Le débat politique ces derniers mois ne porte que sur les modes d’emploi des formules d’organisation de la présidence à vie selon un scénario qui aurait gagné à faire l’économie d’autant de débauche d’énergie, considérant que nous sommes le point de confluence de deux mondes qui ont adopté ce mode d’exercice du pouvoir il y a des lustres l’Afrique et le monde arabe. Que l’on regarde alors l’actualité d’un œil détaché, averti ou intéressé ne dispense pas de maintenir un niveau de responsabilité et une honnêteté intellectuelle sans lesquels tout débat devient un exercice stérile.
Il en est ainsi des déclarations officielles non démenties sur de prétendues pressions étrangères dans la limitation des mandats dans la Constitution de novembre 1996. Cette disposition — la première dans l’histoire de l’Algérie indépendante — est le résultat d’une large consultation strictement nationale de toute la classe politique, société civile naissante, institutions de l’Etat et de la transition comme le Conseil national de transition (CNT) qui ont pu débattre librement, au siège de la présidence de la République, avec le président Liamine Zeroual lui-même partisan déclaré d’un mandat unique de 7 ans. Ces mêmes acteurs encore au pouvoir, à sa périphérie ou en dehors peuvent encore témoigner pour rétablir la vérité. Par ailleurs, c’est une tradition tellement dominante dans le monde que beaucoup de constitutions n’éprouvent même pas le besoin de la mentionner mais s’attachent à la respecter scrupuleusement. Dans l’esprit des promoteurs de ce projet, il fallait également tenir compte de notre propre réalité institutionnelle et observer les expériences de transition démocratique réussies comme celle d’une Malaisie musulmane prospère et tolérante ou encore celles de pays ayant vécu sous des régimes autoritaristes tels que la Turquie, l’Espagne, le Portugal et la Corée du Sud dans lesquels des armées hostiles aux réformes sont devenues les garantes de la protection des instruments de la transition. On n’avait pas, il est clair, cherché des références dans les expériences des états arabes considérant que l’Algérie avait l’ambition de prétendre à mieux. S’il est vrai qu’il faut toujours respecter les autres, il est tout aussi vrai que chaque pays a son parcours historique et chacun des gouvernants est comptable devant son propre peuple. La Constitution de 1996 visait avant tout à mettre en place des mesures de confiance, le cadre et les institutions comme préalable à la véritable normalisation de la situation. C’est à ce titre que l’année 1997 avait constitué une étape qualitative dans ce processus par la large adhésion à une sorte de pacte de gouvernabilité et l’intégration dans la stratégie de sortie de crise de toutes les forces politiques qui ont rejeté la violence, condition à laquelle n’ont pas souscrit les leaders de l’ex-Fis dans les pourparlers avec de très hauts responsables de la hiérarchie militaire d’abord et civile ensuite. Il n’était pas négligeable de retrouver des partis de Sant’Egidio (FLN, FFS, Ennahda, PT, MDA ) dans l’Assemblée élue en 1997. Ceci a grandement conforté l’incontournable nécessité de faire le choix d’opposer à une situation dramatique une culture de l’unité et de l’austérité, du dialogue sans exclusive et de la magnanimité à travers la loi sur la Rahma. Cette démarche a été le tournant décisif et la clé pour surmonter les effets conjugués de la violence terroriste, des pressions étrangères — embargo sur l’armement, notamment — d’un baril à 16 dollars et du rééchelonnement du poids d’une dette extérieure trois fois supérieure aux 9 milliards de dollars de réserves en devises en 1998. Pour l’exemple aujourd’hui, le budget du ministère de la Solidarité nationale (650 millions de dollars, soit 2,5% du budget pour 2008) — il n’est point utile de préciser sa destination dans cette conjoncture — représente à lui seul la somme des crédits alloués au ministère des Affaires étrangères de 1993 à 1999. A la question de savoir si l’Algérie, à cette période avait subi des pressions, la réponse est tout naturellement oui et même au-delà de ce que peuvent imaginer ceux qui veulent délégitimer le passé pour couvrir de légitimité une régression dans la construction d’un Etat de droit. J’en citerai quelques-unes et à titre non exhaustif pour ne pas être injuste vis-à-vis de ceux qui ont contribué dans la discrétion ou l’anonymat — et ils sont les plus nombreux — à ce que l’Algérie résiste à autant d’adversité. Il s’agit de l’Union européenne par le biais de certaines déclarations volontairement ambiguës, souvent pour concilier les divergences d’appréciation de ses membres, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), par le truchement de son Parlement et également de l’Otan qui avait initié en 1994 le dialogue politique avec le Maghreb à l’exception de l’Algérie. La seule tentative d’ingérence visible à cette époque là était