Tant que la religion continue à garantir au pouvoir la domination de la société à peu de frais, toute sa stratégie politique sera orientée vers sa promotion en multipliant les investissements apologétiques et la répression de sa critique.
On voit comment aujourd’hui les « révolutions » tunisiennes et égyptiennes sont en train de se transformer en inquisition. Les salafistes ainsi que les pouvoirs islamistes dits « modérés« , sortis vainqueurs du bras de fer, qui a opposé les populations de ces pays aux systèmes autoritaires et totalitaires déchus, ont transformé cette victoire en cauchemar pour leurs peuples : persécution des artistes, des femmes, des journalistes, des non-jeûneurs et répression de toute manifestation d’expression libre qui viendrait contrarier leur idéologie obscurantiste et moyenâgeuse, qui est aussi totalitaire et aussi liberticide que le système politique que la « révolution » prétendit changer.
Le pouvoir algérien, qui a combattu cette idéologie avec force durant les années de sang, a su s’approprier cette idéologie populaire, par sa captation pour en faire un rempart contre les convoitises des islamistes eux-mêmes et les aspirations des forces démocratiques qui lui contestent son système totalitaire et autoritaire hégémonique. Il n’a pas hésité, par un calcul stratégique, à renforcer son système répressif et son aura politique par l’exploitation de la contradiction de cette idéologie liberticide et mobilisatrice à la fois. Combattre l’ennemi avec ses propres armes, concernant les islamistes, et priver les démocrates laïcs du soutien populaire, en maintenant la société dans une conscience prépolitique, par son aliénation dans cette idéologie religieuse, qui est par essence antidémocratique. Hormis les démocrates laïcs, les intérêts des uns et des autres consistent à maintenir la population dans une conscience prépolitique, que cette idéologie d’un autre âge permettait, pour rendre plus facile leur domination. Ainsi, la législation fut renforcée en apports répressifs à l’occasion des réformes entreprises unilatéralement par le pouvoir dans la foulée des révolutions arabes, contre les demandes pour l’émancipation de l’emprise religieuse. Ajouter à cela, l’attitude laxiste des pouvoirs publics devant la répression des comportements que la législation n’a pas pu réprimer, tel la persécution des non-jeûneurs, des femmes isolées et généralement de toute forme de critique de la religion. Les médias publics et privés, acquis au système, devinrent des outils de propagande de cette idéologie liberticide, par des « prêches » apologétiques au profit de cette idéologie. La construction de l’une des plus grandes mosquées au monde au prix de l’équivalent de près d’un millier de centres médicaux équipés aux normes internationales, dont la population souffre cruellement de leurs déficits. Pire encore, des criminels de cette mouvance islamiste, qui a semé mort et destruction durant les années de sang, ont été blanchis et réinjectés dans les circuits politiques, économiques, ainsi que dans le domaine de l’Éducation nationale pour renforcer l’apologie de cette idéologie. Une idéologie qui est devenue un instrument de domination pour tous les prétendants à la domination des sociétés islamisées, aussi bien les islamistes, les nationalistes, dont le discours est fortement influencé par cette idéologie religieuse, que les puissances internationales intéressées, y compris les théocraties du Golfe.
Prétendre aujourd’hui changer de système politique pour en finir avec le statu quo, propre au système totalitaire et instaurer un régime démocratique, sans problématiser cette contradiction, passe plutôt pour de la mauvaise foi ! tout au plus, et dans le meilleur des cas, cela peut s’apparenter à une illusion naïve et inconséquente.
Car, il serait vain pour tout militant engagé dans le projet d’instauration d’un régime politique démocratique, de continuer de militer dans une attitude autiste, à vouloir changer l’organisation politique pour en finir avec le statu quo, sans problématiser la place de la religion dans la société et de son rapport au politique. Car la religion est le principal bailleur des préjugés culturels qui viennent alimenter l’inertie engendrée par le statu quo qu’elle induit. Dans ce cas, dissocier la religion du politique, c’est en finir avec la culture des préjugés, qui viendrait donner tout son sens à un éventuel changement du système politique.
Cette expérience avait déjà été tentée à la fin du XIXe siècle, que l’on a baptisé Nahda, où les élites musulmanes avaient entrepris des réformes de la société, qui se sont soldées par un échec général, parce que justement, elle a été confrontée à la problématique du rapport du politique et du religieux dans les mêmes termes et qu’elle n’a pas su résoudre. À cette époque, cette expérience était plutôt inévitablement subie que délibérément choisie, car, tellement la pression de la modernité était exercée directement à travers la pénétration coloniale. Aujourd’hui, c’est par la base que s’exprime la demande du changement, dans une rébellion populaire radicale et sans précédent dans l’histoire du monde arabo-musulman. Cette base populaire et à majorité jeune, en ayant déjà intériorisé le multiculturalisme dans une confrontation indirecte, à travers son expérience des NTIC ( nouvelles technologies de l’information et de la communication), saura-t-elle donner une issue plus significative à cette transition ? Que celle de ses aînés, qui semble s’annoncer très compliquée a priori, tellement la société est conservatrice, et de plus, elle est confrontée à une contre-révolution mondialisée et efficacement organisée.
Il appartient aux élites, aux intellectuels, aux journalistes et généralement à tous ceux qui sont engagés dans un véritable projet démocratique de faire preuve d’œuvre pédagogique. Faire passer la société, d’une représentation de soi sous forme d’une ghettoïsation culturelle, où c’est la valorisation de la culture traditionnelle basée sur la religion qui garantit apparemment l’autarcie des individus et du groupe comme incarnation du consensus national, comme jugements sociaux et communautaires validés par ce consensus, vers une nouvelle forme d’identité ouverte à une acculturation indéfinie, dont les limites ne sont ni déterminées, ni déterminables. Une condition essentielle pour permettre à l’organisation politique de la société de se recréer indéfiniment, en considérant la culture comme étant le lieu où l’institution politique est le modèle de la culture elle-même.
