Quand Timimoun se réveillera….

Timimoun, ses palmiers, ses ksours et ses émeutes…Qui l’eût cru ? Timimoun, c’est loin, c’est fait pour être oublié, c’est fait pour les cartes postales, les fêtes de nouvel an, les ballades en 4X4 ou en chameau…Timimoun en colère, qui l’eût cru ? La question surprend tout le monde, à commencer les commentateurs de la presse nationale. Et inspire même des chroniques ironiques come celle de Hakim Laâlam dans le Soir d’Algérie : « Je ne peux pas croire un seul instant que des émeutes aient pu éclater à Timimoun. Je connais le Sud algérien. J’ai des cartes postales du désert accrochées dans mon bureau. J’ai des almanachs avec quantité de posters représentant des dunes majestueuses. J’ai toute une collection de «chèches pur Sud» dans mon dressing. Je porte une croix du Sud en argent autour du cou. J’ai une petite fiole remplie de sable du Grand Erg oriental posée au-dessus de l’écran de mon ordinateur. Je lis tous les jours des annonces d’agences de voyages proposant à «prix cassants» des week-ends de rêve dans le Sud ! C’est donc forcément une forfaiture à laquelle nous assistons aujourd’hui à travers ces pseudo-émeutes de Timimoun. Tout va bien à Timimoun ! »

Alors, pourquoi et comment Timimoun ? Plus sérieusement, l’éditorialiste du Quotidien d’Oran répond : « Les émeutes qui ont éclaté à Timimoun pour cause d’emploi ont beau avoir l’aspect d’une éruption brusque, d’un coup de rage, elles étaient prévisibles. Il en est désormais de l’émeute du chômage comme il en est des séismes: là où ils ont lieu une fois, ils ont tendance à se répéter encore. Il suffit de reprendre les chroniques des journaux pour savoir qu’elles ont eu lieu presque partout et que le Sud, excessivement célébré pour sa «sagesse» et sa «patience», a bien rejoint la norme nationale. Le chômage est devenu insupportable pour des jeunes qui ont conscience qu’il y a de l’argent chez la «dawla». Celle-ci d’ailleurs a tendance à baigner dans l’autosatisfaction en indiquant à des jeunes citoyens tentés entre la «harga» et le pire, que l’argent est sagement placé. Mais cela n’explique rien aux chômeurs qui ne retiennent de ces explications qu’une conclusion quasi définitive: ce n’est pas pour vous ! »

Mais comment le pouvoir n’a rien vu venir de tout cela, de ce mécontentement ? Croyait-il à sa propre propagande ? Oui, répond l’analyste du Quotidien d’Oran

« Pourquoi l’émeute de Timimoun, soeur de toutes les autres émeutes, n’a pas été évitée ? Parce que la politique a été réduite à de la courtisanerie et les appareils politiques à des propagandistes sans talent et sans effet. Pourquoi se mettraient-ils à écouter ceux d’en bas alors que seuls ceux d’en haut comptent ? Ce qui compte, c’est de montrer qu’on est dans le sens du vent et non d’aller vers les gens qui ont des problèmes et qui peuvent devenir des problèmes.Le pire est qu’à force de fonctionner sur ce mode, le système en entier en arrive à se convaincre que tout va bien globalement et qu’il est sur la bonne voie. Tous les indices qui indiquent le contraire sont élagués et ceux qui les mettent en avant passent pour des spécialistes du dénigrement. La fabrique de l’unanimisme ne se contente pas de refuser le droit à la parole à ceux qui pensent différent, elle les étripe et les affuble de noires intentions.

D’où l’étonnement de Hakim Laâlam : « Quoi ? Des émeutes à Timimoun ? Et c’est dans la presse ? Impossible ! D’ailleurs, il faut toujours vous méfier de la presse et plus particulièrement des chroniqueurs. Et je n’ai que quelques pas à faire pour consulter, à la documentation, des journaux datant de la dernière visite de notre bien-aimé président (que Dieu lui accorde longue vie) à Tamanrasset et à In Salah. La vérité est là ! En titres bien noirs et bien gras. En articles bien longs et remplis d’adjectifs gentils. «La population du Sud fait un triomphe à Bouteflika.» «Les Sudistes disent oui au raïs.» «Le Sud honore son président.» «Au Sud, Bouteflika est chez lui.» Et toute une série d’autres titres qui démontrent clairement que les populations du Sud ont le sens de l’hospitalité, aiment leur président, souhaitent le voir rempiler pour 5 ans et plus et n’ont aucune raison de se plaindre de leur sort. Rien n’a bougé à Timimoun. Aucun pneu n’a brûlé à Timimoun ! Timimoun va bien. Tout comme va très bien toute l’Algérie. Alhamdoulillah

L.M.