représentée par la plate-forme de Sant’Egidio du 13 janvier 1995, scénario de sortie de crise élaboré dans un rare et inédit consensus entre l’Europe, les Etats-Unis et un courant au sein du Vatican, proposé officiellement à l’Algérie et «vivement » recommandé à son gouvernement la veille même de la réunion de Rome. L’Union européenne avait également différé le calendrier d’ouverture des premières consultations sur l’Accord d’Association qui n’ont commencé qu’en janvier 1997 — année de la conclusion de ce même accord avec la Tunisie et le Maroc — pour être interrompues 5 mois plus tard à la demande de l’Algérie en raison de la faiblesse structurelle de notre économie et des craintes du patronat algérien sur l’impact social différé — sans mise à niveau préalable des petites et moyennes entreprises — des démantèlements tarifaires accélérés. L’ONU avait enfin pris le relais en déléguant à Alger en juillet 1998 un Panel de personnalités internationales indépendantes pour «réunir sur la situation en Algérie des informations permettant d’en donner une image plus claire». Il est d’autres formes d’ingérence qui ne disent pas leur nom comme le silence complice des Etats arabes à l’exception de l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie ou l’active sympathie des plus influents membres de l’Organisation de la Conférence Islamique — qui soit dit au passage ont été convertis à la raison du plus fort — après les attentats de New York, Madrid et Londres. En dépit de ces pressions multiformes l’Algérie avait continué à soutenir les Sahraouis sans céder au chantage marocain de soutien au GIA et à défendre la cause palestinienne tout en mesurant la puissance du lobby proisraélien aux Etats-Unis et en Europe. Aujourd’hui, nous ne faisons plus partie de ces pays qui ne monnayent pas leur régime contre des gestes en direction d’Israël pour avoir les faveurs de l’Occident et se prémunissent de sa redoutable machine diplomatique. Toutes ces contraintes de politique extérieure n’avaient pas altéré l’autonomie de la décision de l’Algérie en 1996, pour preuve nous avions également rejeté — considérant que les difficultés conjoncturelles n’autorisaient pas d’hypothèque sur le patrimoine minier des générations futures — les offres d’association et de partage de production des compagnies pétrolières anglo-saxonnes et européennes. Plus tard, la loi sur les hydrocarbures — la plus libérale de l’histoire de l’OPEP — votée en 2005 et amendée en 2006 fera perdre à l’Algérie sa crédibilité diplomatique et à Sonatrach pas moins de 8 milliards de dollars. L’Algérie exporte moins qu’en 1999, ses associés ont doublé leurs parts du fait de cette loi et les recettes n’ont augmenté qu’en raison du renchérissement exceptionnel du prix du pétrole. Les Algériens ont ainsi le loisir de mesurer à quel point le lobby pétrolier a pesé ainsi dans le deuxième mandat du président Bouteflika même s’il a manqué de lui organiser une seule visite officielle aux Etats-Unis réclamée avec insistance depuis 7 ans. Plus récemment encore, les plus fervents soutiens institutionnels à la présidence à vie ont choisi d’en faire l’annonce une heure après la fin du déjeuner officiel offert le 4 décembre dernier en l’honneur du président français Nicolas Sarkozy pour suggérer ou faire accroire aux Algériens que leur président avait reçu la bénédiction du chef de l’Etat d’une grande puissance étrangère et faire peur à on ne sait qui contre on ne sait quoi. Ils ne rendent ainsi service ni à la France qui, à raison, craint le manque de visibilité chez nous mais s’efforce de ne pas être impliquée dans nos débats internes ni aux Algériens viscéralement attachés à leur doctrine de la souveraineté. Ils comprennent difficilement que la génération qui a libéré le pays en faisant don de sa vie en soit réduite à recourir à des arbitrages de l’ancienne puissance coloniale. Il est vrai enfin qu’il est plus facile de changer de structures politiques que de culture politique car l’Algérie souffre toujours d’un surdimensionnement de la légitimité historique au détriment de celle de l’exemplarité et de la connaissance.
A. R.
* Ancien ministre, universitaire
LE SOIR




Malheureusement je crains très fort que Bouteflika aura sa nouvelle constitution et son troisième mandat si le peuple restera les bras croisés et se comportera en spectateur. Comment voulez-vous qu’il sera autrement quand ont sait que : la cagnotte du pétrole, les medias lourds, les journaux, les organisations satellites, les zaouïas, les mosquées, l’administration de Zerhouni, … sont acquis à Bouteflika?
La seule et unique solution à mon humble avis qui nous sauvera du régime totalitaire et autoritaire de Bouteflika est de commencer à déclencher des grèves générales dans tous les secteurs confondus pour lui barrer la route. Il a beau avoir les acquis cités ci dessus, mais il ne peut rien contre la volonté de 30 millions d’Algériens.