En somme, il s’agit de faire front contre ce qui fait consensus autour de cette ghettoïsation de la culture, qui n’est en fin de compte qu’un ensemble de préjugés autour desquels est structuré ce consensus dans la société. Parce que dans sa ghettoïsation la culture prétend à une existence légitime, quel que soit ce qu’elle affirme comme principe de vie et cette prétention à la légitimité est liée principalement à une neutralisation du jugement.
Cette ghettoïsation de la culture s’appuie sur une conception du multiculturalisme, qui se contente d’enregistrer la pluralité des morales, la pluralité des systèmes juridiques et la pluralité des systèmes politiques associés aux diverses cultures, et se contente d’inviter à la compréhension des autres cultures comme si leur pure et simple existence serait justifiée d’elle-même. Ces rapports ont été décrits par Karl Marx dans sa critique de la société comme la luxuriance naturelle, c’est-à-dire tout ce qui était irrationnel et qui s’imposait sans avoir à se justifier. C’était comme si ce fût la nature qui se déployait à profusion de façon non régulable, au même titre que la posture de ces cultures. Elles sont là, et se justifient d’elles-mêmes. Elles sont réduites à des productions et à des expressions des manifestations objectives de la nature.
Dans ce contexte, l’expérimentation mutuelle aveugle des cultures a produit les catastrophes mondiales qu’a connues l’histoire récente de l’humanité, et a fait plus que de déclencher des guerres, puisqu’elle a mis en péril ces cultures elles-mêmes, en leur substituant des pratiques barbares : la colonisation et le nationalisme allemand avec les lieux de concentration où l’on brûle et l’on enfume des êtres humains, les viols dans la guerre de dissolution de l’ex-Yougoslavie, dans les guerres interethniques en Afrique, le racisme aux États-Unis et tout près de nous, la barbarie qui s’est abattue en Algérie durant la dernière décennie, dans un affrontement généralisé de tous contre tous, où il était considéré comme ennemi, tout ce qui ne faisait pas partie de la minorité à laquelle on se sentait solidaire. Toutes ces manifestations sont des signes du caractère aveugle de l’expérimentation culturelle.
Dans ces conditions il importe de discerner les côtés positifs et négatifs d’une culture. Le côté positif de ces cultures, c’est l’enregistrement dans les habitudes de pensée et d’action de groupes humains d’un acquis irréversible des formes d’humanité, et donc de stabilisation. Les cultures apparaissent dans ce cas comme des facteurs de stabilisation des conditions nécessaires à la vie en commun. D’un autre côté, il faut discerner l’aspect par lequel les cultures gardent des habitudes consensuelles, des habitudes ethniques, des habitudes locales et des habitudes nationales de pensée et d’action qui empêchent tout rapport humain, et qui neutralisent d’avance tout dialogue interculturel. Car, chaque culture a ses préjugés qui permettent de diagnostiquer et de stigmatiser l’autre, comme autre, et comme étant barbare, n’appartenant pas à notre culture, et, donc, comme étant barbare sous tel et tel aspect dans cette condition de barbarie.
Le dialogue interculturel se révèle une nécessité. Il s’avère indispensable pour pallier à tout ce qui est créé d’insupportable et inédit dans cette expérimentation aveugle des cultures les unes par rapport aux autres. Il s’avère aussi comme une nécessité de mise à l’épreuve de la capacité de chaque culture à se proposer comme une forme de vie assumable par tout ce qui y participe. Il se révèle nécessaire aussi, dans la mesure où, ce sont des ensembles de préjugés qui se confrontent et s’entrechoquent. Il faut pouvoir les juger, soit comme des conditions de vie, soit comme des barrières qui empêchent de vivre en commun deux cultures qui existent.
Pour s’affirmer, une culture doit faire le tri entre ce qui est objectif et ce qui ne l’est pas, ce qu’elle ne peut pas continuer à soutenir, et prendre une conscience critique de ses limites dans la compréhension même qu’elle a des autres cultures. Il est nécessaire de soumettre la culture à la critique dans le cadre de ce phénomène anthropologique d’expérimentation interculturelle. Car, les marges des cultures sont à la fois des frontières, et c’est aussi des barrières.
Cette incapacité à juger et à critiquer les limites des cultures se traduit par une attitude d’ethnocentrisme des cultures. Les cultures apparaissent comme des sortes de données anthropologiques qu’il faut sauvegarder, comme on sauvegarde l’existence même de ces cultures. L’ethnocentrisme des cultures est validé par le consensus, qui est une sorte de paravent arbitraire. C’est ce consensus aveugle qui empêche la critique de se produire. Devant ce paravent, la culture ne connaît ses limites que par la connaissance qu’elle a des autres cultures.
La « démocratie islamique« , parce qu’elle doit défendre l’autarcie de la culture comme elle doit défendre l’autarcie des individus et du groupe, force à reconnaître la culture comme valide d’elle-même du seul fait qu’elle existe.
Ce qui est en question, c’est de porter un jugement sur ce que les autres cultures font montrer comme limites, mais en même temps, ce qui dans ces autres cultures est essentiel à la notre pour subsister. Dans ce cas, le discours critique, ce n’est pas seulement un discours critique des limites de sa propre culture. Ce n’est pas simplement quelque chose qui va contre l’ethnocentrisme, contre le consensus ethnocentré nécessairement, puisqu’il ne considère pas ce consensus ethnocentré comme une autorité et, ce discours est politiquement et moralement incorrect, mais il doit se produire comme tel, et c’est ce discernement critique qui rend possible le dialogue interculturel. Il y a une distinction entre dialogue interculturel où l’on considère que les cultures sont là comme des personnes, et en même temps, entre ce qui brise cette légitimité a priori des cultures, où il s’agit de voir les limites de sa propre culture et en même temps de voir ce qui dans les autres cultures est essentiel à la notre pour se développer, on passe alors à un dialogue transculturel.
Le dialogue transculturel se fonde sur des constantes anthropologiques qui sont disséminées dans diverses cultures et qui sont la plupart du temps stigmatisées sous l’aspect d’exagérations insupportables. C’est dans le discours critique, que les frontières propres aux diverses cultures peuvent être repérées, et qui peuvent comporter des données, dont on a soi-même besoin pour vivre dans sa propre culture. On ne peut le savoir, si l’on fait seulement une étude descriptive de ces cultures. Mais seulement, si on fait une lecture évaluative, une lecture critique des conditions de vie que donne une culture et que ne donnent pas les autres.
