se consume et qui dépérit mais qui a aussi les possibilités de renaitre de ses cendres et de reprendre la place qui est la sienne .
A Jeudi 15h Librairie des Beaux-Arts, Alger .
C’est un grand honneur pour la VRAIE ALGERIE, d’avoir parmi ces bons citoyens un homme de votre qualité Monsieur Benchicou, en arrivant à transformer la prison du système politique dictatoriale à un berceau de création des oeuvres de grandes qualités, tel "les geôles d’alger" que j’ai lu et relu (dommage qu’il m’a fait pleurer comme j’ai pleuré "où va l’Algérie" pour le mauvais sort des VRAIS HOMMES de mon Algérie outragée), même vous me l’avez dédicacé, oui je me suis senti comme étant un Vrai citoyen Algérien en étant attablé avec vous Monsieur Benchicou, car je suis là avec la lutte contre les malheurs de mon pays, contre les vautours.
quoique j’ai entendu qu’un livre dédicacé ne se prête pas mais j’ai osé le faire passer à plusieurs proches en les incitant à le lire car vraiment aussi garvement dommage: le système a reussi faire démissionner les citoyens de la culture en général et de la lecture en particulier en les tenaillant par la crise de l’estomac.
Merci Monsieur Benchicou, honneur de découvrir "je pardonnerai", un titre du pacifisme mais au futur…
tanemirt
J’aime la poésie telle que je l’ai apprise à l’école sur le printemps, les fleurs, les fables de la Fontaine, la tristesse de Victor Hugo dans demain dès l’aube je partirai, de ALPHONSE DE LAMARTINE sur l’automne : salut, bois couronnés d’un reste de verdure, feuillages jaunissant sur les gazons épars salut derniers beaux jours, le deui de la nature convient à la douleur et plait à mes regards;et puis j’aime les poèmes de Ammi Moh sur ce qu’il a vécu en prison et que j’ai découvert dans son livre "les geoles d’Alger" et là , la dose de tristesse est plus concentrée.
Bel article qui donne envie de relire Hikmet et de gouter a ces poemes de BM.
Les prisons, cachots, geôles ou taules ont souvent inspiré leurs meilleures œuvres aux poètes, écrivains et hommes politiques qui y ont injustement séjourné. Merci Mohamed de « pardonner » a tes bourreaux, qui eux s’ennuieraient a en mourir s’ils étaient jetés en prison pour les forfaits commis. Les fortunes illicitement amassées ne leur serviraient a rien sinon a les rendre encore plus misérables surtout lorsqu’ils apprendraient que leur progéniture était en train de les dilapider.
Toutes leurs fortunes mal acquises du monde ne vaudraient pas un de tes merveilleux poèmes. Sacré veinard !
Avis aux amateurs donc.
L’on ne doit pas ressentir de la compassion pour les traîtres qui ont pactisé avec l’ennemi et qui ont trahi la patrie. N’oubliez pas votre peuple qui meurt.ck
j’espére que ce n’est pas vrai Mr Benchicou, vous n’allez pas pardonner à ces salopards, vous n’avez pas mis à feu et à sang le pays pour que ces c……vous mette en taule, vous n’avez fait que le métier le plus noble qui soit, celui d’informer vos compatriotes.je vous admire et vous salue bien bas.
bonjour,
"je pardonnerai", un très joli titre qui témoigne de la bonté et de la générosité d’un coeur qui refuse malgré tout de se laisser s’asservir par la haine, un pardon qu’on espère trouver chez tous les algériens.( mais on attend des surprises puisqu’on n’est qu’au titre). que dieu vous bénisse monsieur Benchicou
J’ai du respect pour vous Monsieur Mohamed Benchicou.
Chapeau bas!
Que Dieu VOus bénisse
"je pardonerai" "ulac smah ulac" il faut choisir. moi je choisirai la justice.
En lisant le titre de ce nouveau livre de Benchicou cela me fait penser à Ombres gardiennes de Dib qu´Aragon a préfacé en commencant par cette phrase: "De la douleur nait le chant."
Sachez qu’on ne vit qu’une fois dans ce monde égoïste, froid, cruel, maussade, gris et sans âme, où le simple rayon de soleil sème la joie tant c’est monotone et lassant ! Le temps qui passe, froid et insouciant, charriant tout sur son passage seul reste les séquelles les lésions et les douloureux souvenirs qui sont durs à effacer.
Le seul remède, c’est communiqué ! Et la communication est l’affaire du siècle, la solitude et le stress aussi… les paroles volent, les écrins et les images aussi ! Fax, lettres, Internet et téléphone et j’en passe…
La distance est vaincue, on ne sera plus jamais seul, plus jamais séparé normalement ! Avec un peu de bonne volonté, accueillir les autres, les écouter, les comprendre, les deviner donnent un sens à nos comportements, goûter ensemble les mêmes émotions, parler dialoguer, regarder contempler caresser, embrasser, toucher… C’est se servir de tous ses sens, pour communiquer avec les autres, avec leur intelligence. Des liens secrets, se créent et se tissent avec des êtres, un message a été reçu et quelque chose à vibrer ainsi naissent les coups heureux ou malheureux, communiquer c’est être tolérant.
La tolérance est la clef qui ouvre les portes du monde et surtout le cœur des gens !
Nos sociétés confortables ont fait grimper le taux de nos exigences et baisser le seuil de notre tolérance de la vie, elle devient insupportable !
On se construit son mur de Berlin pour se protéger du voisin, on s’invente des frontières, des prisons pour s’isoler de ce qui nous parait trop différent.
On ne répond plus au courrier, on décroche plus le téléphone, on se terre dans sa coquille et c’est grave !
Il faut ouvrir les yeux et les oreilles, sans oublier son cœur à l’autre, écouter c’est déjà comprendre.
Écouter les autres, écouter beaucoup leurs étrangetés, leurs imperfections, leurs silences ! En acceptant leurs vérités pour leurs expliquer la notre et c’est ainsi que l’on évitera les ruptures et leurs terribles conséquences, les gens s’aiment, s’adorent, mais l’envers de tout ceci de l’amour s’appelle la rupture, la séparation, la déchirure, ou le divorce, pour employer les mots justes en tout une sale blessure qui fait très mal et ce cicatrice lentement et difficilement ! Mais qui une fois guérie peut donner un nouvel élan, donc la séparation peut être un mal pour un bien.
Les ruptures ne sont jamais nettes, rapides et brutales, c’est tout le contraire de ce que l’on pense, c’est en général une longue histoire qui couve depuis longtemps.
La rupture c’est subtil, imprévisible et invisible, vous découvrez des nuits blanches, vous maigrissez, vous appelez les amis au secours. Vous choisissez d’écrire.
Écrire pour respirer, décompresser et vous vous séparez ! Tout le monde n’a pas la chance d’écrire, mais tout le monde a dans sa vie une bouée de sauvetage pour s’accrocher et retrouver l’équilibre et la force de rejoindre les rives de la vie et de l’espoir.
L’amitié l’amour, le respect la bonté sont des sentiments qui s’usent, si l’on ne s’en sert pas ! Alors soyons bon généreux, tolérants, en bref soyons nous mêmes en offrant l’amour, l’amitié et le respect aux autres…
Par respect, laisser moi fumé du thé est croire au virtuel car le cauchemar ne peut se finir si on continue comme ça!!!
Un chameau fumeur de thé qui se réfugie dans la montagne du djurdjua…