Tous les pretextes sont bons pour garder le petit koursi taille sur les petites mesures du petit personnage, qui prend ses desirs pour la realite.
Il est vrai, qu’en ces temps d’inbitah quasi-general, nous allons bientot faire recours a nos lanternes pour chercher, comme Diogene, » les quelques hommes « , qui restent dans un pays ou la mediocrite, la lachete, la duplicite, la mauvaise foi, le reniement et l’ingratitude coulent a flot et la competence, le courage et la gratitude sont devenus des especes rares et en voie d’extinction.
Ceux qui avaient impose Bouteflika en 1999 savaient qu’il ne pouvait mener le pays qu’a ces rivages indignes.
Chaque peuple n’a que les dirigeants qu’il merite.
Si nous meritions Zeroual nous aurions tout fait pour le garder.Or nombre d’entre nous se sont hativement rejouis de son depart pour la seule raison qu’ils en avaient marre des « Chaouis », oubliant qu’avant d’etre un Chaoui, Zeroual etait d’abord un Algerien. dans tous les sens de ce mot.
A la difference de son successeur, lui a le pays aux tripes et n’est pas un « jouisseur », malade du pouvoir que des hommes lui ont donne et pourraient le lui retirer a tout moment, malgre toutes ses manoeuvres pour les diviser et les affaiblir.
Un peu de cohérence ne nuirait pas. Le texte de M. Rahabi le pontre clairement.
l’ancien ministre de la communication de Abdelaziz Bouteflika rappelle un certain nombre de faits historiques, mais prononce, au passage, des jugements graves. Très graves. Il écrit: "La seule tentative d’ingérence visible à cette époque là (sous la présidence de Liamine Zeroual) était représentée par la plate-forme de Sant’Egidio du 13 janvier 1995, scénario de sortie de crise élaboré dans un rare et inédit consensus entre l’Europe, les Etats-Unis et un courant au sein du Vatican, proposé officiellement à l’Algérie et «vivement » recommandé à son gouvernement la veille même de la réunion de Rome.
Autrement dit, M. Rahabi affirme que Mme Louiza et MM. Abdelhamid Mehri, Hocine Aït-Ahmed et Ali Yahia Abdenour entre autres étaient de simples marionettes manipulées par les Etats-Unis et l’Europe, sous la couleur du Vatican.
Ces hommes, au soir de leur vie, ont montré deux ou trois choses qui manquent à M. Rahabi: la droiture morale, la solidité des convictions politiques, et un sens de l’histoire que M. Rahabi ne possède pas.
Si M. Rahabi veut aujourd’hui s’en prendre au président Abdelaziz Bouteflika, il est, comme tout citoyen, libre de le faire. je dirais même que je suis largement d’accord sur le bilan négatif fu chef de l’état.
Mais qu’au passage, il s’en prenne à des personnalités aussi éminentes, pour porter sur elles des jugements aussi graves, me paraît inadmissible. M. Rahabi devrait apporter des arguments pour donner du crédit à son jugement. Dans ce cas, comme d’autres, je regarderais autrement ces messieurs de San Egidio. Dans le cas contraire, il appartiendra à M. Rahabi d’expliquer comment il a pu être ministre sous M. Abdelaziz Bouteflika, comment il a pu contribuer, comme d’autres "démocrates", à l’amener au pouvoir -faut-il rappeler les mots dithyrambiques de Saïd Saadi après sa longue conversation avec le chef de l’état- pour se poser aujourd’hui en position de juger des hommes de l’envergure de MM. Aït-Ahmed et Mehri.
Enfin, je n’ose pas évoquer les hypothèses qui me traversent l’esprit pour comprendre ces "messages" sbliminaux de M. Rahabi. J’espère me tromper.
J’aurais aimé que votre article soit un peu plus long pour apprendre davantage. Merci monsieur le Ministre.
Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi, Leila Aslaoui, Abdelhak Bererhi… qui encore? A ce rythme là il sera possible de former un gouvernement fantôme, l’actuel n’étant que virtuel. Pourquoi pas ? Mais que feront ces ministres qui n’ont plus les moyens de leur politique ? Parler, Ecrire, raconter, expliquer, témoigner…témoigner…témoigner ! Un bel hymne que toute la Nation Algérienne connaît par cœur. J’en ai rencontré beaucoup, anciens ministres en disgrâce, anciens walis en quarantaine, anciens députés autrefois zélés, anciens maires reconvertis dans l’élevage de poulets, et même anciens officiers reconvertis en parangons de la liberté qui savent tout, qui aussitôt que leurs privilèges leur ont été ôtés deviennent soudain des exemples de générosité, et d’altruisme désintéressé et pleurent leur gloire éphémère. A quand les aveux de Ghozali, de Larbi Belkheir, de Mouloud Hamrouche, des Généraux, de Khalida Toumi, de Yazid Zerhouni, de Ben Bella… N’est il pas étrange qu’un Ministre des Droits de l’Homme, juriste, Ali Haroun, ait été l’auteur d’un coup d’état qui a exhumé Boudiaf pour vite l’inhumer? Il sera difficile à ceux qui ont côtoyé les allées du Pouvoir de se refaire une virginité, même s’ils étaient animés des meilleures intentions. Ceci étant dit, cela ne les empêche pas d’être de braves gens. Mais est ce suffisant ?Tant mieux donc s’ils reviennent à de meilleures sentiments et accueillons les sans tambour ni trompette puisqu’ils semblent décidés à ne plus faire partie de la clique. Témoignez… témoignez…témoignez !