Car, le respect des cultures dans le dialogue interculturel ne peut pas se limiter à une attitude formelle de reconnaissance d’une autre culture, à la façon dont le droit nous oblige à respecter le droit à l’existence d’une autre personne. Même au niveau juridique, on est en droit de critiquer la culture du droit dans laquelle on est. On peut proposer comme loi, par exemple, des transformations du droit concernant les femmes, le rapport du religieux et du politique, etc., parce qu’il faut pouvoir neutraliser ce qui produit une mentalité qui d’avance rend tabou toute parole.
Le dialogue interculturel ne peut pas reconnaître seulement la culture comme une autre personne, comme une personne morale. C’est la façon dont le droit nous oblige à reconnaître les cultures, et les missions des diversités culturelles à limiter d’avance le dialogue interculturel en le neutralisant complètement, tout en considérant que la morale est une partie de l’humanité et, par conséquent, il faut être moralement juste à l’égard des cultures, et puis, aseptiser le rapport aux autres cultures, comme si d’avance on fût moralement incorrect d’analyser son bien-fondé. La culture et le régime politique, dans lequel on est empêché d’avance à cela, ne produisent pas seulement de l’injustice, mais des actes de barbarie, par exemple, les manifestations d’intolérance contre les femmes isolées, la destruction des biens d’autrui du seul fait qu’ils fonctionnent comme des lieux de liberté, le lynchage et la pénalisation des non jeûneurs, etc., qui se produisent régulièrement au sein de notre autarcie culturelle.
Le manque de la culture, c’est le consensus qui apparaît purement formel, qui prétend être l’émanation des lois du monde ou de Dieu, parce que les lois des hommes sont considérées ici comme si elles étaient des lois du monde ou de Dieu. Mais ces lois ne sont que des règles, et, par conséquent, ce sont des règles établies par consensus. Et le dialogue interculturel se meut selon ces règles. Changer le système politique et le remplacer par un autre sans rien changer à la culture qui le supporte, mènerait la société vers une contradiction qui le replongerait sitôt dans le statu quo et inévitablement vers le chaos de la guerre civile.
Youcef Benzatat





La religion peut être considérée comme une forme de politique de gouvernance , parce qu'elle se charge de tous les aspects de la vie sociale, ce qui, en fin de compte , et quand toutes les conditions sont réunies ont pu en faire une civilisation . Faire de la politique, choisir un système politique, ne force en rien à traiter du religieux sauf dans son aspect intrinsèque, et quand les conditions l'exigent. La religion prend en considération une option qui a une relation directe avec la foi , toutes les activités sont dépendantes de ce facteur : Il y a 2 temps à vivre ; celui de la vie d'ici bas et celle de l'au delà .
Par contre la politique qui opte pour la laïcité s'engage dans tout ce qui a trait à la vie tout court , parce que l'au delà il s'arrête à l'inhumation ou l’incinération de l'individu . Pour les générations actuelles , il y a confrontation des idées dont l'entrechoc entretient un blocage entre la sauvegarde de traditions et us qui ont une influence certaine sur nos comportements et l'émancipation dans tous les domaines qui nécessite une virevolte totale vers "l'avenir"; parce que l'à venir est tout ce qui est admis comme temps à venir , sans tenir compte de tout ce qui se rapportera avec .
Ainsi, les politiques ne font que projeter leurs convictions dans un temps futur sans "garanties" selon la propension du moment . Et changer ou ne pas changer de politique , ne dépend finalement pas de la volonté des hommes mais bien de facteurs inhérents à la volonté divine .
L´auteur de cet article a bien résumé son analyse par la photo postée. Tout y est. Tout le malheur y émane.
Article fleuve, fatiguant à lire. Au final, on n'apprend rien, aucune donnée objective, à part les ressentiments du "journaliste" à longueur d'article. Aucune perspective historique ou géopolitique, encore moins de prospective. Cela tient plus d'une mauvaise propagande, que d'un travail sérieux.
Dommage, sujet intéressant , mais traitement bâclé. Un peu à l'image du pays
Moi je crois quand on n'a rien dans la tête on fait appel à la religion, n'importe quel débile peut deviner le discours d'un islamiste et son programme, c'est kif kif partout en Égypte en Tunisie en Algérie dans tous les pays musulmans. Le plus grave chez nous c'est la violence de nos religieux que le pouvoir trouve normal. Pourquoi les chrétiens juifs et bouddhistes ont une méthode plus cool?
Azul
Votre affirmation comme quoi : "Le pouvoir algérien, … a combattu cette idéologie avec force durant les années de sang" interpelle.
Pour qu'une analyse soit claire et édifiante, il est important d'observer la cohérence par rapport aux cause profondes qui conditionnent l'enchaînement des évènements. Dans le cas présent, si l'on peut reconnaître à ce "pouvoir" une "qualité", une "réussite", c'est bien sa constance, sa persévérance, son abnégation, de 1962 à aujourd'hui, à détruire le pilier de tout pays contemporain : l'école. Cette vérité, même les plus fervents adeptes de la théorie des "clans", du clan des "bons" contre celui des "méchants" au sein du "pouvoir" algérien, ne pourront réfuter. Concrètement, cette destruction s'exprime par l'arabisation et l'islamisation. Et les conséquences sont la dépersonnalisation, la perte des repères, l'installation durable du terrorisme islamiste dans le pays…. Ce n'est donc ni la corruption, ni la mauvaise gestion qui sont les causes premières de la glissade des peuples d'Algérie sous le caniveau, mais bel et bien la destruction de l'école (qui signifie, pour faire un dessein, aucune chance de relever la tête). Les fléaux cités ne sont que la résultante de la destruction de la société par son école et l'érosion des valeurs, la haine de soit, le cynisme que' l'"école" algérienne a instillé 50 ans durant. Il est même possible de quantifier la déchéance des sociétés algérienne en rapport aux "promotions" de l'école et de l'université algérienne. La société se paralyse au fur et à mesure que l'effet de cette école "forme" ses bataillons,
Dès lors, dire que "Le pouvoir algérien, … a combattu cette idéologie avec force durant les années de sang, …" est un non sens. C'est une entorse à la constance du "pouvoir", de 1962 à 2012 dans son oeuvre d'islamisation-arabisation.