5 commentaires

  1. Tant que le peuple est divisé comme il est actuellement, le pouvoir d’Oujda, le même depuis 1962, a de beaux jours devant lui. De beaux jours tant qu’il y a la rente du pétrole et du gaz.
    Après cela, les décideurs ont assuré leurs arrières et celles de leurs progénitures en Occident.
    Un jour ce sont les fonctionnaires, un autre les dockers, un autre c’est Annaba, les lycéens, les étudiants, puis les paramédicaux, puis Timimoun mais jamais en même temps. Le pouvoir provoque la peur chez les jeunes et les travailleurs. Il pousse le ridicule jusqu’à construire une mosquée de 3 Mds $ à Alger pendant que les investisseurs rencontrent des problèmes d’assièttes du foncierret que des jeunes fuient le pays par des barques de fortune.
    Comment veut-on que le pays se développe avec un ministre de l’éducation tient plus de 15 ans !!
    Un pays où un homme jugé par la cour des comptes, qui a régné 16 ans, revient en tant que président et veut le rester encore ?

  2. Bonjour,

    J’apprends (lire la chronique brillante de Mustapha HAMMOUCHE dans liberte) que le professeur Illoul a été giflé par une directrice d’école !! Un exemple de la violence du système: Le président qui agressait un prof à Oran, M Benchicou jeté dans le trou, voila qu’un de nos plus GRANDS prof de medecine giflé par …Une DIRECTRICE d’ECOLE !! Je ne sais quoi dire !! J’aimerais connaitre le point de vue des amis et trouver un moyen de réagir de la façon la plus claire et ferme: Au moins demander au ministre de prendre des sanctions: Une directrice qui GIFLE? C’est qui cette directrice. Merci de donner plus de réactions. Ou sommes nous arrivés et ou ALLONS NOUS?

    Mouloud.

  3. Le sentiment d’impunité Monsieur Mouloud, il n y a pas de justice voila. c’est pas sorcier, rien ne marche sauf le pétrole LE TUYAU comme on dit à ALGER. La seule chose, c’est que le professor ILLOUL dépose plainte contre ce général du collége c tout il n y a pas d’autres suites. je ne suis pas pessimiste, je vit en étranger depuis un moment et je rentre 2 à 3 fois dans l’année dans mon pays qu’est l’ALGERIE mais affreusement de plus en plus marche arriére. Vous savez c comme dans les bus, quand le receveur qui demande aux voyageurs d’avancer en arriére. C’est exactement le verdict algérien. Pour ce qui est des violences, je peux vous dire que j’ai marché depuis AVRIl 80 jusaqu’en 2003. à Tizi-ouzou certes il ya des choses qui ont changé mais rare les progrés sensibles dans le domaine social. Peut être pour eux, les zones industrielles puisque je suis dans le domaine et je les voit venir en europe avec des sacs poublelles. Vous imaginez la saignée du pays ne parlons pas de détails, je risque une gifle de la part d’un général.
    mes sincéres salutations aux lecteurs du MATIN VIRTUEL.
    LAHWAHI

  4. Aprés la Kabylie, c’est au tour du Sud du pays de crier halte à l’injustice et à la discrimination destructives.
    Nos frères du Sud, qui voient le et le gaz pétrole leur passer sous le nez pour aller alimenter les caisses d’un Etat très peu soucieux de leur bien être et qui gère très mal la rente pétrolière non renouvelable, prennent de plus en plus consience que pour obtenir gain de cause, dans ce pays, il faut bouger et faire entendre sa voix et ses revendications économqiues et sociales, qui pourraient devenir politiques si les sourds-muets qui nous gouvernent continuent à les ignorer.
    Souvenez-vous des manifestations de Ouargla et des mots d’ordre des manifestants : "Nous voulons bénéficier de l’argent provenant de la vente de notre pétrole" et " Dehors les envahisseurs et les coopérants qui occupent les places revenant à nos enfants et nous méprisent".
    La patience a des limites qu’il faut savoir respecter.

  5. a mon avis de moment l’algerois ne bouge pas il faut pas esperer grand chose, voir l’experience avec la kabylie

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