elMenfi
Il n’y a pas de constitution parfaite.
Elle représente un socle qui doit être stable et duratif.
Démailler puis retricoter la loi fondamentale reléve de la gabegie.
Des institutions qui survivent aux hommes nous disaient-ils?
On attend depuis 50 ans!
Je vous saurai gré de bien vouloir apporter votre contribution, chaque fois que possible et/ou nécessaire, car, venant d’un Fils Authentique de cette Algérie violée, par de pseudo anciens » combattants » Alors qu’au front, les Hommes, de la trempe de vos frères, se sacrifiaient, pour que vive cette Algérie de nos parents; malheureusement, une nouvelle fournée des » justes » est venue cueillir la récolte de ces pauvres mais AUTHENTIQUES Fils de l’Algérie, Notre Algérie!!!… Sincères salutations… MONSIEUR, Rahabi.
J’ai bien apprécié la contribution de M. Rahabi et je suis ulcéré de ces ractions vaseuses, comme celle d’El Menfi, qui dénie à l’ancien ministre de parler.
Le plus détestatble dans les commentaires curieusement fréquents de cet internaute, c’est qu’ils ne renferment aucune idée ou alternative. El Menfi passe son temps à donner de mauvais et de bons point aux intervenants sans jamais apporter rien de nouveau au débat. Remarquez qu’il ne contredit en rien M. rahabi.
Non monsieur, il existe bel et bien des gens honnêtes qui ont certes fait partie du gouvernement, mais ne sont pas corrrompus pour autant.
Il y a des gens qui croient en effet à un changement pas l’intérieur et ils ont tenté leurs chances. Certains, nombreux, se sont plus dans le faste et l’ivresse du pourvoir et d’autres, comme M. Rahabi, ont décidé de démissionner pour préserver un minimum de crédibilité et éviter de cautionner les dérives de nos princes. Une position fort respectable.
Comme d’habitude, El Menfi s’enfarge dans ses contradictions en reconnaissant des qualités à M. Rahabi, tout en voulant l’exclure du débat. Il y a quelque chose de fasciste dans cette propension à vouloir marquer d’un fer rouge ostracisant toute personne ayant occupé de hautes responsabilités. Oui, les opportunistes répondent massivement aux appels de la corruption des élites, mais il faut croire aux exceptions, dont fait partie selon moi M. Rahabi. Il faut surtout cesser de débiter des critiques gratuites et sans fondement et penser à enrichir le débat. Nous y gagnerons tout!
Amicalement :))
Reconnaissons d’abord les valeurs, l’intégrité et le courage de ces citoyens Rahabi, Brerhi, Aslaoui, Si Mohammed Baghdadi, Commandant Azzedine, Abdesselam Ali-Rachedi… et tous ceux qui s’expriment ouvertement contre le viol de la constitution…Ce mouvement qui s’amplifie, saura le moment venu, drainer les foules pour exprimer son refus à la face des violeurs.
J’ai personnellement eu l’honneur et le rivilège de connaitre M. Rahabi, dont la probité intellectuelle et morale est notoirement connues.
Comme sont notoirement connues la duplicité et l’immoralité des personnes qu’il cite ou vise dans son article que je touve personnellment équilibré et objectif.
Si Abdelaziz fait parler les faits rien que les faits et ces derniers sont têtus.
Il a bien fait de partager avec nous les informations qu’il a eu la chance d’avoir de première main et de mémasquer les imposteurs et les comploteurs comme Abdelaziz(2) Belkhadem et Ziari, qui versent dans le mensonge le plus abject en affirmant avec le culot et l’arrogance qui sont les leurs que « Les réformes contenues dans la Constitution de 1996 étaient imposées à l’Algérie par l’étranger ». Calomnie et mensonge que tout cela !
C’est leur petit maître, « maîtrelet », dirait La Fontaine, qui a fait toutes les concessions aux pays occidentaux pour pouvoir neutraliser l’ANP qui le gêne dans ses projets hégémoniques et dictatoriaux et la loi scélérate sur les hydocarbures n’est pas la seule concession.