Le pouvoir algérien n'a jamais combattu l'idéologie islamiste. Le pouvoir algérien a, sans discontinuité aucune, infusé l'obscurantisme, la religion, de 1962 jusqu'à aujourd'hui. La seule nuance est que la dose de l'infusion devient de plus en plus importante et son effet également.
Ce que vous appelez, M Youcef Benzetat : "combattu cette idéologie avec force durant les années de sang, …" est ce qui s'appelle un "pare-feu". Vous savez, il arrive que les pompiers (pyromanes en même temps, dans le cas présent) allument des feux maîtrisés (pare-feux) pour se prémunir du vrai incendie qu'ils destinent aux peuples.
Est-ce sérieux donc de dire que le pouvoir a combattu cette idéologie, sachant que c'est ce même pouvoir "des années de braise" qui entretient la dite école, les mêmes institutions alliées de l'obscurantisme, les mêmes médias pyromanes, qui continue a incruster la pourriture au sein des symboles de la "nation", au sein des repères historiques, etc… Est-ce sérieux de parler de "combattre cette idéologie" et de ramener après cela un intégriste à la tête de l'état ? Est-ce sérieux de parler de combat idéologique des années de feu sachant que c'est sous la houlette de Zeroual que l'arabisation, pilier du plan de dégénérescence du pays, a franchi un pas important dans les institutions. Est-ce sérieux de parler de "combattre cette idéologie" alors que c'est durant cette période que la revendication de la réhabilitation de la véritable identité a été le plus méprisée ?
Bonjour, je pense sincèrement qu'il est inutile de chercher les moyens ou la façon de faire du pouvoir ou le système qui gouverne notre pays pour le détruire ou comme vous dites de ne plus lui faire relever la tête. Il semblerait qu'il y ait un consensus général sur le fait que nos gouvernants (le système) ne veut point élever ce pays au rang de pays développés ou du moins au rang qu'il lui siérait au vu de toutes les potentialités dont il regorge. A partir du moment que ce constat est fait, logiquement on s'en tape de la façon dont il s'y prend pour arriver à ses fins, du moment que toute tentative d'interposition est vouée à l'échec par de multitudes façons que seul ce pouvoir détient les règles. On aura beau exposer toutes les âneries de ce pouvoir en place, toutes ses crapuleries pour se maintenir au pouvoir et toutes ses tromperies du peuple rien n'y fera et de cela on est habitué depuis 1962. reste alors une seule solution c'est trouver la façon pratique (à mettre en place sur le terrain) pour faire partir ce pouvoir. Très honnêtement, j'en ai marre d'entendre des discours (le plus souvent ce sont des opportunistes cherchant à se faire une place dans le système pour en bénéficier de ses largesses) creux, qui ne sont que des paroles, des analyses théoriques et autres balivernes qui ne servent à rien. Moi personnellement je ne fais partie d'aucune formation politique, je hais ce pouvoir car ayant détruit tout le pays, et voudrais une solution concrète pour un changement total et radical à la tête de ce pays et peu importe ce que cela en coûtera. Les discours et les discours et les paroles cela ne sert à rien, ça ne conduira à 50 ans encore voire plus (un siècle ou deux) sans aucun changement notable.
Lire des charabia pareils issues de gens cense's etre les heritiers de l'auteur de la Libre Volonte', est desolant. Il y a la liberte' et la capacite' intellectuelle de comprendre l'interet d'une organisation entre individus et organisations d'une part et sous-developement d'autre part. L'article et les commentaires qui rapportent ne traitent que d'un sujet – la promiscuité à grande échelle – Celle-ci continue tant que d'autres continuent a trouver valeur dans le sou-sol du Sahara.
Ceci peut paraitre cruel, mais il n'en est point, c'est un avis qui decoule d'observations, car l'annegerie n'est pas le seul troupeau sur terre. Ce regime n'arrive a convaincre personne d'un projet quelconque avec un argument quelconque – Faut-il deja qu'il y est projet, discours ou projet, et qu'eux-meme en soient convaincu. Des opportunistes, rien de plus – Ils ont saisie l'opportunite' d'un desequilibre des forces offert par l'ennemi(la france a travers fransa) et s'y sont attache's. Ils continuent a le faire, et continueront jusqu'a ce qu'il n'y ait plus de petrole. D'ailleurs, hmimic est en suisse, boudiaf etait au maroc, et la boutesrika etait ailleurs des qu'on lui a ferme' le robinet…
Il n'y a rien d'autre a faire que de s'organiser et de trouver des armes, et faire un grand nettoyage. Voici l'axe:
individu-famille-quartier-ville/village-region-et boom !
Quand les gens commenceront a discuter a l'interieur de leur famille, puis avec leur voisins… il y aura changement.
Quand a cette histoire des lois concernant les femmes – C'est du rigolo ! Il y a citoyen ou il n'y a pas.
Effectivement la photo de l'article en dit long!!!
tous des hypocrites…
Ils ne foutent absolument rien que de jetter l argent algeriens par les fenetres par des projet inproductifs et pire, ils vont a la mosquee invoquer dieu et le prier de soigner le pays a leur place.i j etais president, je ne depenserai un dollars que la ou je suis certain qu il va rapporter a l etat 2 autres dollars et la ou mes freres vont pouvoir en beneficier du travail, de l approvisionnement et de la distribution des produits et meme de sa publicite. mais la c est trop patriotique. nos gouvernants sont des traitres
Bonjour tout le monde
L’islam est une religion basée sur le rite sacrificiel d’un bouc émissaire, tout comme les autres, d’ailleurs, avant que Maimonide et Thomas d’Aquin, entre autres, ne les plient, il y a déjà des siècles, à accepter la dialectique historique de la rationalité et de l’évolution de la pensée profane.
