Peurs et mystifications des bourreaux

Il y a un phénomène très répandu, qui fait de l’Algérie une juxtaposition de groupes sociaux qui se rejettent mutuellement, c’est celui de la polarisation et le dogme,

L’Algérie à l’image de tous les pays pseudo-démocratiques, dont la face dictatoriale est érigée en moyen de persistance des despotes, qui dictent la loi, manipulent la foi et règnent en rois dans le libre arbitrage de la définition des rapports entre l’Etat et le peuple, aujourd’hui nulle vérité ne pourrait être cachée au citoyen, du médiocre à l’instruit, c’est la nature même de la vérité, elle fait surface après avoir été si longtemps dans les profondeurs des mystifications des bourreaux. 

Cette compétition de circonstances à laquelle on assiste ces derniers temps et l’ensemble des dynamiques qui sont en train de se structurer, doivent prendre en compte un facteur fondamental, qui n’est autre que la prise de conscience de l’idéologie vers laquelle est entraîné le peuple algérien, une idéologie qui se développe et qui se nourrit d’un passé troublant, sanglant et effrayant, la résurgence d’un sentiment de peur de retomber dans un autre départ d’une descente en enfer. En effet, toutes ces volontés de certains courants politiques, toutes oppositions sincères confondues, conscients de la gravité du mal qui s’abat sur nous, doivent être canalisées dans un substrat d’idéaux, sinon l’altérité ou la diversité des solutions des uns et des autres va se perdre dans l’étendu de l’ignorance engendrée par cette peur idéologique.

Il y a un phénomène très répandu, qui fait de l’Algérie une juxtaposition de groupes sociaux qui se rejettent mutuellement, c’est celui de la polarisation et le dogme, des Algériennes et des Algériens dénués de l’esprit critique, qui ne sont pas conscients de leur altérité et de leur humilité, qui ne voient dans l’autre que le mal présumé, contribuent au déchirement du tissu social, et constituent un privilège pour les tyrans.

Ces derniers temps, on assiste à l’émergence du phénomène des vidéos sur youtube, prétendant que cela va être une tribune d’expression que tout le monde pourrait saisir, mais en réalité ce n’est qu’un espace infâme où il n’y a de place qu’aux stigmatisations des uns envers les autres, qui vont jusqu’aux injures, une esquisse ou une alternative technologique qui vire vers la dislocation et le chaos, et cela malheureusement a une explication dramatique, l’ignorance est généralement suivie de l’inconscience où on ne mesure pas les conséquences et la responsabilité de nos agissements, je dirais que ceux qui connaissent peu tombent le plus souvent dans le jeu de la polarisation, et le savoir est la matière la plus rare chez nos sœurs et nos frères algériens, c’est très facile de remarquer chez nous que la réaction est très rarement accompagnée d’une réflexion intellectuelle profonde si ce n’est que l’expression de fantasmes où la passion se substitue à la vérité.

Cependant, les organisations d’opposition doivent comprendre aussi que le peuple dont ils veulent porter la voix au plus haut de leurs considérations, est divers, ils doivent accepter qu’un Algérien puisse soutenir délibérément le pouvoir en place, cela relève de sa propre liberté d’expression, sans se faire l’idée qui hante l’esprit de certains que celui-ci ne pouvait être qu’un pion du DRS.

Mohamed Saïdani

5 commentaires

  1. Le facebook algerien c'est degonflé comme un ballon, des internautes qui attendaient un printemps algerien se sont retrouvés à se bagarrer pour un rien, pauvre bled , il faut encore boukou grandir pour voler.

  2. "ils doivent accepter qu'un Algérien puisse soutenir délibérément le pouvoir en place, cela relève de sa propre liberté d’expression, sans se faire l’idée qui hante l’esprit de certains que celui-ci ne pouvait être qu'un pion du DRS".
    L'ami de mon ennemi est-il pour autant mon ennemi ? Ça se discute . Parce que ça pourrait être juste si l'on conçoit que ceux qui s'assemblent, se ressemblent .

  3. L'altérité est un concept philosophique qui suppose l'acceptation de l'autre dans toute sa différence aussi bien culturelle que religieuse.Il développe l'empathie entre individus d'horizons et de cultures différents. Il suppose un métissage des cultures et une laicité dans les relations publiques. est -ce que c'est le cas chez nous ? Avec les mêmes idées recues , les mêmes traditions , le même inconscient collectif on arrive difficilement à developper des sympathies ou des sigmergies , c'est à peine si on se tolére publiquement les uns les autres. Une petite différence de langue de région ou de croyance religieuse peut vous couter la prison dans le conformisme moutonnier ambiant que l'Etat encourage. Le pouvoir tire justement avantage à instiller des oppositions entre individus ou entre groupes de la société pour ne pas avoir à en patir et affronter lui-même une opposition conséquente.Le lavage de cerveaux , le formatage par la peur et l'angoisse a inhibé la receptivité du peuple et l'ont conduit au panurgisme , à la résignation et l'assujestion au diktat du pouvoir en place.

  4. Je veux dire qu'un écart dans sa liberté d'expression ou d'opinion ou encore une manifestation de sa liberté de croyance ou de non-croyance peut vous coûter la peine d'emprisonnement dans le conformisme idéologique ambiant que l'Etat encourage.

  5. Mr Saïdani, la tolérance est la base fondamentale d'une société moderne et apaisée, toutefois dans la notre le régime qui oppresse le peuple, dont les méthodes sont à la limite du nazisme, s'appuie sur une partie du peuple, moi je ne conçois pas de vivre à côté d'un algérien qui privilégier la dictature, pendant le printemps noir, des gendarmes ont assassinés trois jeunes hommes à la fleur de l'age, un des habitants de la ville apportais nourriture et cigarette à nos bourreau, ce monsieur que je ne pourrai pas considérer comme un frère ou un compatriote, il a failli laisser sa peau et pour ma part je trouve cela juste, car c'est un harki ou un collabo.

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