S’il n’est pas neutralisé pour « sénilité avancée », ce fou va brader de manière irreversible l’avenir du pays.
Encore une fois, n’en déplaise à vos détracteurs, Merci M. Rahabi pour vos mises au point lumineuses.
Un ancien collègue et aîné.
A supposer que Ali ElMenfi et Ali Benflis ne font qu’un, n’y aurait-il pas de quoi en vouloir et se retourner contre la planète politique Algérienne toute entière ? C’est quand même incroyable qu’un présidentiable qui avait, à mon avis, bien plus de charisme et de prestance, et surtout d’honnêteté (ne me tapez pas dessus, ce n’est qu’un avis) que Abdelaziz(1), se retrouve ainsi « Menfi » de tout espace politique. Ses « amis » lui ayant tourné le dos si facilement. Encore un paradoxe Algérien, qui doit être un des rares pays à former des politiques d’envergure pour ensuite les enterrer purement et simplement…..A méditer…..
Je me suis réveillé ce matin tard, et quand mon père m’a dit qu’il est l’heure d’aller au travail, je lui ai répliqué « aujourd’hui, pas de travail». Quand il a voulu savoir pourquoi, je me suis contenté de dire que je changeais de métier, et que, désormais, je me ferai député. Mon père a alors eu un frisson de m’entendre professer ces paroles blasphématoires, mais quand je lui ai expliqué les avantages qu’il y a à exercer la députation, il s’est calmé, il est même devenu songeur, mon père.
Songeur quand je lui détaillai par le menu le privilège qu’il y a à devenir député. « D’abord, mon père », que je lui dis, « on a un salaire sans rien faire du tout, et même que c’est un joli petit paquet de salaire, qui fait au moins vingt fois celui que je touche au travail, encore faut-il espérer que le chef ne prélève rien sur mon pécule, à cause des quart d’heures de retard que j’amasse chaque matin et qu’il amasse sur un calepin jusqu’à ce que ces quarts d’heures deviennent de la grosseur d’une journée de travail, et alors, il trouve un malin plaisir à me consigner une retenue sur mon maigre salaire, le scélérat. Mais au parlement, mon père, il n y pas de chef, et surtout pas de retenue, pas de retenue du tout ! Même quand on parle et ment, d’ailleurs, on parle peu et on ment beaucoup au parlement, Et c’est ce que je vais faire, mon père.
Sur ce, j’ai enfilé mon costume défraîchi et, sans prêter oreille au vieux qui marmonnait je ne sais quoi d’étonné entre ses dents, m’en fus vers les recruteurs.
Ces recruteurs, il faut l’avouer, j’ai peu de chance de taper dans leurs oeils. Eux, ils aiment soit ceux qui ont de beaux diplômes, soient ceux qui ont de belles poches et moi n’ayant pas ces moyens dans mon sac je ne peux compter que sur une servilité à tout égards pour espérer tomber dans leurs faveurs. La servilité, c’est mieux que tous les diplômes quand on sait en faire usage. Dans mon village, les serviles ont toujours su rouler leurs petites affaires avec bonheur.
Je me suis présenter au premier recruteur, et dès que j’ai vu sa trogne tapissé d’un collier de barbichette chenue, je lui est dit : « toi, mon frère, tu es un élu de Dieu ». La belle parole fit son effet et il me pria incontinent de m’asseoir. « Nous, frère, ajoutais-je, nous n’avons plus le temps pour nous asseoir, mais si vous daignez faire de nous, non pas un élu de Dieu, mais seulement un élu du peuple, nous pourrons alors vous consacrer tout notre temps ». Le frère a alors fait jouer ses doigts sur sa barbichette, et m’assurant de toute son estime, me pria d’inscrire mon nom sur la liste d’attente.
« Non frère, je n’attendrai plus jamais. Au suivant.
Une belle petite frimousse que le suivant. Une suivante, au fait
« Vous désirez, camarade? »
« Tiens tiens, ne serais pas à Moscou au beau milieu des années soixante dix », me demandais-je in petto en admirant un Trotski en noir et blanc accroché au beau milieu de l’antichambre, d’autant plus que mon interlocutrice me donna de facto du camarade ?
« Euh, ma camarade, j’ai toujours rêver d’avoir une petite maison dans un phalanstère, au voisinage de camarades ouvriers et de camarades ouvrières, et pour l’amour de Marx, n’ y a t’il pas possibilité de m’inscrire sur votre liste aux législatives »
La camarade qui avait un regard viril adora mon éloge des phalanstères et sortit du tiroir une liste ou étaient griffonné noir sur blanc des dizaines de noms. « Camarade, me dit-elle, désolée, au mieux je peux t’inscrire sur la liste d’attente, au pire sur la deuxième liste d’attente, celle des municipales ».