En Algérie, tout comme la laïcité, la démocratie, le chrétien et le juif, la femme aussi est victime de cette « culture » basée sur le suivi de règles strictes dont l’assurance de la quiétude du musulman dépend du degré de leur respect par le non musulman et l’être inférieur, la femme. Ce qui importe le plus, c’est de faire respecter la loi divine d’Allah, autrement dit, des interdits aussi primitifs qu’est leur ignorance à nous les faire passer pour des actes fondateurs d’une société parfaite. C’est aussi une façon pour cette interprétation déphasée et déphasante de la religion de croire éviter une violence qui s’avère éternellement inévitable.
Les islamistes, emprisonnés dans des exégèses séculaire transposée jusqu’à 2010, traitent la démocratie de « kofre » [1], les laïcs de « hizb frança » [2] et les femmes, non voilées, de corps de diablesses dépravées, c’est-à-dire, tous les ingrédients d’apostasie que tout bon musulman se doit de combattre. Et la suite nous la connaissons : ajouter au rite sacrificielle des femmes célibataires à Hassi Messaoud, des dizaines de milliers de morts, une démocratie toujours incertaine et un nombre de plus en plus croissant de femmes voilées sous des contraintes diverses !
Cette violence est née du non respect des interdits religieux idéologiques par d’autres Algériens qui se voient ainsi pris dans le statut d’exclus, de boucs émissaires, car tous ceux qui ne sont pas capables de respecter ces interdits sont rejetés du système et identifiés à une source de dommage à éliminer pour la sauvegarde de la société musulmane.
Voici trois autres cas d’exemples de violences politiques issus incroyablement de la transgression de ce même interdit religieux édifié par le système algérien : le FFS se retrouve quasi anéanti, plus de 400 morts, en 63, pour avoir osé affronter au nom d’une « Algérie algérienne » l’intouchable et sacré interdit de « l’Algérie musulmane ». Le RCD, pour avoir assumé quasiment seul la laïcité, est traité de « Rassemblement Contre Dieu » et, tout récemment, le MAK, qualifié de mouvement d’inspiration sioniste !
Mais, ces interdits sont d’autant plus fragiles que la violence intégriste étatisée redouble de férocité pour reprendre toute sa place dans la société. La culture idéologique musulmane mise en place par le système, et, plus grave encore, suggérée et portée même par l’inconscient collectif, est basée sur le respect strict des interdits et si elle se radicalise, c’est-à-dire, si elle n’accepte aucune transgression, elle répondra de façon aussi violente que le sera la transgression (cas du saccage de l’église de Tizi Ouzou, arrestation de chrétiens pour cause de prosélytisme et même pour un simple port de Bible, événements de Hassi Messaoud, etc.). Ainsi, la laïcité devient une conspiration chrétienne occidentale contre l’islam ; la démocratie, comme projet de société, un leurre pour détourner le musulman de son projet de société théocratique et surtout éternel, l’autonomie régionale et le fédéralisme immédiatement assimilés à un présupposé complots fomenté par le duo sionisme-makhzen et, bien sûr, la femme non voilée même mariée, l’employée non voilée mariée ou célibataire,… toutes succombent sous le diktat islamo traditionnel de « leur dignité, leur honneur et même leur sang sont hallal ! ».
Toute transgression de l’ordre établit, même par des propositions salutaires, équivaut symboliquement à un danger pour la fausse paix de la communauté musulmane. Il reste donc à veiller constamment à croire défendre cette communauté et ce, en détruisant tous ceux qui transgressent.
Les origines de l’islam idéologique algérien
Les plus radicaux affirment que c’est l’islam en lui même qui pose problème. Les autres nuancent en cherchant l’origine de cette sclérose sociale née de cet esprit ankylosé, non pas dans le Coran dont ils se gardent bien de remettre en cause sa révélation divine, mais ils situent l’origine de cette décadence et cette désolation sociale dans la rupture définitive de l’exégèse de toute approche rationnelle qu’Averroès avait pourtant fortement recommandé aux temps des Almohades mais dont le calife, pour raisons de trône, préféra prendre le parti des ouléma qui considérèrent le philosophe comme hérétique.
Ibn Rochd finit donc en exil au grand bonheur des ancêtres d’Abbasi et autres Kardaoui qui retrouvèrent le terrain déjà peu conquis et maigrement défraîchi par la logique aristotélicienne réhabilitée par le philosophe. L’exil de l’intellectuel qui remet en cause tout système en vase clos ne date donc pas de 1962. Il est plusieurs fois séculaires !
Ibn Khaldoun nous rappelle que l’islam, en lui-même, n’est pas la cause de cette ankylose. Peut être ! Il précise que si l’islam est devenu paralysant, c’est parce qu’il a déjà été paralysé. C’est-à-dire, l’absence totale d’hellénisation par un comportement philosophique déjà trop élitaire mais aussi persécuté et, notamment, le fait qu’en dehors de la construction des mosquées et des medersa pour l’apprentissage du Coran, les califes, sous contrainte ou par conviction, ne se souciaient guère de la construction des universités et autre écoles d’apprentissage proprement profane. Les chaînes de l’esprit ne datent donc pas d’hier ; elles sont vieilles de plus de huit siècles ! Difficile d’extirper les jougs de l’esprit qui baigne toujours dans un monde régi par l’irrationnel depuis si longtemps !
La rupture de 1492 n’a fait qu’enfoncer le monde musulman (Afrique du Nord) davantage dans le repli spirituel, la fuite de la réalité historique et ses péripéties dialectiques et ce, en versant dans une autre prison de l’esprit qui s’avère être finalement, carrément une auto condamnation à la perpétuité spirituelle ! C’est l’expansion des voies de l’ascèse, refuges des différentes Tarîqat proposés à la masse nord-africaine, préparant, ainsi et par l‘inertie, un terrain propice aux différentes colonisations successives qu’a connues l’Afrique du Nord. L’Africain du nord arabisé est complètement anesthésié !