« Encore attendre ? Est-ce le seul mot qui est en vogue ici, attendre ? Non, ma vielle, au suivant !
Quel homme spirituel que le suivant. Costume Cardin en évidence et les moustaches en sautoir, il pérorait, pérorait et j’eus tous les maux de tous les chiens pour avoir droit de cité auprès de son Excellence. « Que veux – tu, mon fils », me dit-il enfin d’un air paternel, tout en regardant sa secrétaire qui le regardait de son coté.
A son fils, j’ail failli répondre mon père, mais comme j’ai vu que la secrétaire ne ressemblait pas à maman, j’ai simplement dit : « Hadharat, votre excellence, vive l’Algérie ! Gloire à nos martyrs ! Faites de moi ce que vous voulez, je suis votre serviteur dévoué ».
« Samia, la liste d’attente ! »
Cette fois, j’ai bien inscris mon nom sur la maudite liste, car son excellence aurait piqué une colère de voir une mouche comme moi repousser la liste qu’apportait sa secrétaire, un canari comme elle ! Non, des fois il faut savoir deviner la susceptibilité des gens, surtout les Excellences !
Heureusement qu’il reste un suivant. C’est vrai que c’est lui avec lequel j’ai le moins de chances, mais qui sait, qui ne risque rien n’a rien.
Le boss des bosses, le recruteur numéro 1, le recruteur historique, c’est lui, sidi El Haj, barbe blanche, gandoura blanche, babouches blanches, qui me reçut dans son cabinets aux reflets noirs, et lui, parlant doucement, comme s’il allait chercher ses mots au fond d’un puits, me dit :« Mon fils, je sais pourquoi tu viens »
J’avoue que sa perspicacité me troubla. Est-ce l’intuition du bon croyant ? Je fixai alors sont front et me troublait davantage d y voir les traces de prosternation marquées.
« Chez nous, on vient toujours pour la même grandiose raison, le même noble but : l’amour de l’Algérie. Et nous, cette amour, nous savons le récompenser. Et après avoir sonner dans un carillon sur son bureau, il sortit un chapelet qu’il égrena en glorifiant le nom d’un Dieu inconnu ! Un homme sortit voir la raison pour laquelle sidi El Haj avait sonnée et celui-ci lui répondit d’aller chercher la liste d’attente.
Non, plutôt crever ! Qu’est-ce qu’ils ont de meilleur que moi ceux qui sont sur les premières listes ? Ils ont changé de Dieu, et bien, qu’à cela ne tienne, je changerai moi aussi de Dieu.
« Sidi El Haj, je veux me convertir! »
« Tu es Kabyle ? »
« Je veux moi aussi adorer votre Dieu, son nom est sur toutes les bouches ses derniers temps, mais je ne renierai pas mon Dieu traditionnel avant que je ne sois sur d’être touché par la grâce de votre Dieu »
« Et comment ! Fais ta profession de foi !
« Il n y a de Dieu Que le votre ! »
De nouveau le carillon sonna. De nouveau l’homme revint voir pourquoi on le demandait.
« Apporte la première liste, et dit à Missoum de compter un nouveau frère pour le dîner »
Gagné ! Je savais bien qu’entre gens serviles, on ne pouvait se séparer sans dîner ensemble.
Lu sur le site du rcd (www.rcd-algerie.org) :
Les députés « indépendants » ont été réunis le 04 février à l’APN par un officier. Objet de la convocation : leur enjoindre d’appeler immédiatement à un troisième mandat de Bouteflika. La déclaration doit être faite incessamment. Ceux qui spéculaient encore sur des divergences au sommet au sujet de la révision de la Constitution seront édifiés après cette sortie ; ces parlementaires sont en effet de très bons indicateurs sur le tableau de bord du régime algérien.
La limitation des mandats est pour un systeme politique comme le notre un atout pour le progrés de la democratie, et un moyen de pousser et favoriser le changement. Meme si une telle disposition etait "inspirer" de l’étranger elle va dans le sens de l’ancrage de moeurs démocratiques.Quand a considerer certaines personnalités comme au dessus des critiques j’estime que que c’est ce type d’aveuglement qui a fait le lit des pouvoirs dictatoriaux les plus minables.Non seulement san egidio etait une combine europeano-americaine mais qu’a fait Bouhef si ce n’est suivre la logique de san egedio la ou elle aurait abouti si a l’époque elle s’était imposée a l’Algerie? Alors courrage et merci Mr Rahabi
Réponse à "unmomentsvp"" posté le 07/02/08.