Ce n’est donc pas un hasard si nos dictateurs d’aujourd’hui, dans la droite ligne de l’esprit colonialiste, puisent leurs stratégies de dominations dans un héritage riche en exemples de maintien des masses en système de vase clos. Et notre potentat d’El Mouradia est tout heureux et béni de conclure le dossier de l’arabisation et de l’islamisation totales de notre école, de restaurer nos zaouïa et de réhabiliter toutes les Tarîqa qu’il compte représenter symboliquement dans la plus grande et la plus belle future mosquée de la baie d’Alger ! Le mal est bien plus profond qu’on le croit et l’on n’est pas prêt de sortir de sitôt de l’auberge.
Alors, ya madame encore à boire !
Malheureux, on en est encore aux constats. L'islam, les origines, l'islamophobie, le système et sa cruauté, les zaouias, la traîtrise, la corruption, les incompétents…. Tout cela, tout les Algériens le savent (ceux qui ne font pas partie de la caste au pouvoir). Ce que demande le peuple maintenant, c'est la solution pratique est de se débarrasser de ce système. Faut il une révolution auquel cas comment l'introduire et la faire accepter par le peuple? Faut il privilégier un changement pacifique mais il faudra mettre en place la solution pratique à faire accepter par le peuple. Faut il juste demander à ce pouvoir de partir et donner les arguments nécessaires pour ce faire? ou bien alors, faut il attendre la révolte spontanée qui si on en arrive là voudra dire que le peuple est arrivé à saturation et que le boum sera plus qu'explosif et que tout sera formaté en un rien de temps…c'est le scénario que j'entrevois au vu de tous les évènements qui se passent en Algérie, mais surtout, au vu d'une incapacité flagrante des citoyens à pouvoir prendre leurs destinées en main qui s'est toujours reflétée par un discours tel que l'on le lit dans divers forum notamment ici, qui se traduit par un ras le bol et des successions de constats et de propos acerbes envers le pouvoir, sans pour autant proposer quoique ce soit de pratique qui puisse faire en sorte de mettre en place quelque chose pour déloger ce pouvoir. Moi personnellement, je ne suis pas un expert en la matière, je ne suis ni politicien, ni chef de guerre, ni manipulateur ni quoique ce soit du genre, mais je suis prêt à contribuer à toute tentative réaliste visant à obtenir un changement dans ce pays. il existe bien des gens capables d'opérer à ce changement bon dieu,ou bien le pouvoir est il si maléfique ça? je n'en crois pas un instant pareil chose…j'espère que le pays ne sombrera pas dans le chaos.
T´as fouiné dans Wikipedia encore pour écrire comme on écrit à El Watan auquel tu es abonné ?
@Guel Dring 25/08/2012 12:18:22,
D'ou la question : l'Afrique du Nord fait-elle partie de l'Occident, de l'Orient (auquel cas, ton point de vue pourrait s'appliquer sans mal) ou a-t-elle sa propre identité civilisationnelle ?
En ce qui me concerne, je penche plutôt vers la dernière proposition, tout en étant conscient qu'il ne faut pas minimiser le poids des influences réciproques avec l'Occident et avec l'Orient. Vu sous cet angle, ton point de vue sur ce qui est (ou ce que devrait être) la politique chez nous est erroné. Il ne s'agit pas ici de plonger dans l'histoire et d'en repêcher une théories, mais de prendre en compte les réalités locales et mondiales afin d'élaborer un système cohérent avec l''époque que nous vivons.
Dans ce cas, Il s'agit de savoir si les lois doctes, les enseignements d'une religion sont plus légitimes que le suffrages, que la volonté populaire. La foi religieuse de certains individus influents est-elle plus légitimes que la liberté de tout un chacun ?
Question à Madih Nachabe:
Bonjour
En parlant du système politique en Algérie, on constate que la première référence à l'Islam se trouve dans le texte fondateur de l'État algérien, c'est-à-dire dans le préambule de l'appel du 1ier novembre 1954 puisqu'il stipule: ''La création d'un État algérien libre (ou indépendant) dans le cadre des valeurs musulmanes''. S'agit-il, à ce moment-là d'une stratégie pour galvaniser le peuple algérien contre l'occupant ou d'un manque de vision à long terme de la part de ceux qui ont été à l'origine de la guerre de libération? Par exemple ils auraient dû priviligier la citoyenneté sur l'appartenance religieuse. Sinon il fallait lever cette ambiguité dès que le pays a accédé à l'indépendance.
Bien à vous
Votre texte est l'exemple même de de ce que vous voulez appeler "ghettoïsation culturelle". Vous nouez des mots pompeux dans des structures syntaxiques ne donnant aucune chance de cerner une idée, de la mettre dans un contexte d'apport intellectuel précis concernant un domaine d'investigation identifié, concis. On a l'impression de lire le chevauchement de plusieurs registres disciplinaires, un peu comme si un psychologue, un philosophe, un sociologue, un économiste, un sémiologue, un moraliste, un politologue, un analyste psychiatrique, un éditorialiste, etc, se mettent à parler ensemble en même temps avec un foisonnement de jargons à couper le souffle. En somme vous nous balancez à la gueule une sorte de foire où il est difficile de saisir qui vend, qui achète, qui s'amuse et qui fait le spectacle.
@Arbat
C'est ça justement la psycho politique de la transition,
Appuyée par une anthropologie philosophique, il faut apprendre, il faut en profiter que des universitaires mettent à disposition leurs connaissances au service de leurs concitoyens pour enrichir le débat pour l'émancipation de la société. Il faut s'ouvrir sur le monde et ne pas rentrer ses antennes à la première difficulté ou obstacle, comme l'escargot. Ce sont justement la les effets de la ghettoïsation culturelle, parceque celle ci est verrouillée de l'intérieur, elle ne permet pas de recevoir de l'information qui vient de l'extérieur et qui vient ébranler nos certitudes. C'est ça l'autisme dont je parle. Allons, il faut faire un petit effort. Et tu verra que tout ira au mieux.