Je suis quelque peu surpris par la virulence du ton dans un espace de débat mais comme l ‘anonymat autorise tout, je n ‘en ferai pas cas pour aller au fond du problème posé :
Primo : je confirme que le gouvernement algérien avait reçu la veille de la signature de la plateforme de rome le 13 janvier le document en question remis par l ‘ambassadeur d’Italie Son Excellence Monsieur Baldini à Alger au Ministère des Affaires étrangères et demandât à l’Algérie d’y souscrire .Quand un Ambassadeur d’une puissance étrangère vous remet au nom de ses alliés un document politique – la veille de son adoption – sur votre crise interne cela s’appelle une ingérence dans toutes les situations et dans toutes les langues. Ce n ‘est pas une perception personnelle de l ‘ingérence c’est la pratique internationalement admise en la matière .
Secundo :Je ne porte, à ce titre, aucun jugement de valeur sur personne, pas plus sur un historique comme Ait Ahmed, une mémoire vivante de l ‘histoire du mouvement national comme Abdelhamid Mehri ( qui a eu un accès libre et permanent dans une résidence d’Etat à Alger aux dirigeants de l ‘ex Fis ), l’incarnation du courage politique comme Maître Ali Yahia Abdenour ni sur un anonyme comme "unmoment svp". Il s’agit d’un témoignage sur une période déterminée de l ‘histoire toute récente de l ‘Algérie sur un question précise qui est celle des stratégies de sortie de crise.
Tertio : J’ai bien précisé dans ma contribution que le FLN, le FFS, ENNAHDA, l le PT et le MDA avaient contribué au processus de normalisation de la situation en participant notamment aux législatives et à la concertation politique avec le Président Zéroual.
Quarto : Si je ne suis pas tenté de répondre sur mes convictions et autres "considérations morales " dont il m’accable avec conviction, je ne m’interdis pas de redire que j’assume toute ma carrière au service de la haute administration algérienne dont je tire la fierté d’être le produit de l’ effort et l’honneur d’avoir servi ma Patrie dans ces formes comme d’autres ont choisi de le faire autrement .J ‘ai quitté, à 45 ans, mes fonctions ministérielles – commencées sous Zéroual – et mis fin à ma carrière diplomatique de 20 ans pour me consacrer à l’enseignement à l ‘étranger et en Algérie exclusivement parce que je considérais que les conditions de dignité dans l’exercice de cette mission n ‘étaient plus réunies. Elles ne le sont pas toujours. Enfin, Je ne connais pas le président Bouteflika pas plus que je connais le Président Zéroual mais ils restent à mes yeux des chefs d’Etat et à ce titre dignes de considération. Un Etat de droit se construit à ce prix, celui du respect des Lois et mais aussi celui du respect mutuel .
Mr RAHABI – Il ne faut pas vous en faire. Il y aura toujours un quidam qui reprochera à n’importe qui, d’ avoir, à un certain moment de sa vie ou de sa carrière professionnelle d’avoir occupé telle ou telle responsabilité : comme Mr BERERHI, Mr BAGHDADI vous êtes marqué au fer rouge, vous avez un boulet de forçat que ces gens là veulent vous faire trainer à vie. Mais revenons à votre contribution du 07 février courant. Je pense sincèrement qu’elle est d’une limpidité à même d’en avoir une lecture trés compréhensible, sans aucune arrière pensée et sans que vous n’ayez nul besoin de préciser ultérieurement telle ou telle affirmation. Je voudrai ajouter une précision en matière d’ingérence dans nos affaires. S’il n’y avait pas d’ingérence que faisaient les partipants algériens à Sant’Egidio, mis à part El marhoum CHeikh Nahnah (qui avait dénoncé à sa façon cette immixion dans nos affaires intérieures). Ainsi tout le monde qui avait répondu présent à la communauté religieuse basée en Italie avait pour chacun un fil à la patte. Pour plus de précision, Anouar HADDAM (réfugié FIS aux Etats Unis) avait fait le voyage pour l’Italie en compagnie du Ministre de la Justice U.S.Si cela n’est pas de l’ingérence, qu’on m’explique.
Au risque de vous décevoir et bien que cela n’ait aucun intérêt pour les lecteurs, mais si cela doit vous rassurer, vous être utile ou vous éclairer, elMenfi et Ali Benflis tellement louangé, n’ont rien en commun. Je saisis toutefois l’occasion pour dire que l’ex chef du gouvernement est entré en politique comme s’il s’agissait d’un sacerdoce; c’est à dire animé de sa seule foi. Mais la politique est faite pour les gens sans foi ni loi ( qu’ils n’hésitent pas à bafouer). Le Prophète, qui disait ne pas savoir lire, l’avait bien compris et s’était appliqué à proposer une organisation administrative de la Cité. Que certains désirent revenir au Dogme dans sa dimension exclusivement spirituelle( ie les islamistes intégristes), montre bien qu’ils s’égarent. Il ne s’agit donc pas de probité intellectuelle mais de capacité de gouverner et de tracer des perspectives à long terme. Je l’ai dit, certains ayant occupé de hautes fonctions sont probablement de braves gens, mais est ce suffisant ?. Je serai bien le dernier à dénier, comment le pourrai je, à quiconque le droit de s’exprimer. J’ai dit également, accueillons les mais sans tambour ni trompette, comme de simples citoyens, sans se prévaloir d’une légitimité d’ancien ministre ou d’ancien chef de gouvernement ( je sais c’est un titre à vie…qui leur colle à la peau !). Ce mal qui ronge l’Algérie n’est pas nouveau et exprime une tendance à s’imposer à tout prix.. Monsieur Amine Benrabah, vous dites être un aîné, vous devriez vous souvenir qu’en 1962 on dénigrait, déjà, le pouvoir en disant qu’il était composé de gueux, de 3raia et qu’untel vendait des cacahuètes saht el oud ! (Bitat était bien employé chez Bentchicou !). Aujourd’hui ce sont des intellectuels qui ont chauffé les bancs des grandes universités et leur savoir académique, appris à Boston, Paris, ou Cherchell, n’est pas en cause. Ce n’est pas de leur valeur personnelle dont il est question mais de la stature et de la vision, lorsqu’ils sont au pouvoir, du projet politique qu’ils souhaitent incarner. Le fait d’avoir eu de hautes responsabilités ne constitue pas en soi une tache indélébile ( ils y ont cru), mais leur éviction ou démission, ne doit pas en faire pour autant des saints innocents. Cela fait ½ siècle que nous attendons, que nous pardonnons, que nous entendons les mêmes discours creux qui se veulent être des révélations exclusives qui sont de notoriété publique. Avoir connu « personnellement » X ou Y ne contribue en rien à les dédouaner de leurs actes. Je m’interroge sur le regard impitoyable ( et justifié) qui est porté sur les hommes et les femmes au pouvoir qui soudainement trouvent grâce à nos yeux dès qu’ils se retrouvent isolés et que nous devrions accompagner complaisamment dans leur traversée du désert alors qu’ils nous ignoraient du haut de leur superbe. Vous verrez ; bientôt, des personnalités encore plus éminentes se joindront à ce cabinet fantôme en espérant, en regrettant, en attendant un hypothétique et impossible coup de téléphone qui réhabiliterait leur ego. J’ai lu tous les ouvrages publiés par ces hommes et ces femmes rattrapés par une mémoire qu’ils retrouvent brusquement et qu’ils avaient pris soin de dissimuler pendant leur ascension. Il sont pris à leur propre jeu et il leur sera difficile d’en sortir. Ceux qui ont la prétention (je dis bien) d’avoir un destin national, doivent assumer leurs propos et assurer leurs arrières et ne pas tenter des expériences qui un jour ou l’autre, telles des sorbets acides, explosent à la figure. Quand à ceux qui n’ont rien pu faire d’autre que de voir le train passer et reviennent en donneurs de leçons, ils devront comprendre que l’Algérien et l’Algérienne ne sont pas aussi dupes qu’on pourrait le croire. Je n’aurai donc d’indulgence pour eux que le jour où ils accepteront, avec humilité, de reconnaître qu’ils se sont trompés, peut être à leur insu, ce qui est plus grave lorsqu’on est à ce niveau de pouvoir. Comme l’exprime parfaitement un internaute : « Un peu de cohérence ne nuirait pas. » afin de sortir de ce que nommait il y a bien longtemps Ibn Rochd, « l’Incohérence de l’Incohérence ». Voilà de quoi faire méditer ceux qui veulent élever un débat que Monsieur Rahabi a initié avec talent. Cependant son analyse est biaisée lorsqu’il présente la réunion de San Egidio comme une ingérence. C’en était une, mais pas comme il la présente. Savait-il que le gouvernement Algérien était prêt à y participer mais a fait machine arrière à la toute dernière seconde ? Qu’est ce qui l’en a empêché ? Qui a voulu que les participants qui devaient se réunir secrètement et dans l’anonymat soient présentés aujourd’hui comme des marionnettes ? elMenfi
"Le processus de normalisation"tarde à sortir l’Algérie de la "crise".
Les intentions importent peu seul le résultat compte.
Monsieur Rahabi ? n’est ce pas un ministre qui a démissionné de son plein gré sans être poussé vers la porte de sortie par un limogeage ? y en a t il d’autres dans ce pays ? je n’en vois pas ou alors indiquez les moi svp vous qui le dénigrez!
petit quiz: quel lien y a t-il entre, Chadly Bendjedid, Zeroual, Mtre Ali Yahia, Mohamed Lamari, Abdelatif Benachenhou?…