Le problème de la "ghettoïsation culturelle" c'est qu'elle produit comme effet la difficulté de percevoir tout message venant de l'extérieur autrement que comme une menace à l'intégrité du groupe… parce qu'elle empêche l'apprentissage d'autres langages c'est-à-dire d'autres grilles d'interprétation de la réalité sociale en dehors de celle permettant de construire et d'entretenir le groupe d'appartenance, c'est-à-dire une identité donnée comme telle. C'est valable pour toute forme d'apprentissage. Mais en ligne générale, pour apprendre, il faut d'abord accepter de ne pas savoir. C'était le principe de Nicolas de Cues, docta ignorantia. http://agora.qc.ca/dossiers/Nicolas_de_Cues
Désolé Benzatat, on n’argumente pas de cette manière. Suffi seulement la formulation. Un prétendu intellectuel ne commence jamais une entrée en matière comme tu le fais : « c’est ça justement… », diantre ! « la psycho politique de la transition » et tu mets virgule en suspens pour revenir sur un alinéa en majuscule « appuyée ( re-diantre !) par une anthropologie philosophique ( c’est ce que les footballeurs appellent tirer de pointe…et puis « il faut apprendre » entre deux virgule ajouté de « il faut en profiter que des universitaires et patati patata….il faut, il faut …re-re-diantre ! s’ouvrir et ne pas rentrer ses antennes à la première difficulté ( plus obstacle !), comme l’escargot…et patati patata et hapapap ! arrive « c’est ça l’autisme dont je parle » Enfin, synthèse après un dernier « il faut » un conseil ouvert sur une espoir. Tu te rends vraiment compte Benzatat de ce que ce texte ? Dans un test de n’importe quoi, avec ça on t’enverrais immédiatement devant un psy.
Al Jardine
Bonjour. Je vous répondrai très brièvement sur le passé en me concentrant davantage sur le présent.
Galvaniser le peuple? sans doute mais, je ne pense pas que ce soit par manque de vision de certains des membres fondateurs. La preuve, le différend idéologique entre adeptes de l'Algérie algérienne(également musulmans) et ceux de l'Algérie musulmane fut en 54 déjà bien larvé. Il faut revenir à la crise de 49 et bien avant pour mieux comprendre les origines du mal. Amar Imache, dans les années trente, en a révélé déjà un bout très amer sur les véritables intentions idéologiques de Messali. N'est-ce pas Messali qui proclama face aux partisans de l'Algérie algérienne et pour la première fois, la création de l’appellation du Maghreb arabe en remplacement de celle de l'Afrique du nord que portait le premier parti politique algérien, l‘ENA? C'est également lui qui limita toute l'Histoire de l'Algérie à seulement 14 siècle. Tout ce qui préexistait à la période pré islamique de l'Afrique du nord fut banni. Je rappelle que les partisans de l’Algérie algérienne sont dans leur écrasante majorité kabyles.
Mais revenons, si vous le permettez au présent et posons quelques questions: est-ce parce qu'elle n'est pas musulmane que le pouvoir s'en prend à la Kabylie? Je répondrai que non. La Kabylie est aussi musulmane, particulière, mais musulmane tout de même dans l‘ensemble. Est-ce à cause de la poignée des chrétiens kabyles? Non plus. Mais alors, pourquoi l'attaque-t-il malgré cela?Il l’attaque parce que, d’abord, elle est restée fièrement attachée à son identité amazigh mais aussi, et aussi étonnant que cela puisse paraître, elle est restée attachée également à l‘islam! L‘islam!? Et bien oui. Mais une conception d’un islam gênant pour le pouvoir; gênant car Autonome et sans aucune emprise idéologique sur la population locale.
Pour répondre à votre question, le problème en Algérie n’est donc pas du tout la religion en elle-même, mais politique, une lute acharné menée depuis les années trente par l’islam politique prôné par les adeptes de l’Algérie musulmane contre ceux de l’Algérie algérienne dont les membres sont, dans leur écrasante majorité, musulmans également. le pouvoir s’en prend à la Kabylie pour les même raisons qu'il attaque aussi la communauté Mzab à Ghardaïa, pourtant versée carrément dans une orthodoxie religieuse. La Kabylie et le Mzab, deux spécificité exemplaires dont le génie berbère a su allier une conception religieuse tolérante et modernité. J'explique pourquoi malgré un islam séculaire certes spécifique, le pouvoir n'arrive pas à faire plier la Kabylie dans ses contestations en continue et ses rebellions périodiques caractérielles.
Dans son expansion idéologique effrénée à la domination des masses, le pouvoir algérien a fini par comprendre que l'arabisation ne suffit pas pour venir à bout de l'esprit rebelle de la Kabylie. Car, la présence d’un islam dans une pratique régionale libre et totalement autonome , finit-il par comprendre, n'est pas du tout synonyme d'une arabisation garantie dans ses visées de perversion identitaire, d’abrutissement culturelle et de l’installation de tous les jougs aliénant qui lui assurent une soumission populaire assurée. L'islam, tel que pratiqué en Kabylie, n'a jamais été négativiste de la spécificité de la région qui l‘a accueilli sous condition de respect de traditions millénaires. Voilà donc l’épineux problème que pose entre autres la Kabylie au pouvoir algérien.
Et c’est pour cette raison que le village kabyle est resté jaloux à nommer, lui-même, son propre imam kabyle que celui, inconnu, que tente d’imposer le ministre oujdiste des Waqf et, pire encore, la mouvance islamiste, en particulier l’opportuniste MSP en tête. Des imams soumis à d’autres autorités, à des obédiences diverses, étranges et étrangères et, donc, très potentiellement porteuses d’une nouvelle conception idéologique de la religion qui risquerait de chambouler totalement un ordre social kabyle séculaire serein et équilibré.
Sinon et malgré son islam traditionnel séculaire, pourquoi le pouvoir tient-il à nommer, lui-même, ses propres imam en Kabylie si ce n’est pour y effacer en profondeur le discours religieux traditionnel sain, désidéologisé et humaniste que tient en kabyle même l’imam du village, et seulement à l’intérieur de la mosquée, à l’adresse des habitants? Un discours socio religieux respecté aussi bien par les pratiquants, les non pratiquants et les non croyants aussi!
La Kabylie a donc su démontrer que prendre le risque de politiser la religion, c’est signer son arrêt de mort sur tous les plans identitaire, culturel, ethnique,…en somme sur la négation de tout ce qui lui garanti une évolution historique sans grandes convulsions sociales, une avancée naturelle et une entrée garantie dans une modernité certes inévitable mais essentielle. 1991 et le refus de la Kabylie de cautionner ce que Lhouari Addi qualifie de « Régression féconde nécessaire » en témoigne très largement de cette prise de conscience naturelle et typiquement kabyle quant aux risques que l’on prends quand on fait sortir la religion de la mosquée!
Je ne pense donc pas que c’est à cause de la poignée des évangélistes et autres petits groupes de catholiques présents en Kabylie que le pouvoir et la mouvance islamiste algériens s’attaquent et tentent de déstabiliser et de clochardiser et d’affamer cette région. Non! C’est parce qu’ils ne supportent pas que d’autre musulmans s’affirment en tant que tels mais restés amazigh avant tout, ouverts à d’autres horizons mais non susceptibles d’être pervertis en des homo algérianus sans aucun repère identitaire historiquement affilié.
Sinon, pourquoi le pouvoir et son allié thuriféraire de l’ordre obscurantiste cherchent-t-ils à déstabiliser aussi la région du Mzab pourtant musulmane elle aussi sinon bien plus mais s‘affirmant fièrement amazigh également? Je rappelle que Berriane a voté pour un maire RCD( Nasreddine Hadjadj) aux dernières locales, c’est-à-dire, pour un parti s’affirmant ouvertement laïc. Un sacrilège pour les laudateurs arabophones locaux de l’idéologie islamiste et qui ont fini par avoir raison du pauvre maire! Car dans la tête d’un musulman resté attacher fièrement à son identité amazigh, il n’y a aucune ambiguïté entre une confession et la laïcité qui met la religion à l’abris de tout mensonge politique.
Mais, le pouvoir et son allié naturelle islamiste qu‘il a lui-même enfanté, tels des prédateurs, ne lâchent jamais prise et récidivent d’une façon machiavélique en allant jusqu’à y créer un véritable « bocco haram » algérien chargé de la mission de destruction de tout ce qui fait la spécificité berbère mozabite. Cette nouvelle association intégriste dirigée par un dénommé Daoud Bousnane et appelée « El Ihbatihine » par opposition négativiste à « El Ibadhiyine », le rite musulman local, active dans un acharnement islamiste sans précédent pour détruire tout ce qui fait la spécificité identitaire berbère de la région; une spécificité qui imposa une discipline sociale transcendant toutes les épreuves de l‘histoire; une discipline qui a fait que malgré un environnement désertique aride, il est rare de rencontrer aujourd’hui un mozabite chômeur en Algérie! Et c’est cet ordre social « parfait » que le pouvoir cherche à détruire aussi bien en Kabylie qu’en région du Mzab pour asseoir à jamais un règne sans conteste.
Bien à vous.
Bonjour Yiwen Dhegsen,
Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse, c'est exactement mon point de vue sur la question. D'ailleurs, je l'ai développé dans trois articles intitulés « Schizophrénie sur ordonnance », « Islam et politique : entre mésentente et stratégies au pouvoir » et « La "démocratie islamique", dernier avatar de l’élite néoconservatrice ». Vous pouvez les lire sur ma page Facebook si vous le désirez. Je crois que vous n’avez pas suffisamment compris le fond de ma pensée à cause peut-être des exigences d’un article de presse, qui ne permettent pas de longs développements. D’ailleurs ce n’était pas le sujet principal de l’article, qui lui, traitait plutôt de la contradiction entre religion et démocratie. Mais je reconnais que la question que vous avez soulevée est essentielle à la problématique. Cependant, je suis en train de la travailler en termes de classes : une bourgeoisie nationaliste bureaucratique conservatrice représenté par les militaires et une bourgeoisie compradore civile représentée par une élite se réclamant de la pureté identitaire arabo-islamique qui lui dispute le pouvoir. Voyez-vous ce que je voulais dire en dernière analyse, les militaires ont combattu cette idéologie qui leur disputait le pouvoir et qui prétendait à la légitimité contre un pouvoir qu’ils considèrent laxiste et à la limite pervers vis-à-vis de cette idéologie commune, masquée par des discours d’apparence contradictoires. J’entendais par « combattre cette idéologie », le combat de ces derniers en tant que classe sociale, qui lui dispute le pouvoir. Par ailleurs, je considère que l’instrumentalisation de la religion pour l’accès au pouvoir ne date pas de 1962 comme vous l’affirmez, elle remonte, si l’on ne se tient qu’à la dernière séquence de l’histoire contemporaine de l’Algérie, depuis l’époque de l’implosion du MTLD, qui va donner naissance au FLN, à l’assassinat d’Abane Ramdane, après le congrès de la Soummam. Souvenez-vous la mission des commissaires politiques envoyés dans les zones rurales par les auteurs de ce parricide crapuleux, qui était l’encadrement de la population algérienne et son endoctrinement par l’idéologie arabo-islamique, aux antipodes du programme arrêté au congrès de la Soummam, qui projeté une Algérie moderne et laïque tenant compte de sa spécificité Amazigh. A bientôt.
À Nachabe Madih:
Je vous cite: ''Je rappelle que les partisans de l’Algérie algérienne sont dans leur écrasante majorité kabyles.''. Cela a du sens puisque la toute première vague d'immigration vers la France (qui remonte aux années 20) était composée essentiellement de Kabyles. Ce sont eux qui étaient à l'origine de l'Étoile Nord Africaine (ENA). Selon l'historien Charles-Robert Ageron la plupart d'entre eux étaient d'origine rurale. Ils venaient s'installer en France sans leur famille pour une période de 2 à 3 ans. L'ENA a été créée le 20 juin 1926 à l'instigation de l'exécutif de l'Internationale communiste comme section de l'Union intercoloniale, mais l'ENA ne tarda pas à s'émanciper de la tutelle du PCF. L'année 1928 marque un tournant pour le parti puisque le discours communiste a cédé la place au discours nationaliste à saveur………………..Arabo-islamiste.
Bien à vous